Archives – Les nouvelles du large 2001

Les nouvelles du large : une compilation hebdomadaire des observations de baleines dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent.

Merci à tous les collaborateurs du réseau d’observation !

Voici tous les bulletins hebdomadaires de 2001. Vous pouvez vous renseigner sur des sujets précis en utilisant la fonction " rechercher " du menu " édition " de votre fureteur (Exemple : recherchez le mot " dauphin " pour savoir où et quand le réseau d’observation a repéré des dauphins).

Consultez les archives des Nouvelles du large des autres années.
Consultez Les nouvelles du large de cette semaine.


11 janvier 2001, vol. 5 no 1

L’hiver a des ailes

Les membres du réseau observent régulièrement de grands groupes d’oiseaux dans les baies protégées et sur les battures de l’estuaire et du golfe. Les canards noirs, les garrots et les hareldes kakawis se rencontrent souvent par centaines, nageant tranquillement, soit le bec dans les plumes pour se protéger du froid, soit à l’eau pour trouver de la nourriture. C’est justement la nourriture qui les attire dans ces zones d’eau libre, et ils tolèrent bien la vie de groupe puisqu’ils ne sont pas en période de reproduction. En plus de ces impressionnants regroupements, les petites troupes de bec-scie, les guillemots solitaires en plumage d’hiver et le vol pur des goélands arctiques font partie du paysage hivernal du Saint-Laurent. Mais comment ces oiseaux résistent-ils aux températures glaciales quand ils passent des heures les pattes plongées dans l’eau, si froide qu’elle est couverte de frasil? Ils mangent beaucoup, leurs plumes emprisonnent de l’air qui les isole, et ils sont pourvus d’un système de veines et d’artères qui minimise les pertes de chaleur au niveau des pattes : le sang froid des veines partant des pattes pour retourner au corps est réchauffé par le sang chaud des artères partant du corps pour aller vers les pattes. Un système semblable existe dans les nageoires et la queue des cétacés. Moins gâtés par la nature, les êtres humains doivent s’habiller chaudement en hiver...

Des baleines d'hiver

Le Saint-Laurent a définitivement pris son allure hivernale. D'énormes blocs de glace s'amoncellent sur les plages, qui changent selon les marées et les tempêtes. Aux grands froids, d'immenses colonnes de vapeur forment comme des processions au-dessus des eaux. Devant des conditions pareilles, vous pensiez que les baleines prendraient la fuite? Comme chaque année, on continue pourtant de signaler des observations. Par exemple, au tournant de la nouvelle année, il y avait quelques rorquals bleus et des bélugas au large de Bergeronnes. Les scientifiques ignorent encore où migrent la majorité des baleines qu'on observe pendant l'été et pourquoi certains individus restent dans les aires d'alimentation estivale pendant l'hiver.

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18 janvier 2001, vol. 5 no 2

Rorqual bleu échoué aux îles de la Madeleine

À la mi-décembre, la carcasse d'une baleine de grande taille a échoué sur une plage des îles de la Madeleine, plus précisément dans le secteur de l'Étang-du-Nord. Des chercheurs de l'Institut Maurice-Lamontagne (IML) se sont rendus sur place pour identifier l'espèce et prendre un échantillon de gras. La carcasse du rorqual bleu est ensuite repartie vers le large, sous l'action des fortes vagues d'une tempête. Ce n'est qu'après les Fêtes que la carcasse est revenue s'échouée, toujour dans le secteur de l'Étang-du-Nord. Des membres du GREMM, accompagnés par Pierre-Henry Fontaine, se sont rendus sur place dans l'espoir de récupérer le squelette afin de l'exposer au Centre d'interprétation des mammifères marins, à Tadoussac. Malheureusement, l'état du squelette laissait à désirer, la plupart des os ayant été brisés, probablement lors de la tempête. Malgré tout, l'expérience a permis de recueillir beaucoup d'informations et d'échantillons intéressants. Il s'agissait d'un mâle de petite taille (environ 20 m de long). Des photos de la nageoire dorsale et de la queue pourraient permettre d'identifier l'individu parmi ceux qui figurent dans le catalogue des rorquals bleus du Saint-Laurent, monté par les chercheurs du MICS. Des fanons, des vertèbres et des côtes ont été prélevées sur la carcasse, ainsi qu'un échantillon de peau et de gras. Une partie des fanons servira à Véronique Lesage, de l'IML, pour l'analyse des isotopes stables de carbone et d'azote. Cette technique permet d'en apprendre plus sur l'alimentation de ces grands mammifères, et même sur leurs déplacements entre le golfe et l'estuaire au cours d'une même saison d'alimentation. La peau pourra servir à des analyses génétiques et le gras, à des analyses pour évaluer les concentrations de divers polluants. La carcasse a été prise en charge par Pêches et Océans Canada et acheminée à un dépotoir.

Début de l'année 2001: des grands rorquals partout!

Beaucoup de nos collaborateurs ont déjà pu célébrer leur première baleine de l'année. Du côté de la baie de Gaspé, des amoureux de la mer ont aperçu cinq rorquals communs le 8 janvier, et encore le 11 janvier, juste à temps pour le café du matin. La semaine d'après, un garde du parc Forillon nous mentionnait la présence de deux rorquals à bosse et d'un rorqual commun. On nous signale aussi des baleines tout le long de la Côte-Nord, des Bergeronnes à Sept-Îles. Au moins quatre rorquals bleus ont surpris des chercheurs du GREMM en vacances aux Bergeronnes. Ils ont également repéré un grand nombre de bélugas, ce qui est plutôt inhabituel pour l'époque. Ils ont réussi à reconnaître l'un des rorquals bleus comme étant Flat Liner. Ce rorqual bleu était également dans le secteur au début du mois de mars l'année dernière, et il était revenu faire un tour dans l'estuaire au cours de l'été. Aux Escoumins, la fin de semaine du 5 janvier, des observateurs ont vu cinq rorquals bleus, deux rorquals communs et peut-être même un petit rorqual. Plus en aval, à Pointe-au-Boisvert, un observateur nous dit qu'il voyait régulièrement les souffles de trois à six grands rorquals depuis son salon entre le 29 décembre et le 3 janvier. Entre Forestville et Colombier, il estimait qu'il y avait entre cinq et dix grands rorquals pendant la même période. Les animaux étaient trop loin de la rive pour qu'il puisse identifier l'espèce avec précision. Du côté de pointe Mistassini, entre Baie-Comeau et Godbout, un observateur qui vient de se joindre au réseau dit avoir repéré un grand rorqual le 8 janvier. L'animal était assez près de la rive et se dirigeait vers l'est. Encore plus en aval, après Sept-Îles, dans la baie Sainte-Marguerite, un collaborateur de longue date a vu, à sa grande surprise, une baleine bleue tout près de la rive. C'était du jamais vu pour lui, après dix ans d'observation dans ce secteur.

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25 janvier 2001, vol. 5 no 3

À la recherche du requin du Saguenay

Du 12 au 19 janvier dernier, une équipe de plongeurs et de scientifiques était postée sur la glace de la baie des Ha! Ha!, dans le fjord du Saguenay, pour l'Opération Skalugsuak. Son objectif? Capturer des images sous-marines de la laimargue du Groenland (Somniosus microcephalus). Ce requin fréquente les eaux nordiques de l'Atlantique, jusqu'au nord de l'Europe à l'est, et jusqu'au golfe du Maine à l'ouest. On en retrouve dans les profondeurs du Saguenay, mais les requins quittent les fonds abyssaux pendant l'hiver pour les eaux froides de la surface. La principale source d'informations sur ce requin dans le Saguenay provient d'ailleurs de spécimens capturés accidentellement par des pêcheurs sur glace. Beaucoup de photos, de témoignages et même deux spécimens empaillés permettent de confirmer qu'il y a bel et bien des laimargues du Groenland dans le Saguenay. Si les requins pêchés mesuraient environ 2 m en moyenne, certains de ces poissons atteignaient les six mètres et pesaient plus d'une tonne!

L'Opération Skalugsuak conduisait un projet ambitieux. Des caméras sous-marines filmaient des appâts jour et nuit, pendant qu'une équipe surveillait des écrans à partir de la base installée sur la glace. Des plongeurs, équipés de scaphandres semi-fermés, se tenaient près à rejoindre le ou les requins repérés pour capturer des images inusitées. L'équipe avait même une caméra vidéo commandée à distance (un ROV), histoire de se faire une meilleure idée du site avant de plonger. Malheureusement, leurs efforts n'ont pas été couronnés de succès, et les requins du Saguenay garderont leurs secrets… au moins jusqu'à l'hiver prochain!

Pour plus d'informations sur l'Opération Skalugsuak, allez voir http://www.aqualog.com.

Des bélugas à Tadoussac!

Le 22 janvier, juste devant le CIMM à Tadoussac, notre observateur voit d'abord de petits souffles, que le soleil illumine. Des baleines dans le Saguenay en janvier? A-t-il la berlue? Mais non, ses collègues de bureau le rassurent, il y a bien des petits dos blancs, deux ou trois, peut-être plus, qui descendent le Saguenay. L'équipage du traversier qui fait la navette entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine les a aussi repérés. Voilà qui est plutôt inusité pour la saison. Le Saguenay est au cœur de l'aire de distribution estivale des bélugas, mais ceux-ci se déplacent vers l'aval de l'estuaire du Saint-Laurent pour y passer l'hiver.

N'oublions pas Percé

En plus des observations de baleines rapportées la semaine dernière pour la Côte-Nord et la baie de Gaspé, il faut souligner que depuis plus d'un mois, on pouvait voir les souffles de rorquals communs et de rorquals bleus tout le long de la côte de Percé à Chandler. Depuis, les glaces du fleuve se sont massées sur les côtes gaspésiennes, et les souffles ont disparu. Les baleines sont peut-être plus au large, à la limite des glaces. On connaît peu les habitudes hivernales des grands rorquals du Saint-Laurent. Que font-ils ici l'hiver? Où sont la majorité des individus qu'on observe l'été? Quelque part dans l'Atlantique Nord, mais où?

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1er février 2001, vol. 5 no 4

Les bleues de l’hiver

Cette semaine, c’est à Gallix, près de Sept-Îles, qu’un rorqual bleu a subjugué des observateurs expérimentés. Vendredi et samedi, à un mille et demi de la rive, il s’alimentait en surface, et l’on voyait clairement sa gueule grande ouverte où s’engouffraient des milliers de litres d’eau de mer. Il y avait sans doute du krill en abondance, et le festin avait aussi attiré d’innombrables oiseaux marins (surtout des goélands arctiques et des harles huppés) et des phoques du Groenland. Nos observateurs ont revu le rorqual bleu dimanche et mercredi. Ils le reconnaissaient facilement car sa nageoire dorsale est à peu près inexistante. S’agissait-il de Flat Liner, un habitué du Saint-Laurent qui a été repéré dans l’estuaire pendant les Fêtes, juste devant Les Bergeronnes? Impossible de le confirmer sans photographies, car Flat Liner n’est pas le seul rorqual bleu du Saint-Laurent dépourvu de nageoire dorsale. Une photographie permettrait d’examiner les flancs tachetés de l’animal, qui sont un peu comme des empreintes digitales. Grâce à ce système d’identification, plus de 350 rorquals bleus du Saint-Laurent ont été fichés. On connaît peu les habitudes hivernales de ces animaux, mais il semble qu’au moins quelques individus fréquentent les eaux du golfe et de l’estuaire pendant la saison froide. Il paraît que la table est bonne.

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8 février 2001, vol. 5 no 5

Ça chauffe à la tête du chenal Laurentien

Le Saint-Laurent, l’hiver, c’est froid. D’ailleurs, il fait si froid que les eaux salées du golfe et de l’estuaire gèlent, un phénomène qui n’arrive pas plus au sud. La glace de mer, comme les scientifiques l’appellent, recouvre presque tout le golfe au cours d’un mois de février typique, sauf le long de la Côte-Nord et au sud d’Anticosti. Les vents du nord détachent la glace de ces côtes, ce qui explique qu’on retrouve des zones d’eau libre.

