Archives – Les nouvelles du large 2002

Les nouvelles du large : une compilation hebdomadaire des observations de baleines dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent.

Merci à tous les collaborateurs du réseau d’observation !

Voici tous les bulletins hebdomadaires de 2002. Vous pouvez vous renseigner sur des sujets précis en utilisant la fonction " rechercher " du menu " édition " de votre fureteur (Exemple : recherchez le mot " dauphin " pour savoir où et quand le réseau d’observation a repéré des dauphins).

Consultez les archives des Nouvelles du large des autres années.
Consultez Les nouvelles du large de cette semaine.


10 janvier 2002, vol. 6 no 1

Le Saint-Laurent envahi par les baleines !

Qui s’en plaindrait ? Près de Percé, notre observatrice a compté une trentaine de souffles et répérer des rorquals bleus, des rorquals communs et des rorquals à bosse. Tout près du rivage, elle a même vu des petits rorquals et des marsouins communs. Dans la baie de Gaspé, nos observateurs sortaient de l’épicerie de Cap-aux-Os quand ils ont repéré cinq rorquals bleus à moins d’un kilomètre. Dans la lumière oblique de cet après-midi hivernal, les souffles semblaient des fontaines blanches, dignes des contes des marins d’autrefois. Cette observation s’ajoutaient aux deux rorquals bleus et quatre rorquals communs aperçus le matin même non loin de là. Mais il n’y a pas qu’en Gaspésie que les baleines sont au rendez-vous. Tous les jours, durant les Fêtes et depuis le Nouvel An, nos observateurs nous signalent que des rorquals bleus sillonnaient le secteur compris entre cap de Bon-Désir et cap Colombier, en Haute-Côte-Nord. Deux bélugas ont aussi été aperçus à l’embouchure du Saguenay le 28 décembre. Alors, ceux qui le peuvent, chaussez vos raquettes, glissez sur vos skis ou enfourchez votre moto-neige, et goûtez aux plaisirs de l’hiver le long des rives du Saint-Laurent… Les baleines sont là !

Haut de la page


17 janvier 2002, vol. 6 no 2

Histoires de loups-marins

Les phoques du Groenland font partie du paysage hivernal du Saint-Laurent. Bien connus aux îles de la Madeleine, car ils occupent la banquise pour la mise bas en mars, ils sont présents aussi le long de la Côte-Nord. Les femelles surtout remontent l’estuaire jusque dans Charlevoix, et font bombance dans les bancs de capelans avant de regagner le golfe pour mettre bas. Après la reproduction, vers la mi-mars, elles reviennent pour quelques mois dans l’estuaire avant de repartir pour le Nord.

Ces temps-ci, on voit régulièrement des groupes de 100 à 200 phoques, à l’eau, faisant bouillonner la surface de leur nage rapide. On ne signale pas encore d’immenses mouvées, comme c’était le cas certaines années où mille à deux mille phoques pouvaient arriver en même temps dans l’estuaire.

Dès que la glace se forme, les phoques du Groenland en profitent pour s’y reposer. Juste après Noël, un de nos observateurs en randonnée dans la baie des Mille-Vaches, près de Forestville, a repéré une vingtaine de phoques sur des plaques de glace qui s’étaient empilées près de la berge. La marée se retirait, la glace en bougeant offrait un concert digne d’un ensemble de scies musicales, et le soleil hivernal caressait les sculptures de glace qui trônaient sur la plage. Parmi les phoques, notre observateur a même repéré une femelle accompagnée de son jeune blanchon. Né sur un support aussi peu fiable, ce jeune n’aura probablement pas survécu. Et la banquise aux îles de la Madeleine? Offrira-t-elle une aire de mise bas convenable pour les phoques du Groenland cette année? La situation ne semble pas prometteuse… Nos observateurs nous tiendront au courant dans les semaines à venir.

Et les baleines?

Le topo de la semaine ressemble beaucoup à celui de la semaine dernière : des baleines en abondance partout! Les côtes du Saint-Laurent sont largement libres de glace cette année, et cela donne certainement l’occasion aux baleines de se rapprocher des côtes, où elles tombent vite dans l’œil de nos observateurs avertis. Bélugas isolés dans le Saguenay, rorquals bleus le long de la Côte-Nord, petit rorqual à Sept-Îles, et grands rorquals (bleus et communs) dans la baie de Gaspé sont à souligner.

Haut de la page


24 janvier 2002, vol. 6 no 3

Jeux de glace

Si le manque de glace a favorisé les observateurs de baleines le long du Saint-Laurent, les amateurs de pêche blanche sur le Saguenay rongeaient leur frein depuis les Fêtes. Il y a un peu plus d'une semaine, dans certains secteurs habituellement figés à cette période, on voyait encore de grandes étendues d'eau libre et des morceaux de glace jouant à créer de drôles de casse-tête au gré des marées.

Mais voilà! La saison a finalement démarré mercredi dernier: la glace a atteint ou dépassé les 30 cm réglementaires. Les petites cabanes colorées poussent un peu partout, l'atmosphère est à la fête, et les pêcheurs sont nombreux a tenté leur chance, en patientant, bien emmitouflés, près de leur trou dans la glace. Quelles sont les prises? Plus loin des rives, le sébaste est habituellement présent en abondance. Ce poisson de mer d'une belle couleur rouge est très apprécié. On peut aussi espérer attraper de l'éperlan arc-en-ciel, du flétan du Groenland, de la morue franche et de la morue de roche. Plus près des rives, on taquine le capelan. Surpris de voir ces espèces marines dans le Saguenay? Les eaux du fjord du Saguenay sont salées et froides, bien qu'une rivière d'eau douce s'écoule en surface.

La pratique de cette belle activité se poursuivra jusqu'à la mi-mars, moment où la Garde-Côtière brisera la couverture de glace emprisonnant le Saguenay afin de faciliter la navigation commerciale. D'ailleurs, tout au long de l'hiver, des brise-glace préparent au besoin un chenal de 70 km de long au centre du Fjord, pour permettre le passage des navires marchands jusqu'à Port-Alfred.

Haut de la page


31 janvier 2002, vol. 6 no 4

Le printemps de l'hiver !

Au cours des dernières semaines, les baleines avaient été nombreuses le long des rives de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent: rorquals bleus, rorquals communs, rorquals à bosse, même les marsouins étaient abondants en Gaspésie. Cette semaine: le calme plat côté cétacés. Par contre, tous les observateurs nous rapportent le même phénomène: la glace est arrivée! Un vent semble avoir soufflé les baleines hors de notre champ de vision et du même coup avoir fait naître les glaces à la surface du Saint-Laurent, bien peu gelé pour un début d'année. Il y a dix jours qu'elles sont apparues sur les eaux de l'estuaire; selon l'opinion populaire, c'est un mois en retard sur la normale, et le Bureau des glaces de Pêches et Océans Canada le confirme. Moins de la moitié de l'estuaire et du quart du Golfe sont couverts, alors qu'on pourrait s'attendre à voir des glaces sur la moitié des eaux du Golfe à la fin de janvier. Des conditions semblables n'ont pas été observées depuis 1957.

Mais comment se forme la glace de mer? Pour que l'eau de mer gèle, sa température doit descendre en dessous de 1,9° C et qu'il n'y ait pas trop de vent. Dans le golfe et l'estuaire du Saint-Laurent, la glace se forme ordinairement entre la mi-décembre et la mi-février lorsque la température de l'air atteint les - 15° C à - 20° C. Le froid des derniers jours a permis d'accroître le couvert de glace, mais il demeure anormalement mince, et ce ne sont pas le soleil et les vents de février qui "inverseront la vapeur".

Et alors? Qu'est-ce que ça change s'il y a moins de glace que d'habitude, vous demandez-vous peut-être? Déjà que le niveau d'eau des Grands Lacs baisse de manière alarmante, l'arrivée tardive de la glace a entraîné une évaporation prolongée qui vient aggraver la situation. Comme autre répercussion, si la banquise ne se forme pas rapidement aux îles de la Madeleine, les phoques du Groenland, qui aspirent tous à un petit coin de glace, pourraient avoir des problèmes de mise bas. De plus, l'industrie écotouristique des îles de la Madeleine ainsi que la chasse aux loups-marins dans le Saint-Laurent pourraient aussi souffrir de ces conditions climatiques hors du commun. Des observations dans la baie de Gaspé et le long de la rive nord du Saint-Laurent nous redonnent toutefois confiance, car on nous a rapporté la présence de frasil, cette marmelade de cristaux qui est la première étape de formation de la glace de mer. Ces "bourgeons" de glace génèrent un espoir nouveau, on assiste au "printemps de l'hiver"!

Haut de la page


7 février 2002, vol. 6 no 5

Un froid de Canard

Les doigts gelés mais le cœur chaud, les observateurs le long des deux rives du Saint-Laurent nous rapportent cette semaine que les souffles sont invisibles sous cette brume qui recouvre l'estuaire et le golfe. Cette couverture flottante ne tient malheureusement pas au chaud les habitants des eaux. Les phoques du Groenland, présents en maints lieux près des côtes, sont les seuls mammifères marins à avoir été observés au cours des derniers jours.

Ce sont les oiseaux qui semblent voler la vedette cette semaine ! Près de la rive nord, on a rapporté plusieurs centaines de garrots d'Islande, des morillons, des petits garrots et des canards noirs s'alimentant à marée basse sur les battures. De trois à quatre milles kakawis ont été observés au large de l'embouchure du Saguenay et près de mille harles huppés près de Gallix. L'observation qui remporte la palme est peut-être celle d'un canard arlequin vu du quai des Bergeronnes le 28 janvier et le 5 février. En Gaspésie, portrait semblable: des canards et des goélands marins en grands groupes.

Bien que Bonhomme Hiver ait pris les choses en mains, ces oiseaux ne semblent pas trop souffrir du froid. Ils sont des milliers à demeurer tout l'hiver en nos eaux, à tirer profit des endroits libres de glace pour s'alimenter et à attendre patiemment que le soleil de février redevienne plus ardent !

Haut de la page


14 février 2002, vol. 6 no 6

Skalugsuak II

Vous souvenez-vous de l'opération Skalugsuak de l'hiver dernier? Cette expédition, dont les membres avaient tenté de filmer un requin du Groenland sous la glace du Saguenay, revient à la charge avec Skalugsuak II. Du 9 au 13 février, à Rivière-Éternité, l'équipe a de nouveau tenté de percer les mystères du requin du Groenland, aussi connu sous le nom de laimargue du Groenland, ou encore skalugsuak en Inuktituk. Ce carnivore, qui peut atteindre les sept mètres et peser plus d'une tonne, se nourrit de poissons, de phoques et même d'autres requins. Il est présent dans l'Arctique et dans l'Atlantique Nord. Son existence dans le Saguenay a déjà été confirmée par les prises accidentelles de pêcheurs sur glace dont les spécimens capturés ont été photographiés et même, pour certains, empaillés. On connaît toutefois très peu de choses sur la présence de ce requin dans les eaux froides du fjord qu'il semble affectionner. On espère que les plongeurs et les scientifiques qui ont bravé le froid cette semaine en ont appris davantage sur cet animal qui excite notre imagination.

Pour en savoir plus

Consultez le site Aqualog mag

Aux amoureux de l'hiver

Outre cette expédition pour connaître davantage ce requin d'eau froide, les observateurs rapportent cette semaine avoir vu beaucoup de phoques, par petits groupes, le long de la rive nord. Pour les amoureux des oiseaux, mentionnons qu'un pygargue à tête blanche a été vu au cours de l'après-midi du 12 février, dans la baie de Bon-Désir. Il se nourrissait sur la glace, près de trouées, probablement d'un animal mort. En ce jour de la Saint-Valentin, les "cétacéophiles" sont attentifs en bordure du Saint-Laurent et malgré l'absence d'observation de baleine depuis un mois, février étant généralement calme en ce domaine, ils savent que dans quelques semaines ils reverront les baleines. D'ici là, les rives de l'estuaire et du golfe sont tout de même le paradis pour les amoureux de l'hiver.

Haut de la page


21 février 2002, vol. 6 no 7

Blanche neige et les loups marins

Après les tempêtes de la semaine précédente, Mère Nature nous offre maintenant du temps doux. Des observateurs de la Gaspésie, en trottinette des neiges, ont regardé la glace se disloquer lentement au soleil de février. Sur la Côte-Nord, une vingtaine de moyacs, ou eiders à duvet, sont rapportés pataugeant dans les cuvettes entre les glaces. Des loups marins ont aussi été rencontrés par des kayakistes près des Bergeronnes et d'autres dans la baie de Tadoussac.

