Archives – Les nouvelles du large 2003

Les nouvelles du large : une compilation hebdomadaire des observations de baleines dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent.

Merci à tous les collaborateurs du réseau d’observation !

Voici tous les bulletins hebdomadaires de 2003. Vous pouvez vous renseigner sur des sujets précis en utilisant la fonction " rechercher " du menu " édition " de votre fureteur (Exemple : recherchez le mot " dauphin " pour savoir où et quand le réseau d’observation a repéré des dauphins).

Consultez les archives des Nouvelles du large des autres années.
Consultez Les nouvelles du large de cette semaine.


9 janvier 2003, vol. 7 no 1

Qui a dit qu'il n'y avait pas de baleines l'hiver dans le Saint-Laurent?

Voici ce que nos observateurs ont eu la chance de voir ces dernières semaines, en Gaspésie et sur la Côte-Nord. Tant que les glaces ne sont pas un obstacle, les baleines profitent de la richesse des eaux du Saint-Laurent. Un vrai buffet du temps des Fêtes… tout au long de l’année!

Ça souffle en Gaspésie?

Le 20 décembre, on comptait 10 à 15 souffles au large de Percé. Pendant le temps des Fêtes, une vingtaine de rorquals bleus et rorquals communs se tenaient entre Percé et Grande-Rivière. On pouvait observer leurs souffles par beau temps. Le 4 janvier, à Sainte-Thérèse-de-Gaspé, trois rorquals à bosse ont émerveillé des riverains. Ils défilaient sur une mer d'huile, se mouvant lentement, se nourrissant, nageant sur le côté. Le 8 janvier, plusieurs baleines se baladaient près du rocher Percé.

Bosse à Noël, bleu au Jour de l'An

La journée de Noël, notre observateur de Gallix (dans la région de Sept-Iles) est sorti en bateau. Son cadeau : une rencontre avec un rorqual à bosse! L'animal se nourrissait, entouré d'oiseaux; il arquait son dos et la bosse devant sa nageoire dorsale était bien visible. Cela se passait à environ trois milles nautiques de Rivière Brochu. Quelques jours avant, le 20 décembre, une autre sortie sur l'eau lui avait permis d'observer tout un spectacle. Cette fois-là c'était un rorqual bleu qui s'alimentait en surface, exposant ses sillons ventraux et son gigantesque rostre. Encore là des oiseaux marins entouraient l'animal et profitaient aussi du festin de krill. Le 26 décembre, le même observateur a observé deux souffles de sa résidence de Gallix. Le matin du Jour de l'An, un rorqual bleu soufflait au large dans le soleil. Il y avait encore des souffles le matin du 2 janvier.

Et dans l'estuaire

Le 31 décembre, au large de Pointe-à-Boisvert sur la Côte-Nord, on a observé six ou sept grands rorquals. Nos observateurs ont essayé de les revoir le lendemain, mais les conditions de vent et de glace ne se sont pas révélées propices. Trois rorquals bleus rôdaient dans le secteur des Escoumins dans les premiers jours de janvier. Plusieurs observateurs nous ont rapporté leur présence. Un rorqual commun aurait aussi été aperçu. Quelques bélugas sont encore présents dans ce secteur. Près de Sainte-Anne-de-Portneuf, deux rorquals bleus ont été vus les 3 et 4 janvier.

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16 janvier 2003, vol. 7 no 2

Toujours des grands rorquals

On rapporte toujours des observations de rorquals bleus dans l'estuaire : deux qui montraient la queue au Cap-de-Bon-Désir le 7 janvier, un au même endroit le 9 janvier, un (peut-être deux) à Longue-Rive le 10 janvier et deux grands souffles (probablement encore de rorquals bleus) aux Escoumins le 14 janvier. Un rorqual bleu et deux rorquals communs auraient été vus aux Petits-Escoumins le 11 janvier. Notre observateur de la baie de Gaspé a observé quatre rorquals communs les 10, 11 et 12 janvier en face de Grande-Grave. Il y avait un rorqual bleu au large de Grande-Rivière le 14 janvier, et d'autres souffles étaient visibles au loin.

