Archives – Les nouvelles du large 2000

Les nouvelles du large : une compilation hebdomadaire des observations de baleines dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent.

Merci à tous les collaborateurs du réseau d’observation !

Voici tous les bulletins hebdomadaires de 2000. Vous pouvez vous renseigner sur des sujets précis en utilisant la fonction " rechercher " du menu " édition " de votre fureteur (Exemple : recherchez le mot " dauphin " pour savoir où et quand le réseau d’observation a repéré des dauphins).

Consultez les archives des Nouvelles du large des autres années.
Consultez Les nouvelles du large de cette semaine.


6 janvier 2000, vol. 4 no 1

Les grands rorquals d’hiver

Le Saint-Laurent a définitivement pris son allure hivernale. D’énormes blocs de glace s’amoncellent sur les plages, qui changent selon les marées et les tempêtes. Aux grands froids, d’immenses colonnes de vapeur forment comme des processions au-dessus des eaux. Devant des conditions pareilles, vous pensiez que les baleines prendraient la fuite? Comme chaque année, on continue pourtant de signaler des grands rorquals. Par exemple, au tournant de la nouvelle année, il y avait plusieurs grandes baleines au large de Sept-Îles, dont au moins un rorqual bleu et peut-être six ou sept rorquals communs. Dans la baie de Gaspé, il y a eu quelques rorquals communs pendant les Fêtes, et il y en avait encore cinq le 6 janvier. Toujours en Gaspésie, au large de Percé, il y avait la semaine dernière sept rorquals communs, trois rorquals bleus et un rorqual à bosse. Les scientifiques ignorent encore où migrent la majorité des baleines qu’on observe pendant l’été et pourquoi certains individus restent dans les aires d’alimentation estivale pendant l’hiver.


13 janvier 2000, vol. 4 no 2

Encore des baleines en Gaspésie

Dans la baie de Gaspé, il y avait cette semaine encore plusieurs baleines, dont trois rorquals à bosse, un rorqual bleu et deux rorquals communs. Va encore pour les rorquals communs et les rorquals bleus, normalement leurs congénères sont à cette époque quelque part dans l’Atlantique où il fait peut-être aussi froid qu’en Gaspésie! Mais pour ces rorquals à bosse, jugez vous-même : la majorité de la population de l’Atlantique Nord-Ouest se rassemble en hiver dans la mer des Caraïbes pour la période de reproduction et de mise bas. Pourquoi certains individus boudent-ils ce voyage dans le Sud? On manque de données scientifiques à ce sujet, mais peut-être ne sont-ils pas " disponibles " pour la reproduction, parce que ce sont des juvéniles ou des animaux ayant passé le cap de la fertilité. Il faut savoir que cette grande migration coûte cher énergétiquement : des milliers de kilomètres aller retour pour passer plusieurs mois dans des eaux chaudes, ce n’est pas mal, sauf que ces eaux claires offrent peu de nourriture aux rorquals à bosse. De plus, les conditions environnementales sous la surface de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent varient peu entre l’été et l’hiver et les rorquals à bosse sont bien équipés pour y faire face, ce qui explique peut-être qu’ils s’évitent un voyage inutile. Vous ne serez donc plus surpris si des observateurs ont vu des baleines tout en se promenant en traîneau à chiens le long des falaises du parc Forillon!

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20 janvier 2000, vol. 4 no 3

Des mouvées spectaculaires

Après un mois de mer trop agitée, les chasseurs de phoques de la région des Escoumins, sur la Côte-Nord, ont pu prendre leurs chaloupes pour tenter leur chance avec les phoques du Groenland. La mer était recouverte d’une mince couche de glace, juste ce qu’il fallait pour mieux prévoir le mouvement des phoques, qui viennent respirer dans les trouées naturelles. En tenant compte des marées, de la couverture de glace, de la direction et de la force du vent, les chasseurs choisissent de partir en mer. Là, ils trouvent des individus isolés, ou alors ils chassent en bordure d’un groupe. L’expérience des chasseurs détermine le succès de leur entreprise, car les phoques sont sur leur garde et plongent, hors d’atteinte, à la moindre alerte. Les produits de leur chasse sont préparés par une coopérative locale, et vendus dans la région ou exportés à l’étranger. Cette chasse est une activité traditionnelle et un revenu d’appoint important, les chasseurs sont donc soulagés de pouvoir enfin s’y adonner. Justement cette semaine, il est arrivé une autre grosse " mouvée " : environ un millier de phoques du Groenland! Un observateur rapportait aussi la présence de trois grands rorquals au large des Escoumins le 14 janvier, probablement des rorquals bleus.


27 janvier 2000, vol. 4 no 4

Pêche blanche

Le fjord du Saguenay est maintenant recouvert de glace, sauf à l’embouchure, où le courant est très fort, et au centre, où un brise-glace de la Garde côtière canadienne entretient un chenal d’environ 70 km de long pour permettre le passage de navires marchands jusqu’à Port-Alfred. C’est sur cette glace qu’il se fait une bien curieuse pêche blanche. Même à plusieurs dizaines de kilomètres en amont, la glace monte et descend au gré des marées, soulevant avec elles les petits " villages " des cabanes de pêcheurs. On y pêche des poissons de mer, surtout le sébaste et la morue. Les pêcheurs ramènent aussi du poulamon, le célèbre " petit poisson des chenaux ", mais celui-ci peut atteindre dans ce cours d’eau une longueur de 50 cm! Imaginez, on peut même espérer capturer un requin! En effet la laimargue du Groenland séjourne dans les eaux froides du Saguenay et se laisse parfois appâter par les pêcheurs. Certains ont déjà capturé des spécimens mesurant entre 3 et 4 mètres. Il n’y a pas encore eu de capture de laimargue cet hiver, mais la saison est loin d’être terminée: elle s’étirera jusqu’à ce que la couverture de glace soit systématiquement morcelée par un brise-glace, vers la mi-mars, afin de faciliter la navigation... et hâter le retour de l’été!

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3 février 2000, vol. 4 no 5

L’hiver a des ailes

Aucun des collaborateurs du réseau ne nous signalait de baleines cette semaine. Par contre, ils observent régulièrement de grands groupes d’oiseaux dans les baies protégées et sur les battures de l’estuaire et du golfe. Les canards noirs, les garrots et les hareldes kakawis se rencontrent souvent par centaines, nageant tranquillement, soit le bec dans les plumes pour se protéger du froid, soit à l’eau pour trouver de la nourriture. C’est justement la nourriture qui les attire dans ces zones d’eau libre, et ils tolèrent bien la vie de groupe puisqu’ils ne sont pas en période de reproduction. En plus de ces impressionnants regroupements, les petites troupes de bec-scie, les guillemots solitaires en plumage d’hiver et le vol pur des goélands arctiques font partie du paysage hivernal du Saint-Laurent. On signale aussi, encore cette année, une pygargue à tête blanche adulte à l’embouchure du Saguenay et une centaine de grands cormorans à Forillon. Mais comment ces oiseaux résistent-ils aux températures glaciales quand ils passent des heures les pattes plongées dans l’eau, si froide qu’elle est couverte de frasil? Ils mangent beaucoup, leurs plumes emprisonnent de l’air qui les isole, et ils sont pourvus d’un système de veines et d’artères qui minimise les pertes de chaleur au niveau des pattes : le sang froid des veines partant des pattes pour retourner au corps est réchauffé par le sang chaud des artères partant du corps pour aller vers les pattes. Un système semblable existe dans les nageoires et la queue des cétacés. Moins gâtés par la nature, les êtres humains doivent s’habiller chaudement en hiver...


10 février 2000, vol. 4 no 6

Sous la surface

Aucun de nos collaborateurs n'a repéré de baleines depuis le rivage cette semaine. Le Saint-Laurent semble figé, immobile, glacé. Pourtant, sous la surface, la réalité est tout autre. L'eau est à peine plus froide qu'en été, peut-être une quinzaine de degrés de moins là où la différence est la plus importante. Ce n'est rien quand on compare aux écarts de température qu'on connaît sur la terre ferme! Certaines espèces de poissons, comme le poulamon atlantique, le lançon et le flétan, sont en pleine période de reproduction. L'environnement est bruyant, avec les glaces qui se heurtent en grinçant et en sifflant, et les occasionnelles tempêtes de neige qui font un vacarme impressionnant... aux oreilles des mammifères marins. Imaginez: chaque flocon qui rencontre la surface de l'eau libère de minuscules bulles d'air qui produisent un sond aigu en éclatant. Non, l'hiver, sous le Saint-Laurent, ce n'est pas une saison tranquille et feutrée.


17 février 2000, vol. 4 no 7

Tempête sur le Saint-Laurent

Pas de souffles de baleine en vue cette semaine, nous disent les collaborateurs du réseau. Lundi, jour de tempête, c'est le vent qui soufflait, à près de 45 noeuds! La hauteur des vagues n'a pourtant pas dépassé les trois mètres : la présence de glace limitait le ­ fetch ˇ, c'est-à-dire la distance sur laquelle le vent est en contact avec l'eau. Les pilotes ont simplement eu un parcours plus agité que d'habitude, entre Les Escoumins et les navires les attendant au large avant de remonter jusqu'à Québec ou Montréal. Ces conditions n'avaient rien à voir avec celles du 25 décembre 1966. Il y avait eu par cette nuit de Noël une tempête dont on parle encore dans le monde de la navigation au Québec. Pendant 36 heures, des vents de 60 à 80 noeuds avaient soulevé le Saint-Laurent, créant des vagues qui avaient atteint les 13 mètres au large de Tadoussac. Les trois gardiens du phare du haut-fond Prince avaient eu peur pour leur vie, les vents et les vagues ravageant l'intérieur du phare et la météo ne permettant pas qu'on vienne les secourir. Depuis, les vagues n'ont jamais plus dépassé les cinq mètres dans ce secteur et le phare a été automatisé.


24 février 2000, vol. 4 no 8

Le printemps flirte avec le Saint-Laurent

Après les tempêtes et les grands froids de la semaine dernière, voilà le printemps qui semble vouloir prendre un peu d'avance. On sait bien que l'hiver ne cèdera pas si tôt sa place, il faut donc en profiter. Les collaborateurs du réseau sont unanimes : une promenade à la plage s'impose! Tenus à l'écart du fleuve par le vent et le froid, ils ne pouvaient récemment qu'admirer le Saint-Laurent de loin. Enfin, sentir l'odeur de la mer, enfin, entendre le bruit des vagues et les ragots des oiseaux, enfin escalader les glaces qui fondent vite au soleil et fouler le sable laissé nu par la marée. En fermant les yeux, on se croirait presque dans le Sud° ou à quelques mois d'ici! Mais il manquait les baleines pour donner une couleur vraiment printanière à ces promenades sur le rivage. Les dernières observations de baleines rapportées par nos observateurs en Gaspésie et à Sept-Îles remontent maintenant à près d'un mois et demi. Ouvrez l'œil cette semaine : il n'est pas rare de voir des rorquals bleus dans le golfe et l'estuaire pendant le mois de mars.

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2 mars 2000, vol. 4 no 9

Des bélugas!

Quoi de mieux pour commencer sa journée que de contempler les quelques premiers instants de soleil sur le Saint-Laurent. C'est un plaisir qu'on s'offre plus facilement l'hiver, bien sûr. Beaucoup de riverains peuvent même en profiter pendant leur petit déjeuner avant d'aller travailler. Un matin il y a trois semaines, la mer était d'huile, il n'y avait pas de glace dans la baie de Tadoussac et un observateur a repéré° un petit groupe de bélugas se dirigeant vers le Saguenay! Vous doutez? Il est vrai que dès qu'il y a de la glace ou des moutons sur l'eau, il est facile de confondre. Il faut donc redoubler d'attention pour confirmer une telle observation. Mais si les bélugas se dirigent habituellement vers le golfe pour toute la saison hivernale, nos collaborateurs en voient chaque année entre Les Escoumins et Tadoussac, bien avant que le printemps ne s'y pointe le bout du nez. Et cette semaine, quelles nouvelles pour le Saint-Laurent? À part le temps doux, les oiseaux d'hiver et les phoques, il n'y avait rien de particulier à signaler cette semaine.