Puis, la neige s'est mise à tomber sur le Saint-Laurent. Des milliers de flocons musicaux se fondant dans les eaux. Musicaux ? Oui. Si vous associez la neige avec une ambiance calme et feutrée, ravisez-vous ! Chacun de ces flocons rencontrant la surface de l'eau libère de minuscules bulles d'air qui produisent un son aigu en éclatant, avec le résultat que la neige offre aux oreilles des mammifères marins tout un vacarme aquatique !

Le requin du Saguenay gardera son secret

Et bien non ! Le requin du Groenland n’a pas été aperçu la semaine dernière dans le Saguenay. Il nous a tous tenu en haleine, mais gardera son secret encore un peu. Malgré les nombreux appâts et le nouveau système de haut-parleur sous-marin diffusant des vocalisations de phoques annelés (espèce proie dans l'Arctique), aucun de ces animaux n’a daigné se montrer.

Les conditions climatiques ont été très difficiles pour l’équipe d’Aqualog. Sur le site, les températures sont descendues jusqu’à - 47°C avec le facteur vent. Des bourrasques atteignant des pointes de 80 km/h sur la baie ont fait geler l’équipement et ont empêché les plongeurs de descendre sous la glace lors des deux dernières journées.

Toutefois, les plongées effectuées les autres journées dans la cage à requins ont permis d’explorer les fonds du fjord et sa faune sous-marine. Des espèces dignes de mention ont été observées et filmées : le poisson alligator atlantique, d'énormes crevettes de sable et une espèce de calmar à identifier. D’autres plongées seront effectuées au même endroit à l'été 2002 afin de vérifier la présence continue de ces espèces. On leur souhaite cette fois des conditions de travail plus faciles!

Pour en savoir plus

Consultez le site Aqualog mag

Haut de la page


28 février 2002, vol. 6 no 8

Sur la glace : la médaille dort

De Charlevoix jusqu'en Basse-Côte-Nord ainsi qu'aux îles de la Madeleine et en Gaspésie, les habitants des rives découvrent, après les Jeux olympiques de Salt Lake City, un nouveau sens au mot glace. Celle-ci, qui tardait à se former en janvier, semble maintenant décidée à envahir les berges, formant des piles désordonnées pour nous montrer l'envers de l'hiver que nous connaissions jusqu'ici, l'autre côté de la médaille.

Les glaces qui s'accumulent habituellement sur la côte sud sont maintenant refoulées vers l'autre rive. À Gaspé, les glaces se bousculent, elles repartent puis reviennent. Les bateaux des pilotes du Saint-Laurent basés aux Escoumins (ces pilotes qui montent à bord de tous les navires empruntant cette voie maritime pour indiquer la route à prendre), ont peine à rejoindre les cargos dans leur course. L'embouchure du Saguenay, qui bat presque des records de glace ces derniers jours, a retenu le traversier pendant quelques heures mardi et mercredi. Le Armand-Imbeau s'est alors vu libérer par le Radisson, un brise- glace de la Garde-Côtière Canadienne. Tous ces événements rappellent l'hiver 1995 où le bateau des pilotes était demeuré coincé au large durant quelques jours et où le service de traverse avait connu des interruptions.

Qui est donc responsable de ce désordre ? De forts vents venant de l'est, associés au temps doux ont permis à plusieurs blocs de glace de se détacher et ont provoqué d'importantes accumulations de glace là où on ne s'y attend habituellement pas. De plus, les grandes marées d'hier et d'aujourd'hui ont poussé ces blocs vigoureusement. C'est ce qui fait que le Saguenay, qui normalement avale et recrache la glace au gré des marées a maintenant l'apparence solide et calme d'une batture. Cette semaine : la glace dort.

Haut de la page


7 mars 2002, vol. 6 no 9

Observation de baleines à la chasse au loup marin

Deux chasseurs de loup marin (phoque) ont fait une rencontre spéciale la semaine dernière aux Escoumins près de l’anse à Yves. Ils regardaient vers la côte pour surveiller les phoques quand ils ont entendu souffler derrière eux. Il s’agissait d’un rorqual à bosse, à quelques mètres de leur bateau! Il a montré la queue à deux ou trois reprises et a pris la même direction que …deux rorquals bleus qui se trouvaient aussi dans les parages, à 300 ou 400 mètres de là. Les rorquals bleus ont été présents régulièrement dans ce secteur depuis le début de l’hiver.

Bélugas en mars

Aux Bergeronnes, on pouvait voir des petits groupes de bélugas le long de la côte mardi. Les dernières observations de bélugas dans le secteur Tadoussac-Les Escoumins dataient de la mi-janvier. En hiver, les bélugas se tiennent habituellement plus en aval. Ils réintègrent leurs quartiers d’été vers le mois d’avril.

Entre les glaces

Plus loin vers le golfe, c’est toujours tranquille côté baleines, mais il y a tout de même de la vie. À Sept-Iles, des goélands à manteau noir étaient arrivés cette semaine et une centaine de harles huppés s’activaient entre les glaces. À Gaspé, des goélands et des harles étaient aussi présents, et un cargo est resté pris entre les glaces! En effet, le Marinor fut immobilisé pendant plusieurs heures mardi dans la baie de Gaspé. Ce n’est pas un événement rare à cet endroit, mais habituellement les bateaux de la Garde côtière peuvent agir rapidement. Cette fois-ci, le brise-glace Terry-Fox a dû prendre le temps de revenir du secteur d’Anticosti, où il y avait fort à faire cette semaine.

Blanchons en vue

C'est maintenant la période de l'année où les phoques du Groenland femelles mettent bas sur la banquise située autour des îles de la Madeleine. Les petits sont allaités pendant une douzaine de jours et, après le sevrage, ils demeurent habituellement sur la banquise de quatre à cinq semaines avant de faire le plongeon dans les eaux du golfe. Chaque année, il y a avec eux sur les glaces des phoques mâles en quête d’accouplement et des touristes en quête d’un contact privilégié avec la nature. En effets, des visiteurs, surtout européens et japonais, arrivent à cette époque de l’année en hélicoptère pour déambuler parmi les animaux une journée entière sur la banquise. Mais voilà qu’avec les grands vents, la température clémente des derniers jours et la pluie de dimanche dernier, la banquise est presque inexistante du côté ouest alors qu’à cette période de l’année elle devrait s’étendre sur plusieurs kilomètres vers le large. Les phoques femelles peuvent alors choisir d’autres régions du golfe pour la mise bas. Toutefois, dans le cas où les petits sont déjà nés, le démantèlement de la banquise entraîne des mortalités importantes. Au même moment, dans le golfe, une équipe de reporters du National Geographic est en tournage pour obtenir des images de ces phoques.

Pour en savoir plus

Centre d'interprétation du phoque aux îles de la Madeleine

Haut de la page


14 mars 2002, vol. 6 no 10

Déjà des rorquals communs

Une observation très particulière a été faite la semaine dernière au large des Bergeronnes. En effet, un observateur averti a aperçu ce qui était sans aucun doute deux rorquals communs. Cette espèce n’est habituellement pas vue en cette période. Que tramaient-ils donc? Que nous préparaient-ils? Espérons seulement qu’ils sont annonciateurs d’une bonne saison pour les rorquals communs. On se rappellera que ceux-ci avaient été très peu présents dans le secteur l’été dernier.

Beaucoup de bélugas

Décidément les chasseurs de phoques de la région des Escoumins font de belles observations. Ils ont vu beaucoup de bélugas le vendredi 8 et le mardi 12 mars. Il y en avait peut-être une centaine en tout. Il y en a même un qui est venu tourner sous la chaloupe et qui semblait regarder les hommes à bord. Ces derniers, pourtant habitués aux spectacles de la mer, en ont été émerveillés.

Déglaçage du Saguenay

Ces jours-ci commence le déglaçage progressif du Saguenay par la Garde côtière canadienne. Les cabanes de la pêche blanche ont été retirées jusqu’à l’hiver prochain. Aux observateurs à l’embouchure du Saguenay, ne vous étonnez pas si vous voyez défiler des glaces arborant des traces de motoneiges ! Il est important de contacter la Garde côtière si on voit un casque et deux mains…

En attente

Plus loin le long des rives du Saint-Laurent, nos observateurs profitent du temps dégagé pour admirer la mer. Les conditions semblent parfaites pour faire des observations de baleines, et on voudrait croire que ça y est, un souffle va surgir… Mais non, il faudra attendre encore…

Haut de la page


21 mars 2002, vol. 6 no 11

Bleu sous le soleil du printemps

Nos observateurs de la région de Sept-Îles ont vu leur première baleine de la saison 2002. Il s’agissait d’un magnifique rorqual bleu, ni plus ni moins! Ils ont pu l’observer tout l’après-midi de dimanche, à environ un kilomètre du rivage de Gallix, sous un soleil printanier. Il soufflait régulièrement et plongeait pour quelques minutes seulement. Sa queue frôlait chaque fois la surface de l’eau, mais sans sortir complètement. Il se déplaçait doucement entre les glaces. Après trois heures d’observation, les riverains à leur fenêtre l’ont perdu de vue. Le couvert de glace s’est reformé les jours suivants. À qui le tour la semaine prochaine de voir sa première baleine? Joyeux printemps à tous!

Les hauts et les bas de la vie de phoque

Il y avait de gros groupes de phoques du Groenland aux Bergeronnes il y a quelques jours. On voyait une dizaine de groupes de 20 à 30 phoques chacun, qui se reposaient sur les glaces. Ils se trouvaient relativement près de la maison de notre observateur, les glaces ayant été poussées sur la batture. Les phoques du Groenland effectuent un retour dans cette zone de l’estuaire après la mise bas. Les femelles commencent à se nourrir immédiatement après le sevrage des jeunes. Il s’agit donc d’une période d’alimentation intensive, un festin où le capelan est à l’honneur. Les groupes de phoques observés pourraient aussi être composés de mâles de retour du golfe ou d’individus mâles ou femelles non matures sexuellement, n’ayant pas participé à la reproduction. Nous nous interrogions dans un précédent bulletin sur la mortalité des blanchons entraînée par le piètre état de la banquise aux îles de la Madeleine. Des chasseurs de phoques des Escoumins ont justement remarqué que les femelles de retour dans l’estuaire étaient anormalement grasses. C’est un signe qu’elles ont probablement perdu leurs petits, sans avoir le temps de leur transmettre leurs réserves par l’allaitement. Mais ne nous inquiétons pas. La population de phoques du Groenland est très abondante et quelques années de reproduction plus difficile ne la mettront pas en péril. Ce sont les hauts et les bas de la vie de phoque.

Haut de la page


28 mars 2002, vol. 6 no 12

Pot-pourri

Un jour c'est le printemps, un jour c'est l'hiver… Nous avons droit cette semaine à un pot-pourri de saisons. Les glaces voguent et défilent. Le vent nous assaille puis c'est le calme plat. Le soleil frappe et il y a de la neige à bonhomme. Du côté des baleines, nos observateurs de la région de Sept-Îles qui avaient admiré un rorqual bleu la semaine dernière en ont revu un soufflant de très loin lundi. Deux rorquals bleus soufflaient aussi au large des Escoumins mardi matin. D'importantes mouvées de phoques du Groenland sont également présentes dans ce secteur. On comptait 400 à 500 phoques près de la rive des Escoumins dans les derniers jours, dont la moitié de ceux-ci se prélassaient sur les rochers. Cette espèce est en période d'alimentation intensive dans l'estuaire. À la fin du printemps, la plupart de ces phoques migreront vers l’Arctique. La chasse au phoque se poursuit, bien que les grands vents aient empêché les chasseurs de sortir pendant quelques jours. À Tadoussac, en face des dunes de sable, une promeneuse a aperçu un petit rorqual. On en a signalé un aussi aux Bergeronnes. Il s'agit des premières observations de cette espèce rapportées dans le secteur Tadoussac-Les Escoumins en 2002. Les observateurs des autres régions du Saint-Laurent, à Gaspé et à Percé par exemple, n'ont toujours pas eu la visite tant attendue de cétacés.

Le crabe de Pâques

Et on aura du crabe pour Pâques. En effet, l'ouverture de la pêche au crabe des neiges a eu lieu lundi le 25 mars dans la zone 17 de l'estuaire. Cette zone s'étend de Tadoussac jusqu'à Pointe-des-Monts sur la rive nord et jusqu'à quelques dizaines de kilomètres après Sainte-Anne-des-Monts sur la rive sud. Cette pêche ouvre particulièrement tôt cette année. Habituellement c'est au début avril que les crabiers sortent sur l'eau. Dans cette zone, jusqu'à 2 825 tonnes de crabes des neiges pourront être récoltées. Les autres zones seront aussi ouvertes à la pêche bientôt. Cette activité se poursuivra jusqu'au milieu de l'été, par la suite on cessera pour ne pas nuire à la reproduction et à la mue de ces animaux. D'autres espèces de crabes sont aussi pêchées dans le Saint-Laurent, mais sont de moindre importance économique: le crabe commun (surtout en Gaspésie) et le crabe araignée. Bref, il y aura de quoi se régaler cette fin de semaine. Joyeuses Pâques!