Pourquoi certaines baleines restent-elles ici l'hiver?

Il est vrai que, si le béluga est la seule baleine qui réside à l'année dans le Saint-Laurent, des représentants de d'autres espèces (rorqual bleu, rorqual commun, rorqual à bosse) sont régulièrement vus l'hiver dans nos eaux. Pourquoi donc? Ce serait l'abondance de nourriture qui encouragerait certaines baleines à demeurer dans le Saint-Laurent à la limite des glaces. Sous la surface, les eaux du Saint-Laurent restent riches et pleines de vie pendant l'hiver. Certaines espèces de poissons, comme le poulamon atlantique, le lançon et le flétan, sont en pleine période de reproduction. Le krill a une durée de vie de plus de deux ans et est présent en grand nombre dans nos eaux, même pendant l'hiver. Le Saint-Laurent est donc loin d'être un désert de glace, et il peut satisfaire l'appétit des géants.

Mais les baleines ne doivent-elles pas aller se reproduire dans les eaux du sud?

Pas toutes. Les rorquals bleus et les rorquals communs ne se rassemblent pas dans des aires de reproduction précises, ils sont plutôt dispersés dans l'Atlantique. Quant aux rorquals à bosse, ils se rassemblent dans les Caraïbes. Cependant, il y a toujours des individus non reproducteurs (par exemple, des juvéniles ou des mâles qui ne seraient pas encore assez "compétitifs") pour lesquels il est probablement plus avantageux de rester dans les eaux riches du Saint-Laurent que de franchir des milliers de kilomètres vers des eaux plus chaudes mais pauvres en nourriture.

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23 janvier 2003, vol. 7 no 3

Fumée de mer et bateaux fantômes

Cette semaine, nul besoin de vous dire qu'il fait froid, très froid. Sur le Saint-Laurent, l'air glacial entre en contact avec l'eau plus chaude (avoisinant le point de congélation), ce qui produit ce qu'on appelle la fumée de mer. Les vents violents font danser cette fumée en lambeaux au-dessus d'une forte houle. Et on peut parfois apercevoir un mât à travers ce rideau mouvant… un bateau fantôme… Paysage d’apocalypse, aura de mystère glacé… Ces conditions n'ont pas offert une bonne visibilité pour les observations. De plus, les glaces se sont accumulées sur une bonne distance près de la rive en certains endroits. Malgré tout, un grand rorqual était présent aux Escoumins jeudi dernier, et on a vu un souffle dans le même secteur le lendemain, ainsi que quelques souffles durant la fin de semaine. Ailleurs, que le tournoiement blanc à l'horizon.

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30 janvier 2003, vol. 7 no 4

Embruns et petits "punk"

Après le gros temps, les maisons situées tout près de l'eau portent les traces des embruns dans les vitres de leurs fenêtres. Embruns (Dictionnaire Le Robert) : poussière de gouttelettes formée par les vagues qui se brisent, et emportée par le vent. Oui, oui, si on y goûte, c'est salé! Le long de la rive, on peut souvent observer un oiseau marin rigolo : le harle huppé (bec-scie à poitrine rousse). Il est reconnaissable à sa huppe toute droite dans les airs, qui lui donne l'air d'un petit "punk". Cet oiseau hiverne sur la côte de l'estuaire du Saint-Laurent, en Gaspésie et dans les Maritimes. On le voit plonger pour capturer sa nourriture, petits poissons surtout, ainsi que mollusques et crustacés. Un truc pour l'observer de près : s'approcher furtivement lorsqu'il est en plongée, et demeurer immobile dès qu'il revient en surface.

Anticosti et Groenland

Cette semaine, les dernières observations de la saison du Nordik Express (le bateau-navette de la Côte-Nord) nous sont parvenues. Le 8 janvier, deux rorquals communs ont été aperçus à la pointe Ouest de l'île d'Anticosti. Nouvelle de dernière heure : un rorqual bleu soufflait à trois milles au large des Escoumins le 29 janvier. Toujours dans le secteur des Escoumins, des phoques du Groenland sont présents par milliers. On en voit aussi au large de Rimouski et de Matane. Surveillez les nouvelles du large dans les prochaines semaines, nous consacrerons un bulletin à cette espèce en visite hivernale dans le Saint-Laurent.