9 mars 2000, vol. 4 no 10

Une carcasse sur la plage

Au cours d'une promenade en raquettes sur une plage au nord des Escoumins, une observatrice a découvert la carcasse d'un mammifère marin. Le corps était échoué au-dessus de la ligne de marée haute, à moitié enfoui dans la neige et la glace. Elle a contacté l'équipe du GREMM, qui a dépêché deux assistants de recherche sur les lieux. Ceux-ci ont constaté qu'il s'agissait d'un béluga, probablement un juvénile, mesurant un peu plus de 3 m. Des prélèvements de peau et de dents seront acheminés à l'Institut Maurice-Lamontagne à Mont-Joli. La peau sera archivée, car elle contient des informations précieuses à propos de la génétique, de l'alimentation et de la contamination de cet animal. Les dents permettront d'estimer son âge. Au printemps, il arrive fréquemment qu'on retrouve des carcasses de mammifères marins. Les animaux morts à l'automne ne sont pas retrouvés pendant l'hiver. Ils flottent, se prennent dans les glaces, sont déposés sur une plage pendant les grandes marées, et le soleil du printemps finit par les découvrir aux promeneurs. L'été, les carcasses sont souvent en meilleur état et contiennent encore plus d'informations, entre autre sur les maladies et les parasites. Quand elles sont très fraîches, les carcasses sont même envoyées par camion à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal, à Saint- Hyacinthe, pour une nécropsie détaillée. Si vous trouvez la carcasse d'un mammifère marin, contactez l'Institut Maurice-Lamontagne au (418) 775-0500. Le Dr. Lena Measures y est en charge du réseau de récupération des carcasses, qui permet chaque année d'en apprendre long sur les mammifères marins du Saint-Laurent.


16 mars 2000, vol. 4 no 11

Le printemps est bleu

Au moins un rorqual bleu se balade entre Les Escoumins et Bergeronnes depuis le 9 mars. La dernière visite d'un de ces géants dans l'estuaire remontait au 14 décembre 1999, alors qu'à Percé, Gaspé et Sept-Îles, nos collaborateurs avaient observé des baleines au tournant de l'année. Une des observations de rorqual bleu cette semaine a même permis à des chercheurs du GREMM d'identifier l'individu : il s'agissait de Flat Liner, un habitué du Saint-Laurent. Les rorquals bleus vivent-ils dangereusement? Cette espèce est souvent la dernière et la première à être vue dans les eaux de l'estuaire, au risque de se faire piéger par les glaces. Leur retour hâtif cette année est peut- être lié à l'état de la banquise dans le golfe: elle s'est morcelée très tôt cette année. En sachant qu'à tout moment maintenant on a des chances d'apercevoir des baleines en scrutant le Saint-Laurent, on se met à croire au printemps. Mais si une hirondelle ne fait pas le printemps, peut-on se fier aux rorquals bleus?


23 mars 2000, vol. 4 no 12

Déglaçage printanier

Depuis une semaine et demie, un brise glace de la Garde côtière canadienne s'affaire au déglaçage printanier du Saguenay. Le Saguenay est navigable à l'année grâce à un chenal entretenu tout l'hiver jusqu'à la baie des Ha!Ha!. Mais à l'approche du printemps, c'est le grand nettoyage! Toute la couverture de glace est systématiquement morcelée, et le Saguenay se vide de ces relents d'hiver. L'opération a été ralentie cette semaine à cause des vents qui soufflaient de l'est, retenant les glaces en amont. Le vent a tourné aujourd'hui, et le brise-glace a repris son travail. On devrait donc voir d'immenses blocs de glace descendre le Saguenay au cours des prochains jours. Ces icebergs miniatures et plats entreprendront alors un voyage sur le Saint-Laurent, certains s'échouant sur les plages, d'autres continuant jusqu'au golfe. Ils croiseront peut-être les baleines qui, peu à peu, reviendront dans nos eaux.


30 mars 2000, vol. 4 no 13

Le retour des bélugas

Les bélugas reviennent peu à peu dans leur aire de distribution estivale, qui comprend l'estuaire du Saint-Laurent entre les Escoumins et l'île aux Coudres, ainsi que le fjord du Saguenay. Le 24 et le 25 mars, nos collaborateurs de Saint-Siméon ont vu un adulte avec un jeune, leur première observation de l'année! Le 29 mars, ce sont plusieurs groupes de bélugas, adultes et jeunes, qui ont été vus à l'embouchure du Saguenay, à partir du traversier Baie-Sainte-Catherine-Tadoussac. Les eiders à duvet et les bernaches cravant sont aussi de retour de leurs quartiers d'hiver. Nos collaborateurs en Gaspésie n'ont pas repéré de baleines cette semaine. Plus en aval, au large de Sept-Îles, trois " grosses baleines non-identifiées " (rorquals communs? rorquals bleus?) ont été vues le 24 mars. Une troupe de goélands s'agitait au-dessus d'elles et tentait de partager leur festin. Peut-on y voir les signes avant-coureurs de l'été?


7 avril 2000, vol. 4 no 14

Le crabe nouveau est arrivé!

Depuis quelques semaines déjà, on sent l'arrivée imminente de la belle saison. Les observations de mammifères marins sont de plus en plus fréquentes. Les oiseaux entreprennent leurs migrations saisonnières ou sont enfin de retour parmi nous. Les rivages sont animés des cris des goélands marins et des goélands argentés. Plus les jours passent, plus ça grouille de vie sur le St-Laurent. Il y a un événement marquant dans l'estuaire et le golfe du St-Laurent qui saison après saison souligne officiellement l'arrivée du printemps et, qui plus est, fait le plaisir des gourmets. C'est l'ouverture de la pêche au crabe des neiges. Et oui, c'est le 1er avril que les pêcheurs de la zone 17 ont été les premiers à jeter, comme on dit dans le jargon du métier. Ce qui signifie qu'ils ont mis à l'eau plusieurs centaines de casiers à crabe. Les 22 détenteurs de permis de cette zone pourront se partager cette année 2130 tonnes de cette ressource convoitée. Bien que durant la période hivernale qui vient de se terminer, la majorité des observations de mammifères marins ont été faites du rivage, avec le retour des beaux jours et les activités humaines qui s'intensifient sur l'eau, nous aurons sûrement une plus grande fenêtre sur la vie des baleines. Encore cette semaine, au moins un rorqual bleu se baladait dans le secteur des Escoumins. Est-ce le même individu qui a été aperçu dans ce secteur au mois de mars ou est-ce un nouveau visiteur? Également des bélugas sont venus narguer les chercheurs en batifolant et en faisant des bulles juste en face des bureaux du GREMM. Des observateurs, cette semaine, nous ont rapporté leur présence autour de l'Ile Rouge et de l'Ile aux Coudres. Bientôt les chercheurs du GREMM, à bord du bateau de recherche, le Bleuvet iront les rejoindre au large et débuteront la saison en leur compagnie.


13 avril 2000, vol. 4 no 15

Le mauvais temps ne déroute pas les baleines

Cette semaine, on aura tous eu droit à une bonne gifle hivernale. C'était comme si l'hiver voulait reprendre sa place. Ce soubresaut n'a pas empêché les collaborateurs du réseau de faire de belles observations. A commencer par la région de la Haute Côte-Nord, où un de nos fidèles correspondants a eu la chance d'observer six rorquals bleus entre les Cailles à Brisson et les Ilets Boisés et deux autres sur la rive sud du St-Laurent à la hauteur des îles du Bic.Est-ce que ces derniers auraient quittés le groupe de six et fait bande à part ou était-ce deux nouveaux animaux? Toujours sur la Haute Côte-Nord, à l'heure ou le bulletin est en cours de rédaction, J'ai en ligne une dame des Escoumins, qui en sirotant son café dans sa maison qui surplombe la Baie des Pilotes me commente avec fébrilité, l'observation en direct d'un rorqual bleu qui montre la queue. Du côté de la Gaspésie, le secteur d'Anse-Blanchette à l'Anse-aux-Sauvages a été l'amphithéâtre d'observations peu banales, car trois rorquals communs, un petit rorqual et au moins deux rorquals bleus s'y baladaient. Grâce à leur télescope, nos observateurs ont pu repérer des cicatrices et une coloration particulière sur le corps de deux baleines. Ces indices pourraient nous aider éventuellement à identifier les individus.

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20 avril 2000, vol. 4 no 16

Le retour des petits rorquals

Cette semaine un petit rorqual a été aperçu dans l'embouchure du Saguenay et un autre en face des Escoumins. À l'approche du mois de mai, ils seront de plus en plus nombreux, car cette espèce migratrice est une des premières à revenir dans les riches eaux du Saint-Laurent. Les petits rorquals sont un pur plaisir pour les observateurs postés sur le rivage puisqu'on les retrouve près des côtes, particulièrement au printemps durant le frai du capelan. Où sont les rorquals bleus cette semaine? Il y en avait au moins un au large de Franquelin sur la Côte-nord.Ces derniers temps d'après les rapports des observateurs du réseau, il semble que les bleus affectionnent particulièrement l'estuaire. Il est intéressant de mentionner que parmi les 350 rorquals bleus répertoriés dans le St-Laurent, 200 ont été photographiés dans l'estuaire du Saint-Laurent le long de la Côte-nord Ceux pour qui les observations de baleines se font plus discrètes ces temps-ci peuvent cependant s'en donner à cœur joie avec l'observation des oiseaux. Le Saint-Laurent foisonne de centaines de hareldes kakawi, de macreuses, de bernaches cravants, d'eiders à duvet et bien d'autres espèces. On peut encore apercevoir les eiders en couple, ces derniers étant en pleine période de reproduction. Bientôt les mâles aux couleurs chatoyantes retourneront au large pour laisser les femelles s'occuper de la marmaille. Les manifestations de la vie que nous percevons de la surface ne reflètent en fait qu'une infime partie de la complexité des phénomènes naturels qui éclatent sous la surface durant cette saison qu'on appelle le printemps.


27 avril 2000, vol. 4 no 17

Moby Dick dans le Saint-Laurent!

Mercredi, 26 avril, 18 heures. À environ 500 mètres du rivage une masse sombre se découpe de la surface du fleuve. De la station radar des Escoumins, un observateur remarque l'allure distincte d'une baleine qui fait surface. Elle souffle obliquement, elle n'a pas la silhouette caractéristique des rorquals, elle effectue une longue série de ventilations avant de replonger en dressant la queue bien droite hors de l'eau. Voici la première observation d'un cachalot de la saison 2000.

Les observations de cachalots dans l'estuaire se produisent de façon occasionnelle depuis 1991. Le cachalot est un habitué des grandes profondeurs et ses plongées dépassent souvent les 30 minutes. De quoi aiguiser la patience et la vigilance de ceux qui tentent de les observer. Depuis la première observation de 1991, les chercheurs ont pu identifié, à l’aide de photographies de la face ventrale de la queue, 13 individus dans l’estuaire du Saint-Laurent. Le cachalot observé mercredi était-il bien seul? Était-ce un animal connu? Il sera sûrement intéressant de scruter l'horizon.


4 mai 2000, vol. 4 no 18

Des fous partout

Les fous de Bassan ont commencé il y a environ trois semaines à revenir aux colonies (île Bonaventure, rocher aux Oiseaux, île d’Anticosti). Les couples se retrouvent après un hiver de séparation, fidèles aux territoires qu’ils occupaient l’année dernière. Mais si le spectacle est impressionnant sur les sites de nidification (imaginez, il y a plus de 37 000 couples sur l’île Bonaventure!), il l’est tout autant en mer, les fous se livrant à de véritables acrobaties aériennes quand ils sont à la pêche. En Gaspésie et à Sept-Îles, nos observateurs sont toujours époustouflés de voir ces lourds oiseaux se transformer en projectiles redoutables, fondant du haut du ciel sur les poissons. Des observateurs de la baie de Gaspé ont même vu cette semaine cinq rorquals communs et trois rorquals à bosse se gavant de krill et de poissons en compagnie de mouettes tridactyles et de fous de Bassan. Que de vie! Et faut-il s’étonner de voir ces oiseaux jusque dans Charlevoix, à plusieurs centaines de kilomètres des colonies? Ce sont probablement des oiseaux immatures qui ne nicheront pas cette année, et qui profitent de cette liberté pour explorer d’autres territoires de pêche, loin de la cohue des colonies. Par ailleurs, les adultes semblent profiter du début de saison pour explorer l’estuaire du Saint-Laurent, alors qu’ils sont moins pris par la nidification. En avril, des centaines d’entre eux suivaient les bateaux de pêche au large des îles du Bic, près de Rimouski.


11 mai 2000, vol. 4 no 19

Arrosés par une baleine!

Observer une baleine à partir du rivage, c’est toujours un privilège. Sans même prendre le bateau, on est témoin de spectacles qu’on pensait réservés aux marins. On ne peut s’empêcher alors de sentir que notre vie sur la terre ferme et la vie de la baleine en mer sont véritablement liées. Plusieurs chanceux ont aperçu soit un petit rorqual, soit un béluga ou même les souffles de grandes baleines, dans Charlevoix, sur la Côte-Nord et en Gaspésie. Mais l’observation la plus spectaculaire nous arrive cette semaine de la baie de Gaspé. À Grande-Grave, le 5 mai en fin de journée, un rorqual à bosse se nourrissait près de la surface de l’eau, à environ 10 mètres du quai. Chaque fois qu’il s’élançait hors de l’eau dans un effort pour capturer ses proies, il arrosait les spectateurs ébahis!

L’avenir des rorquals bleus

À la fin avril, on nous signalait une mère rorqual bleu et son veau dans la baie de Gaspé. C’est une observation rare et importante: bien qu’on observe plusieurs dizaines de rorquals bleus dans le Saint-Laurent chaque année, ce serait seulement la dixième paire mère-veau recensée depuis la fin des années 1970. Ces données nous viennent de Richard Sears, chercheur à la Station de recherche des îles Mingan (MICS). Dans la baie de Gaspé, d’autres rorquals bleus, solitaires, ont été aperçus cette semaine.