Haut de la page


4 avril 2002, vol. 6 no 13

Rorquals bleus à Gaspé… et ailleurs

Voilà que nos correspondants de Gaspé ont vu leurs premières baleines de la saison. Ils ont d'abord essuyé une tempête de neige mêlée d'un orage samedi. Mystérieusement, on entendait un puissant tonnerre et on apercevait des portions du ciel illuminées par les éclairs à travers la neige qui tombait. Dimanche tout était redevenu calme et trois rorquals bleus se déplaçaient entre les glaces sous un soleil rayonnant. Ils se trouvaient à environ 250 mètres de la rive à la pointe de Forillon. Deux autres rorquals bleus étaient présents dans la région de Sept-Îles. Un grand souffle surgissait, accompagné d’un souffle plus petit tout près, ce qui laisse croire à nos observateurs qu’il s’agissait peut-être d’une paire mère-veau. Enfin, deux autres rorquals bleus rôdaient également au large des Escoumins ces derniers jours.

Intrigante observation

Nos correspondants de Gallix, dans la région de Sept-îles, ont fait une observation intrigante vendredi le 29 mars. Une baleine très foncée montrait sa queue toute droite à chaque plongée. Lente et sans nageoire dorsale, ils se sont d’abord demandé s’ils n’avaient pas affaire à un cachalot. Mais d’après le souffle et le dos de l’animal, ils en sont venus à la conclusion qu’ils avaient fort probablement sous les yeux une baleine franche (aussi appelée baleine noire). Il s’agirait d’une observation hors de l’ordinaire. En effet, des baleines franches sont parfois observées dans la région de Percé en été, de même que plus au sud dans le golfe du Saint-Laurent, mais rarement le long de la rive nord. Intrigant…

Plancton luminescent sous la pleine lune

C'était la pleine lune la semaine dernière. Prenant une marche tard en soirée sur la plage, deux Tadoussaciennes expérimentèrent un phénomène des plus fascinants. Elles eurent la surprise de découvrir du plancton luminescent bleu sous leurs pas et dans la vague mourante. La bioluminescence est une lumière produite par une réaction chimique chez certains organismes marins, qu’ils soient unicellulaires, crustacés ou même poissons. Le phénomène se produit par contact avec l'organisme en question ou simplement par le mouvement de l'eau. On croit que la bioluminescence servirait à attirer les proies, à tromper les prédateurs ou à communiquer entre les individus d'une même espèce. On voit régulièrement du phytoplancton (plancton végétal) bioluminescent en été dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. De couleur verte, il est visible par traînées, là où on plonge la main ou la rame. Il illumine aussi nos pas sur le sable mouillé. Ce genre de bioluminescence est généralement dû à des algues du groupe des dinoflagellés. Cette fois cependant, il s'agissait de zooplancton (plancton animal). Plus gros et de couleur bleue, les organismes étaient observables individuellement et on pouvait les tenir entre les doigts. Ils se présentaient sous forme de masses gélatineuses de quelques millimètres de long. Ce sont probablement des membres du groupe des cténophores, groupe qui comprend aussi les groseilles de mer. Bref, la marche sous la pleine lune se transforma en danse destinée à taquiner le plancton pour le voir s'allumer en petites étoiles bleutées.

Dodo dans le Saguenay

Le personnel du traversier Tadoussac--Baie-Sainte-Catherine a aperçu le premier béluga de la saison dans le Saguenay. Cela se passait le mardi 2 avril en fin de journée. Ce premier béluga semblait être en période de repos. Il flottait tranquillement à la surface, sans se déplacer. Ce comportement est parfois appelé " billotage ", en référence à l’image d’un billot qui flotte. Le béluga n'a d’ailleurs pas bronché à l'approche du bateau, obligeant le capitaine à le contourner. On a aussi vu deux bélugas le mercredi 3 avril, encore une fois près des traversiers, possiblement accompagné d’un jeune gris. Les bélugas reprendront de plus en plus possession de leurs quartiers d’été. Ils seront bientôt vus quotidiennement à l’embouchure du Saguenay. Ils étaient également présents cette semaine au large des Escoumins par groupes de dix à quinze individus.

Haut de la page


11 avril 2002, vol. 6 no 14

Arrivants ailés

Les oiseaux migrateurs reviennent progressivement dans nos régions. Des bernaches cravants ont été vues aux Bergeronnes. Un peu comme les bernaches du Canada (ou outardes) et les oies des neiges (ou oies blanches), elles sont seulement de passage. Elles poursuivront leur route vers le nord, pour se rendre dans leurs territoires de nidification de la toundra arctique. On a vu plusieurs groupes d'eiders à duvet à Gaspé cette semaine. Après avoir hiverné dans des eaux libres de glace, cette espèce nichera bientôt dans tout l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. On a aperçu des fous de Bassan à Percé. En été, leurs nids sont regroupés en colonies sur les falaises et les corniches de la Gaspésie (spécialement à l'île Bonaventure), de l'île d'Anticosti et des îles de la Madeleine. Un grand nombre de mouettes tridactyles ont aussi été observées à l'extrémité de la péninsule gaspésienne. Hivernant en haute mer, elles se rapprochent des côtes pour la période de nidification. Les garrots à œil (ou garrots communs), pour leur part, hivernent pour certains dans le Saint-Laurent mais nichent plutôt en eau douce. Leur saison de reproduction est toutefois déjà lancée. Ils se faisaient la cour à l'embouchure du Saguenay cette semaine. Les mâles effectuaient leur danse, projetant leur cou vers l'arrière et émergeant leur poitrine de l'eau dans une tentative de séduction. À vous mesdames!

Baleines : la saison est lancée

Il y avait des baleines un peu partout cette semaine. Deux rorquals bleus plongeaient en sortant leur queue le dimanche 7 avril au large de l'île Bonaventure. À Gaspé, on a observé trois rorquals bleus et trois rorquals à bosse le lundi 8 avril, et des souffles étaient de nouveau visibles au loin le lendemain. Deux rorquals bleus, encore une fois, ont été aperçus aux Escoumins mercredi matin le 10 avril. Des bélugas ont été vus dans le secteur Tadoussac-Les Escoumins, dans le secteur de l'île aux Basques et dans celui de l'île aux Lièvres. Alors cette semaine, c'est un départ!

Béluga sur l'autoroute

À ceux qui rencontreraient un béluga dans une camionnette sur le pont de Québec, ou encore sur l'autoroute 20, voici le fond de toute l'histoire. Un béluga mort a été retrouvé dimanche dernier dans Charlevoix. La carcasse échouée sur la plage de Saint-Irénée a été transportée par camion à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal à Saint-Hyacinthe. C'est là que sera pratiquée la nécropsie dans le but d'identifier la cause de la mort. Chaque année une vingtaine de carcasses de bélugas sont retrouvées ainsi. De ce nombre, cinq à dix animaux par an sont analysés dans le cadre d'un projet à long terme sur la santé des bélugas du Saint-Laurent.

Pour en savoir plus

De quoi meurent les bélugas?

Les actualités du Saint-Laurent (les archives):

Le cancer chez les bélugas du Saint-Laurent (28 février 2002)

Haut de la page


18 avril 2002, vol. 6 no 15

Béluga sur l'autoroute, la suite

Commençons par les nouvelles un peu moins joyeuses. Voici des informations supplémentaires concernant le béluga qui s'était échoué à Saint-Irénée la semaine dernière. Il s'agissait d'une femelle adulte de 3,6 m de long et pesant 698 kg. La nécropsie pratiquée à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal a révélé qu’elle était atteinte d'un cancer de l'estomac, avec des métastases dans presque tous les organes. Un examen plus approfondi permettra d'en savoir plus sur la maladie et de connaître l'âge de l'animal.

Pour en savoir plus

De quoi meurent les bélugas?

Les actualités du Saint-Laurent (les archives):

Le cancer chez les bélugas du Saint-Laurent (28 février 2002)

Première sortie en mer pour l'équipe de recherche du MICS

L'équipe du MICS (Station de recherche des îles de Mingan) a effectué sa première sortie de la saison le samedi 13 avril. Ils étaient dans la région de Sept-Îles où ils ont suivi les pas (!) de deux rorquals bleus (le pas de la baleine est la trace qu'elle laisse sur l'eau lorsqu'elle plonge). Ces deux rorquals s'alimentaient en surface. Dans ces moments-là, on peut voir l'animal glisser sur le flanc à la surface de l'eau, son immense gueule démantibulée, sa nageoire pectorale et la moitié de sa queue hors de l'eau. À couper le souffle! (Le nôtre, pas celui de la baleine!) Le lendemain, les membres de l'équipe ont aperçu un rorqual commun, puis ont de nouveau été absorbés par un rorqual bleu en alimentation de surface. Il ventait beaucoup et la mer était grosse. Un souffle émergeait de derrière une vague, tout à coup le rorqual apparaissait dans le creux de celle-ci, puis une grande nageoire pectorale dépassait d'une autre vague. Impressionnant de constater avec quelle facilité un cétacé arrive à manœuvrer en surface dans des conditions pareilles!

Matinée enjouée

Des observateurs de la baie de Gaspé ont eu une matinée enjouée le mercredi 17 avril. Pas moins de neuf baleines leur ont souhaité un bon réveil. Il s'agissait de trois rorquals bleus, trois rorquals à bosse et trois rorquals communs. Comme si ce n'était pas assez dynamique, deux phoques dont on n'a pas pu identifier l'espèce se sont mis à sauter hors de l'eau. Ils retombaient dans de grandes éclaboussures sur le ventre ou sur le côté. La raison de ce comportement ? Difficile à dire… Ce petit manège a duré une belle demi-heure.

D'autres observateurs ont aussi vu leurs journées égayées par des mammifères marins.

À Gallix dans la région de Sept-Îles le mercredi 10 avril: un petit rorqual, un rorqual bleu, trois rorquals communs, des phoques communs et des phoques du Groenland.

Dans la baie de Gaspé le jeudi 11 avril: six rorquals bleus et trois rorquals à bosse. Près du rocher Percé le même jour: trois rorquals à bosse et un rorqual commun.

Dans le secteur Tadoussac-Les Escoumins, tous les jours de la semaine: des mouvées de phoques du Groenland et des bélugas un peu partout.

Des souffles de grandes baleines ont aussi été observés au loin dans plusieurs secteurs.

Haut de la page


25 avril 2002, vol. 6 no 16

Les petits rorquals en représentation au quai des Bergeronnes!

Procurez-vous vos billets dès maintenant!

Le vendredi matin 19 avril, un petit rorqual s’alimentait en surface au large des battures aux Bergeronnes. Cette espèce est particulièrement spectaculaire lorsqu’elle s’adonne à ce comportement. Un petit rorqual peut projeter sa gueule et une partie de son corps hors de l’eau, sortir sur le côté ou sur le dos, avec des bouts de queue et de nageoire qui sortent de partout. C’est à ne plus savoir à quelle partie de l’animal on a affaire.

Le mardi 23 avril vers 15h, nos observateurs ont été témoins d’une des choses les plus excitantes à voir en termes de comportement de baleine : des " breach " de petit rorqual. Un petit rorqual sautait complètement hors de l’eau, comme une fusée, et retombait dans de grandes éclaboussures. Il a répété la manœuvre cinq ou six fois de suite. Il se trouvait à 400 mètres de la batture aux Bergeronnes. Les observateurs qui travaillaient à installer les quais de la marina ont bien sûr fait une pause pour admirer la prestation.

Et ce n’est pas tout. Le mercredi matin 24 avril à 9h30, toujours au même endroit, pas moins de quatre petits rorquals étaient en alimentation de surface. La gueule grande ouverte dans les bancs de capelans, ce fut un autre spectacle pour le personnel de la marina s’affairant à replacer les bouées de chenal.

Espérons que les petits rorquals seront en supplémentaires tout l’été.