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6 février 2003, vol. 7 no 5

Tempête de bonne humeur

Notre observatrice de Percé garde son œil vif en direction de la mer, et ce même dans la tempête. Elle a aperçu trois pygargues (aigles) à tête blanche immatures qui volaient vers l'île Bonaventure, ainsi qu'une vingtaine de phoques sur la glace. Des observateurs des Escoumins, débordants de bonne humeur, ont contemplé des phoques du Groenland dans les anses.

Les loups marins

Depuis le début de l'hiver, des phoques du Groenland sont présents par milliers dans l'estuaire du Saint-Laurent, entre Rivière-du-Loup et Forestville. On les surnomme loups marins. Ils se nourrissent dans l'estuaire en période hivernale. Les pics d'abondance se situent avant et après la reproduction en mars. En effet, les femelles quitteront bientôt l'estuaire pour aller mettre bas dans le golfe. Des mâles adultes iront ensuite les rejoindre là pour les accouplements. Par la suite, beaucoup retourneront faire un tour dans l'estuaire pour se gaver de leurs proies, principalement du capelan.

Les chasseurs de loups marins

Saviez-vous qu'on chasse le loup marin sur la Côte-Nord? Par exemple, aux Escoumins, un petit groupe de chasseurs s'est constitué en coopérative, et on offre cette année une formation aux détenteurs de permis de chasse. Cette chasse se fait à l'eau, dans de grosses chaloupes à moteurs. La viande est consommée à l'échelle locale. Une partie est aussi vendue pour nourrir des élevages de visons ou pour appâter des ours (SEPAQ). Les peaux sont prises en charge par une tannerie. Les chasseurs contribuent également à une étude du MAPAQ en récoltant des échantillons de gras pour l'analyse des contaminants dans les phoques. L'an passé, environ 800 phoques ont été tués dans le secteur des Escoumins. Jusqu'à maintenant cet hiver, les chasseurs n'ont pas pu sortir souvent en raison des vents violents. La chasse sepoursuit jusqu'à la fin mars. Un potin sur les phoques? Ils sont très gras cette année! Un potin sur les chasseurs? Euh…

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13 février 2003, vol. 7 no 6

Des nouvelles de Gallix

Notre observateur de Gallix (près de Sept-Îles) nous a donné des nouvelles de sa région. Des centaines de phoques du Groenland sont omniprésents depuis décembre. Tout près de la rive, il y a des attroupements de plusieurs centaines de harles huppés (bec-scie à poitrine rousse).

Rorqual bleu nord-côtier

On rapportait encore des observations de rorqual bleu dernièrement. Un individu soufflait au large des Escoumins le 31 janvier. On en a aperçu un aux îlets Boisés le 1er février. Et vendredi dernier, le 7 février, un immense représentant de cette espèce était visible du quai des Escoumins.

Saison des glaces

En février, c'est plutôt la saison des glaces que la saison des baleines. Le Service canadien des glaces (Environnement Canada) et l'Institut Maurice-Lamontagne (Pêches et Océans Canada) collaborent à la surveillance et à la prévision des glaces dans le Saint-Laurent. Des patrouilles en bateaux, en aéronefs, ainsi que des données satellite sont mises à contribution. De plus, on est à développer un modèle de prévision de l'englacement qui intègre diverses données : marées, débits d'eau, prévisions atmosphériques (températures, vents,…), observations sur le terrain, etc.

La surveillance et la prévision des glaces sont essentielles pour la marine marchande qui circule à l'année sur le Saint-Laurent. Le Centre des glaces de la Garde côtière à Québec réunit toutes les données pour émettre chaque jour le Bulletin des glaces et tracer les routes pour les navigateurs. Les brise-glace effectuent des opérations de déglaçage et escortent les cargos dans le Saint-Laurent et dans le Saguenay. Comme d'habitude, les pilotes du Saint-Laurent embarquent sur les navires pour les guider entre Les Escoumins et Montréal. Mais en saison des glaces, les navires font également appel à des pilotes de glaces, et ce partout, même dans le golfe.