À la bouffe!

Le petit rorqual est d’une exubérance exceptionnelle dans le Saint-Laurent. Il est considéré comme une espèce discrète et difficile à observer ailleurs dans le monde. Pourtant, " nos " petits rorquals sont souvent vus s’alimentant près de la surface, et ils sont alors loin d’être discrets. Ils jaillissent hors de l’eau, gueule ouverte, ou alors la gorge gonflée d’eau et de nourriture, puis ils retombent sur le côté, sur le ventre ou sur le dos, et des gerbes d’eau s’écoulent par les côtés de leur bouche en même temps qu’ils reprennent leur souffle grâce aux évents sur le dessus de leur tête. Un petit rorqual a donné un tel spectacle à des observateurs qui étaient allés explorer le Saguenay un peu en amont de son embouchure cette semaine.


18 mai 2000, vol. 4 no 20

Festin rassembleur

Un peu en aval de Tadoussac, à environ deux milles nautiques au large, des excursionnistes ont eu droit le 18 mai en après-midi à un spectacle impressionnant. Tout a commencé par d’étranges remous roses à la surface de l’eau: le krill frémissait en surface. Peu après, huit petits rorquals sont arrivés et le festin a commencé! Cabrioles, gueules ouvertes, gorges gonflées et roses, claquement de mâchoires, éclaboussures, les stratégies des petits rorquals sont spectaculaires. Et au milieu de cette activité frénétique, les excursionnistes ont même aperçu à deux reprises un petit rorqual accompagné d’un jeune. C’est une observation assez rare car les petits rorquals de l’Atlantique mettent bas au cours de l’hiver et la lactation ne dure que de quatre à cinq mois. C’est donc dire que les jeunes sont souvent sevrés et livrés à eux-mêmes quand ils arrivent aux sites d’alimentation.

Broken fin est de retour

Ce petit rorqual se reconnaît facilement à sa nageoire dorsale pliée sur le côté droit. L’équipe du Centre Orès d’études côtières à Bergeronnes, qui photographient et identifient les petits rorquals de l’estuaire, connaît Broken Fin depuis 1995. Cette femelle revient tous les printemps dans les environs de Tadoussac. Comment sait-on qu’il s’agit d’une femelle? Les acrobaties aériennes, typiques du comportement d’alimentation des petits rorquals de l’estuaire, ont permis de documenter le positionnement de la fente génitale et la présence des fentes mammaires sur le ventre de Broken Fin. Ouvrez grand les yeux: les petits rorquals sont présents un peu partout dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent et l’on peut souvent les observer du rivage. On nous signale entre autres de belles observations à partir du quai de Saint-Siméon (Charlevoix), de la pointe de l’Islet (Tadoussac) et de Gallix (près de Sept-Îles).

Où sont les bélugas?

Depuis plusieurs semaines, les bélugas sont de retour dans leur aire de distribution estivale, qui s’étend de Rimouski à l’île aux Coudres. On nous signale des observations à partir du traversier Forestville-Rimouski, en face de la station radar des Escoumins et dans les environs de l’île aux Lièvres. Mais c’est surtout à l’embouchure du Saguenay que le va-et-vient des dos blancs est impressionnant ces jours-ci. Si vous prenez le bateau pour traverser le Saguenay entre Baie-Sainte-Catherine et Tadoussac, profitez-en pour sortir vos jumelles!

Haltes migratoires

Vous êtes en bateau sur le Saint-Laurent. Vous attendez le retour d’une baleine qui a plongé voilà déjà quelques minutes. Vous scrutez la surface de l’eau, repérant des eiders à duvet, des macreuses et même de bruyantes mouettes de Bonaparte. Mais voilà qu’un tout petit volatile survole votre bateau avant de s’y poser! Une paruline à croupion jaune? Un bruant à gorge blanche? Que fait cet oiseau terrestre au-dessus du Saint-Laurent? De nombreux passereaux traversent d’une rive à l’autre ces jours-ci. Cette grande étendue d’eau est une étape importante et décisive dans leur migration. Nombreux sont ceux qui n’auront pas l’énergie de compléter cette traversée sans escale et qui périront avant d’atteindre l’autre rive… à moins de trouver un bateau sur leur chemin, histoire de se reposer un peu!

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25 mai 2000, vol. 4 no 21

C’est le temps du capelan !

Au printemps, le capelan " roule " sur les plages de l’estuaire et du golfe. Vous n’avez jamais observé cette scène ? Les mâles et les femelles forment deux groupes distincts près d’une plage, les mâles se tenant plus près du bord que les femelles. Quand elles sont prêtes à pondre, elles rejoignent les mâles et ils vont s’accoupler sur la plage, tout en se faisant bousculer par le ressac. On peut alors observer, surtout le soir, des bancs entiers de capelans, rejetés sur la plage avec chaque nouvelle vague. Évidemment, ces poissons deviennent des proies faciles pour les oiseaux, les morues et les baleines. Même les humains en profitent pour faire des pêches miraculeuses ! Le frai débute en amont, dans la région de Charlevoix, et ce comportement gagne progressivement le reste de l’estuaire et du golfe. Le capelan roulait cette semaine à Sept-Îles, et l’on en perçoit les signes avant-coureurs dans la baie de Gaspé.

Déjà des marsouins !

Des observateurs ont eu la chance de rencontrer une paire de marsouins communs, deux milles nautiques au large de Bergeronnes le 24 mai dernier. Cette espèce est plutôt rare dans ce secteur au printemps, mais elle y devient abondante au cours de l’été. Cependant, même en grand nombre, les marsouins sont difficiles à observer car ils sont petits et furtifs. Ouvrez l’œil : pendant l’été, ils sont abondants partout dans le Saint-Laurent marin.

Trois oiseaux rares

Un peu partout près des rives de l’estuaire et du golfe, on a observé de grands rassemblements d’eiders à duvet ces dernières semaines. Les mâles sont encore présents, mais ils se regrouperont bientôt pour aller muer loin des sites de nidification. À l’île aux Lièvres, dans Charlevoix, ces grandes troupes d’oiseaux recelaient une surprise : on nous a signalé trois eiders à tête grise (Somateria spectabilis). Cet oiseau superbe fréquente habituellement l’Arctique, et l’on en signale chaque année un petit nombre d’individus dans le Saint-Laurent.

Échouages de bélugas

Un béluga, une femelle adulte, a été retrouvé mort sur l’île Verte le 19 mai dernier, et un mâle juvénile a été retrouvé le 26 mai à Sainte-Flavie. L’état des carcasses, en décomposition avancée, ne permettait pas de faire de nécropsie. Quatre carcasses de bélugas ont été signalées depuis le début de l’année. Chaque année, une vingtaine de carcasses de bélugas sont signalées sur les rives du Saint-Laurent. (Source : Institut Maurice Lamontagne)

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1 juin 2000, vol. 4 no 22

Le vent souffle, les baleines sautent!

Cette semaine, les petits rorquals entre Bergeronnes et Tadoussac ont effectué à plusieurs occasions des séries de sauts hors de l’eau. Quand une baleine saute ainsi, on dit qu’elle breach. Elle prends alors de la vitesse avant de s’élancer hors de l’eau, montrant parfois la totalité de son corps avant de retomber, sur le côté, sur le ventre ou même sur le dos. Les breach observés cette semaine permettaient donc de se rendre compte de la taille et de la force des petits rorquals, gigantesques malgré leur nom; un petit rorqual mesure de 6 à 9 mètres de long, pour un poids de 6 à 8 tonnes. Imaginez : on a observé jusqu’à cinq petits rorquals qui sautaient simultanément! Même un jeune petit rorqual s’essayait maladroitement à cette difficile gymnastique. Ces animaux avaient la peau colorée de rouge par les vaisseaux sanguins dilatés, un détail révélateur de l’effort qu’ils fournissaient. Pourquoi ce comportement? Les explications varient d’une espèce à l’autre et d’un contexte à l’autre. Les scientifiques pensent que le breach peut jouer un rôle dans la communication, l’alimentation, la respiration par mer agitée, aidant même les baleines à se débarrasser de parasites externes. Il se peut que ce soit aussi une forme de jeu, surtout pour les jeunes animaux. Certaines études ont trouvé un lien entre la vitesse du vent et la tendance des baleines à effectuer des breach. Justement cette semaine, de grands vents soufflaient sur l’estuaire maritime. On ne peut savoir avec certitude si ce sont ces vents qui faisaient sauter les petits rorquals, mais ils faisaient danser les bateaux, en tout cas!

La table est mise

Impossible d’obtenir de détails sur le menu du buffet très certainement alléchant qui s’offrait aux baleines dans la baie de Gaspé le 31 mai au matin, juste en face de Grande Grave. Accompagnés par des centaines de mouettes tridactyles, quatre rorquals à bosse, un petit rorqual et quatre rorquals communs se remplissaient la panse. Un spectacle grandiose!

Les temps changent pour les phoques du Groenland

Le phoque du Groenland est un visiteur hivernal du Saint-Laurent, mais on l'observe de plus en plus l’été. Il forme souvent des groupes nombreux dont les mouvements à la surface font littéralement bouillonner l'eau. Cette semaine, dans la région de Tadoussac, nos observateurs ont repéré un groupe d’une cinquantaine d’individus. La population du Saint-Laurent se chiffre à quelques millions et fait l’objet d’une chasse commerciale, qui ne vise que les adultes.

Les bélugas d’en haut

Les observations de bélugas entre Rivière-du-Loup et Saint-Siméon commencent à se faire plus nombreuses. Un groupe d’une vingtaine d’individus a été repéré du côté de Port-au-Persil, et l’on continue d’en voir près du quai de Rivière-du-Loup. Cette région de l’aire de distribution estivale du béluga du Saint-Laurent est fréquentée par des adultes, probablement des femelles, et des jeunes. On suppose que les eaux plus protégées que celles de l’estuaire maritime conviennent mieux à cette tranche de la population.


8 juin 2000, vol. 4 no 23

Les rorquals communs sont arrivés dans l’estuaire

Voilà! On peut dire que c’est presque l’été, les rorquals communs sont arrivés dans l’estuaire. Depuis deux semaines, des observateurs nous en signalent entre Forestville et Rimouski. Dans le secteur Tadoussac-Les Escoumins, on en a vu jusqu’à quatre cette semaine. Ces géants du Saint-Laurent se font très discrets entre décembre et avril, et nul ne peut prétendre connaître leurs quartiers d’hiver avec certitude. Ils étaient probablement quelque part dans l’Atlantique Nord, loin des côtes, occupés à des activités d’accouplement, de mise bas et de lactation. Le retour se fait progressivement vers leurs aires d’alimentation traditionnelles. On confirmera bientôt la présence de certains habitués grâce au travail de photo-identification entamé cette semaine par les chercheurs du GREMM. Du côté du golfe, les rorquals communs soufflent déjà depuis le mois d’avril, en compagnie de rorquals bleus, rorquals à bosse et petits rorquals.

Oh! La queue!

Les rorquals communs, longs et souples, sortent rarement la queue de l’eau quand ils plongent. Ils n’ont qu’à arquer le dos pour piquer droit vers les profondeurs. Cependant, l’exception fait la règle, et cette semaine dans la baie de Gaspé un rorqual commun plongeait en montrant la queue. Et qu’en est—il des autres grandes baleines qu’on observe régulièrement dans le Saint-Laurent? Le petit rorqual ne montre pas la queue, tandis que 15 à 18 % des rorquals bleus le font. Le rorqual à bosse sort généralement la queue de l’eau avant de plonger, comme le cachalot, qu’on observe tout de même plus rarement.

Acrobaties de petits rorquals

Les petits rorquals continuent de surprendre les observateurs dans le secteur Tadoussac-Les Escoumins. L’un d’eux a effectué au moins 28 sauts hors de l’eau, ou " breach ". Un autre, près de Baie-Sainte-Catherine, a fait du " marsouinage ", c’est-à-dire qu’il nageait rapidement près de la surface et faisait des sauts horizontaux au ras de l’eau. Plusieurs animaux ont, encore cette semaine, déployé des stratégies impressionnantes pour chasser leurs proies, jaillissant hors de l’eau, faisant des bulles ou roulant sur le côté. Un petit rorqual a même fait l’inspection d’un bateau d’excursion, tournant autour de l’embarcation plusieurs fois. Quelle espèce fascinante!

Ne touchez pas aux phoques!

Entre mai et juillet, période de mise bas du phoque commun, il arrive souvent que des promeneurs découvrent des jeunes de cette espèce sur les plages, seuls. Que faire? Le mieux est de les laisser en paix, d’éviter de les effrayer et d’empêcher que les animaux domestiques ne leur nuisent. On évite ainsi les risques de blesser l’animal et on laisse le champ libre à la mère pour qu’elle vienne retrouver son jeune. Le phoque commun est le plus petit phoque du Saint-Laurent, et il est le seul qui y réside toute l’année. Son statut est précaire, en raison surtout de la contamination et du dérangement lié aux activités humaines.