Pêle-mêle

À Gaspé et à Percé, les baleines de la semaine dernière ne sont pas au rendez-vous ces jours-ci. Par contre les fous de Bassan et les mouettes tridactyles commencent à prendre leur place sur les falaises en vue de la nidification. À la rivière Betsiamites, on a vu quelques bélugas et entre six et huit grands rorquals les samedi et dimanche 20 et 21 avril. Des bélugas étaient aussi présents entre Les Escoumins et Les Bergeronnes, et il y avait deux rorquals bleus au quai du traversier aux Escoumins le lundi 22 avril. Des bélugas et un petit rorqual sortaient du Saguenay le samedi 20 avril, juste comme le soleil s’apprêtait à y plonger pour la nuit, à la grande joie de deux kayakistes. Les pêcheurs de Forestville ont rapporté quatre ou cinq rorquals bleus dans leur secteur. Il y avait quatre rorquals bleus, un rorqual commun et un petit rorqual à Gallix dans la région de Sept-Îles. Des représentants de la gent ailée y étaient aussi présents : harles huppés, fous de Bassan et macreuses à front blanc.

Haut de la page


2 mai 2002, vol. 6 no 17

Remise en place des bouées d’été du Saint-Laurent

La Garde côtière canadienne s’affaire depuis la fin mars à replacer les bouées d’été un peu partout dans le Saint-Laurent. Celles-ci avaient été remplacées en novembre dernier par les bouées d’hiver, ou espars. Les espars sont conçus pour résister à l’assaut des glaces. Ils sont moins nombreux que les bouées d’été et délimitent seulement les chenaux principaux utilisés l’hiver. De plus, pour rendre la navigation hivernale dans le Saint-Laurent plus sécuritaire encore, ce sont deux pilotes plutôt qu’un qui montent dans chaque navire. Les bouées d’été ont été entreposées pendant toute la saison froide à Québec et à Sorel où elles ont bénéficié d’un entretien annuel avec peinture fraîche, etc. La tâche de rendre au fleuve ses bouées est d’envergure et s’étend jusqu’à la fin mai. Elle a commencé en amont, au lac Saint-Louis à l’ouest de Montréal, et se terminera à Blanc-Sablon. Cette semaine les deux bateaux responsables étaient rendus à Baie-Comeau et aux îles de la Madeleine.

Des amours bien discrètes

Saviez-vous que nous sommes dans la " saison des amours " des bélugas? La plupart des baleines viennent dans nos régions pour se nourrir et elles se reproduisent ailleurs. Le béluga, la seule espèce de cétacés qui vit dans le Saint-Laurent à l’année longue, se reproduit bien sûr ici. Comme les naissances ont lieu entre juin et septembre et que la gestation dure environ 14 mois, la période d’accouplement présumée est d’avril à juin. Pourtant, on n’a jamais vraiment observé d’accouplement en milieu naturel. Ces amours bien discrètes piquent la curiosité des chercheurs. Voyeurs, ils aimeraient bien en (sa)voir plus!

Agréables rencontres

Lors d’une marche matinale sur la plage de Penouille près de Gaspé le mardi 30 avril, des observateurs ont fait une rencontre particulière. Un phoque du Groenland était étendu, tranquille, sur le sable. Cela est quelque peu inhabituel puisque les phoques du Groenland sont le plus souvent vus en groupes, à l’eau ou sur les glaces en hiver. Ce phoque filait-il un mauvais coton? Nos observateurs en ont profité pour le photographier. Ils ont aussi vu deux rorqals bleus et trois rorquals à bosse au large. On signalait également deux rorquals bleus, trois rorquals communs et quelques petits rorquals dans la baie de Gaspé le lundi 29 avril.

Nos observateurs de la région de Sept-Îles sont sortis en mer le dimanche 28 avril. Ils ont pu observer un rorqual bleu, quatre rorquals communs et deux petits rorquals. Les oiseaux marins étaient toujours au rendez-vous, parmi eux des macreuses à bec jaune (ou macreuses noires), des hareldes kakawi et des cormorans à aigrettes. Les macreuses sont en migration; elles nichent plus au nord. Les hareldes kakawi hivernent dans nos régions mais partiront bientôt vers le nord eux aussi. Quant aux cormorans à aigrettes, ils nichent en colonies dans nos régions.

Un pêcheur de crabe nous rapportait un petit rorqual sautant hors de l’eau le mardi 30 avril. Cela se passait à moins de 200 mètres du quai du traversier aux Escoumins.

Haut de la page


9 mai 2002, vol. 6 no 18

Bélugas en fugue?

Des bélugas sont parfois observés loin de leur aire de distribution habituelle. C'est le cas d'un béluga qui a été vu aussi loin que dans la baie du Massachusetts cette fin de semaine. Deux jeunes bélugas solitaires ont aussi attiré l’attention à Terre-Neuve au cours des derniers jours. L’un deux est un jeune mâle présent à Codroy Harbour, sur la côte sud-ouest de Terre-Neuve, depuis le 16 avril dernier. On craint que cette baleine, surnommée Echo, se prenne dans les filets de la pêche à la lompe qui commencera le 13 mai à cet endroit. L’autre individu, un juvénile également, voyage de port en port sur la côte est de Terre-Neuve dans la baie de Bonavista, et ce depuis le 2 mai. Les deux animaux sont exceptionnellement sociables; ils s’approchent des quais et recherchent même des contacts physiques avec les humains.

On ne peut déterminer avec certitude de quelle population ces individus proviennent. La population du Saint-Laurent est la plus près d’un point de vue géographique, mais ils pourraient aussi venir d’une population du nord. Pour le savoir, il faudrait prélever des biopsies (échantillons de peau et de gras) sur les animaux et effectuer des analyses. En effet, les profils de contaminants retrouvés dans le gras des bélugas du Saint-Laurent sont différents de ceux des bélugas du nord. On peut aussi analyser l’ADN des cellules de la peau et détecter les différences génétiques entre les populations. Quoi qu'il en soit, ces bélugas loin de chez eux suscitent beaucoup de questionnement.

Pour en savoir plus

Sur Baleines en direct : Trois bélugas loin de chez eux (12 juillet 2001)

Tour d’horizon

Dans le secteur Tadoussac-Les Escoumins, le dimanche 5 mai, on signalait des bélugas, quatre rorquals communs vis-à-vis Pointe à la Carriole et un petit rorqual près du haut-fond Prince. Il y avait aussi de nombreux hareldes kakawi. Le mardi 7 mai, des croisiéristes ayant repris leurs activités ont vu un rorqual commun près de l’Île Rouge en matinée et un autre en après-midi à la Pointe à la Carriole. Leurs passagers ont également pu apercevoir quelques petits rorquals. À la Pointe-à-Boisvert, près de Longue-Rive, des observateurs ont aperçu des petits groupes de bélugas, trois ou quatre grands rorquals et quelques petits rorquals en alimentation.

Nos correspondants de la région de Sept-Îles ont effectué une sortie en mer le dimanche 5 mai. Ils ont rencontré quatre rorquals communs, quatre petits rorquals, deux marsouins communs, un rorqual bleu, et des milliers d’oiseaux marins. Les rorquals communs s’alimentaient en surface. Des mouettes tridactyles et des fous de Bassan en profitaient pour se remplir la panse eux aussi. Tout un spectacle!

Il y avait deux ou trois rorquals bleus et deux rorquals à bosse dans le secteur de Gaspé. Des observateurs de Franquelin sur la Côte Nord ont aperçu deux ou trois petits rorquals et un rorqual commun à la Pointe Mistassini. On rapportait cette semaine encore un petit rorqual qui sautait complètement hors de l’eau. Cela se passait au large des Escoumins dans le secteur de la falaise sud, en plein dans des bancs de capelans.

On observe ces jours-ci de jeunes goélands arctiques. Leur plumage est très pâle, presque blanc, et leur bec est noir. Une fois adultes, ils ressemblent beaucoup aux goélands argentés. Les goélands arctiques hivernent dans nos régions mais nichent, comme leur nom le dit, dans l’Arctique.

Haut de la page


16 mai 2002, vol. 6 no 19

Il neige sur nos baleines

Eh oui! Il a neigé sur certaines régions du Québec le mardi 14 mai. Quelques baleines se sont fait chatouiller l’évent par les flocons. On signalait un rorqual bleu à Percé, ainsi que deux rorquals bleus et un rorqual à bosse à Gaspé. Des observateurs ont rapporté un rorqual bleu également en face de cap à la Baleine près de Sainte-Félicité le lundi 13 mai. Un cap qui semble bien porter son nom! Des petits rorquals ont été observés à Gallix, à Pointe-des-Monts et aux Escoumins. Une observatrice de Port-au-Persil dans Charlevoix a vu deux petits rorquals et quelques bélugas en soirée le lundi 13 mai. Dans le secteur de Tadoussac, les bateaux de croisière ont rencontré trois ou quatre rorquals communs, dont un animal serait le bien connu Capitaine Crochet. Cet individu est reconnaissable à sa nageoire dorsale en forme… de crochet. Deux rorquals communs ont aussi été observés dans le secteur des Escoumins. Et maintenant, place au printemps!

Le " baby-boom " des phoques communs

C'est en cette saison que mettent bas les phoques communs. Dans la colonie du parc Forillon, entre autres, on rapporte plusieurs nouveau-nés. Ils sont présents sur les rochers auprès de leurs mères. Nos observateurs les ont contemplés de loin pour éviter le dérangement, surtout en cette période cruciale pré-sevrage. Chez cette espèce, la période d'allaitement dure entre 19 et 30 jours. Les naissances se poursuivront jusqu’au début de juillet. Contrairement aux autres phoques du Saint-Laurent, le jeune va à l’eau à peine quelques heures après sa naissance.

Le phoque commun est le plus petit phoque du Saint-Laurent. Il est le seul à y résider à l'année. Il est à noter que les phoques échoués sur le rivage, seuls ou en groupe, ne sont pas le moins du monde en difficulté; une partir de leur vie se passe sur la terre ferme. Il existe plusieurs sites d’échouerie de phoques communs dans le Saint-Laurent. La taille de la population est difficile à évaluer, mais son statut est précaire. Comme les bélugas, ils sont très contaminés par les produits toxiques (BPC, organochlorés).

Haut de la page


23 mai 2002, vol. 6 no 20

Les pingouins du Saint-Laurent

Nous avons dans le Saint-Laurent des oiseaux appelés petits pingouins. Mais attention, il ne faut pas les confondre avec les manchots de l’hémisphère sud (penguins en anglais), qui ne volent pas. Les petits pingouins font partie du groupe des Alcidés, qui comprend aussi le bien connu macareux moine. Les Alcidés sont présents dans l’hémishère nord et sont capables de voler. Les petits pingouins ont hiverné en haute mer mais nichent dans le Saint-Laurent. Ils sont reconnaissables à leur fort bec, à leur battement d’ailes rapide et à leur plumage tout noir sur le dos et tout blanc sur le ventre. Cette coloration existe chez beaucoup d’espèces d’oiseaux marins. On croit qu’il s’agirait d’un avantage évolutif pour échapper aux prédateurs. Vu du ciel, l’oiseau se confond avec la couleur sombre de la mer. Vu du fond de l’eau, le dessous clair de son corps passe inaperçu dans la lumière du soleil. Des guillemots à miroir (d’autres représentants du groupe des Alcidés) ont aussi été observés cette semaine.

Un phoque commun à Sorel!

Il arrive que des phoques remontent le Saint-Laurent bien en amont de leur aire de distribution habituelle. Un phoque commun a été vu à Sorel le jeudi 16 mai dernier, plus précisément dans le bassin Lanctôt. On rapporte à chaque année quatre à cinq phoques qui se baladent dans les îles de Sorel et dans les îles de Contrecoeur. Individus malades ou désorientés? Jeunes en exploration? Difficile à dire. Des carcasses de phoques morts sont parfois découvertes dans ces îles. D’autres phoques retrouvent possiblement la route vers leurs quartiers habituels.

Rorquals communs : une paire mère-veau 

Une paire mère-veau (hé oui, le petit d’une baleine est appelé veau) fréquente la région des Escoumins ces jours-ci. Ces deux rorquals communs sont toujours vus ensemble et un des deux individus est beaucoup plus petit que l’autre. L’an passé, une paire mère-veau avait été confirmée : il s’agissait de Capitaine Crochet et son petit. En 1999 et 2000, trois autres mères, Triangle, Caïman et Perroquet, étaient revenues dans l’estuaire avec leurs rejetons. Ce genre d’observation requiert beaucoup de perspicacité de la part de nos observateurs chevronnés. En effet, chez les grands rorquals, le mâle est généralement plus petit que la femelle, ce qui peut parfois porter à confusion. Il est toujours heureux de voir des baleineaux, un bon signe pour la santé de la population.

Une baleine échouée à Caplan

Une baleine s’est échouée à Caplan en Gaspésie le dimanche 19 mai dernier. L’espèce n’a pas été identifiée de façon certaine; ce serait soit un rorqual bleu, soit un rorqual commun. La carcasse était difficilement accessible et à moitié immergée dans l’eau à certains moments. Elle a été remorquée et sera déposée au dépotoir de New Richmond. Si cela est jugé approprié, des échantillons seront prélevés dans le but d’obtenir plus d’informations. Des photos pourront aussi faciliter l’identification. Quoiqu’il en soit, plusieurs curieux ont pu observer cette baleine et en apprécier les dimensions. Sans aucun doute une expérience marquante!