Cette année, le Saint-Laurent est déjà très glacé, et ça continue…

Bonne saison des glaces!

[Remerciements aux gens de l'IML, de Trafic Escoumins et du Centre des glaces]

Pour en savoir plus

Site L'observatoire du Saint-Laurent, géré par l'IML (cliquer sur Prévisions océaniques)

Site du Service canadien des glaces, Environnement Canada

Site de la Garde côtière canadienne (programme de déglaçage)

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20 février 2003, vol. 7 no 7

Krill sur glace

Promenade sur la plage enneigée, entre les blocs de glace aux reflets turquoise. Le sable est recouvert d'une couche de glace. La marée monte. À travers l'eau glaciale, sur le fond pâle et brillant, se détachent de petites formes qui grouillent. Quatre centimètres de long, transparent, pattes et organes rouges, yeux noirs en billes… un krill. Plus précisément, un représentant du groupe des euphausides, identifié à l'espèce comme un Meganyctiphanes norvegica. Au large, il y en a probablement des milliers, qui pourront nourrir un rorqual bleu évoluant entre les glaces. Oh! Voilà un autre organisme! Celui-là est gris, il mesure deux centimètres et demi, il ne nage pas de la même manière, et ses yeux sont immenses et globuleux… un amphipode, peut-être du genre Themisto. Pas frileux ces tout petits…

Pêche blanche

La pêche blanche est une activité populaire dans le fjord Saguenay. On parle de 1500 cabanes et de près de 60 000 jours-pêcheurs (nombre de pêcheurs multiplié par le nombre de jours de pêche) par saison. On pêche surtout l’éperlan, quelques ogacs et quelques sébastes. Les stocks de poisson de fond ne sont plus ce qu’ils étaient. La situation est même inquiétante. La morue, le turbot et le sébaste étaient capturés par milliers il y a seulement quelques années. Maintenant, la morue et le turbot ne sont pratiquement plus pêchés, et le sébaste l’est beaucoup moins qu’avant. On ne sait pas si ces espèces se reproduisent dans le fjord du Saguenay ou si les poissons s’y rendent seulement par des incursions d’eau de l’estuaire du Saint-Laurent. Anecdote : il y a quelques années, des pêcheurs du Saguenay ont attrapé des requins du Groenland!

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27 février 2003, vol. 7 no 8

Des bélugas!

On a aperçu trois bélugas au large des Bergeronnes le mardi 25 février. C'est une observation assez rare puisqu'en hiver, la majorité des bélugas se retrouvent plus en aval, jusque dans l’ouest du golfe et le long de la péninsule gaspésienne. Des observations hivernales de bélugas sont aussi régulièrement rapportées au large de Rimouski et de Sainte-Flavie. Au printemps, ils remonteront vers Tadoussac, le Saguenay et Charlevoix. D’autres mammifères marins s’ajoutent au paysage : des phoques du Groenland sont toujours observés en grand nombre dans l’estuaire.

La parade des garrots

Les garrots à œil d'or sont des canards plongeurs qui hivernent dans le Saint-Laurent. Les voilà déjà en parade amoureuse. Le mâle en plumage nuptial est noir et blanc, avec une tache blanche ronde sur chaque joue. Sa " danse " pour la femelle est très spectaculaire. Il bascule sa tête vigoureusement vers l'arrière, allant presque toucher son croupion. Il peut aussi accélérer rapidement sur l'eau, éclaboussant derrière lui, ce qui semble être une manœuvre pour défier les autres mâles. Des observateurs en balade dans une baie nous rapportaient également des groupes de canards noirs, quelques canards colverts, un guillemot solitaire en plumage pâle d’hiver, trois goélands marins et des harles huppés.