Échouage de petit rorqual en Gaspésie

Une carcasse de petit rorqual en décomposition avancée a échoué sur une plage de Gaspésie, à Tourelle, le 1er juin dernier. L’animal de près de 8 m de long était en trop mauvais état pour que l’Institut Maurice-Lamontagne (Pêches et Océans Canada) en fasse l’examen. On prévoyait disposer de la dépouille au site d’enfouissement sanitaire régional.

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15 juin 2000, vol. 4 no 24

De vieilles connaissances

Les groupes de recherche GREMM, INESL et ORES ont repris leurs travaux de photo-identification dans le secteur Tadoussac-Les Escoumins. La photo-identification consiste à photographier les marques naturelles, les cicatrices ou les nageoires dorsales des baleines afin de les reconnaître individuellement. Les scientifiques peuvent ainsi étudier leurs habitudes de vie et leurs migrations, et même estimer la taille de leurs populations. On nous annonce déjà le retour de vieilles connaissances. Parmi les nombreux petits rorquals présents dans le secteur, l’équipe de ORES a photographié Broken Fin (présent depuis quelques semaines déjà), Crabclaw, La Mouette, Witches Hat, Honeycomb, Phoque Éléphant, Double Scoop et Divot. Pour les rorquals communs, l’équipe du GREMM a photographié Capitaine Crochet, un habitué depuis 1994. L’équipe de l’INESL, pour sa part, a entre autres repéré Slash, Céline, Yogi et Élisabeth parmi d’autres bélugas. Au cours de la semaine prochaine, l’équipe du MICS, à Mingan, reprendra elle aussi son travail de photo-identification. C’est une histoire à suivre!

Paire de petits rorquals

Le petit rorqual est une espèce généralement solitaire, contrairement au rorqual commun et au béluga qu’on observe souvent en groupes. Pourtant, les 13 et 14 juin derniers, Honeycomb et Phoque Éléphant ont été observés nageant côte à côte à l’embouchure du Saguenay. D’ailleurs, Phoque Éléphant a souvent été observé accompagnant un autre petit rorqual, et pas toujours le même. Ce comportement suggère qu’il s’agit d’un mâle cherchant une femelle… mais rien n’est moins certain! Pour l’instant, on ne connaît pas avec certitude le sexe de Phoque Éléphant, puisque le groupe ORES n’a jamais eu la chance de photographier son ventre. De plus, on ignore tout des stratégies de reproduction du petit rorqual. Pour l’Atlantique Nord, on sait seulement que la période d’accouplement s’étend de janvier à mai.

Jeune rorqual commun

Comme pour le petit rorqual, on ignore presque tout des détails de la reproduction des rorquals communs de l’Atlantique Nord. La mise bas a lieu de novembre à janvier, et l’allaitement dure de six à sept mois. C’est donc dire que les jeunes sont souvent sevrés et livrés à eux-mêmes quand ils arrivent aux sites d’alimentation. On voit tout de même presque chaque année au moins un jeune rorqual commun dans la région de Tadoussac-Les Escoumins. Cette année encore, on signale la présence d’un très petit rorqual commun, souvent en compagnie d’un ou deux adultes.

Le capelan roule en Gaspésie

Cette semaine, c’était au tour des capelans de la Gaspésie de frayer, ou de " rouler ". Ce comportement entraîne la formation de concentrations importantes de capelans, ce qui attire bien sûr les prédateurs, c’est-à-dire les baleines. Rorquals bleus, rorquals communs, rorquals à bosse et petits rorquals festoyaient dans la baie de Gaspé!

Changement de saison

Les oiseaux sont le baromètre des saisons. Deux signes importants nous indiquent que le printemps est définitivement révolu et que l’été s’amorce. Après avoir passer tout l’hiver et le printemps dans nos eaux, les hareldes kakawis ont déserté l’estuaire pour nicher dans l’Arctique. De plus, on commence à voir de grands groupes d’eiders femelles accompagnées de dizaines de canetons frais éclos.

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22 juin 2000, vol. 4 no 25

Des nouvelles du rivage

Que ce soit dans le secteur Tadoussac–Les Escoumins, dans le coin de Mingan ou en Gaspésie, beaucoup d’observateurs ont pu voir des baleines de près sans même prendre la mer. Il y a eu de nombreuses observations de petits rorquals, et, à Percé, il y avait même des rorquals bleus, des rorquals communs et des rorquals à bosse tout près de la côte. Parfois, ces baleines semblaient si près que certains observateurs ont craint qu’elles ne s’échouent! Mais les cétacés, même obnubilés par les bancs de poissons en frai le long des côtes, ne prennent aucun risque et peuvent facilement se mouvoir dans quelques mètres d’eau. Ailleurs dans le monde, certains dauphins côtiers poursuivent même leurs proies jusque sur les plages. Ils réussissent en frétillant à regagner l’eau, sains et saufs… et repus!

Les bleues du golfe

À Sept-Îles, dans la baie de Gaspé et à Percé, plusieurs rorquals bleus ont été observés ces dernières semaines. Comment reconnaître cette espèce? Ce géant a le dos gris pâle ou bleuté, tout moucheté, et sa nageoire dorsale, qui semble minuscule sur ce dos énorme, est située à l’arrière du corps. Mais même avant de le voir, vous repèrerez peut-être le rorqual bleu à la puissance de son souffle; les quelque 2500 litres d’air expulsés en deux secondes à chaque expiration font un bruit explosif!

Du côté des communs

Les rorquals communs sont toujours présents dans l’estuaire en petit nombre. Dans le secteur Tadoussac–Les Escoumins, il y a entre autres un adulte accompagné d’un jeune. Ils ont été photographiés par une assistante de recherche du GREMM et sont donc maintenant fichés. Ceci permettra de déterminer si l’adulte a déjà été photographié dans le Saint-Laurent. Peut-être en saurons-nous davantage bientôt sur cet individu? C’est à suivre! Un autre rorqual commun a été aperçu haut dans l’estuaire, en amont de Tadoussac, près de Baie-des-Rochers. Du côté du golfe, les chercheurs du MICS à Mingan ont commencé leur travail de photo-identification et ont dénombré 17 rorquals communs différents. Ils croient bien avoir aperçu Zipper, un rorqual commun ayant une impressionnante cicatrice sur le flanc droit. Cet individu a déjà été photographié dans le golfe et dans l’estuaire à quelques reprises depuis 1994.

Têtes de cheval

On commence à signaler des phoques gris dans l’estuaire maritime. Ce phoque au profil de cheval est le plus gros de l’estuaire, pouvant facilement atteindre les deux mètres de long. Maintenant que la période de mue tire à sa fin, les phoques gris sont à la recherche de bonnes sources de nourriture. On peut donc souvent les observer sur les mêmes sites que les baleines, elles aussi à la recherche de concentrations de poissons.

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29 juin 2000, vol. 4 no 26

Observation inusitée à Pointe-des-Monts

Deux rorquals à bosse ont passé la fin de semaine à batifoler près de Pointe-des-Monts. Cette espèce fréquente rarement le secteur, mais, là, les observateurs ont été choyés. Les deux baleines, à quelques mètre du rivage, sautaient, roulaient et battaient l’air de leurs deux grandes nageoires pectorales. On pouvait aussi voir deux rorquals communs, de nombreux petits rorquals et quelques phoques gris. Il semble que le capelan roulait encore dans ce secteur ces derniers jours. Il roulait aussi entre Longue-Pointe-de-Mingan et Mingan, ainsi que sur la côte Nord de l’île d’Anticosti.

Bébés marsouins

Le marsouin commun est un très petit cétacé, ne mesurant guère plus de un mètre et demi de longueur. En plus, on ne voit qu’une petite partie de son dos en surface quand il vient respirer. Alors, imaginez les bébés de cette espèce : il faut presque les observer à la loupe! Les observateurs du réseau rapportent la présence de marsouins autant dans le golfe que dans l’estuaire maritime, et des bébés ont été signalés dans la région de Forestville. C’est en plein la saison pour observer ces jeunes animaux puisque les marsouins communs femelles donnent naissance à un petit tous les ans, au printemps. Elles s’accouplent au cours de l’été et poursuivent l’allaitement pendant presque toute la durée de la gestation. Quel exploit énergétique! Le mâle, lui, est le mammifère ayant les plus gros testicules relativement à son poids. En période de rut, ses testicules atteignent des proportions comparables à celles des testicules de... rorqual commun, un animal pesant 50 tonnes! Il peut ainsi produire de grandes quantités de sperme pour faire compétition aux autres mâles.

Une bleue dans l’estuaire

Les rorquals bleus ont été très présents dans la baie de Gaspé tout au long du printemps. On a aussi signalé quelques individus du côté de Sept-Îles, et voilà qu’il y aurait eu cette semaine une observation de rorqual bleu dans l’estuaire, du côté de Forestville. Les rorquals bleus sont nomades et leur fréquentation du Saint-Laurent varie beaucoup d’une année à l’autre. Par exemple, le travail des chercheurs du MICS et du GREMM a permis certains étés d’identifier plusieurs dizaines d’individus entre Les Escoumins et Sainte-Anne-de-Portneuf, alors que, dans le même secteur, d’autres étés, ces mêmes chercheurs n’ont pu répertorier qu’une douzaine d’individus différents. Il semble que ces variations soient liées à l’abondance et à la répartition du krill, petit crustacé planctonique dont les rorquals bleus sont friands. La saison 2000 sera-t-elle " bleue "? C’est à suivre…

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6 juillet 2000, vol. 4 no 27

Les dauphins sont arrivés!

De petits groupes de dauphins à flancs blancs ont été observés dans le golfe cette semaine, à Sept-Îles et dans la baie de Gaspé. Ce sont les premières observations de dauphins de la saison! Au cœur de l’été, c’est par centaines que les dauphins sillonnent le golfe, surtout des dauphins à flancs blancs dans le sud et des dauphins à nez blanc dans le nord. Quelques dauphins à flancs blancs font des incursions dans l’estuaire à l’occasion, et, exceptionnellement, de gros groupes de deux à trois cents individus s’aventurent jusqu’à la tête du chenal Laurentien, près de Tadoussac. Ouvrez l’œil, ces dauphins sont agiles et rapides, bondissant souvent hors de l’eau et révélant alors leur livrée contrastée, soulignée d’une bande jaune maïs vers l’arrière du corps.

Filature photographique

Les rorquals communs de la région Tadoussac-Les Escoumins ont temporairement délaissé la tête du chenal cette semaine. C’est plus en aval, entre le cap de Bon-Désir et Petits-Escoumins, que les chercheurs du GREMM ont rencontré huit individus, dont quatre animaux connus : Grand Galop, Zipper et Perroquet sont de retour, et Capitaine Crochet est toujours dans le secteur. Grand Galop est un des rorquals communs vedettes de l’estuaire du Saint-Laurent, fidèle au rendez-vous depuis au moins 1984. Ceux qui l’ont vu l’année dernière se souviendront qu’il arborrait une grande ligne blanche sur le pédoncule, mais cette blessure n’a laissé qu’une fine cicatrice, à peine visible.

Qu’en est-il des autres projets de photo-identification qui se font dans le Saint-Laurent? Le groupe de recherche ORES a répertorié de nombreux petits rorquals entre Tadoussac et Les Escoumins, dont Owl Eyes, photographié depuis 1994. L’équipe du MICS, quant à elle, a photographié 15 rorquals communs à Mingan, ainsi que 9 rorquals bleus en Gaspésie. Tout ce travail de " filature photographique " permet de rassembler de précieuses informations sur les baleines du Saint-Laurent, une tâche de longue haleine.

L’art et la manière

Les petits rorquals entre Tadoussac et Les Escoumins continuent d’épater les observateurs avec leurs stratégies d’alimentation de surface. Même des observateurs chevronnés, les chercheurs du groupe ORES, ont été impressionné de voir un animal qui, pendant près d’une heure, a exécuté toutes les manœuvres connues, les unes après les autres: sauts verticaux, ventraux, latéraux et obliques, arcs latéraux et ventraux, plongeons, tout y est passé. Habituellement, chaque petit rorqual s’en tient à deux ou trois techniques bien maîtrisées, et il y a même certains individus qui se spécialisent dans un seul type de manœuvre. C’était donc une impressionnante démonstration de savoir-faire!

Deux bélugas de moins…

La carcasse gonflée d’un béluga a été retrouvée dérivant près du parc du Bic, le 27 juin. Ce gonflement ne résultait pas simplement de la décomposition: cette femelle portait un fœtus presque à terme mesurant 158 cm de long et pesant 51 kg. La jeune baleine d’environ 15 ans a été récupérée par M. Richard Plante, en collaboration avec l’Institut Maurice-Lamontagne (IML) afin d’y prélever des échantillons pour divers projets de recherche sur la contamination et l’état de santé des bélugas du Saint-Laurent. Ces travaux sont dirigés entre autres par des chercheurs de l’IML, de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal et de l’Institut national d’écotoxicologie du Saint-Laurent. Il s’agit de la cinquième carcasse de béluga récupérée cette année.