Haut de la page


30 mai 2002, vol. 6 no 21

Échouages de baleines … la suite

Voici des nouvelles de la baleine échouée à Caplan la semaine passée. Elle a finalement été identifiée comme étant un rorqual bleu, plus précisément un petit (si on peut se permettre l’expression!) mâle de 17,2 mètres. La carcasse était en assez bonne condition. Un collaborateur de l’Institut Maurice-Lamontagne (Pêches et Océans Canada) a échantillonné un morceau de peau, de gras et de muscle, ainsi que quelques fanons. Une autre baleine échouée a été découverte le vendredi 24 mai à Newport. Il s’agit d’un rorqual commun mâle de 15,5 mètres. La carcasse était en moins bonne condition cette fois, mais on prélèvera quand même des échantillons. Elle sera par la suite enfouie à Grande-Rivière. Avis aux Gaspésiens du coin qui voudraient voir une baleine de près : voilà l’occasion!

Bélugas en fugue … la suite

Dans le bulletin du 9 mai dernier, il était question des bélugas en fugue, ces animaux observés bien loin de leur aire de distribution habituelle. Voici narré cette semaine l’époustouflant destin de ces bélugas clandestins.

Tout d’abord, nous vous avions fait part de la difficulté de savoir de quelle population ces bélugas égarés font partie, celle du Saint-Laurent ou celle du Nord. Voilà tout un scoop : le béluga qui a été vu dans la baie du Massachusetts a été identifié comme étant un béluga du Saint-Laurent. En effet, des photographies prises au Massachusetts ont été envoyées à l’équipe du GREMM de Tadoussac pour fins d’identification. Les chercheurs du GREMM ont reconnu cet individu, caractérisé par des marques particulières. Ils l’avaient photographié et biopsié près de l’île-aux-Lièvres le 2 juillet 1996. Ce fut la seule rencontre avec ce béluga qui se révéla être une femelle (résultat de la biopsie). Les chercheurs avaient d’ailleurs remarqué à ce moment le comportement inhabituel de cet animal. Il était très peu farouche et suivait le bateau.

Deuxième scoop : le béluga solitaire de Codroy Harbour à Terre-Neuve a aussi été reconnu. Il s’agit de Casper, qui a fait la manchette l’été dernier avec ses deux compères. Ces trois bélugas avaient séjourné en amont de la rivière Saint-Paul en Basse-Côte-Nord. Deux d’entre eux avaient été retrouvés morts. Quant à Casper, il avait été capturé et libéré au large; le niveau d’eau de la rivière était trop bas pour qu’il la quitte par ses propres moyens.

Troisième cas. Un des bélugas de Bonavista Bay est un individu connu surnommé Lenni. C’est la troisième année qu’il est vu dans les ports terre-neuviens. L’an dernier, il était présent à St. Anthony au nord de Terre-Neuve, où l’on avait pu lui faire une biopsie.

Finalement, voici le destin tragique d’un autre béluga de Bonavista Bay, surnommé Charlie Bubbles. Charlie est mort après avoir été sérieusement heurté par un bateau. Cela illustre le problème de ces bélugas fantasques qui socialisent avec les humains. Ils perdent leur instinct d’animaux sauvages et ne se méfient plus. Ils peuvent alors se retrouver dans des situations dangereuses pour eux, comme les collisions avec les bateaux. C’est pourquoi il est important de ne pas chercher à apprivoiser ces animaux, à les nourrir ou à avoir des contacts avec eux.

Voilà pour les informations percutantes. Ces bélugas auront fait couler beaucoup d’encre.

Haut de la page


6 juin 2002, vol. 6 no 22

Compagnons marsouins

Lors d'une sortie en mer au large de Rimouski, un de nos observateurs a eu le plaisir d'être accompagné d'un groupe de marsouins communs pendant près d’une demi-heure. Ils étaient cinq ou sept individus et semblaient s'amuser autour du bateau, s’en approchant régulièrement à moins de trois mètres. Qu’est-ce qui attirait ces marsouins? Le mouvement du bateau créait-il un jeu de courants facilitant leur nage? Croyaient-ils avoir affaire à un bateau de pêche qui pourrait leur donner accès à des proies faciles? Étaient-ils simplement curieux d’en apprendre plus sur cet " intrus "? Impossible de conclure avec certitude. Ce type de comportement est répandu chez plusieurs espèces de cétacés, et demeure un mystère.

Rencontre d'un autre type

Un capitaine et une naturaliste d’expérience ont fait une rencontre mémorable avec un petit rorqual cette semaine alors qu’ils accompagnaient huit observateurs pour une croisière. La naturaliste nous a raconté : " Il a plongé en direction de notre bateau. Silence. Où allait-il donc revenir prendre son souffle? Près du bateau? C’est ce dont rêve tous les observateurs de baleines, mais le comportement de ces animaux est si imprévisible. Et puis nous l’avons vu. Tout juste sur le coin bâbord arrière. Stationnaire, le corps à la verticale, son rostre a transpercé la surface de l’eau et il nous a regardé. [Ce comportement est appelé spy-hopping en anglais et il fait référence à l'action d'espionner ou d'observer à la surface.] Puis il est retourné sous l’eau. Nous étions tous estomaqués. Incroyable! Par la suite, il a nagé sous notre bateau. Par transparence, nous pouvions déceler son dos noir et ses nageoires pectorales avec leur tache blanche. Nous l’avons vu nager sur le dos et nous avons pu voir parfaitement son ventre blanc et le dessous de sa queue. Ne pas avoir pas été si énervée, j’aurais même pu vous dire si c’était une femelle ou un mâle! Il a continué son manège encore quelques minutes, puis il est retourné à ses occupations habituelles… Une rencontre unique et privilégiée pour dix observateurs seuls sur le Saint-Laurent."

Sauts de rorquals à bosse

Le lundi 27 mai dernier, trois rorquals à bosse étaient présents dans la baie de Gaspé. L'un deux, qualifié de gigantesque par notre observatrice, effectuait des sauts hors de l'eau. Un des deux autres individus l'accompagnait dans ce spectacle. Le rorqual à bosse, de par ses comportements exubérants, reste une vedette incontestée du monde des baleines.

Pour en savoir plus

Hal Whitehead: Qu'est-ce qui fait sauter les baleines?

Un eider à tête grise, des crèches de rejetons et des milliers de sternes

Un eider à tête grise a été vu aux Bergeronnes. Cette espèce d'eider fréquente la Basse-Côte-Nord mais très rarement l'estuaire. L'oiseau en question est un mâle en plumage nuptial, donc superbement coloré. Il serait accompagné d'une femelle de son espèce. D'après les résidants de l'endroit, cet individu aurait passé tout l'été dans la région l'année dernière. Il s'agit d'un fait intrigant car les eiders à tête grise nichent habituellement très au nord du Québec. Les eiders à duvet, qui eux sont présents en grand nombre dans le Saint-Laurent en période de nidification, ont commencé à promener leurs crèches de rejetons. Les crèches sont des regroupements des petits de plusieurs femelles qui prennent soin de leurs jeunes ensemble. On signalait aussi des milliers de sternes pierregarins dans l'estuaire ces derniers jours, de même que des huarts à collier, des huarts à gorge rousse, quelques phalaropes de Wilson et même un fulmar boréal.

Haut de la page


13 juin 2002, vol. 6 no 23

Les rorquals se régalent

On a rapporté de nombreux rorquals communs et petits rorquals en alimentation de surface ces jours-ci, et ce pour le plus grand plaisir de nos observateurs. Gueules ouvertes, nageoires pectorales, demi-queues hors de l'eau, poches ventrales, roulades et éclaboussures étaient au rendez-vous à Port-au-Persil, Pointe Mistassini, Pointe-des-Monts, Gallix, Sept-Îles, Mingan et Mont-Saint-Pierre en Gaspésie. Près des Bergeronnes, le mardi 11 juin, des croisiéristes qui observaient deux rorquals communs s'alimenter en surface ont pu expérimenter à plein cet épisode de grande bouffe. Le krill frétillait en surface. C’est alors qu’un des rorquals communs a surgi en position ventrale, plutôt que sur son flanc comme c'est souvent le cas pour cette espèce lorsqu’elle s’alimente près de la surface. Sa gueule béante ne se trouvait donc pas sur le côté mais bien droite, telle une grosse piscine devant les passagers ébahis. Ils ont eu la chance de très bien voir les fanons de ce glouton. Un des rorquals communs montrait aussi la queue, ce qui est inhabituel pour cette espèce. Autre comportement remarquable, des petits rorquals ont sauté complètement hors de l'eau la semaine dernière à Percé et cette semaine à Pointe Mistassini.

Prêt à nager de sa propre caudale?

Un jeune rorqual commun a été vu seul lundi dernier dans le secteur Tadoussac-Les Escoumins. Les veaux sont généralement observés tout près de leurs mères. Celui-là se baladait à bonne distance du groupe de rorquals communs le plus proche. On sait qu'une paire mère-veau de rorquals communs est présente dans cette région depuis un moment déjà. Était-ce le même petit ou un autre individu? Serait-il déjà prêt à être sevré ou n'était-ce qu'une brève escapade pendant que la mère s’alimentait? Comme on sait que les rorquals communs mettent bas entre novembre et janvier et que l'allaitement dure six à sept mois, il est possible que ce jeune soit prêt à nager de sa propre caudale!

Encore une baleine échouée

Un petit rorqual s'était pris dans les cordages de cages à homards samedi dernier le 8 juin à Grande-Rivière. Un agent de Pêches et Océans Canada a pu le libérer. L’animal s'est éloigné mais semblait faible. Il s'est finalement échoué, mort, le lundi 10 juin sur la plage de Sainte-Thérèse-de-Gaspé. On l'a reconnu puisqu'il portait les marques des cordages. Il s'agissait d'une femelle de 7,5 mètres. Neptune ait son âme.

Haut de la page


20 juin 2002, vol. 6 no 24

Le mystère du cachalot

Un cachalot rôdait au large des Bergeronnes le mardi 18 juin. Une naturaliste a pu l’observer à partir des rochers de Cap-de-Bon-Désir. Des capitaines l’ont aussi aperçu durant la journée. Il a été revu le mercredi 19 juin, encore une fois près du Cap-de-Bon-Désir, puis à l’anse à la Cave, et au quai des Escoumins en fin d’après-midi. L’équipe de recherche du GREMM (Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins) s’est rendue sur les lieux. Des photographies ont été prises et ont permis de confirmer qu’il s’agit de Tryphon. Ce cachalot est revu régulièrement dans l’estuaire depuis 1991. Il était encore au large des Escoumins et de Cap-de-Bon-Désir le jeudi 20 juin en avant-midi.

Le cachalot est reconnaissable à son souffle oblique, à son allure de billot flottant et à son habitude de montrer la queue en plongeant. Trois ou quatre fois par été, nous avons la chance de recevoir des cachalots en visite. Ils ne restent jamais avec nous très longtemps, quelques jours au plus. Ces cétacés fréquentent habituellement les grandes profondeurs océaniques. Pourquoi font-ils ces incursions éclair dans l’estuaire du Saint-Laurent ? Et toujours dans le même secteur en plus? Cela reste un mystère.

Premiers dauphins

Quatre dauphins à flancs blancs ont été vus autour de l’île Bonaventure le 12 juin dernier. Ce sont les premières observations de l’année pour cette espèce. Le dauphin à flancs blancs fréquente le golfe du Saint-Laurent en été. Il est souvent observé en groupes de plusieurs centaines d’individus. Espérons que les copains de ces quatre éclaireurs s’en viennent.

Les phoques de Mingan

On rapportait ces derniers jours quelque 200 phoques du Groenland dans l’archipel de Mingan, en groupes de 20 à 25 individus. Ils étaient parfois entourés d’un superbe ballet de mouettes et de goélands. Ces oiseaux profitaient peut-être de la même source de nourriture que celle qui incite ces phoques à s’attarder dans le Saint-Laurent malgré l’arrivée de la belle saison. Cette espèce visite le Saint-Laurent en hiver, mais quitte nos eaux pour celles du Groenland l’été venu. Cependant, depuis quelques années, le phoque du Groenland est de plus en plus observé même en été. Une centaine de phoques gris étaient aussi présents dans l’archipel. Eux résident tout l’été dans le Saint-Laurent. À Gallix près de Sept-Iles, on a aussi observé quelques individus d’une autre espèce : le phoque à capuchon. Visiteur hivernal dans le golfe du Saint-Laurent, il arrive que des jeunes errent et s’attardent en cette saison.