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6 mars 2003, vol. 7 no 9

Spécial îles de la Madeleine

Les Madelinots ont eux aussi connu tout un hiver de froid et de grands vents. Il y a beaucoup de glace dans le golfe cet hiver, contrairement aux dernières années, et cette glace est très épaisse. Les phoques du Groenland mettent présentement bas sur la banquise à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest des îles. Des touristes s'y rendent en hélicoptère pour contempler les blanchons. La chasse aux " beaters " débutera vers le 25 mars. Les " beaters " sont les jeunes phoques âgés de 25 jours et plus. À ce stade, ils ont mué et leur pelage est gris argenté parsemé de taches noires.

La glace et le climat

Les conditions d’englacement dans le golfe influencent la température des masses d’air. Quand le couvert de glace est peu important, l’eau, plus chaude que l’air en hiver, dégage de la chaleur. Quand le couvert de glace est important, ce transfert de chaleur n’est pas possible et l’air demeure plus froid. Cela nous amène à parler d’un phénomène particulier : la polynie de Tadoussac. Les polynies sont des zones libres de glace dans un territoire qui en est recouvert. On retrouve des polynies dans l’Arctique, mais il y en a une dans l’estuaire, plus précisément dans le secteur de l’île Rouge, à l’embouchure du Saguenay. À cet endroit, il n’y a pas de formation de glace en raison des conditions océanographiques particulières (forts courants, remontée d’eau profonde,…) Par conséquent, la température de l’air y est beaucoup plus chaude. Cette zone est aussi une " usine à nuages ". Une colonne de vapeur s’élève de la surface, comme une cheminée, et des nuages se forment. Cela entraîne des chutes de neige importantes sur la rive Sud, dont profitent les monts de ski. La remontée d’eau profonde qui se fait à la tête du chenal laurentien a donc non seulement un effet sur la productivité des eaux, le krill, les poissons et les baleines, mais aussi sur les skieurs! [Remerciements à François Saucier, chercheur à l'Institut Maurice-Lamontagne]

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13 mars 2003, vol. 7 no 10

Une marée qui disparaît...

La fiction de La Turbulence des fluides deviendrait-elle réalité? Le 12 février dernier, le marégraphe de Rivière-au-Renard du Service hydrographique du Canada (Pêches et Océans Canada) enregistrait un phénomène inhabituel. Une marée haute a passé son tour, laissant sa place à une baisse importante des niveaux d'eau, plus bas encore qu'une marée basse! La mer est restée étale pendant plus de 6 heures avant de remonter pour la marée haute suivante. L'étale dure généralement de 30 à 60 minutes. Les hydrographes du Service hydrographique du Canada, situés à l'Institut Maurice-Lamontagne, ont trouvé l'explication. La marée a théoriquement eu lieu, puisque l'attraction lunaire s'exerçait comme toujours. Cependant, elle a été contrecarrée par les conditions météorologiques. Une zone de basse pression particulièrement importante voyageait au large de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve. Cela a créé un appel d'eau, une sorte de succion, et de l'eau du golfe Saint-Laurent a été si on peut dire " aspirée ". Il y avait donc moins d'eau disponible pour les marées du Saint-Laurent. Les zones de faible marnage n'ont pas eu de marée haute, et des zones de plus fort marnage ont eu une marée haute, mais beaucoup moins haute que prévu. Un phénomène très rare et fascinant!

[Merci à Karina Laberge et Bernard Labrecque, IML]

Note : Le marnage est l'amplitude maximale entre la marée haute et la marée basse.

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20 mars 2003, vol. 7 no 11

Les corneilles crient, le phoque s’ennuie?

Nos observateurs ont remarqué cette semaine quelques signes du printemps. Les glaces descendaient le Saguenay et le Saint-Laurent, les corneilles d’Amérique lançaient leurs cris rauques rappelant la saison chaude… Nos correspondants de la Gaspésie, quant à eux, ont connu neige et vent, encore une bonne dose d’hiver. Un rorqual bleu a été observé dans le coin de Gallix la semaine dernière. Deux bélugas ont été vus le 9 mars aux Bergeronnes. Il y avait aussi des phoques du Groenland en petits groupes. Deux observatrices se promenaient à l’embouchure du Saguenay. Elles ont aperçu un phoque (probablement un phoque commun) qui se reposait sur une roche. Il était étendu sur le côté, son corps formant un arc, et il s’est gratté comiquement le ventre de sa nageoire.