Mais un phénomène encore plus curieux se produit à la tête du chenal Laurentien. Le chenal, c’est ce couloir sous-marin de 1000 km de long, qui prend naissance dans le golfe et remonte l’estuaire le long de la Côte-Nord. Il se termine en cul-de-sac à l’embouchure du Saguenay. Les jeux des marées et des courants sur cette falaise sous-marine qui forme la tête du chenal Laurentien provoquent la remontée d’eaux profondes, plus chaudes que l’eau de surface, ce qui empêche la formation de glace. Ce phénomène, appelé polynie, est aussi observé dans l’Arctique. Une des plus vastes polynies arctiques est celle des Eaux du Nord : elle couvre 70 000 km2 entre l’île d’Ellesmere et le Groenland, un territoire comparable à l’Irlande! Les polynies sont de véritables " oasis arctiques ", elles bouillonnent de vie au milieu du désert des glaces. Les algues microscopiques y pullulent, ce qui fait le régal d’animaux minuscules, à leur tour la proie des poissons. Cette manne attire également les mammifères marins et les oiseaux. Qu’en est-il à la tête du chenal? Les scientifiques ignorent encore si cette polynie subarctique est productive en hiver, c’est-à-dire si des algues microscopiques s’y développent. Ce qui est certain, c’est que ça chauffe : la chaleur dégagée à la tête du chenal Laurentien en hiver équivaut en moyenne à une ampoule de 300 à 400 watts pour chaque mètre carré de la surface. Mais n’allez pas croire qu’il ferait bon s’y saucer : ces eaux " chaudes " sont en fait à 4 ou 6 degrés Celsius! Tout est relatif…(Merci à François Saucier de l’Institut Maurice-Lamontagne pour ses réponses aux questions de Baleines en direct.)

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15 février 2001, vol. 5 no 6

Des phoques sur la banquise

D’ici deux semaines, si la glace prend bien, les phoques du Groenland femelles se hisseront sur la banquise des îles de la Madeleine pour mettre bas. Elles allaiteront leur petit 12 jours, puis les jeunes séjourneront sur la banquise encore quatre ou cinq semaines avant de faire le grand plongeon dans les eaux du golfe. La banquise attirera aussi les mâles qui cherchent à s’accoupler avec les femelles. En fait, les phoques profiteront de la banquise aussi longtemps qu’ils le pourront, d’abord pour se reproduire et par la suite pour se reposer pendant la mue. Dans l’estuaire, c’est une autre histoire. Les phoques du Groenland sont ici en grand nombre depuis les Fêtes. Ces animaux remontent le courant par mouvées, des centaines d’entre eux nageant ensemble dans de grands remous. Ce sont surtout des femelles en quête de nourriture; elles trouvent ici du capelan en abondance. Les immenses plaques de glace invitent les phoques à se prélasser, facilitant le travail des chasseurs. Aux Escoumins ils sont une quinzaine, la plupart perpétuant une tradition familiale, un mode de vie axé vers la mer, la forêt, la chasse, la pêche. Ces phoques repartiront bientôt pour aller se reproduire, probablement sur la banquise des îles de la Madeleine. Ils seront de retour dans l’estuaire en mars après la reproduction. À la fin du printemps, la plupart d’entre eux migreront vers l’Arctique. Mais ne soyez pas surpris si vous rencontrez des phoques du Groenland en plein mois de juin à l’embouchure du Saguenay. Ce visiteur habituellement hivernal est de plus en plus observé dans l’estuaire pendant le printemps et l’été. Peut-être est-ce dû à l’explosion démographique de cette population : on comptait 5,2 millions de phoques du Groenland dans le Saint-Laurent en 1999. Pêches et Océans Canada estime que la population, en augmentation depuis les années 1950, est en train de se stabiliser.

Pour en savoir plus

Une visite virtuelle du Centre d’interprétation du phoque , aux îles de la Madeleine.

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22 février 2001, vol. 5 no 7

Pêche blanche

Le fjord du Saguenay est maintenant recouvert de glace, sauf à l’embouchure, où les courants et les remontées d’eau " chaude " empêchent la glace de se former, et au centre, où un brise-glace de la Garde côtière canadienne entretient un chenal d’environ 70 km de long pour permettre le passage de navires marchands jusqu’à Port-Alfred. Cet hiver, la glace avait commencé à se former tôt dans le Saguenay, mais la tempête de vent du 18 décembre avait remis le compteur à zéro. Ce n’est donc qu’à partir de la mi-janvier environ que la glace a été assez solide pour qu’il y pousse les curieux villages de pêche blanche. Même à plusieurs dizaines de kilomètres en amont, la glace monte et descend au gré des marées, soulevant avec elles les cabanes des pêcheurs. On y prend des poissons de mer, surtout le sébaste, la morue franche et l’ogac. Cet hiver, à la pourvoirie de l’Anse-Saint-Jean, tous ces poissons de fond ne vont qu’aux plus chanceux, mais une autre manne fait la joie des pêcheurs : le capelan. D’immenses bancs de capelans nagent sous la glace, un phénomène inhabituel pour la région et la saison. Il y en a tellement que c’est accidentellement, en remontant leurs lignes, que des pêcheurs ont découvert le filon pour la première fois à la fin de l’hiver dernier. Dès le début de la saison cette année, les capelans étaient de retour. Il reste encore de belles semaines de pêche en perspective : la saison s’étirera jusqu’à ce que la couverture de glace soit systématiquement morcelée par un brise-glace, vers le 12 mars, afin de faciliter la navigation... et hâter le retour de l’été!

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1er mars 2001, vol. 5 no 8

Sous la surface

Aucun de nos collaborateurs n’a repéré de baleines depuis le rivage cette semaine. Le Saint-Laurent semble figé, immobile, glacé. Pourtant, sous la surface, la réalité est tout autre. L’eau est à peine plus froide qu’en été, peut-être une quinzaine de degrés de moins là où la différence est la plus importante. Ce n’est rien quand on compare aux écarts de température qu’on connaît sur la terre ferme! Certaines espèces de poissons, comme le poulamon atlantique et le lançon, sont en pleine période de reproduction. L’environnement est bruyant, avec les glaces qui se heurtent en grinçant et en sifflant, et les occasionnelles tempêtes de neige qui font un vacarme impressionnant... aux oreilles des mammifères marins. Imaginez : chaque flocon qui rencontre la surface de l’eau libère de minuscules bulles d’air qui produisent un sond aigu en éclatant. Non, l’hiver, sous le Saint-Laurent, ce n’est pas une saison tranquille et feutrée.

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8 mars 2001, vol. 5 no 9

Les glaces du Saint-Laurent

Difficile de trouver des observateurs de baleines sur le Saint-Laurent en cette saison. Même le capitaine et l’équipage du Des Groseilliers, un brise-glace qui parcourt le Saint-Laurent et l’Arctique, n’avaient rien à signaler. Leur mission première est de faciliter la tâche aux navires qui empruntent le Saint-Laurent. L’hiver, les glaces se forment et se déplacent continuellement. Il faut pouvoir indiquer la route à suivre aux navires marchands, pour éviter qu’ils ne gaspillent temps et carburant. De nos jours, les données fournies par les satellites facilitent ce service. Mais l’information satellite pour le Saint-Laurent n’est renouvelée que tous les trois jours. Il suffit d’une tempête de vent comme celle de mardi pour transformer le paysage à la surface du Saint-Laurent. Mercredi matin, des membres de l’équipage du Des Groseilliers ont dû aller vérifier l’état des glaces en hélicoptère à l’entrée de l’estuaire afin de venir en aide aux navires perdus dans ce labyrinthe. Pour mieux prévoir la couverture de glace sur le Saint-Laurent, le gouvernement canadien travaille à un modèle qui, un peu comme un bulletin météorologique, permettrait de faire des prédictions pour cinq jours. Les marées, les vents, la température et la salinité à la surface de l’eau sont des données importantes pour ce modèle. Deux navires commerciaux participent au projet : le Cicero (compagnie Oceanex) et le Nordik Express (compagnie Relais Nordik Inc.) sont équipés d’un thermosalinographe, c’est-à-dire d’un appareil mesurant la température et la salinité à la surface de l’eau lors de leurs voyages sur l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Ce projet est une collaboration de l’industrie (les compagnies Oceanex et Relais Nordik Inc.), du Service canadien des glaces (Environnement Canada), de l’Institut Maurice-Lamontagne (Pêches et Océans Canada) et de la Garde côtière canadienne. Le brise-glace Des Groseilliers est à Tadoussac cette semaine et se prépare au déglaçage du Saguenay la semaine prochaine. [Merci au Capitaine Germain Tremblay et à l’équipage du Des Groseilliers]

Pour en savoir plus

L’Observatoire du Saint-Laurent présente les données de température et de salinité obtenues par le Cicero et le Nordik Express.

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15 mars 2001, vol. 5 no 10

Des souffles à l’horizon

Avant la tempête de neige de mardi et mercredi, on commençait à croire au printemps. Notre collaborateur de Sept-Îles a fait une plongée sous la glace de la baie Sainte-Marguerite samedi dernier. La température n’était qu’à quelques degrés du point de congélation, mais l’expérience en valait la peine. Il a surtout été frappé par les profonds sillons que les blocs de glace ont creusés dans le sable de la baie. Il est vrai que le mouvement des glaces dans les baies ainsi que les puissantes tempêtes d’hiver changent complètement le visage des plages et des bassins peu profonds. Un autre de nos collaborateurs a profité de la fin de semaine et du beau temps pour scruter le Saint-Laurent à partir de la pointe Mistassini, près de Baie-Comeau. Il a aperçu le souffle puissant d’une grande baleine, mais l’animal était trop loin pour qu’on puisse déterminer s’il s’agissait d’un rorqual bleu ou d’un rorqual commun. L’année dernière à la même date, il y avait un rorqual bleu dans le secteur des Escoumins. On attend d’ici à la fin du mois le retour des bélugas à l’embouchure du Saguenay.

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22 mars 2001, vol. 5 no 11

Les bleues sont arrivées!

Ça souffle de partout! Que ce soit en Gaspésie, dans le coin de Baie-Comeau ou aux Escoumins, nos observateurs nous le confirment : il y a des grands rorquals dans le Saint-Laurent. Il est encore parfois difficile de déterminer s’il s’agit de rorquals communs ou de rorquals bleus, mais les souffles sont de taille imposante. Aux Escoumins, c’est un rorqual bleu solitaire qui est venu saluer le printemps au cours de la matinée du 20 mars. À Baie-Trinité, le petit-déjeuner du dimanche a été agrémenté par trois rorquals bleus qui soufflaient au loin. On nous signalait aussi des souffles impressionnants entre la rivière Mistassini et Franquelin. Dans la baie de Gaspé, c’est la dernière excursion de ski de fond de l’hiver qui a permis à nos observateurs de repérer des souffles. Toujours en Gaspésie, deux grandes baleines bleues se prélassaient non loin du quai de Rivière-au-Renard l’après-midi du 21 mars. En sachant qu’à tout moment maintenant on a des chances d’apercevoir des baleines en scrutant le Saint-Laurent, on se met à croire au printemps. Mais si une hirondelle ne fait pas le printemps, peut-on se fier aux rorquals bleus?

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29 mars 2001, vol. 5 no 12

L’hiver tire à sa fin

Bien sûr, il y a la neige qui continue de nous tomber dessus. Mais les baleines, les phoques et les oiseaux ne s’y trompent pas, la saison avance, et leur cycle annuel suit son cours. Autour des îles de la Madeleine, on nous signale que les jeunes phoques du Groenland de l’année sont en mue : ils perdent leur pelage blanc pour peu à peu revêtir leur habit de " brasseur ", un pelage ras et argenté, parsemé de taches noires sur les côtés et sur le dos. Ces jours-ci, leur pelage intermédiaire entre blanchon et brasseur leur vaut le surnom de " guenillou ". Quant aux baleines, nos observateurs ont eu quelques belles rencontres cette semaine. Un rorqual bleu a été repéré mercredi juste en face de la baie des Escoumins, et jeudi matin, au large de la station de surveillance maritime Trafic Escoumins. La même journée, ce rorqual bleu a été vu juste en face des Escoumins, en alimentation de surface. Est-ce le même individu que la semaine dernière ? Il y avait aussi deux rorquals communs mercredi après-midi dans la baie de Gaspé. La lumière oblique illuminait leurs souffles puissants, et les oiseaux marins accompagnaient leur ballet. Toujours en Gaspésie, du côté de Percé, notre observatrice nous signale que les mouettes tridactyles sont arrivées sur leur lieu de nidification depuis le 20 mars, et que les grands cormorans commencent également à préparer leur place.

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5 avril 2001, vol. 5 no 13

Les bélugas du printemps sont arrivés !

Sous un beau soleil printanier, le matin du 4 avril, plusieurs dos blancs sont venus réjouir nos observateurs de l’embouchure du Saguenay. Un petit groupe de bélugas étaient déjà venus narguer ces mêmes observateurs en plein mois de janvier : on ne peut donc dire que ce sont les premiers bélugas de l’année. Mais ce sont probablement les premiers à revenir dans leurs quartiers d’été ce printemps, après un hiver dans la partie aval de l’estuaire. Ailleurs dans le Saint-Laurent, les grands rorquals continuent de souffler. Près de Baie-Comeau, il y en avait un à moins d’un kilomètre de la rive, samedi et dimanche. À Sept-Îles, c’est officiellement le printemps depuis que le premier petit rorqual de l’année a été repéré, il y a deux semaines. Au moins deux rorquals bleus, deux rorquals communs et un rorqual à bosse se baladaient dans la baie de Gaspé vendredi et samedi. Ces grandes baleines reviennent peu à peu dans nos eaux, après de mystérieux périples dans l’Atlantique. Nos observateurs sont sur le point de mettre leurs bateaux à l’eau : bientôt, nous devrions avoir de vraies nouvelles… du large !