Ajout de dernière minute: d’autres carcasses de cétacés ont été signalées sur les rives du Saint-Laurent: un béluga sur l’île d’Anticosti le 3 juillet, un rorqual commun à Pabos en Gaspésie le 6 juillet et un marsouin commun nouveau-né à Sainte-Félicité dans le Bas-Saint-Laurent, également le 6 juillet.

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13 juillet 2000, vol. 4 no 28

Rorquals à bosse, dans le golfe et dans l’estuaire

L’équipe du MICS sillonnait le golfe cette semaine pour photographier certaines vieilles connaissances. Ils nous signalent que Splich, Fleuret et Whip sont parmi les rorquals à bosse repérés en Gaspésie. Du côté de l’île d’Anticosti, ils nous confirment la présence de Brax, une femelle qu’ils connaissent depuis de nombreuses années et qui a fait un immense saut près de leur bateau. Un autre rorqual à bosse s’est fait remarqué, cette fois entre Tadoussac et Les Escoumins. Lui aussi a gratifié certains observateurs de grands sauts hors de l’eau. Deux groupes de chercheurs, le GREMM et ORES, ont réussi à le photographier. On pourra donc bientôt faire connaître son identité.

Alimentation près des côtes, ça continue!

Beaucoup d’observateurs émerveillés nous rapportaient encore cette semaine des spectacles à couper le souffle. Cabrioles, sauts, contorsions révélant la gorge gonflée, les fanons ou la queue… vous devinez de quoi il s’agit? À quelques dizaines de mètres du rivage, les petits rorquals s’alimentaient en surface, que ce soit en Minganie, entre Tadoussac et Les Escoumins ou sur la rive Sud, près de Rimouski. À Mingan, certains ont même pu voir, toujours du rivage, des rorquals communs effectuer des manœuvres similaires.

Chameau dans le golfe

Non, pas un dromadaire, un vrai chameau, à deux bosses, tout bleu. Et oui! C’est confirmé! Le célèbre rorqual bleu nommé Chameau, à cause de la déformation de sa colonne vertébrale, a été photographié en Gaspésie cette semaine, au large de la rivière aux Renards, par l’équipe du MICS. Cette femelle connue depuis 1991 n’avait jamais été photographiée dans le golfe auparavant. Toutes les rencontres entre cet individu et l’équipe du MICS ou celle du GREMM avaient eu lieu dans l’estuaire.

Flat Top est de retour

En août 1999, les chercheurs du groupe ORES étaient heureux et stupéfaits : un petit rorqual qu’ils n’avaient pas photographié depuis 1978 était de retour dans l’estuaire. Et bien, cet animal, Flat Top, a déjà été revu trois fois cette année! Ces observations nous apprennent que les marques retenues pour identifier les petits rorquals sont fiables puisqu’elles sont restées identiques pendant plus de vingt ans. On se demande quand même où est allé se nourrir Flat Top pendant toutes ces années, et ce qui le motive à revenir dans le coin.

Inspection de marsouins communs

Si les chercheurs étudient les baleines, il arrive que les rôles soient inversés. Les deux bateaux de l’équipe ORES ont été inspectés en long en en large par deux marsouins communs pendant plus de huit minutes, au large de la pointe à la Carriole, entre Tadoussac et Les Bergeronnes, le 10 juillet. L’eau était si claire que l’on pouvait facilement voir les animaux à plus d’un mètre sous la surface. C’est un comportement surprenant pour cette espèce plutôt farouche dans le Saint-Laurent.

Les oiseaux de Portneuf

Voilà plusieurs semaines que les baleines éclipsent les oiseaux dans le bulletin des Nouvelles du large. Vous avez sûrement entendu parlé des colonies d’oiseaux nicheurs en Gaspésie, près de Sept-Îles, en Minganie ou aux îles de la Madeleine. Dans l’estuaire, vous avez peut-être déjà vu les colonies d’eiders à duvets, de cormorans et de goélands. Mais saviez-vous qu’il y a des mouettes tridactyles, des guillemots à miroir et des petits pingouins qui nichent dans l’estuaire? Un de nos collaborateurs dans le secteur de Forestville part en bateau du sanctuaire d’oiseaux de Sainte-Anne-de-Portneuf pour aller observer les colonies sur les îles des environs, en plus d’aller à la rencontre des baleines. Il nous dit que les poussins des mouettes tridactyles commencent à avoir de vraies plumes, les petits des goélands à manteau noir ont quitté les colonies et ceux des goélands argentés s’exercent déjà au vol. Il rencontre souvent des bandes de macreuses en mue; la mer est même couverte de leurs plumes noires à certains endroits.

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20 juillet 2000, vol. 4 no 29

Des cachalots en visite!

Deux cachalots se promenaient devant Les Bergeronnes le vendredi 14 juillet (en l’honneur de la France?), et une bonne douzaine d’entre eux sillonnait le secteur entre Les Bergeronnes et Les Escoumins lundi soir. Ces animaux sont les plus gros représentants du sous-ordre des baleines à dents, ils ont la particularité d’avoir le souffle penché vers la gauche et ils sortent la queue bien haut chaque fois qu’ils plongent vers les profondeurs. Pourtant, même si on en observe chaque année dans le secteur, les cachalots semblent passer incognito entre l’Atlantique et leur destination de prédilection dans le Saint-Laurent, Les Bergeronnes. À moins qu’il n’y ait un passage secret, ceci indique probablement que ces animaux ne font que se déplacer rapidement lorsqu’ils sont dans le golfe et dans le reste de l’estuaire. Comme les cachalots peuvent rester sous l’eau sans problèmes pendant près d’une heure, et que pendant ce temps ils peuvent faire une grande distance sous l’eau, on comprend que cela laisse bien peu de chance à des observateurs potentiels!

Rorqual à bosse fiché

À vos guides d’identification, bateliers de la région Tadoussac–Les Escoumins! Le rorqual à bosse qui se balade dans votre secteur depuis le 10 juillet est un habitué. En effet, cet individu, identifié Mn 1 par les chercheurs du GREMM, était déjà venu dans le coin en 1997 et en 1999. À chaque fois, sa visite avait duré plusieurs semaines. Peut-être sera-il encore avec nous quelque temps?

Bleu de mer

Les rorquals bleus étaient disséminés un peu partout dans le golfe et l’estuaire cette semaine. On en signalait en Gaspésie, comme toutes les semaines depuis le début du printemps, l’équipe du MICS a photographié son premier rorqual bleu de la saison à Mingan, et deux à trois individus ont été repérés dans l’estuaire entre Sainte-Anne-de-Portneuf et Les Escoumins.

Marsouin blanc

À peu près à la même époque l’année dernière, une nouvelle portant ce même titre figurait dans le bulletin des Nouvelles du large. Encore cette année, l’équipe du MICS à Mingan a rencontré un marsouin commun tout blanc, probablement un albinos. Est-ce le même?

Les géants vont en groupe

Quand les rorquals communs se regroupent et nagent comme un seul animal gigantesque, les observateurs ne peuvent qu’être impressionnés par leur grâce et leur puissance. Des groupes comptant sept à douze individus ont été vus près de Tadoussac et non loin de Sept-Îles, à cinq milles de l’ile Corossol.

Monstre marin rejeté par la mer

À Newport, le 17 juillet, dans la baie des Chaleurs, un étrange animal a échoué sur la plage. Ce n’était pas une baleine, mais un requin pèlerin de huit mètres de long. Cet énorme poisson filtre l’eau à l’aide de ses branchies pour se nourrir de copépodes, des petits crustacés de la taille d’un grain de riz, un peu comme le font les baleines franches à l’aide de leurs fanons. Dans le golfe du Saint-Laurent, nos observateurs en voient quelques fois à la surface, semblant se prélasser au soleil. On reconnaît ces poisson inoffensifs à leur grande taille et à leur gros aileron triangulaire.

Rencontres magiques

Il suffit d’un banc de brume pour transformer un spectacle déjà impressionnant en une véritable féerie. À Mingan, en début de semaine, on pouvait voir des dizaines de fous de Bassan déchirant la brume de leurs impressionnants piqués. Du côté de l’île d’Anticosti, ce sont les capelans qui ont envoûté des kayakistes. Ils pagayaient tout près de la côte parmi de grands bancs de ces poissons argentés frétillant comme une eau vivante.

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27 juillet 2000, vol. 4 no 30

Grande nouvelle pour les bleues du Saint-Laurent!

Un rorqual bleu accompagné d’un jeune a été observé près de Sainte-Anne-de-Portneuf les 26 et 27 juillet. C’est une observation très rare, avec une dizaine de cas bien documentés depuis le début du programme d’étude des rorquals bleus dirigé par Richard Sears, du MICS, dans les années 1970. Ce jeune était exceptionnellement actif, s’amusant à sauter hors de l’eau quand sa mère le quittait pour aller s’alimenter en profondeur. En plus de cette paire particulièrement intéressante, il y avait cinq autres rorquals bleus entre Les Escoumins et Sainte-Anne-de-Portneuf. Pourquoi voit-on si peu de jeunes rorquals bleus dans le Saint-Laurent? Les rorquals bleus sont migrateurs et les femelles ne reviennent peut-être pas dans le Saint-Laurent avec leur veau. Les prélèvements de gras que Richard Sears a faits sur les rorquals bleus du Saint-Laurent ont par ailleurs révélé un taux de BPC élevé. Peut-être ces contaminants chimiques affectent-ils leur succès de reproduction?

Tic-tac-toe... et les défis de l’identification

Bateliers de la région Tadoussac–Les Escoumins, vous l’aurez sûrement reconnu, le rorqual à bosse présent dans votre coin ces jours-ci est Tic-Tac-Toe. Cet animal avait passé une grande partie de la saison avec vous en 1999. C’était alors un juvénile, comme la coloration mal définie sous sa queue l’indiquait, et il a bien grandi depuis. Les marques distinctives sous sa queue, entre autres le grand X du côté droit, permettent de confirmer son identité. Cependant, regardez-y de près avant d’appeler une baleine par son petit nom! Cette semaine, l’équipe du groupe de recherche ORES, basé aux Bergeronnes, a découvert que Sansfin avait un sosie. Sansfin est un petit rorqual qui n’a pas de nageoire dorsale, et on le distingue donc facilement des autres. Mais voilà qu’un petit rorqual nouvellement arrivé dans le secteur est lui aussi dépourvu de nageoire dorsale. Sortez les jumelles : Sansfin a deux moignons de chair là où se trouvait sa nageoire dorsale, tandis que ce nouvel animal, baptisé Ohni Fin, n’en a qu’un. Les deux individus sont présentement dans le secteur de Tadoussac.

Et que ça saute!

À différents endroits du Saint-Laurent marin cette semaine, en bateau ou de la rive, des observateurs chanceux ont vu des baleines sauter complètement hors de l’eau. Rorqual à bosse près de cap Granite (entre Tadoussac et Les Bergeronnes), deux grands sauts! Rorqual à bosse dans la baie de Gaspé, plus de cinq sauts! Petit rorqual au cap de Bon-Désir, 23 sauts! La semaine dernière, c’était près de Mingan qu’un petit rorqual s’était exécuté 38 fois de suite. Le record de la saison? C’était au début juillet, au pied de Pointe-Noire, près de Baie-Sainte-Catherine : un petit rorqual avait bondi hors de l’eau 66 fois de suite.

Visite inusitée du côté d’Anticosti

Pour la troisième fois seulement en 22 ans de travail dans le secteur, l’équipe du MICS a rencontré un groupe d’une trentaine de globicéphales noir de l’Atlantique près de l’île d’Anticosti. Le globicéphale est un gros dauphin presque entièrement noir, pourvu d’une nageoire dorsale falciforme et d’un melon proéminent. Cette espèce fréquente régulièrement la côte Est de Terre-Neuve et la péninsule gaspésienne.

Mortalités de bélugas : trois cas lourds pour l’avenir de la population

Déjà cette année, on rapporte trois mortalités de femelles porteuses de la prochaine génération de bélugas. Le 27 juin, on découvrait qu’une femelle morte et très gonflée retrouvée du côté du Bic, près de Rimouski, portait un jeune presque à terme. Samedi dernier, la carcasse fraîche d’une femelle a été trouvée à la dérive du côté de l’île aux Basques, puis envoyée à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal pour une nécropsie. Ses glandes mammaires contenant du lait et son utérus étant distendu, cette jeune femelle est probablement morte peu de temps après avoir donné naissance. Le troisième cas est survenu le 26 juillet. La carcasse flottant au large de cap Granite, près de Tadoussac, était celle d’une autre jeune femelle dont le bébé était resté coincé dans l’ouverture de la fente génitale. Comme pour tous les mammifères, les événements entourant la naissance comportent des risques, et on s’attend à des mortalités. Mais ces cas nous rappellent la fragilité de cette population en danger de disparition. L’analyse des carcasses retrouvées le long des rives du Saint-Laurent indique que les bélugas sont fortement contaminés et que ces contaminants pourraient avoir des effets sur leur système reproducteur.