Bébé-lugas

C’est de juin à septembre que naissent les bélugas. On les reconnaît à leur taille et à leur coloration. En effet, à la naissance, le petit est brun pâle ou gris. D’un an à deux ans, il est d’un bleu gris foncé, et on l’appelle le bleuvet. Par la suite il arbore la coloration grise des juvéniles. Il blanchit à l’âge adulte, entre cinq et sept ans. Les sites d’observation terrestre en amont de Tadoussac, comme Pointe-Noire, ou dans le Saguenay, comme Baie-Sainte-Marguerite, sont fréquentées entre autres par des femelles accompagnées de jeunes, et on peut donc espérer voir des nouveaux-nés. En mer, il est aussi possible d’en voir, mais rappelons qu’il faut maintenir une distance de 400 m avec les bélugas, ceci pour éviter le dérangement, un facteur de risque pour cette population en danger de disparition.

Haut de la page


27 juin 2002, vol. 6 no 25

Le grand restaurant

On rapporte des épisodes d’alimentation de surface spectaculaires ces derniers jours dans l’estuaire. Gueules ouvertes, sillons ventraux, pectorales et demi-queues de rorquals communs défilaient gracieusement. Les croisiéristes ont même pu apercevoir les fanons de ces géants. Un rorqual bleu a aussi été vu en alimentation de surface, de même qu’un rorqual à bosse. Le krill se bousculait à la surface, ainsi que le capelan. Les bancs de krill et de poissons sont-ils plus importants cette année, ou encore distribués différemment? Quoiqu’il en soit les spectacles occasionnés par cette abondance sont impressionnants.

La vie sexuelle et secrète des bélugas : un coin du voile a été levé

Une observation extraordinaire a été faite le mercredi 26 juin en avant-midi, près de l’embouchure du Saguenay : des comportements sexuels de bélugas! Pendant environ une demi-heure, entre quatre et huit bélugas se sont livrés à des contacts physiques intenses. On voyait apparaître à la surface, parmi les éclaboussures, des têtes de bélugas, des queues, des nageoires pectorales, des pénis roses,… Ces jeux sexuels auraient même donné lieu à un accouplement, alors que les corps de cétacés blancs roulaient les uns sur les autres. Jusqu’à maintenant, seules de rares observations du comportement sexuel des bélugas avait été rapportées. Par exemple, en septembre 1989, une équipe de chercheurs avait documenté un événement semblable à l’aide de photographies. Cette fois-ci, la scène a été filmée et permettra de lever quelque peu le voile sur la vie sexuelle et secrète des bélugas… tout en soulevant des questions : les accouplements ont-ils souvent lieu en surface ou plutôt en profondeur? a-t-on assisté à la règle ou à l’exception?

Les bélugas vivent à l’année longue dans le Saint-Laurent. Alimentation, interaction sociale, naissance, accouplement, tout de leur vie s’y déroule. Rappelons-nous que nous sommes peut-être des intrus dans leur milieu de vie. D’ailleurs, pour limiter le dérangement, tout bateau doit maintenir une distance d’au moins 400 m avec les bélugas.

Les marsouins qu’on aime voir

Les marsouins communs sont les plus petits cétacés du Saint-Laurent, et aussi les plus discrets. Ils passent souvent inaperçus mais sont de fidèles visiteurs, de juin à septembre. En groupes de quelques individus, ils sont reconnaissables par leur nageoire dorsale triangulaire qui passe rapidement et furtivement à la surface de l’eau. On observe occasionnellement un petit aux côtés de sa mère. Les observateurs du golfe ont rencontré de nombreux marsouins cette semaine.

Haut de la page


4 juillet 2002, vol. 6 no 26

Merveilleux petits rorquals

Les petits rorquals sont les plus fidèles visiteurs du Saint-Laurent. Ils sont présents partout, tout près des côtes, et réservent bien des surprises aux observateurs. Les comportements d’alimentation de surface sont particulièrement acrobatiques. On rapporte aussi régulièrement des sauts hors de l’eau en différents endroits de l’estuaire et du golfe. Le groupe de recherche ORES, basé aux Bergeronnes, étudie les petits rorquals de l’estuaire du Saint-Laurent. Depuis le début de leurs recherches en 1978, ils ont photo-identifié 258 individus dans ce secteur. Cette année, ORES note entre autres le retour de Broken Fin, Loca, El Internationl, Sansfin, Drapeau et Honeycomb.

Un requin incognito

On signalait un béluga échoué aux Bergeronnes le matin du mercredi 3 juillet. Après un examen plus détaillé, la carcasse se révéla être celle d’un requin! L’état de décomposition avancée du spécimen rendait très difficile l’identification, d’où cette méprise. Ce requin incognito serait un requin du Groenland, aussi appelé laimargue du Groenland. On connaît l’existence de cette espèce dans le Saint-Laurent et le Saguenay, mais les observations sont très rares. La carcasse retrouvée mesurait 1,8 mètres; ce carnivore peut toutefois atteindre les sept mètres. Pas de panique, cependant, ce requin des profondeurs est inoffensif pour l’homme.

Pour en savoir plus

Les Nouvelles du large (les archives) : Bulletin du 14 février 2002, Skalugsuak II

Des prouesses dont on ne se lasse pas

Un observateur de la baie de Gaspé a été témoin d’une des plus plus impressionnantes prouesses que nous offrent les baleines. En effet, le 27 juin dernier, deux rorquals à bosse sautaient complètement hors de l’eau. Cela se passait près du quai, face à l’anse Saint-Georges, dans le parc Forillon. Ils ont effectué une quinzaine de sauts. À deux reprises ils ont même sauté en même temps. Le 28 juin, un rorqual à bosse a refait dans le même style, seul cette fois.

Pour en savoir plus

Hal Whitehead : Qu’est-ce qui fait sauter les baleines?

Haut de la page


11 juillet 2002, vol. 6 no 27

Baleines de fumée

Le Saint-Laurent a été enfumé cette semaine par les feux de forêt qui sévissent dans le nord du Québec. La visibilité sur l’eau s’en est trouvée réduite et on sentait l’odeur du feu. La pluie et la brume se sont mises de la partie en Gaspésie, à Mingan, à Sept-Îles et ailleurs, réduisant encore la visibilité. Dans d’autres régions, le ciel voilé laissait transparaître un soleil diffus et rougeâtre. Malgré ces conditions difficiles, nos collaborateurs rapportent de belles observations de baleines encore cette semaine.

Un requin timide

On a signalé un requin pèlerin près de l’île Bonaventure en fin de semaine. Un autre (ou peut-être le même) a été vu au cap Gaspé lundi. On rencontre régulièrement cette espèce dans le Saint-Laurent. C’est le deuxième plus grand poisson après le requin baleine; il peut atteindre 15 mètres de long et peser jusqu’à 5 tonnes. Cependant, ceux qu’on retrouve dans le Saint-Laurent mesurent plutôt entre 8 et 10 mètres de long. Il est inoffensif puisqu’il se nourrit de plancton. Les observateurs l’ont aperçu flottant à la surface. Lorsque leur bateau s’est approché, le requin s’est révélé de nature timide et a plongé vers les profondeurs.

Pourquoi ce tapage?

À Gaspé, un rorqual à bosse frappait l’eau de sa queue, une manœuvre qu’il a répété environ 25 fois. On ne connaît pas vraiment la raison de ce comportement. Est-ce pour signaler sa présence? Pour démontrer de l’agressivité? Est-ce une tactique de chasse pour rassembler des proies? On se perd en hypothèses… et en éclaboussures.

Comme de vieux compagnons

On peut reconnaître les baleines par des traits distincts comme la pigmentation, la forme de la nageoire dorsale et les cicatrices. Certaines sont bien connues et reviennent chaque année. Par exemple, dans l’estuaire, le rorqual commun Capitaine Crochet et le rorqual à bosse TicTacToe sont comme de vieux compagnons. Ils étaient dans la région de Tadoussac cette semaine, fidèles au poste. TicTacToe se distingue par le X sur la face ventrale de sa queue. Capitaine Crochet est reconnaissable à sa nageoire dorsale en forme de crochet. Documentées à l’aide de photos et de données minutieuses, ces identifications permettent aux chercheurs de mieux comprendre les baleines qui fréquentent nos eaux. D’ailleurs, le GREMM a publié l’été dernier le catalogue des rorquals communs de l’estuaire du Saint-Laurent. On y apprend entre autres que plus du quart des individus identifiés dans l’estuaire sont des résidants saisonniers, comme Capitaine Crochet, alors que les autres sont des visiteurs plus ou moins réguliers.

Haut de la page


18 juillet 2002, vol. 6 no 28

Chercheurs dans le golfe

Être chercheurs de baleines dans le golfe du Saint-Laurent n’est pas chose facile. Ces derniers temps, le vent et la brume ont empêché les chercheurs du MICS (Station de recherche des îles de Mingan) de partir retrouver les baleines aussi souvent qu’ils l’auraient voulu. Ils ont tout de même observé de nombreux phoques gris, marsouins et petits rorquals dans l’archipel. Une partie de l’équipe est aussi allée explorer la région gaspésienne. Ils ont pu identifier là-bas plusieurs rorquals bleus, rorquals communs et rorquals à bosse. Pour cette dernière espèce, par exemple, ils ont rencontré Splish, Tracks, Whip et Tingley, des " vieux de la vieille " qu’ils connaissent très bien. Le travail de photo-identification des animaux constitue la base de la recherche sur les baleines. On peut par la suite étudier les troupeaux, les habitudes de fréquentation, les comportements individuels, …

Baleines noires et pétrels

On a observé trois baleines noires à Percé en fin de semaine. La baleine noire, aussi appelée baleine franche, est une espèce en voie de disparition, avec moins de 350 représentants dans l’Atlantique Nord. Depuis quelques années, des baleines noires sont régulièrement observées dans les environs de Percé. Cette première observation de l’année concerne une femelle et deux jeunes. Reconnaissables à leurs marques particulières, ces individus pourront être identifiés à l’aide du catalogue des baleines noires de l’Atlantique Nord, qui recense les représentants de cette population en péril. Toujours dans le secteur de Percé, on a vu plusieurs centaines de pétrels océanites (aussi appelés océanites de Wilson). Ces petits oiseaux noirâtres s’alimentent à la surface de la mer en voltigeant. Ils semblent marcher sur l’eau car ils volent sur place en glissant leurs pattes à la surface. Beaucoup ont été vus dans le sillage des baleines noires.

Rorquals à bosse en folie

Les observations de baleines étaient absolument extraordinaires dans l’estuaire cette semaine. Les petits rorquals et les rorquals communs s’alimentaient en surface, de même que les rorquals à bosse en présence. Ces derniers émergeaient de l’eau en " chandelles ", c’est-à-dire à la verticale, refermaient leurs gueules et redescendaient, encore à la verticale. On a aussi rapporté d’autres techniques : un rorqual à bosse qui émergeait de l’eau sur le côté. On a observé des sauts et des coups de queue sur l’eau. Un des rorquals à bosse a remonté le Saguenay, un endroit que cette espèce ne fréquente habituellement pas, sur une courte distance. Que nous vaut la présence exubérante de ces animaux dans la région? On sait qu’il s’agit d’un endroit où la nourriture abonde, mais y aurait-il un changement dans les sources de nourriture cette année? Des missions de recherche menées sur ce sujet par Pêches et Océans Canada dans les dernières semaines aideront peut-être à éclaircir la question. Ah oui! Pour couronner le tout, on a admiré trois rorquals à bosse ensemble, alors qu’ils ont plongé chacun leur tour en montrant la queue à quelques secondes d’intervalle. De toute beauté!

Haut de la page


25 juillet 2002, vol. 6 no 29

Bélugas bohèmes

Deux bélugas ont été vus en dehors de leur aire de distribution estivale : un près du cap Gaspé le 14 juillet, et un autre à Magpie sur la Côte-Nord le 23 juillet. L’été, on retrouve habituellement les bélugas plus en amont, dans l’estuaire du Saint-Laurent. Il arrive toutefois que certains individus soient un peu plus bohèmes.

Canaris des mers

Les bélugas du Saint-Laurent occupent aussi une portion du Saguenay pendant l’été. Ils remontent au moins jusqu’à la baie Sainte-Marguerite, où l’on observe souvent des groupes en activité de surface. Ces groupes sont parfois très bruyants : ce n’est pas pour rien qu’on surnomme les bélugas " canaris des mers ". Cette semaine, les observateurs de la baie Sainte-Marguerite les ont entendus émettre des sons variés, rappelant des trompettes et des miaulements.