Pour en savoir plus

Migration : Où vont les géants ?

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12 avril 2001, vol. 5 no 14

Joyeuses Pâques !

Si la tendance se maintient, les riverains de l’estuaire et du golfe fêteront Pâques en se réjouissant du retour des baleines et des oiseaux. Depuis le début avril, les eiders à duvet envahissent peu à peu leurs aires de nidification. On peut entendre leurs bavardages nuptiaux dans les baies et le long des rives libérées de glace. Quelques bernaches cravants nous ont été signalées près des Escoumins, et une quarantaine d’entre elles se tenaient sur la pointe de l’Îlet à Tadoussac, le 11 avril. On attend d’ici peu les voiliers d’oies blanches dans nos régions; ils sont pour l’instant en escale près de Québec. Les rorquals bleus et les rorquals communs soufflent toujours pour nos observateurs de l’estuaire maritime et du golfe. Il y a aussi des dos de petits rorquals à signaler, dont un dans la baie de Gaspé, en face de la plage de Cap-aux-Os, le 4 avril dernier. Dans Charlevoix, les bélugas sont arrivés. Les femelles et leurs jeunes sont nombreux autour de l’île aux Coudres depuis deux semaines. Des souffles, des dos… à quand la queue ? Un rorqual commun a surpris des observateurs, naviguant entre Les Bergeronnes et Cap-de-Bon-Désir : il a sorti sa queue hors de l’eau avant de plonger. Le rorqual commun est souple et élancé; il lui suffit donc habituellement de replier la queue sous son corps et d’arquer son dos pour plonger. D’autres espèces plus dodues, comme le célèbre rorqual à bosse ou le cachalot, doivent absolument sortir la queue de l’eau pour basculer vers les profondeurs.

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19 avril 2001, vol. 5 no 15

De plus en plus de baleines !

Le printemps s’installe. Les rorquals bleus, disséminés le long de la Côte-Nord et le long de la péninsule gaspésienne, sont nombreux. Un matin de cette semaine, l’un de nos observateurs de la région des Escoumins en a même repéré sept le long d’un trajet de 20 km. À Sept-Îles, trois rorquals bleus et un rorqual commun se nourrissaient en surface, tout près du rivage. Entre Les Bergeronnes et Les Escoumins, il y a au moins trois petits rorquals d’arriver, et les groupes de bélugas sont nombreux. Les passagers du traversier Baie-Sainte-Catherine—Tadoussac feraient bien d’être très attentifs : les bélugas sillonnent le secteur, et l’on attend d’ici peu le premier petit rorqual de la saison. Autre signe du printemps : on nous signalait l’arrivée des fous de Bassan à Sept-Îles et en Gaspésie. La saison des amours commence pour ces oiseaux, alors que les baleines migratrices entament leur saison d’alimentation, après un hiver consacré à l’accouplement et à la mise bas. Parmi les cétacés du Saint-Laurent, seul le béluga se consacrera à la procréation au cours du printemps.

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26 avril 2001, vol. 5 no 16

Des baleines… tout près !

Les baleines continuent d’éblouir et de surprendre les observateurs du réseau, et elles sont tout près des rives. Une observatrice de Percé, en Gaspésie, est ravie de compter cinq rorquals bleus, deux rorquals à bosse et huit rorquals communs. Un observateur de la Côte-Nord a vu un rorqual bleu qui croisait à proximité du banc de sable de Sainte-Anne-de-Portneuf, dans moins de 30 m de profondeur ; même en plongée, ce géant laissait à la surface un sillon qui permettait de le suivre dans ses déplacements sous-marins. Plus en amont, une petite foule s’est réunie sur le quai pour admirer deux bélugas qui semblaient se nourrir dans la baie de Tadoussac, le 24 avril. Cet habitat n’est presque plus utilisé par les bélugas, probablement en raison du fort trafic maritime qui s’y concentre pendant l’été. Les petits rorquals commencent à se faire remarquer : l’un d’entre eux a bondi hors de l’eau près de la pointe de l’Islet, à l’embouchure du Saguenay. Comme nous le faisait remarquer un membre du réseau, les riverains du Saint-Laurent maritime sont choyés de pouvoir si facilement observer des baleines, alors que de nombreux amateurs font des milliers de kilomètres pour avoir le privilège d’en apercevoir.

Premier échouage de béluga de la saison

Un béluga mâle a été trouvé échoué à Pointe-au-Père, sur la rive Sud, le 19 avril. La carcasse a été envoyée pour une nécropsie complète à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, à Saint-Hyacinthe. Chaque année, une vingtaine de carcasses de bélugas sont signalées sur les rives du Saint-Laurent. Quand une baleine meurt, sa carcasse est souvent transportée par les courants et les marées, et elle peut échouer sur la plage. Les scientifiques étudient ces carcasses afin de connaître les polluants et les maladies qui menacent la santé des baleines. Le long du Saint-Laurent, vous pouvez signaler les échouages de mammifères marins à l’Institut Maurice-Lamontagne au (418) 775-0500.

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3 mai 2001, vol. 5 no 17

Partis au large

Tout l’hiver, seuls les navires marchands et les brise-glace de la Garde côtière canadienne voguaient sur le Saint-Laurent. Cette semaine, et dans les semaines à venir, les observateurs des Nouvelles du large quittent les berges : leurs bateaux, après avoir dormi tout l’hiver, goûtent la mer, redécouvrent le Saint-Laurent et repartent à la rencontre des baleines. Vive l'air du large!

Quatre rorquals à bosse et de jolis phoques ont accueilli la première sortie de nos observateurs de la baie de Gaspé. Nos collaborateurs de Sept-Îles ont profité de la mise à l'eau de leur bateau pour "capturer" un rorqual commun et un rorqual bleu… sur pellicule photo! Petits rorquals et phoques du Groenland étaient aussi au rendez-vous. Du côté de Tadoussac, la première excursion aux baleines de l'année a séduit l'équipage et les touristes: quatre petits rorquals étaient de la partie, et l'un d'entre eux a même "surfé" dans le sillage de leur embarcation.

Mais s'il fait bon respirer l'air du large, les observateurs postés le long des rives sont eux aussi récompensés de leur patience. Par exemple, à quelques centaines de mètres du phare de Matane le 25 avril dernier, un couple d'amoureux nous raconte avoir contemplé quelques bélugas. Ceux-ci s'attardaient peut-être dans leurs quartiers d'hiver, mais ils regagneront bientôt la portion amont de l'estuaire pour y passer l'été. Les bélugas y sont déjà nombreux, pour le plus grand plaisir des passagers des traversiers de la région et des promeneurs.

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10 mai 2001, vol. 5 no 18

Observation d'un OFNI

Oui, oui, un OFNI (objet flottant non-identifié). Ça s'est passé du côté de Pointe-des-Monts, un genre de Ç twilight zone È à la frontière de l'estuaire et du golfe, sur la côte Nord du Saint-Laurent. La plage est belle, il y a un phare, un ou deux gîtes, et on y entend les baleines et les canards marins. Lundi en fin d'après-midi, notre observateur repère trois rorquals communs non loin de la rive. Les animaux nagent lentement, soufflent de temps à autres et font du va-et-vient dans le secteur. À certains moments, ils roulent sur le côté et l'on voit une nageoire pectorale ou une partie de queue. Jusqu'ici, rien de bien spécial, si ce n'est que leur simple présence semble un cadeau du Saint-Laurent. Mais voilà que notre observateur, muni de ses jumelles, aperçoit quelque chose de tout à fait inhabituel : une forme rosée et allongée apparaît en surface, juste à l'endroit où se trouve l'une des baleines, qui semble être juste sous la surface de l'eau. Les deux autres rorquals communs sont tout près et se tournent lentement sur le côté. La même forme rosée s'enfonce sous l'eau et réapparaît à la surface à trois ou quatre reprises. Qu'est-ce que ce pouvait bien être ? Notre observateur est convaincu d'avoir vu le membre viril d'un rorqual commun. La période de reproduction des rorquals communs de l'Atlantique Nord a plutôt lieu en hiver, mais l'on connaît mal les comportements sexuels de ces animaux. Alors, pénis ou pas ? Le Saint-Laurent ne nous a pas répondu.

Par ailleurs, la grande célébration du printemps se poursuit : les fous de Bassan et les petits rorquals se gavent de poissons à Sept-Îles, pendant que les marmettes et les petits pingouins s'installent pour nicher non loin de là sur l'île Corossol. Les phoques du Groenland passent en grands bancs le long de la côte Nord, survolés par les bernaches cravants, les bernaches du Canada et les oies blanches. Les bélugas défilent dans le Saguenay et dans Charlevoix. La côte gaspésienne vibre de souffles de baleines et de cris d'oiseaux marins. Tout ce remue-ménage réveille doucement les arbres le long du littoral, sur lesquels court comme un frisson vert tendre.

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17 mai 2001, vol. 5 no 19

Pas encore l'été, mais…

On ne voudrait pas créer des attentes démesurées chez les visiteurs qui déjà se pointent sur les rives du Saint-Laurent, tout habités de l'espoir de rencontrer des baleines. Mais il faut quand même souligner que les baleines sont là, un peu partout, et que les phoques et les oiseaux sont aussi au rendez-vous.

Chaque jour, nos observateurs, qui en ont pourtant vu d'autres, nous envoient des messages chargés d'enthousiasme. À Sept-Îles, les baleines se font peut-être plus rares, mais un voilier d'environ 80 fous de Bassan a illuminé cette semaine plutôt grise. Dans la baie de Gaspé, chaque jour apporte son lot de baleines (rorquals bleus, petits rorquals et rorquals à bosse). Elles seront de plus en plus nombreuses, surtout que le capelan commence à rentrer pour le frai. Du côté de Percé, plus exposé, les vents forts rendent les observations de baleines, ainsi que le travail des pêcheurs de homards, plutôt difficiles.

On signale aussi des rorquals communs dans le Saint-Laurent. L'équipage du traversier Matane-Godbout en voit régulièrement et en grands nombres. Trois ou quatre de ces animaux ont également été aperçus dans la région de Tadoussac. Un peu plus loin sur la Côte-Nord, entre Les Bergeronnes et Sainte-Anne-de-Portneuf, les rorquals bleus soufflent, immenses et parés de mystère. Les petits rorquals et les bélugas ajoutent au bonheur des observateurs.

Les oiseaux aussi sont nombreux. La nidification a commencé pour la plupart des espèces du Saint-Laurent (goélands, mouette tridactyle, petit pingouin, etc.), mais on ne voit pas encore de petits. Les oiseaux de passage sont encore parmi nous, attendant que le Nord se déglace un peu plus avant d'entreprendre l'étape finale de leur voyage. Profitez-en pour bien les observer: les oies blanches, les bernaches cravants et les kakawis disparaîtront d'ici quelques courtes semaines, ainsi que les grandes bandes de phoques du Groenland qu'on observe encore du côté des Escoumins et ailleurs le long de la Côte-Nord.

Une mention spéciale

On nous a signalé un couple de canards arlequin à l'embouchure du Saguenay le 17 mai. Cette espèce est abondante en Gaspésie, mais rare dans l'estuaire.

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24 mai 2001, vol. 5 no 20

Un cachalot!

La première observation de cachalot de l'année revient à notre observateur de Pointe-des-Monts, le 15 mai, en fin d'après-midi. Est-ce le même cachalot qui a été aperçu trois jours plus tard en amont, dans la région de Tadoussac—Les Escoumins? Un observateur terrestre l'a d'abord repéré en face de Cap-de-Bon-Désir en matinée. En après-midi, des bateaux d'excursion ont aussi eu la chance de rencontrer ce colossal animal. Ces premières observations devraient être suivies par d'autres observations sporadiques au cours de l'été. Depuis 1991, le GREMM tient un catalogue des cachalots qui visitent l'estuaire du Saint-Laurent. Dix-huit cachalots différents y figurent, et certains d'entre eux ont été photographiés à plusieurs reprises.