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3 août 2000, vol. 4 no 31

Baleine franche!

Des observateurs de Percé ont rencontré une baleine noire (aussi appelée baleine franche) le 31 juillet en matinée. Aucune baleine noire n’avait été repérée en 1999 dans le Saint-Laurent, alors cette observation ravive l’espoir! En effet, la baleine noire de l’Atlantique Nord est la grande baleine la plus menacée du monde. Chassée à l’excès, cette espèce ne compte maintenant que 300 individus environ. Son taux de reproduction est faible et elle est très vulnérable aux collisions avec les navires ainsi qu’aux prises accidentelles dans les filets de pêche. Entre 1995 et 1998, quelques individus avaient été observés au large de Percé. On compte également des observations sporadiques sur la rive Nord du golfe entre 1976 et 1998. Des observations avaient aussi été rapportées pour l’estuaire du Saint-Laurent, près de l’embouchure du Saguenay, au cours de l’été 1998.

Rassemblement dans l’archipel

Exceptionnellement le 30 juillet dernier, il y avait plus que des petits rorquals qui sillonnaient l’archipel de Mingan. Deux rorquals communs, un jeune rorqual à bosse et une dizaine de dauphins à nez blanc ont surpris nos observateurs. Les dauphins ont harcelé toutes ces baleines à tour de rôle. C’est un comportement commun chez cette espèce de dauphin, mais on n’en connaît pas la fonction.

Groupes de petits rorquals

Habituellement, les petits rorquals sont des animaux solitaires. On en voit souvent plusieurs dans un même secteur, attirés par une concentration intéressante de nourriture. Mais il arrive à l’occasion que ces baleines fassent surface en petits groupes, respirant de façon synchronisée. Cinq d’entre eux ont surgit en cohorte près d’un bateau d’observation au large de Tadoussac, le 30 juillet dernier. Avec leurs épaulettes blanches, on aurait cru un exercice militaire!

Voyage le long de la Basse-Côte-Nord

On sait que les rorquals à bosse font de grandes migrations à l’automne et au printemps entre leurs aires d’alimentation et leurs aires de reproduction. Par exemple, les rorquals à bosse qu’on observe dans le Saint-Laurent se retrouvent l’hiver dans la mer des Caraïbes. Mais, même l’été, ces grands voyageurs ne chôment pas : Tracks, un rorqual à bosse photographié à Blanc-Sablon par l’équipe du MICS il y a deux semaines, a été revu par la même équipe le long de la côte Nord-Ouest de l’île d’Anticosti dimanche dernier, un voyage de plus de 500 km!

Les pétrels

L’océanite de Wilson (ou pétrel océanite) est un oiseau pélagique qui fréquente le Saint-Laurent en petits nombres, particulièrement au large de la péninsule Gaspésienne, sur le banc des Américains. Difficile de croire que ces petits oiseaux, gracieux comme des hirondelles, nichent l’hiver… en Antarctique! L’océanite cul-blanc (ou pétrel cul-blanc) lui ressemble beaucoup, si ce n’est de sa queue fourchue et de son vol plus erratique, et il niche, lui, dans l’hémisphère Nord. La plus grande concentration de nids dans le golfe se trouve près de Sept-Îles, sur l’île Corossol. On en dénombre 700 couples. C’est bien peu si l’on compare aux colonies de la côte Est de Terre-Neuve, où l’on a recensé quatre millions de couples! Des observateurs ont vu plusieurs centaines d’océanites, peut-être des deux espèces, au large de l’île Bonaventure cette semaine.

Bilan : échouages de bélugas

Les mortalités de bélugas pour l’année 2000 se chiffrent jusqu’à présent à 11 cas vérifiables, avec cinq cas depuis le 22 juillet. Chaque année, on retrouve une quinzaine de carcasses de bélugas du Saint-Laurent. Trois nouveaux cas ont été rapportés cette semaine. Le premier est une nouveau-né qui a été aperçu vivant près de la plage de Sainte-Luce le 29 juillet. On l’a retrouvé mort le lendemain au même endroit. Le deuxième est un gros mâle qui flottait au large des Escoumins. La carcasse fraîche avait une profonde blessure sur la crête dorsale. La nécropsie faite à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, à Saint-Hyacinthe, permettra d’en savoir plus sur l’origine de cette blessure et sur les causes de la mort. Le troisième cas est plus surprenant. Il s’agit d’un béluga retrouvé dans la baie de Fundy le 30 juillet, loin des aires de répartition des bélugas de l’Arctique ou du Saint-Laurent. Une analyse génétique devrait aider à préciser la provenance de cet animal.

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10 août 2000, vol. 4 no 32

Nouvelle rencontre de la baleine noire

Des observateurs de Percé ont de nouveau repéré une baleine noire, aussi appelée baleine franche, à environ 10 miles au large du cap d’Espoir, le 8 août dernier. L’observation du 31 juillet avait eu lieu dans le même secteur, et c’est peut-être le même individu, quoiqu’aucune photographie ne puisse le confirmer. Au début de cette rencontre, la baleine a signalé sa présence en gardant la queue hors de l’eau pendant quelques minutes, un comportement difficile à expliquer où la baleine semble " faire de la voile ". Par la suite, l’animal zigzaguait dans le secteur, probablement en quête de copépodes, sans sortir la queue pour plonger. On souhaite à ces observateurs d’autres belles rencontres avec ce représentant d’une population très fragile, dont la présence dans le Saint-Laurent est exceptionnelle.

Baleines de brume

Quand on prépare son excursion depuis des semaines ou des mois, et que le jour tant attendu se lève sur un matin brumeux, il y a de quoi être inquiet. Pourtant, mieux vaut prendre l’événement comme une chance de découvrir le Saint-Laurent… autrement. Plus mystérieux, plus envoûtant, mais tout aussi majestueux et riche d’espèces animales, le Saint-Laurent de brume est à découvrir absolument. Cette semaine, par exemple, notre observateur de Sainte-Anne-de-Portneuf, près de Forestville, raconte sa sortie dans la brume. " Autour de nous, il y a un grand cercle de lumière et nous avons l'impression d'être dans un autre monde. C'est un temps idéal pour découvrir le monde marin. Les oiseaux nous laissent approcher très près d'eux. Une baleine bleue fait surface à la limite de notre rond de lumière. Elle est énorme et son souffle explose dans le silence blanc. Pendant une heure nous serons au milieu des baleines, sursautant chaque fois qu'un rorqual vient reprendre de l'oxygène avant de retourner dans le mystère de la mer. " Bien sûr, une sortie dans la brume nécessite prudence et vigilance : il est recommandé de circuler à basse vitesse afin de minimiser les risques de collision avec les baleines, qu’on aperçoit au dernier instant dans ces conditions de faible visibilité.

Célébration du centième de Divot!

Ce petit rorqual n’est pas centenaire, mais l’équipe de recherche ORES, qui l’a photographié la première fois en 1986, fêtait le 30 juillet sa centième rencontre avec lui. C’est un individu de grande taille, rapide et puissant, qu’on reconnaît quand il plonge à une profonde dépression sur le pédoncule. Il sillonne habituellement tout le contour de la tête du chenal Laurentien, entre Les Bergeronnes et Tadoussac.

Prise accidentelle

Un rorqual à bosse a été repéré le 6 août en matinée près de cap Gaspé, empêtré dans un câble et traînant derrière lui un gros billot. Les gardes du parc Forillon ont tenté de couper la corde pour libérer l’animal, qui nageait difficilement et semblait incapable de sortir la queue pour plonger. La tentative a échoué, le temps s’est gâté et l’animal a quitté le secteur. Chaque année, des rorquals à bosse, des marsouins et des petits rorquals du Saint-Laurent se font prendre accidentellement dans des engins de pêche. Certains réussissent à se libérer et portent longtemps les cicatrices de leur aventure; d’autres succombent, après quelques minutes, incapables de faire surface pour respirer, ou après plusieurs semaines, épuisés de traîner un tel fardeau. À Terre-Neuve, où ces événements sont particulièrement fréquents, une équipe de bénévoles dirigée par Jon Lien travaille en collaboration avec les pêcheurs et libère chaque année des dizaines de rorquals à bosse.

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17 août 2000, vol. 4 no 33

Dauphins à nez blanc dans l’estuaire

Un petit groupe de trois dauphins à nez blanc a été photographié du côté de l’île aux Basques, dans l’estuaire du Saint-Laurent, le 14 août dernier en matinée. Au cours des dernières semaines, quelques mentions non-confirmées de ce dauphin nous sont parvenues du secteur de Forestville. Cette espèce est rarement observée dans l’estuaire, mais abondante dans la partie nord du golfe du Saint-Laurent. C’est le dauphin à flancs blancs qu’on rencontre le plus souvent dans la partie sud du golfe, et occasionnellement aussi dans l’estuaire. Plus robuste et massif, le dauphin à nez blanc se distingue du dauphin à flancs blancs par son patron de coloration moins marqué sur les flancs et par l’absence de bande jaune maïs sur le pédoncule.

Pointe-Noire : rorqual à bosse en vue!

On observe régulièrement des petits rorquals et des bélugas dans le Saguenay. Les autres espèces de baleines s’arrêtent habituellement à son embouchure, c’est-à-dire au secteur du phare du Haut-Fond-Prince. Alors imaginez la surprise des naturalises de Pointe-Noire quand ils ont vu un rorqual à bosse qui remontait rapidement le Saguenay! Un dos noir, une nageoire dorsale posée sur une bosse et une queue sortie de l’eau à chaque plongée ont causé tout un émoi sur le site d’observation terrestre! Après trois ou quatre séquences de respiration de ce rorqual à bosse, les naturalistes l’ont perdu de vue entre les caps imposants du fjord. Trois rorquals à bosse fréquentaient cette semaine le secteur Tadoussac—Les Escoumins.

Coucher de soleil, lever de lune et bain de krill

Le soir, quand la luminosité faiblit, les petits animaux planctoniques remontent des profondeurs pour brouter dans les champs d’algues microscopiques qui flottent près de la surface. Les baleines connaissent bien ce phénomène. Tous le soirs cette semaine, de Sainte-Anne-de-Portneuf à Cap-de-Bon-Désir, plusieurs observateurs ont rencontré des groupes de baleines (rorquals bleus, rorquals communs et même un rorqual à bosse) qui s’alimentaient en surface. Gueules béantes, gorges gonflées comme des ballons, sillons ventraux distendus, pectorales et bout de queues, ces animaux se sont révélés sous toutes leurs coutures! Spectacle fascinant, mais qui peut raviver les images de monstres marins qu’inspiraient autrefois ces grands animaux. Heureusement qu’on sait aujourd’hui que ces mammifères pacifiques ne se nourrissent que de petits poissons et de plancton!

Les baleines mènent l’enquête

L’observation de baleines, ça peut aller dans les deux sens! À Pointe-des-Monts, au cours de l’excursion du 14 août, un petit rorqual s’est approché du bateau de nos observateurs et l’a minutieusement inspecté pendant une dizaine de minutes. Il est partie sans même leur livrer les conclusions de son enquête! Deux rorquals à bosse, dont Nocturne, ont eu le même genre de comportement inquisiteur avec le bateau de l’équipe du MICS, près de l’île d’Anticosti. Nocturne est une habituée de ce secteur et vient souvent inspecter les bateaux du MICS depuis leur première rencontre, en 1989.

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24 août 2000, vol. 4 no 34

Naissance d’un grand rorqual?

Un chercheur du MICS, Richard Sears, en mission dans l’estuaire, a trouvé un placenta avec un morceau de cordon ombilical flottant au large de Sault-au-Mouton, le 23 août dernier. Le placenta pourrait être celui d’un rorqual commun ou d’un rorqual bleu. Chez ces espèces, la mise bas a généralement lieu à la fin de l’automne et en hiver. Comme un détective ne possédant que peu d’indices, nous sommes réduits à émettre des hypothèses: s’agit-il d’une naissance " hors-saison "? D’un prématuré? D’un avortement? Peut-être découvrirons-nous de nouveaux indices cette semaine. Ouvrez l’œil et contactez immédiatement les chercheurs du GREMM si vous apercevez un jeune rorqual qui semble être un nouveau-né, vivant ou mort. Téléphone : 418-235-4701.

Il y a dix ans, presque jour pour jour, Janie Giard, du GREMM, avait observé un rorqual bleu expulsant un placenta. Quelques minutes plus tard, la baleine faisait surface avec un jeune, qui n’a jamais été revu lors des respirations subséquentes de la mère.

Un cachalot!