Sorties nocturnes

Une observatrice nous racontait ses sorties nocturnes à la rencontre des baleines. Sous la pleine lune, un rorqual commun glissait sur l’eau, engouffrant ses proies. Une autre fois, c’est un rorqual à bosse qui se nourrissait dans le chemin illuminé de la lune. Alors, que font les baleines la nuit ? Parfois elles s’alimentent à la surface du krill qui, toutes les nuits, remonte des profondeurs...

Marsouins tapageurs

Un de nos observateurs nous rapportait un petit groupe de marsouins tapageurs. Un des animaux a semblé donner un coup de queue à l’un de ses congénères et ce dernier est sorti complètement hors de l’eau, sur le côté. Un jeu ? Difficile de savoir ce qu’il en était vraiment. On ne peut qu’interpréter de notre point de vue d’humain.

Cachalot à Pointe-des-Monts

Un cachalot a été observé à Pointe-des-Monts la fin de semaine dernière. Les observateurs ont noté un souffle oblique, une masse qui semblait flotter à la surface entre les respirations, très nombreuses, et une queue qui sortait de l’eau quand l’animal partait finalement en plongée. Les plongées des cachalots sont habituellement très longues : il est normal de les perdre de vue pour plus d’une demi-heure. Chaque été, les cachalots fréquentent l’estuaire de façon sporadique. On nous rapporte le plus souvent leur présence entre Les Bergeronnes et Les Escoumins, mais Pointe-des-Monts semble également un bon site pour les repérer quand ils s’aventurent dans l’estuaire. Lundi, un cachalot (le même ou un autre ?) a encore été vu dans ce secteur.

Haut de la page


1er août 2002, vol. 6 no 30

Dauphins !

Environ 150 dauphins à flancs blancs nous ont été signalés dans le secteur de Gaspé. Le dauphin à flancs blancs est une des deux espèces de dauphins qui visitent les eaux du Saint-Laurent. L’autre, plus rare, est le dauphin à nez blanc. Et figurez-vous que deux individus de cette espèce ont aussi été aperçus par un bateau d’excursion près de Percé. Il s’agit de la troisième observation en 10 ans pour nos observateurs. Un troisième dauphin à nez blanc a été repéré dans le secteur de Mingan par l’équipe de chercheurs du MICS.

Baleines noires en rappel

Pas moins de sept baleines noires, aussi appelées baleines franches, ont été observées dimanche dernier près de Percé. Certaines d’entre elles ont été revues au cours de la semaine, dont une femelle avec son jeune. Une baleine noire a aussi été vue à Mingan le mardi 30 juillet. Les observations de baleines noires sont des observations exceptionnelles. Il est toujours très encourageant de recevoir la visite de cette espèce en voie de disparition.

Pour en savoir plus

Les nouvelles du large, édition du 18 juillet

Pèlerinage

Un requin pèlerin a été vu à Gallix près de Sept-Îles. Notre observateur estime que l’impressionnant spécimen mesurait entre 9 et 10 mètres, c’est-à-dire deux fois la longueur de son bateau! Il a observé ce filtreur de plancton pendant deux bonnes heures alors qu’il se nourrissait près de la surface. Il l’a revu le lendemain dans la même zone; il avait repéré un rorqual à bosse quand le requin pèlerin a tout à coup fait surface derrière son embarcation. Un autre requin pèlerin aurait été vu au large de Port-Cartier. On signalait également trois de ces requins en Gaspésie cette semaine.

Pour en savoir plus

Les nouvelles du large, édition du 11 juillet

Un cachalot au pays de la Sagouine

Un cachalot s’est échoué vivant le lundi 22 juillet dans la baie de Bouctouche, tout près du Pays de la Sagouine, au Nouveau-Brunswick. Le spécimen de 10 mètres de longueur se trouvait dans environ un mètre d’eau. Des agents des pêches ont tenté de le repousser vers des eaux plus profondes, mais sans succès. Le cachalot est finalement mort vers 17h30. La carcasse s’est rapidement putréfiée, sans que les chercheurs puissent en faire l’analyse. En décembre dernier, c’est à l’Île-du-Prince-Édouard qu’un cachalot s’était échoué vivant, et avait succombé quelques jours plus tard. Dans les deux cas, on ignore les causes de l’échouage et de la mort des animaux.

Pour en savoir plus

Les nouvelles du large, édition du 13 décembre 2001

Baleines charlevoisiennes

Les bélugas et les petits rorquals sont des habitués de Charlevoix. Nos fidèles observateurs nous rapportaient justement des bélugas avec leurs jeunes et un petit rorqual effectuant des sauts hors de l’eau. Cette semaine, on a observé en plus six rorquals communs entre Baie-des-Rochers et le cap de la Tête au Chien. Cette espèce s’aventure rarement aussi loin en amont. Est-ce que la nourriture y était plus alléchante cette semaine? On a également vu des marsouins communs à Saint-Siméon.

Haut de la page


8 août 2002, vol. 6 no 31

Mingan et Blanc-Sablon

Voici des nouvelles des baleines dans ces régions du golfe. Les chercheurs du MICS ont travaillé beaucoup cette semaine à Mingan. Ils ont rencontré trois rorquals bleus, une quinzaine de rorquals communs et huit rorquals à bosse. Plusieurs de ces individus ont été identifiés. On note aussi la présence de nombreux petits rorquals s'alimentant en surface, de centaines de marsouins et de plus de mille phoques gris. Une baleine franche est toujours présente dans le secteur. De plus, des membres de l'équipe du MICS se sont rendus à Blanc-Sablon pour aller y visiter les rorquals à bosse. Ils en ont dénombré plus de 150 à cet endroit! Ils ont également observé des dauphins à flancs blancs, des dauphins à nez blanc, des petits rorquals et des marsouins. Wow!

Le Souffleur baladeur

Les échanges de photos et d'informations entre les équipes du GREMM et du MICS montrent que le rorqual à bosse surnommé Le Souffleur (Mn1) a fait beaucoup de chemin ces derniers temps. Il a été photographié dans l'estuaire par l'équipe du GREMM à plusieurs reprises en juillet, dont le 22 juillet près de Tadoussac. Le 31 juillet, il était dans le golfe, à Mingan, où l'équipe du MICS a réussi à le photographier et à le biopsier. Toujours à Mingan le 1er août , il était de retour à Tadoussac le 6 août. C'est un aller-retour d'environ 1200 km en moins de quinze jours!

Têtes curieuses

Parmi les baleines, on observe souvent des phoques gris. Habituellement seuls, parfois en petits groupes, ils participent à égayer les croisières. Quand vous apercevez leur tête curieuse hors de l’eau, profitez-en bien : en mer, les phoques gris ne passent que 9 % de leur temps à la surface. Ils plongent ensuite en profondeur, généralement pendant 8 à 15 minutes. Les phoques gris sont en période d'alimentation dans le Saint-Laurent.

Haut de la page


15 août 2002, vol. 6 no 32

Rejetés par la mer

Voici quelques nouvelles des échouages de baleines. Après le rorqual commun de Newport, le rorqual bleu de Caplan et le petit rorqual de Sainte-Thérèse-de-Gaspé au début de la saison, d'autres petits rorquals ont été retrouvés le long du Saint-Laurent : un à Sainte-Anne-de-Portneuf le 10 juin, un à Sept-Îles le 13 juin, un aux îles de la Madeleine vers le 14 juin, un à Chandler le 1er juillet et trois près de Natashquan les 28, 29 et 30 juillet. On signalait aussi un échouage de rorqual commun à Anse Pleureuse en Gaspésie le 8 août. Il est difficile d'évaluer les causes de ces décès. Dans certains cas, on soupçonne une collision avec un navire ou un empêtrement dans des engins de pêche. La mort peut aussi être de cause naturelle.

Le petit de Chameau

Le rorqual bleu le plus célèbre de l’estuaire, Chameau, a été observé le jeudi 8 août dans le secteur du Bic en compagnie d’un baleineau. Chameau est une femelle connue depuis 1991 et reconnaissable à la profonde dépression sur son dos, qui donne l’impression que deux baleines se suivent. Elle n’avait encore jamais été vue avec un jeune. Selon les données du MICS, il s’agirait de la douzième femelle rorqual bleu photographiée avec un baleineau dans le Saint-Laurent. C’est l’équipe de recherche du Mériscope qui a documenté l’événement.

Un oiseau marin tropical en visite dans le Saint-Laurent

Nos observateurs de Pointe-des-Monts nous rapportaient cette semaine un oiseau dont la présence est exceptionnelle. Ils ont vu une frégate superbe, un oiseau marin qui vit généralement dans le golfe du Mexique et dans l'Atlantique tropical. Il s'agit d'un gros oiseau atteignant une envergure de 2,4 mètres et planant avec aisance. Ses ailes angulaires sont très longues et il a une grande queue en ciseau. Son bec est long et crochu. Le mâle est noir avec une poche gulaire rouge vif. La femelle est noire avec la poitrine blanche et la tête sombre. L'individu observé était une femelle.

L'alimentation des grands rorquals

On rapporte régulièrement des grands rorquals en alimentation de surface. Par exemple, cette semaine à Godbout, trois rorquals communs s'alimentaient tout près du quai du traversier, ce qui est particulier pour ce secteur. Lors de ces épisodes de bouffe, les animaux émergent sur le côté, tournent, produisent des remous, laissent paraître à la surface leur nageoire pectorale et une partie de leur queue. Ces scènes d'action peuvent confondre les néophytes. À ce sujet, des gens ont cru voir dernièrement deux épaulards s'attaquer à un rorqual bleu dans l'estuaire, alors que le rorqual était seul et s'alimentait simplement avec beaucoup de vigueur.

Haut de la page


22 août 2002, vol. 6 no 33

Un globicéphale noir s'échoue vivant à Rimouski

Le 16 août, un globicéphale noir s'est échoué vivant à Rimouski. Il s'agissait d'un jeune mâle de 2,8 mètres. Il avait été observé au large et sa nage semblait difficile. On a tenté de le remettre à l'eau par deux fois, mais il revenait s'échouer. Une équipe de l’Institut Maurice-Lamontagne a finalement procédé à l'euthanasie de l'animal. Une nécropsie a été pratiquée, mais n'a pas encore permis de trouver la cause possible de l'échouage. L'analyse microscopique des tissus est toujours en cours. Les globicéphales remontent exceptionnellement dans l’estuaire du Saint-Laurent, et fréquentent habituellement le golfe.

Rejetés par la mer… la suite

Du côté de Mingan, un dauphin à flancs blancs mort dérivait dans l'archipel. Un bateau du parc national de Mingan l'a ramené à Havre-Saint-Pierre. L'équipe du MICS a disséqué la carcasse et des échantillons ont été envoyés à l'IML pour fins d'analyse. Il s'agissait d'une femelle de 2 mètres de long. Un autre dauphin à flancs blancs s'est échoué à l'île d'Anticosti. On signalait aussi un échouage de marsouin commun à Sainte-Anne-des-Monts le 13 août, et un petit rorqual à Pointe-aux-Outardes sur la Côte-Nord le 17 août.

Repos cocasse

Un rorqual à bosse (Le Souffleur) a fait la sieste au large des Bergeronnes. On rapporte avoir vu deux goélands se poser sur son dos; le paresseux n’a pas bronché. Une autre fois, une mouette de Bonaparte se serait aussi installée à son aise, et aurait pris une douche dans le souffle du mastodonte. Les observateurs ont bien ri de la voir se secouer les plumes. On croit que les cétacés se reposent en endormant un seul hémisphère de leur cerveau à la fois. Les oiseaux ne semblent pas avoir eu de problèmes à tromper cette demi-vigilance ! Dans leurs aires d’alimentation, comme le golfe du Saint-Laurent, les rorquals à bosse dorment souvent en faisant du " billotage ". Pendant la saison des amours, sous les tropiques, ce comportement est plus rare. Les rorquals à bosse craignent-ils les coups de soleil ?