Les jeunes découvrent le Saint-Laurent

Postée sur la côte à Percé, notre observatrice a repéré un rorqual à bosse femelle accompagnée de son jeune. Celui-ci est probablement né dans les eaux chaudes de la mer des Antilles, et arrive tout juste dans le Saint-Laurent après une longue migration. Ce premier voyage lui restera à jamais en mémoire et il le refera, année après année, tout au long de sa vie. De même, le jeune rorqual commun qui a été observé dans le secteur de Tadoussac il y a quelques semaines est probablement né quelque part dans l'Atlantique Nord cet hiver, et a lui aussi découvert avec sa mère une route qui l'a mené au bout d'un estuaire, au fond d'une corne d'abondance remplie de capelans et de krill. Déjà presque sevré, il a tout l'été pour raffiner ses techniques d'alimentation. Quant aux jeunes bélugas que l'on aperçoit ces jours-ci, et que l'on reconnaît à leur couleur foncée qui contraste avec la blancheur de leur mère, ce sont probablement des jeunes de l'année dernière, encore dépendants du lait maternel. Les naissances de l'année devraient avoir lieu entre juin et septembre, ici, dans le Saint-Laurent. Contrairement aux rorquals nomades et aventureux, les bélugas passeront pratiquement toute leur vie dans l'estuaire du Saint-Laurent et le fjord du Saguenay.

Un jeune exceptionnel

Nos observateurs de la baie de Gaspé ont eu le privilège de rencontrer une mère rorqual bleu accompagnée de son jeune le 23 mai. Les observations de paires mères-veaux dans le Saint-Laurent sont très rares, avec moins d'une vingtaine de cas en autant d'années de recherche par l'équipe du MICS à Mingan. Selon Richard Sears, directeur du MICS, les rorquals bleus femelles ne viennent peut-être pas dans le Saint-Laurent avec leur veau. Il se peut également que les rorquals bleus du Saint-Laurent aient des problèmes de reproduction liés à la contamination chimique. En effet, les biopsies (prélèvement de peau et de gras) ont révélé un taux de BPC beaucoup plus élevé dans le gras des rorquals bleus du Saint-Laurent que dans celui des rorquals bleus de l'Islande.

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31 mai 2001, vol. 5 no 21

Des baleines, des phoques et des oiseaux

On s’était habitués à voir des mouvées de phoques du Groenland au printemps à la tête du chenal Laurentien. Mais voilà que des groupes de 35 à 50 phoques du Groenland ont été observés dans le Saguenay (près du CIMM), au bout du quai de Baie-Sainte-Catherine et même près de Saint-Siméon. Que faisaient-ils là, alors qu’ils devraient déjà être en route pour le Groenland, après leur séjour hivernal dans le Saint-Laurent ? Si on en juge par les goélands, les cormorans et le petit rorqual qui les accompagnaient, c’est probablement l’abondance des bancs de poisson qui les retient dans la région. Capelan ? Lançon ? Hareng ? Peut-être qu’il faudrait le demander aux six rorquals communs aperçus dans le secteur de Cap-à--l’Aigle la semaine dernière, puis plus près de Tadoussac cette semaine. Entre Tadoussac et Les Bergeronnes, et plus en aval entre Les Escoumins et Sainte-Anne-de-Portneuf, il y avait aussi plusieurs rorquals bleus. Notre observateur de Sainte-Anne-de-Portneuf a même aperçu un jeune rorqual à bosse il y a une dizaine de jours, et il y aurait eu un cachalot dans le coin de Cap-de-Bon-Désir dimanche dernier. Plus loin sur la Côte-Nord, près de Sept-Îles, notre collaborateur a photographié cinq rorquals bleus vendredi dernier. Et sur l’autre rive ? La baie de Gaspé était très animée cette semaine : quatre rorquals bleus, six rorquals communs, autant de rorquals à bosse, et bien sûr des petits rorquals et même un marsouin commun. Mais le spectacle de la semaine dans ce secteur revient à la gent ailée : sur 2 kilomètres carrés, des milliers de mouettes tridactyles se nourrissaient du krill qui frétillait en surface.

Truc de la semaine

Surveillez bien la rive Nord du Saguenay à son embouchure, entre la pointe de l’Islet et le CIMM. Des petits rorquals y sont venus chaque jour de la semaine, passant à quelques mètres des rochers et faisant mille acrobaties pour s’alimenter. Ce spectacle peut d’ailleurs survenir partout où l’on a accès au Saint-Laurent maritime ces jours-ci.

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7 juin 2001, vol. 5 no 22

Du plus grand au plus petit

On nous signale une dizaine de rorquals bleus entre Tadoussac et Sainte-Anne-de-Portneuf. Ces géants comblent les rêves de bien des observateurs. Mais il ne faudrait pas oublier le plus petit cétacé du Saint-Laurent : les marsouins communs sont arrivés dans l’estuaire ! Quelques groupes très actifs ont été observés dans le secteur de Cap-de-Bon-Désir mardi et mercredi, et du côté de Sainte-Anne-de-Portneuf mardi. Comme ils sont petits et rapides, il faut être vigilant pour avoir la chance de les observer.

Des rorquals communs en grand nombre

Déjà en ce début de saison, les excursionnistes de la région de Tadoussac—Les Escoumins peuvent compter sur la présence de nombreux rorquals communs. Au moins une quinzaine d’entre eux sillonnent le secteur. On aurait même aperçu de vieilles connaissances : Zipper et Capitaine Crochet. Saviez-vous qu’on arrive en effet à distinguer les individus ? En photographiant les rorquals communs, les chercheurs peuvent examiner les marques naturelles de ces animaux et arrivent à distinguer et à reconnaître les individus. Ce travail de filature, qu’on nomme photo-identification, est l’outil de base d’un projet de recherche du GREMM sur les rorquals communs de l’estuaire, la principale espèce qu’on a la chance d’observer à la tête du chenal Laurentien.

En Gaspésie

Les baleines régalent aussi les observateurs dans la baie de Gaspé et du côté de l’île Bonaventure. Plusieurs rorquals à bosse y circulent, de même que des rorquals bleus, des petits rorquals et des rorquals communs.

Tout un écosystème !

En croisière aux baleines, on est amené à découvrir d’autres richesses du Saint-Laurent. Le printemps est une époque particulièrement impressionnante : les oiseaux marins ont commencé à nicher, on observe déjà les poussins de plusieurs espèces sur les nids, le capelan roule ou s’apprête à rouler, entraînant des phoques, des fous de Bassan et des baleines alléchés par ces rassemblements de poissons faciles à capturer. Ouvrez l’œil, il y a de l’action !

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14 juin 2001, vol. 5 no 23

Un coup d’œil à la carte des observations de la semaine vous montrera que les baleines ne manquaient pas, que ce soit dans l’estuaire ou dans le golfe.

Demi-queue

Soulignons qu’un des rorquals communs aperçus dans la baie de Gaspé cette semaine était particulier : non seulement il montrait la queue au moment de plonger, ce qui est un comportement rare pour cette espèce, mais en plus le lobe gauche de sa queue était tronqué. Cet animal serait un régulier dans la baie de Gaspé, où il ferait au moins un petit tour presque chaque année.

La grande bouffe

Le rorqual à bosse aperçu il y a quelques temps entre Tadoussac et Cap-de-Bon-Désir est toujours dans les parrages. Il surprend régulièrement ses admirateurs : tantôt c’est un saut hors de l’eau, tantôt il s’alimente en surface. Sa technique diffère de celles utilisées par les petits rorquals ou celle des rorquals communs et des rorquals bleus. Typiquement, quand un rorqual commun ou un rorqual bleu se nourrit près de la surface, il se tourne sur le côté et on peut voir pendant quelques secondes la moitié de la gueule grande ouverte, engouffrant des milliers de litres d’eau et de proies. Les petits rorquals, eux, ont plusieurs techniques, mais toujours les manœuvres sont rapides : on n’a qu’un instant pour apercevoir sa gorge gonflée d’eau et de proies, et peut-être ses nageoires pectorales et une partie de sa queue. Le rorqual à bosse, a lui aussi plusieurs techniques, mais va souvent arriver en surface gueule ouverte pour ensuite avancer sur quelques mètres, offrant aux regards des curieux une vue imprenable sur l’intérieur de sa bouche !

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21 juin 2001, vol. 5 no 24

Six marsouins curieux

Notre observateur de Sept-Îles hésitait à prendre le large le 19 juin dernier, la mer étant très agitée. Il s’est donc plutôt baladé à l’abri des îles, et a fait une très belle rencontre : six marsouins communs l’ont surpris et ont passé plusieurs minutes à tourner autour de son bateau, comme s’ils l’inspectaient sous toutes ses coutures. Le marsouin n’est généralement pas très curieux par rapport aux bateaux. Petit et rapide, on ne l’aperçoit facilement que par temps calme, à distance.

Perspective

Vous allez finir par croire qu’on en revient toujours à la bouffe quand on parle des baleines du Saint-Laurent. Et vous aurez raison ! L’été, l’activité principale des grandes migratrices est l’alimentation, et si on a le privilège de les observer dans le Saint-Laurent, c’est que la nourriture y est abondante. Cette semaine, nos observateurs de la baie de Gaspé se seraient crus dans un rêve quand, dérivant au milieu de centaines de mouettes tridactyles en grand festin, ils ont vu surgir deux rorquals communs qui se nourrissaient eux aussi près de la surface. Krill ou poissons, ces proies, à l’interface de deux mondes, se trouvaient à la fois menacées par des prédateurs venus des profondeurs et des prédateurs venus du ciel.

L’été a des ailes

Voilà ! Les oiseaux migrateurs sont partis nicher dans le Nord. On ne voit plus que très rarement bernaches cravants, oies blanches ou hareldes kakawis. Les espèces qui nichent dans le Saint-Laurent ont terminé leur lune de miel et s’affairent maintenant auprès de leurs petits. Les couples de petits pingouins, par exemple, font constamment la navette entre les colonies et le large, rapportant leurs prises au nid pour nourrir leur unique poussin. On commence aussi à voir des crèches d’eiders, ces rassemblements de plusieurs femelles accompagnées de leurs canetons. Où sont les mâles ? Ils ont délaissé les femelles depuis trois bonnes semaines déjà, et muent " entre hommes ", loin des regards de leurs belles… et des ornithologues, semble-t-il. En effet, on ignore encore où la majorité des eiders mâles se retrouvent dans le Saint-Laurent pendant ces quelques semaines de mue.

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28 juin 2001, vol. 5 no 25

Des dauphins!

Voilà déjà venu le temps des dauphins! Parmi les treize espèces de cétacés qui fréquentent le Saint-Laurent, on compte deux espèces de dauphins : le dauphin à nez blanc et le dauphin à flancs blancs. Nos observateurs de la baie de Gaspé nous signalaient cette semaine leurs premiers dauphins à flancs blancs de la saison, un groupe d’une trentaine d’individus.

Les bélugas du Saguenay

En été, les bélugas occupent une tranche du Saint-Laurent comprise entre Rimouski et l’île aux Coudres, ainsi qu’une portion du fjord du Saguenay. Par exemple, on peut les observer presque tous les jours à partir du promontoire naturel de Pointe-Noire, dominant l’embouchure du Saguenay. Également, on aperçoit régulièrement des bélugas à partir du belvédère de la baie Sainte-Marguerite, à 25 km en amont de Tadoussac. Il est plus rare de voir des bélugas en amont de la baie Sainte-Marguerite, mais quelques curieux ont été aperçus à l’Anse-Saint-Jean au début de la semaine. L’équipe de recherche du GREMM, à bord du Bleuvet, patrouille ces secteurs et prend des photographies des bélugas rencontrés, ce qui permet de ficher et de cataloguer les individus reconnaissables par leurs marques naturelles. Ainsi, les chercheurs ont appris que ce ne sont pas tous les bélugas du Saint-Laurent qui arpentent le Saguenay, mais bien seulement certains groupes de fidèles appartenant à un réseau de mâles et à une communauté de femelles. Il y aurait deux réseaux de mâles et trois communautés de femelles dans le Saint-Laurent pendant l’été.

Prouesses

Les petits rorquals sont abondants partout dans l’estuaire et le golfe, et ils emballent les observateurs, qu’ils soient en bateau ou postés sur le rivage. Par exemple, à la pointe de l’Islet, dans le village de Tadoussac, pas moins de quatre petits rorquals rivalisaient d’adresse pour capturer du poisson à quelques dizaines de mètres des rochers le 26 juin dernier. Sauts hors de l’eau, roulades et claquements de mâchoires surprenaient les observateurs à tout instant. Mais il ne faudrait pas croire que le petit rorqual soit seul capable de telles prouesses. À plusieurs reprises cette semaine, les rorquals communs de la région de Tadoussac—Les Bergeronnes s’alimentaient près de la surface, tantôt de krill, tantôt de lançon. La puissance et l’élégance de ces géants, qu’on voyait alors gueules ouvertes en surface, avaient également de quoi impressionner les observateurs.