On nous signalait la présence d’un cachalot, le 24 août au matin, juste en face du cap de Bon-Désir. C’est la troisième mention de cachalots dans ce secteur depuis le début de la saison. Chaque année depuis 1991, on photographie des cachalots entre Les Bergeronnes et Les Escoumins. Généralement, ils ne font que de brèves incursions dans le secteur.

Encore des dauphins à nez blanc!

Entre Tadoussac et Les Bergeronnes, plusieurs observateurs ont eu la chance de voir une bande de huit dauphins à nez blanc cette semaine. La semaine dernière, des chercheurs du GREMM avait repéré trois représentants de cette espèce, rare pour la région, du côté de l’île aux Basques.

Du krill en abondance?

Beaucoup de rorquals bleus, et des rorquals communs dispersés et plutôt solitaires, voilà ce qui en est des grands rorquals entre Tadoussac et Sainte-Anne-de-Portneuf. Quand on compare plusieurs années de données prises sur les baleines par les chercheurs du GREMM et sur le krill par les chercheurs de l’IML, on voit que cette situation se produit lorsque le krill est présent en abondance dans ce secteur du Saint-Laurent. Est-ce le cas cette année? Pourquoi les rorquals communs adoptent-ils des comportements différents selon qu’ils se nourrissent de krill ou de poissons? Les deux espèces de grands rorquals ne semblent pas exploiter le krill de la même manière. Pourquoi? Les résultats d’études en cours aideront un jour à mieux comprendre le comportement alimentaire de ces géants.

L’automne, déjà

Sur le Saint-Laurent, on observe déjà les signes avant-coureurs de l’automne. En Gaspésie, certains oiseaux marins se font plus abondants : fulmars, puffins des anglais, phalaropes. Des bandes migratrices de pluviers et de bécasseaux sont un spectacle quotidien dans l’estuaire. À Sept-Îles, les oiseaux ont déserté les colonies. Les rapaces ont commencé a passé au-dessus de Tadoussac. Ces belles observations font presque oublier le temps froid et la pluie qui accablent toutes ces régions.

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31 août 2000, vol. 4 no 35

Cachalots dans l’estuaire

On nous rapporte un grand nombre d’observations de cachalot cette semaine dans l’estuaire, entre les îlets Boisés et le cap Granit. Le jeudi 24 août, en soirée, ce sont cinq cachalots qui sont aperçus simultanément non loin des Bergeronnes. Le lendemain, deux à trois individus se promènent entre le cap de Bon-Désir et la rivière Petites-Bergeronnes. L’un d’entre eux est le célèbre Tryphon, premier cachalot photographié par le GREMM lors d’un long séjour de l’animal dans le secteur en 1991. Les dernières mentions de cachalot remontent au dimanche 28 août, en aval des Escoumins. Quel étrange animal! Un souffle penché vers la gauche, projeté entre 25 et 40 fois avant que l’animal ne plonge pour plus d’une demi-heure, une peau plissée, un dos qui émerge comme un sous-marin et une immense queue qui se dresse haut au moment où l’animal disparaît, tous ça fait du cachalot un cétacé à nul autre semblable.

Rorquals à bosse harcelés par des dauphins

Moby, Illusion, Cédille, Lobo, en tout une douzaine de rorquals à bosse s’ébattent près de l’île d’Anticosti ces temps-ci. L’équipe du MICS nous rapporte qu’ils sont très exubérants, sautant, frappant l’eau de leurs nageoires et de leur queue et produisant des sons puissants à l’aide de leurs évents. Ces réactions sont souvent des marques d’exaspération: les dauphins à flancs blancs les harcèlent, s’appropriant leur nourriture et allant jusqu’à leur mordiller les mâchoires. Pas toujours évident, la cohabitation avec d’autres espèces!

Des dauphins partout!

Du côté de l’île d’Anticosti et de la Gaspésie, les dauphins à flancs blancs sont abondants depuis plusieurs semaines déjà. Les observateurs ont fréquemment l’occasion d’être éblouis pas les acrobaties de ces animaux, qui s’approchent parfois de leurs bateaux. Les observateurs de Sept-Îles et de Tadoussac–Les Escoumins ont à leur tour eu droit à ce spectacle grandiose cette semaine, avec la visite surprise de cent à deux cents dauphins dans chacun de ces secteurs.

Baie de Gaspé : maquereau au menu

Les pêcheurs, sportifs et commerciaux, ne sont pas les seuls à se réjouir de l’abondance du maquereau. Dans la baie de Gaspé, les rorquals à bosse festoient, pour le plus grand plaisir des observateurs de baleines. Cette année, le thon a même suivi le maquereau dans la baie des Chaleurs, et les pêcheurs peuvent donc renouer avec une activité traditionnelle pleine de défis. Imaginez, un thon peut peser près d’une demi-tonne, et on le pêche à la ligne!

Les petits rorquals sautent toujours!

Presque chaque semaine, des observateurs de Sainte-Anne-de-Portneuf, des Escoumins, de Cap-de-Bon-Désir ou de Charlevoix nous rapportent avec enthousiasme une rencontre avec un petit rorqual qui sautait complètement hors de l’eau plusieurs fois de suite. Par exemple, tout près du rivage à Port-au-Persil, un petit rorqual a sauté neuf fois le 24 août dernier. Le 25 août, les passagers du traversier Baie-Sainte-Catherine–Tadoussac ont vu un petit rorqual s’exécuter 20 fois de suite. Pour beaucoup de vacanciers s’apprêtant à découvrir la Côte-Nord, il s’agissait de leur première rencontre avec les baleines du Saint-Laurent.

Passagers clandestins

Les lamproies sont des poissons primitifs qui s’attachent à d’autres poissons ou aux baleines et se nourrissent du sang de leurs victimes. Dans le Saint-Laurent, on les voit quelques fois sur des bélugas, des rorquals communs ou des petits rorquals. Cette année, le groupe ORES a répertorié 27 petits rorquals de l’estuaire affublés de ces parasites aux allures de ruban noir. L’un d’entre eux, Sansfin, avait même quatre lamproies sur ses flancs le 14 août dernier. Deux d’entre elles étaient tombées dès le lendemain, mais les plaies devraient être visibles quelque temps encore. Peut-être les sauts de petits rorquals visent-ils parfois à déloger ces passagers indésirables?

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7 septembre 2000, vol. 4 no 36

Baleine noire à Percé!

Le dimanche 3 septembre, pour la troisième fois de la saison, nos observateurs de Percé ont rencontré une baleine noire, aussi appelée baleine franche. Ils n’ont pu l’observer que de loin, car elle se déplaçait rapidement; l’animal n’a donc malheureusement pas été photographié. Les chercheurs du Center for Coastal Studies et du New England Aquarium, aux États-Unis, étudient la baleine noire de l’Atlantique Nord. Ils ont un catalogue où sont répertoriés la quasi-totalité des quelque 300 individus de cette population. Les photos prises lors des rares rencontres avec des individus de cette espèce dans le Saint-Laurent sont donc précieuses car elles permettent d’identifier ces aventuriers. Peut-être cette espèce fragile recolonisera-t-elle le Saint-Laurent un jour? Les baleines noires y abondaient avant la chasse excessive dont elles ont fait l’objet autrefois.

Les bosses du golfe

Les rorquals à bosse ont comblé les observateurs de plusieurs régions cette semaine. À Mingan, les chercheurs du MICS ont photographier des individus connus de longue date. Ébène, Tingley, Brax, Cédille et son veau, Nocturne, toutes ces baleines et bien d’autres se trouvaient entre Mingan et l’île d’Anticosti. En Gaspésie, du côté de Percé comme du côté de la baie de Gaspé, il y avait aussi quelques rorquals à bosse. Entre deux sommes, il leur est arrivé de sauter complètement hors de l’eau. Essayaient-ils de se dégourdir? Un autre de ces acrobates a épaté des gens postés sur le rivage de Pointe-des-Monts. Pendant une quinzaine de minutes, la baleine a sauté plusieurs fois hors de l’eau, tout près de la rive.

Les communs d’en haut

Plusieurs rorquals communs ont été aperçus dans la région de Charlevoix ces dernières semaines, aussi loin en amont que Cap-à-l’Aigle. À la même époque l’année dernière, on signalait un grand nombre d’observations de cette espèce dans Charlevoix, ce qui est plutôt exceptionnel. Cette année, on ne signale que quelques observations sporadiques, surtout depuis deux semaines. Il y a de quoi réjouir les riverains passionnés de baleines!

Sternes rouges

Non, ce n’est pas une nouvelle espèce d’oiseau marin, mais c’est ainsi que des milliers de sternes pierregarin sont apparus à des excursionnistes de Sainte-Anne-de-Portneuf. Ils avaient pris le large sur une mer agitée, à l’approche du coucher du soleil. Les oiseaux virevoltaient dans la lueur rougeoyante de fin de journée et prenaient alors des couleurs vives, dignes des oiseaux des tropiques.

Groseilles de mer

Les groseilles de mer formaient d’immenses bancs près de Percé cette semaine. Ces animaux ressemblent à de petites boules gélatineuses, et ceux observés à Percé ne dépassaient pas les 10 cm de diamètre. Ils sont ornées de huit bandes de cils qui les ceignent du pôle supérieur au pôle inférieur, comme les lignes de longitude sur un globe terrestre. Le mouvement rapide des cils provoquent de magnifiques jeux de lumière sur la surface de ces animaux, comme si de petits arcs en ciel se pourchassaient. Les groseilles de mer dérivent avec les courants, écumant la mer de petits crustacés, d’œufs de poissons et de larves de mollusques, de crabes et d’échinodermes. Rassurez-vous : contrairement aux méduses, les groseilles de mer ne sont pas urticantes!

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14 septembre 2000, vol. 4 no 37

Cachalot à Pointe-des-Monts

Un amoureux des baleines, qui a la chance de les voir et de les entendre de son perron, a observé un bien étrange animal le 11 septembre dernier. En début d’après-midi, il remarque une grande forme sombre qui reste en surface, animée régulièrement par un souffle penché. Il n’y pas de nageoire dorsale, le dos reste visible entre les respirations, et de longues minutes s’écoulent sans que la baleine ne plonge. Enfin, une grande queue s’élève au-dessus de la surface et l’animal disparaît. Aucun doute, c’est bien un cachalot! Si les cachalots font régulièrement des visites très remarquées dans l’estuaire près de Bergeronnes, ils passent habituellement inaperçus en aval. Peut-être cet animal observé à Pointe-des-Monts était-il parmi ceux qui se promenaient entre Bergeronnes et Sainte-Anne-de-Portneuf à la fin août?

Rassemblement dans Charlevoix

Bélugas, petits rorquals, rorquals communs et marsouins pullulaient dans Charlevoix cette semaine. Dans ce secteur, on ne rencontre habituellement que des bélugas et des petits rorquals. Le banquet sous-marin devait être impressionnant pour attirer une telle foule! Même la nuit, des observateurs nous rapportent avoir entendu un impressionnant concert de souffles, sans toutefois réussir à apercevoir les baleines malgré le clair de lune sur le Saint-Laurent.

Carrefour animé

Au large de Tadoussac, dans une zone où les courants du Saint-Laurent et du Saguenay se rencontrent, il régnait le 14 septembre une animation impressionnante. Goélands et mouettes s’égosillaient, les eaux sombres du Saguenay et les eaux vertes du Saint-Laurent se confrontaient avec fracas, deux rorquals communs ont sauté hors de l’eau jusqu’à mi-corps au mois trois ou quatre fois chacun, tandis qu’un petit rorqual jaillissait complètement hors de l’eau une demi-douzaine de fois. Ces deux rorquals communs étaient des habitués du secteur : les assistantes de recherche du GREMM ont reconnu Capitaine Crochet et Zipper à leurs marques caractéristiques.

L’école des dauphins

Les observateurs de Percé ont depuis plusieurs semaines la chance de passer du temps avec des centaines de dauphins à flancs blancs. Si les adultes sont passés maîtres dans l’art des cabrioles hors de l’eau, les jeunes dauphins, eux, s’y exercent avec des résultats parfois très rigolos. Entre deux sauts ratés, ces jeunes curieux prennent le temps d’examiner ceux qui les observent, sortant à moitié de l’eau et donnant l’impression qu’ils regardent les bateaux avec beaucoup d’attention.

Les rorquals à bosse de Mingan

Depuis le début de la saison, l’équipe du MICS a identifié une cinquantaine de rorquals à bosse entre la Côte-Nord et l’île d’Anticosti. Mais si les chercheurs doivent habituellement aller à leur rencontre en bateaux, deux rorquals à bosse très actifs se sont donnés en spectacle à quelques centaines de mètres de la station de recherche du MICS. Les animaux frappaient la surface de leurs grandes nageoires pectorales et sautaient complètement hors de l’eau. Les bateaux étaient coincés au port par les grands vents qui soufflaient sur la mer ce jour-là, mais les chercheurs en ont eu tout de même plein la vue!