Trois mâles et un couffin

Les chercheurs du GREMM ont fait une observation très spéciale le jeudi 8 août dernier. Ils se trouvaient face aux Bergeronnes avec un troupeau de bélugas dispersés. Ils s’intéressaient plus particulièrement à un petit groupe de trois bélugas mâles bien connus : Jasper, Cumulus et B-Sea. Après un moment, quelle ne fut pas leur surprise de découvrir qu’ils étaient accompagnés d’un nouveau-né ! Les plis fœtaux visibles sur l’animal ne trompaient pas; la naissance était très récente. Que faisait-il là ? Le secteur du chenal Laurentien est habituellement fréquenté par les mâles adultes alors que les femelles et les jeunes se retrouvent plus en amont. De plus, chez cette espèce où il y a ségrégation des sexes, les petits sont toujours avec leurs mères. Cette fois, les trois mâles semblaient même rester plus longtemps en surface pour donner une chance au petit. Nul besoin de vous dire que les chercheurs se creusent la tête. Les bélugas n’auront jamais fini de nous en apprendre…

Haut de la page


29 août 2002, vol. 6 no 34

Baleines noires collées collées

À Percé les baleines noires (baleines franches) sont toujours là. On en a dénombré jusqu’à sept cette semaine. Elles font même des démonstrations à couper le souffle (le nôtre, pas celui des baleines). On les voit sur le dos, claquant l’eau de leurs nageoires pectorales. Deux individus se tiennent collés, roulent ensemble, l’un des deux pose sa tête sur le ventre de l’autre… Ces comportements sont liés, vous le devinerez, à la reproduction. Nos observateurs nous ont même avoué qu’ils se sentaient de trop!

De la grande visite

Fait exceptionnel, une baleine noire a remonté le Saint-Laurent jusqu’à Tadoussac le vendredi 16 août dernier. Elle a été observée près de l’embouchure du Saguenay pendant une partie de l’après-midi. On ne l’a pas revue par la suite. Depuis quelques années, des baleines noires sont régulièrement observées dans le golfe du Saint-Laurent, dans les environs de Percé et de Mingan. Cependant, dans l'estuaire du Saint-Laurent, les seules mentions récentes sont des observations faites en 1998. C’est donc de la grande visite!

Les rorquals à bosse de Mingan

Un rorqual à bosse passe sous le bateau… il est visible par transparence à travers l’eau…il prend son élan…et effectue un saut dans les airs à 400 mètres de l’embarcation… Un spectacle dont ont été témoins les membres de l’équipe du MICS (Station de recherche des îles Mingan) qui font des recherches dans les régions de Mingan et Anticosti. En tout, une dizaine de rorquals à bosse ont été vus dans ce secteur. Certains sont des individus bien connus, tels les fidèles Fleuret et Gronier, Fissure et son baleineau, et Stalagmite, qui a offert la scène décrite précédemment. Deux femelles venaient aussi à la rencontre des bateaux, passaient dessous et frappaient la surface de leurs nageoires pectorales. Sont également présents dans cette région quelque 300 phoques gris, plusieurs centaines de marsouins, une soixantaine de petits rorquals, environ dix rorquals communs et deux rorquals bleus. Ainsi que des observateurs comblés.

Haut de la page


5 septembre 2002, vol. 6 no 35

Bélugas : reposez en paix

Depuis le début de la saison, 14 carcasses de bélugas ont été retrouvées, que ce soit échouées sur les rives du Saint-Laurent ou à la dérive. Sept d’entre elles étaient assez fraîches pour qu’on procède à des nécropsies. Elles ont été amenées en camion à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe. Les sept autres carcasses n’étaient pas en assez bon état; on a simplement pris des échantillons. L’état de santé du béluga du Saint-Laurent, population en voie de disparition, est un sujet préoccupant. On retrouve en moyenne 15 carcasses par année. Les nécropsies et les échantillons peuvent aider à déterminer les causes de ces décès.

Pointe-des-Monts : des spectacles " rorqualesques " quotidiens

Pointe-des-Monts est un site de choix pour l’observation des petits rorquals. En effet, nos observateurs de là-bas ont eu droit à des spectacles presque quotidiens cet été. Dos noirs arborant nageoires dorsales, souffles, alimentation de surface, sauts hors de l’eau, et cela parfois tout près de la côte. Le petit rorqual, en dépit de son nom, mesure entre six et dix mètres. Il est présent partout dans le Saint-Laurent. Espèce très côtière, il est fréquemment observé de la terre ferme. Si vous voyagez sur une route longeant le Saint-Laurent, ouvrez l’œil! Vous ferez peut-être connaissance avec ce rorqual vif et dynamique.

Le dauphin : toujours un favori!

Un dauphin qui saute au-dessus des flots… une des scènes les plus réjouissantes que peuvent offrir les cétacés. Un jeune observateur de Sept-Îles a été émerveillé par deux dauphins dans la soirée du 30 août dernier. La mer était calme et il les a aperçus sautant dans la baie de Sept-Îles. Un croisiériste de la région nous a confirmé la présence de trois dauphins à nez blanc dans le secteur. Ce dauphin fréquente à l’occasion le golfe Saint-Laurent. L’autre dauphin qui peut être vu dans nos eaux est le dauphin à flancs blancs. Une centaine de représentants de cette espèce ont été observés au large de Percé le samedi 31 août et au large de Gaspé le dimanche 1er septembre.

Une mauvaise balade en bateau

La carcasse d’un rorqual commun a été retrouvée à l’avant d’un cargo le matin du 3 septembre au large des Escoumins. C’est le capitaine du bateau pilote qui a fait la découverte et qui a manœuvré, avec le cargo, pour décrocher l’animal de l’étrave. La carcasse dérivait par la suite à deux milles au large des Escoumins, puis à six milles en après-midi. Une équipe du GREMM s’est rendue sur place pour prendre des photos et des échantillons. D’autres photos prises par le capitaine d’un bateau d’excursion et une séquence vidéo sous-marine prise par le groupe de recherche ORES permettront peut-être d’identifier l’individu. Est-ce un rorqual commun bien connu faisant partie du catalogue des rorquals communs du GREMM? Ce n’est pas la première fois qu’un événement semblable se produit; un rorqual a déjà été traîné ainsi par un cargo jusqu’à Montréal!

Haut de la page


12 septembre 2002, vol. 6 no 36

Morceaux de casse-tête

Le MICS (Station de recherche des îles Mingan), bien que basé à Mingan, tente de couvrir différentes régions du Saint-Laurent grâce à des équipes " volantes ". Il nous envoie cette semaine des observations de Mingan, d’Anticosti et de Sainte-Anne-de-Portneuf (voir la carte des observations de la semaine à www.baleinesendirect.net). Les chercheurs sont aussi allés faire un tour du côté de la rive Sud, pour couvrir le secteur entre Matane et Les Méchins. Ils ont rencontré sept rorquals bleus connus, mais qui n’avaient pas encore été vus cet été (sauf un qui avait été aperçu en Gaspésie). Ils ont également aperçu un cachalot, mais sans avoir la chance de le photographier. Était-ce le célèbre Tryphon qui a visité dernièrement l’estuaire? Ils ont aussi identifié le rorqual à bosse Tic Tac Toe, un habitué de la région de Tadoussac. Après avoir passé une partie de l’été là-bas, Tic Tac Toe avait été revu près de Sainte-Anne-de-Portneuf, et le voilà encore plus en aval. Une belle récolte d’observations!

Les baleines de la péninsule

Nos observateurs de Gaspé sont comblés cette semaine. Ils ont rencontré jusqu’à neuf rorquals communs, deux rorquals bleus, trois rorquals à bosse, cinq petits rorquals, 100 marsouins communs et 350 dauphins à flancs blancs lors de leurs croisières. Les baleines sont généralement présentes au large du cap Gaspé, mais parfois elles sont dans la baie de Gaspé même et on peut les voir de la terre ferme. Ajoutez à cela les flots bleutés, les légers moutons blancs naissant sous le vent, le soleil de septembre…voilà la péninsule enchanteresse à son meilleur.

Où est le petit de Chameau?

Chameau, cette femelle rorqual bleu bien connue, est présente dans l’estuaire depuis quelques semaines. Elle était accompagnée de son baleineau, observation très rare dans le Saint-Laurent. Toutefois, le petit n’a pas été revu depuis une quinzaine de jours. Cette absence prolongée loin de sa mère est inquiétante. Selon Richard Sears du MICS, la taille particulièrement petite du baleineau suggère que sa naissance serait très récente, probablement en juin. Cette hypothèse est supportée par les observations de capitaines de bateaux qui ont vu Chameau seule en mai. En soit, il s’agit d’un cas hors de l’ordinaire, puisque la mise bas chez le rorqual bleu a généralement lieu entre les mois de décembre et février. Les baleineaux observés dans le Saint-Laurent sont donc habituellement près du sevrage, l’allaitement durant environ sept mois. Dans le cas du petit de Chameau, étant donné son jeune âge, il serait étonnant qu’il soit déjà sevré. Aurait-il succombé?

Les couleurs du souffle

Nos observateurs de Saint-Siméon dans Charlevoix nous racontaient dernièrement une de leurs belles rencontres de l’été. Il y avait trois rorquals communs devant la maison. C’était en fin de journée, juste avant le coucher du soleil, et il y avait de la brume sur le fleuve. Les trois baleines ont surgi à quelques mètres de la galerie. Les couleurs de l’arc-en-ciel sont apparues dans le souffle de l’un d’eux. Poésie…

Un requin qui saute!

Notre observateur de Sept-Îles a assisté, au large de Gallix, à un comportement exceptionnel de la part d’un requin pèlerin : il sautait complètement hors de l’eau. L’animal a répété la performance une dizaine de fois. Ce requin, qui se nourrit de plancton, mesure en général huit à dix mètres au Québec, mais peut atteindre 15 mètres ailleurs dans le monde. Pourquoi sautait-il ainsi ? Les spécialistes sont perplexes. Le seul requin qui saute régulièrement de cette façon est le requin taupe, et il semble que ce soit pour se débarrasser de parasites. Il arrive aussi que les requins blancs qui fréquentent les eaux de l’Afrique du Sud sautent pour assommer leurs proies. L’été dernier, des observateurs de Gaspésie avaient vu à quelques reprises un requin pèlerin sautant complètement hors de l’eau. Le mystère reste entier.

Haut de la page


19 septembre 2002, vol. 6 no 37

Poissons lunes

Des poissons lunes (Mola mola de leur nom latin) ont été aperçus au large de Natashquan et de Longue-Pointe-de-Mingan cet été. Ce poisson a le corps ovale, comme une grosse lune, avec une grande nageoire dorsale et une grande nageoire anale, mais pas de nageoire caudale. Il mesure environ un mètre à un mètre et demi de long et pèse autour de 100 à 200 kilogrammes, mais certains individus géants atteignent 3,4 mètres de long et 900 kilogrammes. Il est souvent vu se chauffant au soleil à la surface, d'où son nom anglais ocean sunfish. Cette espèce est rapportée de temps à autre dans le Saint-Laurent. Elle est présente partout dans le monde dans les eaux tropicales ou tempérées. Les individus entrant dans le Saint-Laurent seraient entraînés par des courants d'eau chaude. Cette année, des températures de l'eau particulièrement élevées en certains endroits favoriseraient leur présence. Le poisson lune se nourrit principalement de méduses.

Tortue luth

Une tortue luth a été vue par des pêcheurs de Havre-Saint-Pierre. Un peu comme pour le poisson lune, c'est une observation assez rare dans le golfe du Saint-Laurent. Il s'agit de la plus grosse tortue au monde. Elle est facilement reconnaissable par les crêtes (au nombre de cinq à sept) sur sa carapace à l'apparence de cuir, et par ses très longues nageoires. Elle mesure normalement plus d'un mètre et demi de long et pèse plus d'une demi-tonne. Le record est un spécimen de trois mètres de long pesant 900 kg. La tortue luth se nourrit principalement de méduses. Cela lui cause problème, car elle est susceptible d'ingurgiter les sacs de plastique et autres déchets qui ressemblent à sa nourriture. Grande voyageuse, c'est la seule tortue marine qui fréquente les eaux froides pour se nourrir.

Une mauvaise balade en bateau… fin de l'épisode

Le rorqual commun qui avait été retrouvé à l'avant d'un cargo au large des Escoumins le 3 septembre dernier s'est bel et bien échoué à Ragueneau sur la Côte-Nord vers le 9 septembre. Après la prise d'échantillons le 3 septembre, la carcasse avait été laissée à la dérive. Une carcasse avait été signalée au large de Rimouski le vendredi 6 septembre, et l’on croit qu'il s'agissait encore de ce rorqual. Puis, le lundi 9 septembre, on rapportait un rorqual commun échoué à Ragueneau. Les photos confirment que c'est bien le même individu. Les photos et la séquence vidéo prises le 3 septembre n'ont pas permis d'identifier ce rorqual commun comme un individu connu de l'équipe de recherche du GREMM. Ce n'est pas un habitué de l'estuaire. C'est peut-être un rorqual commun qui fréquente plutôt le golfe; il a d'ailleurs probablement été happé par le cargo à cet endroit. Fin de l'épisode pour ce rorqual commun malchanceux. 

Haut de la page


26 septembre 2002, vol. 6 no 38

Cachalot dans la brume

Un cachalot a été vu le mercredi 18 septembre dernier entre Pointe-à-Boisvert et Sainte-Anne-de-Port