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5 juillet 2001, vol. 5 no 26

Les géants du Saint-Laurent

Dans le secteur de Blanc-Sablon, ce ne sont pas que les baleines qui en imposent aux observateurs par leur gigantisme et leur majesté. Même en plein mois de juillet, les icebergs font encore partie du paysage. Sur la côte Est canadienne et dans le détroit de Belle Isle, le Service canadien des glaces assure un suivi de la situation et demande aux navires de rapporter toutes les six heures leur position, leur route et leurs observations de glace. Même avec la technologie actuelle, les icebergs rendent les marins humbles et prudents.

Un hybride ?

Un animal à l’allure étrange s’est fait baptiser " l’Hybride " par les observateurs de la région Tadoussac–Les Escoumins. Cette baleine aurait la livrée typique des rorquals bleus et aurait une grande nageoire dorsale recourbée, un peu comme celle d’un rorqual commun. Bien sûr, une simple observation ne permet pas de confirmer s’il s’agit d’un hybride ou simplement d’un rorqual bleu avec des caractéristiques s’éloignant un peu de la moyenne. Il faudrait obtenir un échantillon de peau afin d’effectuer des analyses génétiques. Mais il est vrai qu’il existe des cas bien répertoriés d’hybrides rorqual bleu–rorqual commun, et que ces hybrides auraient même peut-être été fertiles. Il semble donc que, malgré les différences de tailles, de couleur et de comportement, les rorquals bleus et les rorquals communs soient des espèces génétiquement très proches.

Du krill en surface

Vous connaissez le krill ? C’est un petit animal planctonique aux allures de crevette qui, typiquement, garde les profondeurs durant le jour et remonte à la surface au crépuscule pour passer la nuit à brouter les algues microscopiques. Comment expliquer, alors, le krill qu’on aperçoit frétillant en surface, en plein cœur du jour, que ce soit du côté du chenal Laurentien ou de la péninsule Gaspésienne ? Les scientifiques sont perplexes, mais proposent quelques hypothèses qui cadrent bien avec les observations. Premièrement, dans les cas où des échantillons étaient disponibles, on a remarqué que les animaux à la surface étaient tous des femelles. Or, les femelles vont souvent remonter près de la surface pour y relâcher leurs œufs lors de la période de reproduction. Les remontées de krill pourraient aussi s’expliquer par des mouvements d’eau rapides et turbulents, caractéristiques de certaines phases de marée à la tête du chenal Laurentien. Une autre hypothèse, corroborée par des documents vidéos en provenance de Monterrey Bay, propose que les prédateurs de krill, poisson ou baleine, pourraient poursuivre leurs proies en les forçant à gagner la surface. Le krill, aveuglé par la lumière du jour et coincé entre ses prédateurs et la barrière de la surface, deviendrait alors une proie facile. Mais qu’importe les raisons expliquant ce phénomène, c’est souvent l’occasion d’observer les impressionnantes tactiques d’alimentation des grands rorquals ! (Merci à Yvan Simard, Pêches et Océans Canada)

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12 juillet 2001, vol. 5 no 27

Rorqual à bosse dans le Saguenay

Des rorquals à bosse sont présents un peu partout dans le Saint-Laurent en ce moment. Un individu a toutefois surpris bien des observateurs cette semaine en s’aventurant à l’embouchure du Saguenay, un secteur où l’on ne recontre habituellement, en fait de mammifères marins, que des bélugas, des petits rorquals et des phoques. Le samedi 7 juillet, ce rorqual à bosse a arpenté tous les recoins de l’embouchure, et ce pendant plusieurs heures. On a reconnu Tic Tac Toe, un animal présent depuis déjà quelques semaines dans le secteur Tadoussac–Les Escoumins, où il revient depuis trois ans. Il a montré sa queue plusieurs fois, pour le plus grand plaisir des gens sur la terre ferme et sur les bateaux, réunis à cet endroit pour l’occasion. Quelle est la raison de cette visite ? Nourriture, promenade d’exploration, curiosité ? Tic Tac Toe est un juvénile (on ne sait pas si c’est un mâle ou une femelle) d’environ quatre ans et les juvéniles sont souvent en exploration.

La brume, la brume, la brume…

La visibilité s’en trouve réduite, mais les périodes de brume donnent lieu à des observations particulières. Les cétacés peuvent surgir tout près des bateaux sans qu’on s’y attende. L’air humide et l’absence de vent permettent au son de mieux se propager et les souffles des baleines se font entendre de façon impressionnante. Le krill remonte parfois en surface en raison du peu de lumière, et les baleines s’adonnent alors à des activités d’alimentation de surface. Et que dire de l’atmosphère, de l’ambiance, du mystère… La brume ne fait-elle pas partie du charme des petits villages côtiers ? L’air humide, les effluves du large, les quais de pêcheurs, les cirés jaunes, le poisson… la brume évoque tout ce monde maritime. Et tendez bien l’oreille : vous pourriez bien entendre la complainte de la corne de brume d’un phare ou d’un bateau.

Ah ! Un requin dans le Saint-Laurent !

Un requin pèlerin a été vu en Gaspésie, dans le secteur de Percé. On rencontre régulièrement cette espèce dans le Saint-Laurent. C’est le deuxième plus grand poisson après le requin baleine ; il peut atteindre 15 mètres de long et peser jusqu’à 5 tonnes. Cependant, ceux qu’on retrouve dans le Saint-Laurent mesurent plutôt entre 8 et 10 mètres de long. Il est inoffensif puisqu’il se nourrit de plancton. Dans le Saint-Laurent, on l’observe à la surface durant la saison chaude, et il montre généralement le bout de sa nageoire dorsale et souvent le bout de sa nageoire caudale (verticale comme celle des poissons et non horizontale comme celle des baleines). Il semble passer l’hiver au fond du golfe, plus particulièrement dans le chenal Laurentien, où il arrête de se nourrir et hiberne.

Rencontre fortuite ou canetons à la sauce maritime ?

À Pointe-des-Monts, un petit rorqual a été vu plusieurs fois en alimentation de surface dans des crèches d’eiders. Il sortait à mi-corps parmi les oiseaux. Se pourrait-il qu’un petit rorqual ait développé un goût particulier pour les eiders ? Mangeur opportuniste, le petit rorqual se nourrit de plancton (krill, copépodes, etc.), mais aussi d’une grande variété de poissons. Techniquement, peut-être que rien ne l’empêcherait d’avaler quelques canetons ou même des eiders adultes. Il se peut aussi que les eiders se trouvaient tout simplement au mauvais endroit au mauvais moment. Peut-être faudra-t-il que les eiders de Pointe-des-Monts devront apprendre à se tenir loin des bancs de poissons s’ils veulent éviter de se faire bousculer par un géant affamé !

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19 juillet 2001, vol. 5 no 28

La brume se lève!

Comme vous l’avez sans doute remarqué, la brume s’est faite très présente dans les deux dernières semaines, et ce, partout sur le Saint-Laurent. Les riverains de la Haute-Côte-Nord ne souvenaient même plus que le Saint-Laurent avait une rive Sud ! Mais la brume se lève enfin et l’on voit les baleines apparaître. Est-il besoin de préciser que cela fait du bien aux observateurs autant qu’aux chercheurs ? À Pointe-des-Monts, on a observé un rorqual commun, en plus des petits rorquals et des marsouins déjà présents. Au moins quatre baleines à bosse rôdaient dans l’estuaire, entre Tadoussac et Sainte-Anne-de-Portneuf, et les rorquals bleus et les rorquals communs sont aussi très nombreux. En Gaspésie, nos observateurs se réjouissent de voir des rorquals bleus, fous de Bassan et mouettes tridactyles. L’avenir est souriant : l’été et les baleines sont sortis de la brume !

Baleine rare à Percé et acrobaties en prime

Une baleine noire, aussi appelée baleine franche, a été aperçue le mardi 17 juillet en matinée à Percé. C’est une espèce en voie de disparition, avec moins de 350 représentants dans l’Atlantique Nord. Depuis quelques années, des baleines noires sont régulièrement observées dans les environs de Percé. Celle-ci s’alimentait juste sous la surface et les coups de queue qu’elle donnait faisaient apparaître des miroirs sur l’eau. De plus, trois dauphins à nez blanc effectuaient des sauts et des cabrioles. C’est seulement la deuxième fois en neuf ans que notre observatrice chevronnée observe ce dauphin à Percé.

Spécial Blanc-Sablon

L’équipe du MICS qui se trouvait près de Blanc-Sablon la semaine dernière a vu une cinquantaine de rorquals à bosse malgré la brume, et les chercheurs estiment que le troupeau devait en compter au moins une centaine. Pour les observateurs habitués au sud du golfe ou à l’estuaire, ces chiffres peuvent sembler immenses, mais le détroit de Belle Isle est véritablement une zone de concentration pour cette espèce. Au moins certains individus voyagent entre ce détroit et les îles Mingan ou la Gaspésie. Les photographies prisent par les chercheurs permettent de ficher des individus, reconnaissables par leur patron de coloration distinctif sur la face ventrale de la queue, et de retracer leurs allées et venues dans le Saint-Laurent.

Nés en 2001

On nous signale plusieurs jeunes rorquals communs dans le Saint-Laurent. La mise bas pour cette espèce ayant lieu de novembre à janvier, et l’allaitement durant de six à sept mois, ces jeunes sont maintenant sevrés. Ils sont donc de plus en plus indépendants et ils ne sont pas nécessairement observés avec leur mère. On voit d’autres jeunes baleines ces temps-ci. À Sainte-Anne-de-Portneuf, notre observateur a remarqué que les marsouins communs sont accompagnés de leurs petits. Ceux-ci naissent à la fin du printemps et au début de l’été. Les naissances de bélugas ont lieu au cours de l’été, de juin à septembre.

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26 juillet 2001, vol. 5 no 29

Encore des baleines franches à Percé!

On signalait une baleine noire, aussi appelée baleine franche, la semaine dernière à Percé. Le 19 juillet, ce sont trois représentants de cette espèce rare qui ont été repérés, dont une mère accompagnée de son jeune. Au cours de la fin de semaine, un adulte seul a été observé, très actif en surface : il frappait l’eau de ses nageoires et de sa queue, et sautait complètement hors de l’eau. La mère et son jeune ont été revus lundi et mardi. Le petit était lui aussi très actif, et s’approchait du bateau des observateurs pendant que sa mère maraudait un peu plus loin, probablement à la recherche de nourriture. Des photographies, en plus d’immortaliser les rencontres, permettront de reconnaître les individus. En effet, le New England Aquarium, un groupe de recherche américain, tient un catalogue de photo-identification, un outil de recherche précieux pour mieux comprendre et mieux protéger cette fragile espèce.

Chameau dans l’estuaire

Chameau, un rorqual bleu fidèle à l’estuaire, a été observé la semaine dernière. Il s’agit d’une femelle connue depuis 1991 et reconnaissable à sa déformation du dos qui présente deux bosses. On dirait en fait qu’il y a deux baleines qui se suivent quand elle vient à la surface. Elle a été photographiée par l’équipe de BpJAM, le bateau de recherche du GREMM dédié aux grands rorquals, et a même été aperçue à partir du rivage, le 17 juillet, à Cap-de-Bon-Désir. Il y avait d’ailleurs une douzaine de rorquals bleus entre Les Bergeronnes et Tadoussac cette journée-là, en amont du secteur qu’ils fréquentent habituellement. Les animaux se sont toutefois déplacés depuis. Les rorquals bleus ont des habitudes nomades; ils suivent les bancs de krill, qui constitue leur principale source de nourriture.

Siam voyage

Siam était l’un des quatre rorquals à bosse présents dans le secteur Tadoussac–Les Escoumins la semaine dernière. Il avait été photographié par l’équipe du MICS en Gaspésie le 7 juillet, 4 jours avant sa première observation dans l’estuaire. C’est donc un voyage qu’il a effectué plutôt rapidement. Siam était un habitué de la région entre 1981 et 1993, mais depuis il s’était fait très discret dans l’estuaire, même si l’équipe du MICS le voyait souvent près de Mingan ou en Gaspésie. Les observateurs de l’estuaire sont donc heureux de revoir cette vieille connaissance. Son nom lui vient du dessin en forme de tête de chat siamois qu’il a sous la queue.

Béluga échoué à Pointe-au-Père

C’est la cinquième carcasse de béluga retrouvée cette année. Il s’agit d’une femelle de trois mètres et demi de long, toute blanche, donc adulte, et encore fraîche. Les circonstances n’ont toutefois pas permis de transporter l’animal à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe pour une nécropsie. L’équipe de Lena Measures, de l’Institut Maurice-Lamontagne, a tout de même pu prélever quelques organes et des échantillons pour des analyses. Chaque année, l’analyse d’une quinzaine de carcasses permet d’en apprendre plus sur certains des facteurs qui menacent le rétablissement du béluga du Saint-Laurent, une population en danger de disparition.