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21 septembre 2000, vol. 4 no 38

De remarquables rorquals communs

Les rorquals communs se font rares près de Tadoussac, mais leur présence est tout à fait remarquable quand ils y sont. Le dimanche 17 septembre, un rorqual commun connu sous le nom de Capitaine Crochet a jailli hors de l’eau jusqu’à la base de la queue trois fois de suite pour ensuite faire une douzaine de sauts jusqu’à mi-corps. Cet animal pèse environ 40 tonnes! À Sainte-Anne-de-Portneuf, une centaine de kilomètre en aval de Tadoussac, il y avait dix rorquals communs et 7 rorquals bleus. Certains d’entre eux ont été aperçus en alimentation près de la surface, offrant au regard des spectateurs ébahis des nageoires pectorales, des gorges distendues, des gueules béantes et d’autres parties secrètes de leur anatomie.

Sauvetage de béluga

Cette histoire remonte au 8 septembre dernier. Tôt le matin, des kayakistes aperçoivent un béluga à quelque 30 mètres du rivage près des Escoumins. Ils remarquent vite que l’animal, un gros adulte, est en difficulté : il s’est empêtré dans des cordages. Après avoir prévenu le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent et le GREMM, le responsable du groupe de kayakistes enfile un habit de plongée et, muni d’un bon couteau, il entreprend de libérer le béluga, qui donne des signes de fatigue. Il réussit en moins d’une demi-heure à couper les cordes qui retiennent l’animal et le béluga s’enfuit. Il gardera peut-être de son aventure les cicatrices des lacérations causées par les cordes qui avaient entaillé ses chairs. Chaque année, des baleines du monde entier sont victimes de prises accidentelles dans des cordages, souvent des engins de pêche.

Gaspésie : terre d’abondance!

Cette année, en Gaspésie, capelans, maquereaux et harengs à tour de rôle sont venus en abondance, attirant les baleines en quête de nourriture… pour le plus grand plaisir des observateurs de baleines! Ces temps-ci, ce sont les bancs de jeunes harengs qui sont particulièrement importants. Les rorquals à bosse se remplissent la panse, et passent ensuite de longues heures à somnoler. Les dauphins à flancs blancs, par centaines, pourchassent ces proies alléchantes, tandis que les nombreux petits rorquals et rorquals communs entre Percé et Gaspé y trouvent aussi sûrement leur compte.

Échouages en septembre

L’Institut Maurice-Lamontagne nous rapporte trois échouages de baleines ces dernières semaines. Le 6 septembre dernier, la carcasse décomposée d’un rorqual de grande taille a échoué sur l’île d’Anticosti. La fin de semaine dernière, il y a eu deux échouages de petits rorquals sur la Côte-Nord, l’un à Gallix (près de Sept-Îles) et l’autre à Port-Cartier. Celui de Gallix était assez frais pour que Pêches et Océans Canada en prélèvent des échantillons qui serviront à différents projets scientifiques. Celui de Port-Cartier était en état de décomposition avancée et la carcasse sera simplement déplacée pour ne pas incommoder les riverains.

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28 septembre 2000, vol. 4 no 39

Des nouvelles bleues

Au moins huit rorquals bleus soufflaient en face de Sainte-Anne-de-Portneuf, dans l’estuaire, et Richard Sears et son équipe, de la station de recherche du MICS, en ont photographié une quinzaine à Sept-Îles, sur la Côte-Nord. Parmi les rorquals bleus à Portneuf, notre observateur a remarqué à deux reprises des baleines qui voyageaient en paires. En décembre dernier, Richard Sears, qui étudie les rorquals bleus du Saint-Laurent depuis 22 ans, avait présenté à une conférence internationale sur les mammifères marins des résultats de ses observations sur les paires de rorquals bleus. Il semble que le plus souvent ce soit une femelle accompagnée d’un mâle, le sexe des animaux étant révélé par l’analyse génétique d’un échantillon de peau obtenu par biopsie. De plus, la femelle est la plupart du temps en avant du mâle, et ces associations deviennent plus fréquentes vers la fin de l’été. Peut-être se préparent-ils pour la saison de reproduction? Si vous rencontrez une de ces paires, observez les animaux attentivement : en général, la femelle est plus grande que le mâle.

Grand Galop!

De quatre à sept rorquals communs ont été aperçus dans l’embouchure du Saguenay, près de Tadoussac, les 27 et 28 septembre. Ils boudaient ce secteur depuis quelque temps, semblant fréquenter plutôt la région de Sainte-Anne-de-Portneuf, à environ 100 km en aval, et celle de Saint-Siméon, dans Charlevoix. Parmi eux, les chercheurs du GREMM ont reconnu et photographié Grand Galop, une " vedette " de l’estuaire. Cet individu est fiché dans leur catalogue depuis 1984 et on le reconnaît aux encoches dans sa nageoire dorsale ainsi qu’à la marque en forme de cheval à bascule sur son pédoncule, du côté droit.

Fin de saison à Gaspé

Aujourd’hui, nos observateurs de la baie de Gaspé faisaient leur dernière excursion de la saison. Ils se disent particulièrement choyés, la baie de Gaspé ayant été visitée par un grand nombre de baleines de plusieurs espèces tout au long de la saison. Les baleines sont d’ailleurs toujours au rendez-vous cette semaine. Entre autres, nos observateurs ont eu la chance de rencontrer des rorquals à bosse tous les jours, et l’un d’entre eux a sauté complètement hors de l’eau tout près du cap Gaspé, le 23 septembre.

Le temps se gâte

Les journées de grand vent sont plus fréquentes, ce qui rend l’observation en mer plus difficile. Les sites terrestres offrent donc une belle occasion d’observer les baleines, sans risque de mal de mer. Cette semaine, en face des Escoumins, notre observateur a repéré deux rorquals bleus, un rorqual à bosse et quelques rorquals communs. À partir du site de Cap-de-Bon-Désir, ce sont les marsouins qui ont épaté tout le monde : ils sautaient complètement hors de l’eau, et tout porte à croire qu’ils étaient à la poursuite de poissons. Dans le Saguenay, juste en face du Centre d’interprétation des mammifères marins, à Tadoussac, un petit rorqual a sauté lui aussi complètement hors de l’eau en après-midi le 26 septembre. Par contre, il ne semblait pas s’alimenter à ce moment, car sa silhouette restait élancée : en alimentation, un rorqual engouffre une grande quantité d’eau et de nourriture, sa poche ventrale est alors très distendue et sa silhouette s’apparente à celle d’un gigantesque têtard! Du côté de Mingan, l’équipe du MICS a vu souffler une douzaine de rorquals à bosse non loin des rives, sans pouvoir prendre la mer.

Le Nord se vide

Rapaces, bernaches, pluviers, bécasseaux, passereaux, on voit défiler au-dessus du Saint-Laurent ou le long de ses rives quantité d’oiseaux qui quittent nos contrées pour des régions plus hospitalières pendant l’hiver. Nos observateurs les regardent passer avec l’œil du naturaliste, pour les identifier, mais aussi, souvent, avec un brin d’envie. Quel voyage! Que le Saint-Laurent doit être beau vu d’un voilier… d’outardes! Et qu’il est fascinant de se rappeler que l’on connaît encore mal tous les outils que les oiseaux utilisent pour naviguer ainsi de leurs sites de nidification à leurs quartiers d’hiver. Le soleil, les étoiles, le paysage et le champ magnétique de la Terre sont autant d’outils à leur disposition pour s’orienter et garder le cap lors de leurs longues migrations. Par contre, on ignore toujours comment ces indices sont intégrés pour construire un " plan de vol " cohérent.

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5 octobre 2000, vol. 4 no 40

Cachalot à Pointe-des-Monts

Notre observateur de Pointe-des-Monts a de nouveau eu une rencontre avec le mythique cachalot. L’animal solitaire a soufflé plusieurs fois non loin de la côte, en après-midi le 4 octobre. Viendra-t-il faire un tour plus en amont, dans le secteur des Bergeronnes?

Les bleues du golfe

Un détachement du MICS travaille depuis deux semaines dans le secteur de Sept-Îles, où ils ont déniché une quinzaine de rorquals bleus. À part un ou deux individus, ces animaux ne sont pas les mêmes que ceux qui avaient été photographiés dans l’estuaire, près de Sainte-Anne-de-Portneuf, plus tôt en saison. Il reste d’ailleurs 5 ou 6 rorquals bleus dans ce secteur. Nos observateurs de Percé ont eux aussi rencontré un rorqual bleu cette semaine. Il a impressionné leurs passagers en sortant sa queue de l’eau au moment de la plongée. Seuls 15 à 18 % des rorquals bleus du Saint-Laurent ont ce comportement.

Acrobaties de phoques communs

Une quinzaine de phoques communs ont fait des prouesses inhabituelles le 4 octobre à l’embouchure de la rivière Portneuf, située à quelque 100 km en aval de Tadoussac. Ils sautaient complètement hors de l’eau, parfois en groupe de cinq, comme s’ils se prenaient pour des dauphins! Tous les ans, notre observateur de Sainte-Anne-de-Portneuf note la présence de phoques communs dans la rivière, et il soupçonne qu’ils sont à la poursuite d’éperlans. Le phoque commun est, à l’instar du béluga, un mammifère marin qui réside à l’année dans le Saint-Laurent. Les scientifiques ne connaissent pas bien la taille ou l’état de cette population. Plusieurs facteurs, dont la contamination, le dérangement lié aux activités humaines et la compétition avec d’autres espèces de phoques, suggèrent que son statut est précaire.

Trésors d’automne

L’automne est véritablement une bonne saison pour les ornithologues dans l’estuaire du Saint-Laurent. C’est leur chance de rencontrer des oiseaux pélagiques, c’est-à-dire vivant habituellement en pleine mer, loin des côtes. Cette semaine, au large de Sainte-Anne-de-Portneuf, on pouvait rencontrer le fulmar boréal et le puffin des Anglais. Le fulmar boréal ressemble au goéland argenté, mais on l’en distingue même de loin par son vol caractéristique. Il plane près de la surface de l’eau, et donne de temps à autre quelques coups d’ailes rapides. Le puffin a le même type de vol, mais il est plus sombre que le fulmar boréal. Ces deux oiseaux sont de la famille des procellariidés, caractérisés par les narines tubulaires qui ornent leur bec. On les observe également dans le golfe, un environnement déjà plus semblable à leur milieu habituel.

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12 octobre 2000, vol. 4 no 41

Des dauphins au Cap-de-Bon-Désir

Les dauphins à flancs blancs ont fait de fréquentes incursions dans l’estuaire au cours de l’été 2000. Encore cette semaine, le 6 octobre dernier, un groupe d’une centaine d’entre eux a été aperçu près de Cap-de-Bon-Désir, quelque 30 km en aval de Tadoussac. On les voyait sauter au loin, et certains individus se sont approchés du bateau, nageant rapidement devant l’étrave.

Nage synchronisée

Si les rorquals bleus sont généralement des animaux en apparence solitaire, on les observe à l’occasion en paire, surtout en fin de saison. Parmi la quinzaine de rorquals bleus que nos observateurs de Sainte-Anne-de-Portneuf ont repérés au début de la semaine, il y avait trois paires, probablement des femelles suivies par des mâles. L’une de ces paires était formée de deux individus qui sortaient la queue au moment de la plongée. Toute une chance, quand on pense que moins de 20 % des rorquals bleus du Saint-Laurent ont ce comportement.

Les pingouins nous quittent

Le petit pingouin niche l’été dans les falaises et les éboulis de roche, sur les côtes et les îles du Saint-Laurent marin. L’automne venu, ils s’éloignent des côtes pour passer l’hiver dans l’Atlantique, du nord de Terre-Neuve à Long Island. En début de semaine, notre observateur de Sainte-Anne-de-Portneuf ne pouvait poser ses yeux sur l’eau sans apercevoir des pingouins par petits groupes de cinq à dix individus. Il estime leur nombre ce jour-là à plusieurs centaines, voire quelques milliers.

Béluga solitaire à Terre-Neuve

Un béluga solitaire a passé l’été à Terre-Neuve. Les premiers rapports, en avril et mai, provenaient d’un secteur où un autre béluga solitaire avait passé l’été en 1999. Plus tard au cours de l’été, le béluga s’est empêtré dans un filet de pêche à Shoe Cove, où des pêcheurs l’ont libéré. La directrice du groupe Whale Stewardship Project, Cathy Kinsman, s’est rendue à Shoe Cove et a documenté le comportement de l’animal. Elle a pu déterminer qu’il s’agissait d’une jeune femelle, et que ce n’était donc pas le mâle qui avait été observé à Terre-Neuve l’année d’avant. Au début septembre, la jeune baleine s’est déplacée vers une autre baie, Pacquet, et a alors commencé à interagir avec les êtres humains. Le 21 septembre, elle s’était de nouveau déplacée, cette fois jusqu’à Ming’s Bight, où elle a continué de rester près des quais et des bateaux. D’autres observations de bélugas solitaires observés loin de leur aire de distribution habituelle révèlent que ces animaux ont tendance à développer des comportements d’interaction avec les êtres humains. C’est le cas notamment du béluga de Chevery, sur la Basse-Côte-No