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2 août 2001, vol. 5 no 30

Un requin pèlerin s’envoie en l’air

Il n’est pas rare de voir des requins pèlerins dans le golfe. Mais cette semaine à Percé, le comportement du requin pèlerin observé était tout à fait exceptionnel : il sautait complètement hors de l’eau ! Nos observateurs ont assisté à cette performance à trois reprises sur l’eau et même une fois de la terre ferme. Ce requin, qui se nourrit de plancton, mesure en général huit à dix mètres au Québec, mais peut atteindre 15 mètres ailleurs dans le monde. Pourquoi sautait-il ainsi ? Les spécialistes sont perplexes. Le seul requin qui saute régulièrement de cette façon est le requin taupe, et il semble que ce soit pour se débarrasser de parasites. Il arrive aussi que les requins blancs qui fréquentent les eaux de l’Afrique du Sud sautent pour assommer leurs proies. Pour le requin pèlerin, le mystère reste entier.

Youpi! Encore des baleines franches!

Après presque une semaine sans observations de baleines franches dans la région de Percé, une autre mère accompagnée de son jeune et deux autres adultes ont été repérés le 31 juillet. C’est un bon signe pour l’espèce de voir des baleineaux puisqu’il ne reste que 300 à 350 individus dans l’Atlantique Nord. Cet hiver a été une saison de mise bas très encourageante avec plus de vingt-cinq naissances; il était précédé de trois saisons de très faible recrutement pour cette espèce.

Baleine franche en détresse dans le golfe

Depuis le 8 juin déjà, une baleine franche attire l’attention. Cette baleine s’est prise dans des engins de pêche, et traîne maintenant un câble qui lui entaille profondément la peau dans la région de la tête. Ce mâle nommé Churchill (ou #1102) a déjà engendré au moins deux petits au cours des années précédentes. Une équipe de spécialistes a essayé de la libérer, mais sans succès jusqu’à présent. Ils ont toutefois attaché un émetteur au câble et peuvent suivre la progression de l’animal par satellite. Depuis le 9 juin, il est resté une certaine période au large de Cape Cod, s’est ensuite dirigé vers le nord-est et est entré cette semaine dans le golfe du Saint-Laurent. Tous les observateurs du Saint-Laurent sont donc invités à ouvrir l’œil et, s’ils la voient, à signaler rapidement cette baleine au GREMM au (418) 235-4701. Une équipe canado-américaine tentera un sauvetage si Churchill se rapproche des côtes. Depuis le début de l’année, au moins deux autres baleines franches se sont empêtrées dans des engins de pêche et ont été libérées avec succès.

Coucou d’un cachalot

Un cachalot est venu saluer les observateurs de Cap-de-Bon-Désir en matinée, le 30 juillet. L’équipe du GREMM est partie à sa recherche. Les cachalots ont l’habitude de respirer 30 à 40 fois, puis de plonger en levant la queue bien au-dessus de la surface de l’eau pour ensuite disparaître de 30 à 45 minutes dans les profondeurs. Cependant, celui-ci ne respirait que trois ou quatre fois, plongeait sans montrer la queue et réapparaissait 15 minutes plus tard, près de 1 km plus loin. Il n’a donc pas été possible de le photographier. Le catalogue des cachalots de l’estuaire compte 16 individus, chacun se distinguant par les entailles uniques sur la marge de la queue. S’agissait-il d’un nouvel individu ou d’un cachalot figurant déjà au catalogue? Il restera incognito !

Mini-spectacle

À Pointe-des-Monts, une vingtaine de marsouins communs semblaient s’alimenter en surface. Ils étaient très actifs, tournaient et plongeaient, restaient quelques instants en surface et replongeaient. Un des acteurs s’est même fait bousculer et a sorti sa queue, comme un petit éventail au-dessus de l’eau bouillonnante d’activité. Comme quoi il n’est pas nécessaire d’être gros pour donner un spectacle impressionnant.

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9 août 2001, vol. 5 no 31

Visite de deux cachalots

Deux cachalots ont visité l’estuaire samedi dernier. Ils ont été aperçus en matinée près des Escoumins, puis en après-midi un peu plus en amont. L’équipe de recherche du GREMM a tenté de les retrouver en fin de journée, mais sans succès. Ces coquins n’ont pas été revus depuis. Les cachalots, décidément, s’entourent de mystère cette année. Les quelques mentions de cachalots depuis le début de la saison n’ont mené à aucune prise de photo, et donc aucune identification individuelle n’a été possible. Chaque année depuis 1991, le GREMM photographie les cachalots qui visitent l’estuaire, ce qui a permis de monter un catalogue comptant 16 individus différents.

Des nouvelles de la baleine franche en détresse

La baleine franche (ou baleine noire) empêtrée dans un câble de pêche n’est pas restée longtemps dans le golfe du Saint-Laurent. Après s’être rendue jusqu’aux îles de la Madeleine, elle est retournée sur ses pas, au large de la Nouvelle-Écosse. Pour la suivre, voilà à nouveau l’adresse de la carte mise à jour quotidiennement grâce aux localisations satellites fournies par la bouée que l’équipe de sauvetage a fixé au câble :

http://www.coastalstudies.org/rescue/1102plot.htm.

Des épaulards!

L’équipe du MICS a rencontré huit épaulards dans le golfe, près de Harrington Harbour, alors qu’elle se dirigeait vers Blanc-Sablon le 24 juillet dernier. Deux autres ont été vus dans le détroit de Belle-Isle. Ce n’était pas le petit groupe d’épaulards comprenant Jack Knife, mais plutôt de nouveaux animaux jamais vus auparavant.

Un rallye dans le Saint-Laurent ?

Il y a deux semaines, on s’étonnait de la rapidité de Siam à franchir la distance séparant la Gaspésie du secteur Tadoussac–Les Escoumins. Depuis, ce rorqual à bosse s’est ensuite rendu en Minganie pour reparaître dans l’estuaire ces jours-ci. Quel mâle en forme ! On se demande quand même ce qui le motive à faire ce rallye laurentien.

Des bélugas à Matane

Un observateur basé à Matane a eu une agréable surprise quand un groupe d’une douzaine de bélugas a passé plus d’une heure et demie à folâtrer tout près du quai des traversiers, le 30 juillet. Les bélugas, l’été, fréquentent plutôt la région comprise entre l’île aux Coudres et Rimouski, et remontent également le fjord du Saguenay. D’en voir un tel nombre à Matane en cette période est donc rare. Les bélugas connaissent bien ce secteur car ils le fréquentent en période hivernale.

Cygne tuberculé

Le cygne tuberculé est une espèce originaire d’Europe. Les individus retrouvés en nature dans nos régions sont souvent échappés de captivité. Celui observé aux Bergeronnes n’est pas bagué et serait donc le fruit d’individus échappés s’étant reproduits en liberté, comme on en voit par exemple dans les Grands Lacs. Il est présent depuis une semaine et demie et il s’agit au moins de la troisième mention dans le Saint-Laurent et le Saguenay cette année. Ce cygne n’est pas blessé, il se porte bien et l’on recommande de ne pas le nourrir puisque que cet oiseau maintenant sauvage peut très bien survivre par lui-même.

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16 août 2001, vol. 5 no 32

Une grande bleue et son petit

Deux rorquals bleus particuliers ont été vus lundi aux Escoumins. Il s’agissait d’une paire mère-veau et l’équipe du GREMM dépêchée sur place a pu les photographier. On pourra donc identifier la mère et reconnaître le jeune lors de ses prochains voyages dans le Saint-Laurent. Une rencontre comme celle-là est toujours un événement puisque le MICS, un groupe de recherche basé à Mingan qui s’intéresse aux rorquals bleus du Saint-Laurent, n’a recensé qu’une douzaine de jeunes rorquals bleus depuis les débuts de ses travaux en 1978.

Arrivée des dauphins à flancs blancs

Les dauphins à flancs blancs sont arrivés en grand nombre en Gaspésie. On en a observé un groupe d’environ 200 individus cette semaine. Ils ne sont pas encore présents à Mingan, mais ils sont attendus avec impatience. On aperçoit souvent ce dauphin en grands troupeaux très actifs, avec des individus bondissant hors de l’eau à tout instant. Une autre espèce de dauphin fréquente également le Saint-Laurent, mais occupe surtout les eaux plus nordiques du golfe : il s’agit du dauphin à nez blanc. Dans l’estuaire, le dauphin à flancs blancs fait des visites sporadiques, tandis que le dauphin à nez blanc est beaucoup plus rare, avec seulement quelques mentions depuis vingt ans.

Un rorqual à bosse fait des avances à un bateau

Nocturne est un rorqual à bosse femelle célèbre dans le secteur Mingan–Anticosti pour sa curiosité envers les bateaux d’excursions. Lundi, un rorqual à bosse nommé Spines, un mâle celui-là, s’est lui aussi approché très près d’un bateau et se montrait très curieux. Il a tourné autour du bateau pendant près de trois quarts d’heure, et sortait même la tête de l’eau de temps à autre, comme pour inspecter les passagers. C’est un comportement très rare. Les baleines sont habituellement occupées à des tâches plus importantes que d’aller voir les bateaux; elles viennent dans les eaux riches du Saint-Laurent pour se nourrir et emmagasiner des réserves d’énergie. Il ne faut donc pas s’attendre à de telles rencontres lors de croisières, d’autant plus que le code d’éthique partout dans le Saint-Laurent recommande de ne pas approcher activement les baleines à moins de 200 mètres. Évidemment, il peut arriver qu’on croise le chemin d’une baleine par hasard et qu’on l’observe alors de plus près. C’est toujours un grand privilège. Spines est l’un des quelque 20 rorquals à bosse qui se trouvent en ce moment dans le secteur de Mingan.

Plein de marsouins!

Les marsouins communs sont abondants un peu partout dans le Saint-Laurent. On a remarqué des petits aux côtés de leur mère, des comportements de billotage, et on en a même vu par transparence tout à côté de bateaux. Ils sont petits, mais fascinants à observer, autant en bateau qu’à partir du rivage. Ouvrez l’œil, soyez patients, et choisissez une journée calme si vous vous voulez observer des marsouins.

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23 août 2001, vol. 5 no 33

Baleines franches à Mingan

L’équipe du MICS a observé deux baleines franches, aussi appelées baleines noires, près de Mingan le 16 août dernier. Il s’agissait de deux adultes et ils ont pu les photographier, ce qui permettra d’identifier et de reconnaître les individus. Les chercheurs ont eu droit à un spectacle impressionnant: les baleines roulaient l’une sur l’autre, sortaient leur tête de l’eau ensemble et maintenaient un contact physique entre elles. S’agissait-il d’une parade nuptiale, d’un accouplement? On ne le sait pas, mais c’est présentement la période où une grande proportion des baleines noires de l’Atlantique Nord se rassemble dans la baie de Fundy pour se livrer à des comportements liés à la reproduction.

Surprises dans la brume

La pluie et la brume étaient au rendez-vous presque toute la semaine dans la région de Tadoussac. Ce temps maussade a rendu les observations de baleines plus difficiles dans certains cas, mais, pourtant, de nombreux excursionnistes ont eu des moments magiques avec les baleines. Par exemple, le 21 août, un cachalot, espèce mythique s’il en est, a été aperçu au large des Bergeronnes. Le 22 août en matinée, lors d’une croisière qui s’annonçait des plus moroses, la visibilité s’est améliorée et a permis l’observation de marsouins communs et de phoques gris. Puis, un rorqual commun a surgi devant le bateau en alimentation de surface. Gueule béante émergeant de l’eau, nageoire pectorale et moitié de queue dans les airs, voilà un spectacle à couper le souffle! L’animal se déplaçait très lentement, comme au ralenti, et est sorti plusieurs fois de cette manière en effectuant un parcours en cercle. Il a même été possible de le voir en transparence à travers l’eau, à quelques mètres du bateau. Sa grosse tête s’est alors enfoncée dans les profondeurs et il a fait un virage, présentant tout le côté de son corps à la vue de ses admirateurs. Inoubliable…

Manifestation synchronisée

Deux rorquals à bosse ont été vus ensemble à Gaspé cette semaine. Ils se sont adonnés, en un parfait synchronisme, à une séance de coups de queue sur la surface de l’eau, et ce pendant une quinzaine de minutes. On ne sait pas exactement pourquoi les rorquals à bosse ont des comportements semblables. Les mâles ont beaucoup de comportement de ce type sur les sites de reproduction en raison de la cour amoureuse et de la compétition entre les mâles. Sur les aires d’alimentation, il est plus difficile d’interpréter ces démonstrations. Tactique de prédation? Agressivité? Entraînement pour la saison des amours?

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30 août 2001, vol. 5 no 34

Échouage d’un cachalot pygmée en Minganie

Le 21 août, dans le secteur de l’île Saint-Charles, un bien étrange cétacé a été retrouvé échoué. Environ trois mètres de long, une bouche située sur la face ventrale et remplie de dents pointues, un patron de coloration rappellant des branchies de chaque côté de la tête… On dirait presque un requin, mais il s’agit en fait d’un cachalot pygmée. C’est une espèce très rare sur la côte atlantique canadienne. En fait, seuls trois échouages témoignent de sa présence dans ces eaux : l’un en 1920 à Halifax, le second sur l’île de Sable en 1969 et le troisième en 1989 sur l’île Miquelon. C’est un animal plutôt solitaire et discret, et il se peut bien qu’il soit plus abondant que ce que ces quelques mentions le laissent croire. La carcasse a malheureusement été emportée par la marée. Une équipe de Parcs Canada a quand même pu prendre quelques clichés et prélever des dents. Les dents seront analysées par l’équipe de Pêches et Océans Canada, et permettront de connaître l’âge de l’animal.

En Gaspésie

Les cétacés pullulent dans ce coin du golfe ces jours-ci. Dans la baie de Gapsé, 10 à 12 rorquals à bosse, des rorquals communs, des marsouins et des dauphins à flancs blancs offraient tout un spectacle. On pouvait même apercevoir des baleines tout près du quai de Grande-Grave. Du côté de Percé, 400 à 500 dauphins à flancs blancs ont enthousiasmé les observateurs. Accompagnés de leurs petits, les dauphins faisaient des acrobaties impressionnantes et faisaient la course avec le bateau. Il y avait aussi des rorquals à bosse dans ce secteur, dont deux mères accompagnées de leur jeune.

Un commun dans l’assiette des bosses

Dans le secteur de Mingan, trois rorquals à bosse festoyaient activement dans un banc de krill près de la surface. Les trois animaux déployaient toutes sortes de stratégies pour se gaver le plus efficacement possible : ils sautaient hors de l’eau, faisaient surface sur le côté et émettaient des bulles. Quand un rorqual commun a tenté de se joindre à la fête, les trois rorquals à bosse ont manisfesté leur agressivité avec force grognements sonores. Le rorqual commun a-t-il compris le message? Il a quand même profité du festin.

Que font les rorquals communs de l’estuaire ?

Cette saison a été jusqu’à présent très particulière : les rorquals communs sont peu nombreux et très dispersés dans l’estuaire maritime. Des données recueillies au cours des huit dernières années par l’Institut Maurice-Lamontagne (IML, Pêches et Océans) et le GREMM ont démontré que, dans cette région, plus il y a de krill, plus les rorquals communs sont dispersés.
Afin de mieux comprendre le comportement d’alimentation des rorquals communs cette année, les chercheurs du GREMM, en collaboration avec le parc marin du Saguenay—Saint-Laurent et Pêches et Océans, ont posé des émetteurs VHF sur le dos des baleines les 23 et 24 août derniers. Ce projet suivait le même protocole que le programme de suivi télémétrique effectué entre 1994 et 1996.
Pendant ces deux journées, quatre rorquals communs ont été suivis. Ces données seront combinées à celles de distribution et d’abondance de krill recueillies au début septembre par l’équipe de Michel Harvey et Jeff Runge de l’IML.

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6 septembre 2001, vol. 5 no 35

Des dauphins dans l’estuaire

Un groupe de 200 dauphins à flancs blancs a épaté les observateurs de Sainte-Anne-de-Portneuf le 1er septembre en soirée. Ce groupe, très actif, comptait beaucoup de jeunes de l’année. Les informations sur la structure sociale des groupes de dauphins à flancs blancs proviennent principalement des échouages collectifs. Il semble que la majorité de ces groupes soient composés de femelles accompagnées de leurs petits et de mâles adultes, alors que d’autres groupes sont formés de jeunes sevrés mais pas encore mâtures. Cette espèce est aussi abondante en Gaspésie ces temps-ci. Le dauphin à flancs blancs fréquente pendant l’été le golfe du Saint-Laurent, surtout le sud-ouest du golfe et l'archipel de Mingan. Ses séjours dans l'estuaire sont toutefois plus rares et de courte durée. D’ailleurs, ce groupe n’a pas été revu dans l’estuaire cette semaine.

Zipper et cie

Zipper a été photographiée entre Tadoussac et Les Bergeronnes cette semaine. Cette femelle rorqual commun avait été vue dans l’estuaire au printemps, mais elle est demeurée discrète le reste de la saison. Zipper a été photographiée tous les ans depuis 1994, sauf en 1997. Les photographies prises par une assistante de recherche du GREMM révèlent sa marque caractéristique en fermeture éclair, bon souvenir d'une hélice de bateau. Les rorquals communs sont dispersés et peu nombreux dans l'estuaire cette année, mais plusieurs habitués ont tout de même été repérés. Au cours de l’été, le GREMM a reconnu Pulpeuse, U2, Le Bossu, Capitaine Crochet et Vergetures, pour n’en nommer que quelques-uns.

Les bleues du Saint-Laurent

Les rorquals bleus sont présents un peu partout dans le Saint-Laurent. Deux de ces géants se baladent près de Gaspé, dont un qui montre la queue. D’autres individus ont été repérés le long de la côte près de Sainte-Anne-des-Monts. Les observateurs et les chercheurs du MICS qui travaillent dans le secteur de Sainte-Anne-de-Portneuf ont aussi vu plusieurs rorquals bleus. Cette semaine, ces baleines ne tenaient pas en place. Cherchaient-elles des bancs de krill qui se faisaient rares ? Plus haut dans l’estuaire, près des Escoumins, des observateurs chanceux ont aussi eu le plaisir d’observer ces immenses baleines. Cette année, beaucoup de rorquals bleus ont été observés en amont des Bergeronnes, qui représente la limite du secteur qu’ils fréquentent habituellement. Cependant, cette semaine, les rorquals bleus ont été à peu près absents du secteur Tadoussac–Les Bergeronnes.

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13 septembre 2001, vol. 5 no 36

Spectacle à l’embouchure

Tout l’été, les rorquals communs ont été plutôt discrets dans l’estuaire maritime. Il s’agit habituellement de la principale espèce observée par les excursionnistes dans la région de Tadoussac. Heureusement, d’autres espèces ont assuré la relève. Notamment, on ne peut passer sous silence la présence remarquable des petits rorquals à l’embouchure du Saguenay. Chaque jour, plusieurs de ces baleines pouvant mesurées de 6 à 8 mètres de long se retrouvent à la rencontre des eaux du Saguenay et du Saint-Laurent. Là, sous la surface, les bancs de poisson et autres proies sont rassemblés plus ou moins malgré eux, coincés entre les masses d’eau. Les petits rorquals multiplient alors prouesses et acrobaties pour se remplir la panse, sous les yeux émerveillés des observateurs novices ou chevronnés. Ouvrez l’œil : ce spectacle est même visible de la rive, que ce soit à Pointe-Noire ou du côté de Tadoussac, ou encore à partir du traversier reliant Baie-Sainte-Catherine et la Côte-Nord.

Comportements exubérants

La semaine dernière, les observateurs de Mingan ont été gâtés. En effet, des rorquals à bosse ont eu des comportements pour le moins exubérants : ils frappaient l’eau de leurs nageoires pectorales et de leur queue et sautaient complètement hors de l’eau. Ils effectuaient aussi une manœuvre consistant à sortir le tiers de leur corps hors de l’eau en commençant par la queue. Ces rorquals à bosse s’alimentaient de krill et des rorquals communs les accompagnaient dans ce festin. À Percé, des rorquals à bosse ont aussi effectué des sauts hors de l’eau cette semaine. Un observateur chanceux a même pu les photographier.

Migrations automnales

Un groupe de 250 bernaches du Canada a été vu à Sainte-Félicité-de-Matane. Ces oies passent l’été plus au nord pour se reproduire et élever leurs jeunes, bien qu’un nombre grandissant d’entre eux restent dans nos latitudes pour toute la saison estivale. Plusieurs espèces d’oiseaux migrateurs ont entamé leur long voyage. Le Saint-Laurent est un endroit privilégié pour assister à leur défilé. Par exemple, à Tadoussac, des chercheurs et des bénévoles s’occupent de recenser les oiseaux de proies en migration à partir d’un observatoire situé près de la Maison des Dunes. Entre la fin août et novembre, 14 espèces défileront au-dessus de leur tête, pour un total variant entre 15 000 et 25 000 rapaces.

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20 septembre 2001, vol. 5 no 37

Mission krill

Une équipe de l’Institut Maurice-Lamontagne (Pêches et Océans Canada) réalise cette semaine une mission de recherche sur le krill dans l’estuaire maritime du Saint-Laurent. Cette mission consiste à récolter des données sur l'abondance et la distribution du krill, entre le 17 et le 22 septembre. L’équipe dirigée par Michel Harvey et Jean-François Saint-Pierre travaille à bord du navire Martha L. Black, un brise-glace de la Garde côtière canadienne. Le krill intéresse donc les chercheurs, mais aussi les baleines. Entre Les Escoumins et Sainte-Anne-de-Portneuf, une quinzaine de rorquals bleus et quelques rorquals communs étaient présents. Plusieurs rorquals bleus ont aussi été observés à Mingan et en Gaspésie. Le krill était particulièrement abondant en Gaspésie cette semaine. Il y en avait de grands nuages en surface près de Percé, colorant l’eau en rouge. Les harengs s’en gavaient, mais, en s’approchant ainsi de la surface, ils s’exposaient à devenir la proie des fous de Bassan. Les rorquals communs, eux aussi en chasse, se nourrissaient-ils de harengs ou du krill? Difficile à déterminer. Les réseaux alimentaires sont aussi complexes qu'intéressants.

Une autre baleine noire à Percé

Décidément, le coin de Percé attire les baleines noires. Une autre baleine noire a été vue à Percé le vendredi 14 septembre, puis le samedi, à partir de la côte, et le lundi matin. Elle était farouche, mais les observateurs ont tout de même réussi quelques clichés, de loin. Les photographies permettront peut-être de reconnaître cet individu parmi les quelque 300 qui figurent au catalogue des baleines noires de l’Atlantique Nord. Depuis 1995, les observations de baleines noires dans cette région ont majoritairement lieu près du cap d’Espoir. Le nom de ce cap nous rappelle que chaque observation de cette espèce est un espoir de plus pour son rétablissement.

Les bosses de Mingan

L’équipe du MICS, dirigée par Richard Sears, avait du pain sur la planche cette semaine. Environ 70 rorquals à bosses, une trentaine de rorquals communs et six rorquals bleus patrouillaient leur secteur. Les chercheurs ont tenté de prendre des photos du plus grand nombre d’individus possible, car chacun d’eux a des marques caractéristiques qui permet de le distinguer et de le reconnaître. D’autres équipes de recherche, comme le GREMM, basé à Tadoussac, et ORES, basé aux Bergeronnes, poursuivent le même type d’étude dans d’autres régions du Saint-Laurent. Ces programmes de photo-identification, à long terme, permettent de répondre à une multitude de questions, notamment à propos des patrons de fréquentations et de déplacement des baleines dans le Saint-Laurent.

Un été de phoques gris

De nombreux observateurs auront remarqué que les phoques gris étaient très abondants cet été, autant dans l'estuaire qu'en Gaspésie. Ils ont même souvent été vus en groupes. Il est difficile de savoir pourquoi, on ne peut que soulever des hypothèses. Est-ce dû à la température de l'eau et aux déplacements des poissons? Est-ce un phénomène cyclique? Est-ce que les populations sont plus importantes et donc que les distributions s'élargissent? D'ailleurs, on observe cette année plusieurs changements dans la distribution des mammifères marins du Saint-Laurent. Par exemple, les rorquals communs, habituellement abondants et concentrés à la tête du chenal Laurentien, ont été très discrets dans l’estuaire maritime. Il y aurait aussi le cas du phoque à capuchon. L'Institut Maurice-Lamontagne a reçu de nombreux appels cet été signalant de jeunes phoques à capuchon échoués aussi loin qu'à Québec ou Montréal. Certains de ces phoques plutôt nordiques auraient même été retrouvés dans les Antilles. Comme quoi malgré les divers programmes de recherche sur les mammifères marins du Saint-Laurent, ces animaux et leur monde sous-marin ont encore bien des secrets pour nous.

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27 septembre 2001, vol. 5 no 38

Cachalotsssssss!

Un observateur du réseau a rencontré au moins sept peut-être huit cachalots en aval des Escoumins le vendredi 21 septembre. Il a immédiatement contacté l’équipe de recherche du GREMM, à Tadoussac, qui a réussi à retrouver et à photographier les animaux. Ces photographies permettent de distinguer sept individus, dont deux qui ont déjà été photographiés dans l’estuaire, Nestor et Rackam. Depuis 1991, le GREMM documente la venue des cachalots dans l’estuaire. Des photographies de la face ventrale de leur queue ont permis d’identifier 16 individus entre 1991 et 2000, dont quelques-uns ont été vus plus d’une saison. On rapporte habituellement de un à quatre cachalots, mais jusqu’à 15 individus ont été observés en même temps au large de Cap-de-Bon-Désir. Leur passage est généralement de très courte durée, souvent un simple aller-retour.

À la recherche des baleines noires du Saint-Laurent

Une équipe canado-américaine composée de spécialistes du East Coast Ecosystems et du New England Aquarium a fait un survol aérien de la région de Percé le 21 septembre dernier. Le but était de repérer et d’identifier des baleines noires dans ce secteur, fréquenté sporadiquement par cette espèce depuis 1995. La baleine noire de l’Atlantique Nord est en danger de disparition. Plusieurs indices laissent croire qu’il existe pour cette espèce, quelque part dans l’Atlantique Nord, un ou plusieurs habitats critiques encore inconnus des chercheurs. Le Saint-Laurent serait-il une des bases secrètes des baleines noires? L’équipe souhaite faire d’autres survols au cours des prochaines saisons pour documenter plus précisément l’importance du Saint-Laurent pour cette espèce. Le survol de vendredi a permis de repérer et d’identifier la baleine noire numéro 2610; il s’agit d’une femelle photographiée pour la première fois en 1996, déjà à l’âge adulte.

Un nouveau rorqual à bosse pour l’estuaire

Avant 1997, il était plutôt rare de voir des rorquals à bosse dans l’estuaire. Depuis, la durée des séjours et le nombre d’individus observés à un même moment dans l’estuaire ont augmenté. Un nouvel individu s’ajoutera peut-être bientôt à la liste des rorquals à bosse de l’estuaire. Il a été observé par une assistante de recherche du GREMM les 23 et 24 septembre. On pourra confirmer qu’il s’agit bien d’un nouvel individu en comparant les photos de cette baleine avec celles du catalogue des rorquals à bosse de l’estuaire. Dans la région de Mingan, l’équipe du MICS fait le même travail avec la cinquantaine de rorquals à bosse présents dans leur secteur. Cette espèce est également plus abondante entre Mingan et l’île d’Anticosti qu’elle ne l’était il y a une dizaine d’années. Le patron de coloration sur la face ventrale de la queue, ainsi que la forme de la nageoire dorsale, permettent de distinguer chaque individu de cette espèce.

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4 octobre 2001, vol. 5 no 39

Un rorqual à bosse explore le Saguenay

Samedi, le 29 septembre, bien des observateurs ont été surpris de rencontrer un rorqual à bosse dans l’embouchure du Saguenay. L’animal plongeait longtemps et parcourait une grande distance sous l’eau entre chaque plongée. Il a été faire un tour dans la baie de Tadoussac, et a plongé en sortant la queue, tous près des pontons de la marina. Son excursion n’a duré que quelques heures; en fin de journée, il a été vu et photographié par les chercheurs du groupe ORES, en aval de l’embouchure près de cap Granit. Il est rare de voir cette espèce dans le Saguenay, mais on nous a rapporté au moins deux autres événements, l’un cette année le 7 juillet, et l’autre en août l’année précédente.

L’automne souffle sur le Saint-Laurent

L’automne, bien sûr, c’est les couleurs, le temps plus frais, les journées qui raccourcissent. Mais c’est aussi une période où les baleines sont encore nombreuses dans le Saint-Laurent. Les observateurs peuvent donc espérer faire de belles rencontres… si les conditions le permettent, car l’automne, plus souvent qu’autrement, on doit compter avec les vents forts et les grosses mers. Cette semaine, les observateurs du réseau ont quand même fait de belles sorties. À Mingan, l’équipe du MICS a bravé le vent pour une courte expédition samedi: ils ont travaillé avec quelques rorquals à bosse et des rorquals communs, et ont rencontré une dizaine de petits rorquals, des marsouins communs "à la pelle" et des phoques gris à profusion. Du côté de la Gaspésie, nos observateurs de Percé ont profité d’une accalmie dimanche. Leur voyage leur a permis de repérer six rorquals à bosse, un rorqual commun et beaucoup de dauphins à flancs blancs. Dans l’estuaire, entre Sainte-Anne-de-Portneuf et Les Escoumins, les rorquals bleus et les rorquals communs sont abondants, avec une vingtaine de représentants de chaque espèce. Les petits rorquals, eux, font la joie des observateurs plus en amont, dans la région de Tadoussac. Il y a, en plus des habitués, plusieurs jeunes de l’année qui ont maintenant maîtrisé l’art de s’alimenter près de la surface.

Des baleines échouées

Quand une baleine meurt, elle a souvent tendance à flotter au bout de quelques jours. La carcasse est alors transportée par les courants et les marées, et elle peut échouer sur la plage. Dans le Saint-Laurent, l’équipe de Lena Measures, de l’Institut Maurice-Lamontagne, supervise un réseau de récupération de ces carcasses. Le 25 septembre dernier, un jeune béluga mâle a été retrouvé échoué sur l’île Verte, dans l’estuaire. La carcasse étant bien fraîche, elle a été transportée à la Faculté de médecine vétérinaire de l’université de Montréal, à Saint-Hyacinthe. L’équipe de Daniel Martineau fera une analyse complète pour évaluer la cause probable de la mort et les autres pathologies. Une autre carcasse de béluga, cette fois-ci un jeune adulte, a été retrouvée à Pointe-au-Père le 2 octobre. Elle a aussi été transportée à Saint-Hyacinthe pour une nécropsie. Il s’agit de la 9e carcasse de béluga retrouvée sur les rives du Saint-Laurent cette année. Depuis la fin des années 1980, une quinzaine carcasses de bélugas ont révélé leurs secrets aux chercheurs chaque année. De quoi sont-ils morts? L’examen de ces carcasses a mis en évidence des problèmes de santé inusités chez les bélugas du Saint-Laurent, problèmes qui seraient liés à la pollution chimique de leur environnement.

Un visiteur rare pour l’estuaire

Le 3 octobre, près de l’île Verte, l’attention de l’équipe de recherche du GREMM a été retenue par un visiteur rare: un océanite cul-blanc. Cet oiseau niche dans le golfe du Saint-Laurent et fréquente habituellement la haute mer. Il utilise son odorat pour trouver sa nourriture, composée de plancton, de petits poissons et de calmar.

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11 octobre 2001, vol. 5 no 40

À l’embouchure

Les petits rorquals continuent de fréquenter assidûment l’embouchure du Saguenay. Habituellement, on voit d’abord un petit souffle, puis un dos noir avec une nageoire dorsale en forme de crochet. Vous avez vu du blanc? Il peut s’agir d’un béluga ou d’un petit rorqual en train de se nourrir près de la surface. Cette technique l’oblige à sortir davantage son corps de l’eau : on peut alors voir sa gorge et son ventre, peut-être même ses nageoires pectorales et une partie de sa queue. Tout un spectacle! Et rappelez-vous: le petit rorqual est bien mal nommé puisqu’il mesure entre 6 et 9 mètres de long et pèse entre 6 et 8 tonnes.

Le paradis des bleues

Entre Les Escoumins et Sainte-Anne-de-Portneuf, c’était encore le paradis des rorquals bleus cette semaine. On nous signale plus d’une vingtaine d’individus, dont au moins trois montraient la queue chaque fois qu’ils partaient en plongée. Parmi eux circulait aussi une poignée de rorquals communs.

Fin de saison à Mingan

L’équipe du MICS travaillait fort cette semaine pour fermer la station de recherche de Mingan pour l’hiver. C’est donc une fenêtre des Nouvelles du large qui se ferme pour l’hiver. C’est le cas aussi pour nombre d’observateurs dans d’autres régions du Saint-Laurent. Sans aller sur l’eau, ceux-ci garderont quand même un œil sur le large pour nous tenir au courant des secrets du Saint-Laurent pendant la saison froide.

En Gaspésie

Les baleines réjouissent toujours les observateurs de Percé, que ce soit du rivage ou à bord de bateaux. On signale huit rorquals à bosse, et une multitude de petits rorquals et de marsouins communs. Les conditions ne permettent pas toujours de prendre la mer pour aller à la rencontre de ces animaux. Par contre, nos observateurs ont pu faire une excursion en matinée le 10 octobre. Ils ont admiré une douzaine de rorquals communs en chasse, roulant sur le côté, pectorales sorties de l’eau et semblant se régaler. Les mouettes réussissaient à tirer leur pitance des restes de ce repas gargantuesque.

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18 octobre 2001, vol. 5 no 41

Croisières de rêve

Le Saint-Laurent accueille de plus en plus de paquebots de luxe. Cet automne, une soixantaine de ces croisières ont fait escale dans le port de Québec. Les paysages, les couleurs d'automne, les baleines et l'histoire régionale sont parmi les attraits qui incitent les nantis de ce monde à découvrir l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Entre Les Escoumins et Québec, les pilotes du Bas-Saint-Laurent les accompagnent, veillant à la navigation sécuritaire et efficace de ces villes flottantes. Historiens et naturalistes sont également du voyage. Par exemple, le GREMM, basé à Tadoussac, a fourni ses services d'interprétation à bord d'une trentaine de croisières dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

Méduses

Mardi, il y avait beaucoup de méduses qui flottaient dans les barres de courants, à l'embouchure du Saguenay. Avec la marée montante, elles se sont fait entraîner dans la baie de Tadoussac. Ces méduses avaient environ 10 à 15 cm de diamètre, et l'on pouvait distinguer une région centrale rouge foncée. On les appelle "crinière de lion", ou Cyanea capillata. Cette espèce peut atteindre des dimensions impressionnantes: près de 2 mètres de diamètre! On assiste probablement à ce que les scientifiques appellent un "bloom" de méduses, phénomène beaucoup plus courant dans le golfe que dans l'estuaire maritime. Mondialement, ces blooms sont considérés à peu près imprévisibles, bien que, dans le cas des crinières de lion, les blooms coïncident souvent avec des remontées d'eau froide. Est-ce que les grandes marées ont intensifié les mouvements d'eau caractéristiques de l'embouchure du Saguenay? À cette époque de l'année, les crinières de lion relâchent des larves qui se fixeront et se développeront en petits polypes. Au printemps, ces formes fixes se transformeront en jeunes méduses prêtes à reprendre le large.

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25 octobre 2001, vol. 5 no 42

Le retour au bercail

La saison nautique touche à sa fin sur le Saint-Laurent; les bateaux quittent tour à tour les flots pour leur aire d'hibernation. À l'embouchure du Saguenay, des curieux et quelques nostalgiques s'étaient attroupés en fin de semaine pour la mise en cale sèche de la plupart des bateaux et des pontons de la marina de Tadoussac. On profitait des grandes marées d'automne. En effet, un marnage important est nécessaire pour que les plus grands bateaux puissent entrer sans dommage dans la cale sèche de Tadoussac, l'une des rares cales sèches naturelles en Amérique du Nord. Ailleurs dans le Saint-Laurent, les bateaux passeront la saison froide de diverses façons. À Sept-îles, une grue hisse les bateaux pour les déposer dans des berceaux en cale sèche. Souvent, les bateaux profitent des rampes de mise à l'eau pour se faire remorquer jusqu'à leurs quartiers d'hiver, que ce soit l'arrière-cour du propriétaire ou un parc à bateaux. D'autre part, certains gros bateaux de pêche passeront un hiver moins douillet: on les éloigne des quais et ils resteront pris dans la glace pendant plusieurs mois. Tout n'est cependant pas terminé: quelques bateaux de croisières à Tadoussac offrent des rencontres avec les baleines jusqu'au 11 novembre, certains pétoncliers sont encore actifs pour quelques semaines sur la Basse-Côte-Nord et l'on pêche toujours la marctre à Sainte-Anne-de-Portneuf. Bientôt, le Saint-Laurent n'appartiendra jusqu'au printemps qu'à quelques traversiers, aux cargos et aux brise-glace.

Ça souffle!

Les bateaux s'endorment peu à peu pour l'hiver, mais les baleines sont toujours au rendez-vous. Au cours d'une de ses dernières croisières la semaine dernière, notre observateur de Sainte-Anne-de-Portneuf a rencontré des rorquals bleus et des rorqual