Garrots d’Islande

À Tadoussac, plusieurs garrots d’Islande (garrots de Barrow) peuplent la baie depuis une quinzaine de jours. L’estuaire est un habitat primordial pour leur hivernage. En été, ils se dispersent dans leurs habitats de nidification, des lacs du plateau laurentien entre Tadoussac et Mingan. La nidification de ce canard au Québec a été confirmée seulement en 1998 grâce au suivi satellitaire réalisé par le Service canadien de la faune. Le garrot d’Islande a été désigné espèce préoccupante par le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada). La population de l’Est du Canada comprendrait moins de 2000 individus. Le mâle : noir et blanc, tête aux reflets violets, tache en forme de croissant près de l’œil. Femelle : grisâtre, tête brune à l’aspect du velours, bec orangé. Magnifique!

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27 mars 2003, vol. 7 no 12

Légende nord-côtière… le serpent de mer

Dans les dernières années, les vieux du Havre (Havre-Saint-Pierre) demandaient encore parfois aux touristes revenant de bateau : " Pis! Avez-vous vu le serpent de mer? "

En effet, en 1936, des pêcheurs racontaient avoir vu un serpent de mer près de Moisie. Des bosses noires surgissaient de l’eau, l’animal soufflait vers l’avant par sa gueule et la queue avait la forme d’une ancre à deux pattes. Il aurait mesuré environ deux cents pieds. On aurait également aperçu un certain serpent de mer dans la région de Sept-Îles en 1934. (Référence : Sept-Îles racontée, relevé d’enquête ethnographique, par Gilles Landry)

Quelques décennies auparavant, à l’hiver de 1884-1885, aux environs de Pointe-des-Monts, un serpent de mer aurait été rencontré à plusieurs reprises. Le poisson d’environ 100 pieds de long et 4 pieds de large flottait souvent sur l’eau, semblant se chauffer au soleil, et il aurait même effectué des bonds hors de l’eau. (Référence : Un serpent de mer " inédit ", dans Le naturaliste canadien, novembre 1895)

Baleine? Requin? Véritable serpent de mer? À vous d’y croire… ou non.

[Remerciements à Guy Côté]

Bleu, blanc et les mouettes

La saison des baleines est véritablement recommencée pour nos observateurs de la région de Sept-Îles. Le samedi 22 mars, ils ont observé cinq rorquals bleus durant plus de quatre heures. Ils s’alimentaient en surface à un mille nautique de la pointe au Jambon. La même journée, un observateur de Tadoussac a remarqué deux dos blancs qui brillaient près du haut-fond Prince. C’est la période où les bélugas reprennent possession de leurs quartiers d’été. Il y en avait aussi quelques-uns aux Bergeronnes et aux Escoumins. Puis, le mercredi 26 mars, on a observé pour la première fois de la saison un groupe de bélugas remontant le Saguenay. À Percé, les mouettes tridactyles sont arrivées! Les cormorans et les goélands s’affairent sur le rocher Percé en prévision de la construction des nids.

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3 avril 2003, vol. 7 no 13

Rendez-vous avec le rorqual bleu

Le 1er avril, un pêcheur de crabe des Escoumins a observé un rorqual bleu à cinq milles et demi au large de Rimouski. La même journée, une observatrice de Percé nous rapportait aussi un rorqual bleu nageant tout près de la côte. Nos deux collaborateurs nous ont affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un poisson d’avril! Le dimanche matin 30 mars, les cinq rorquals bleus observés la semaine dernière dans la région de Sept-îles étaient toujours là. Ils se nourrissaient dans la baie Sainte-Marguerite. Depuis mai 2002, le rorqual bleu est désigné espèce en voie de disparition par le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada). Le Saint-Laurent est un des seuls endroits au monde où on peut l’observer ainsi de la terre ferme. Savourons notre chance! Notre observateur de la région de Sept-îles a aussi aperçu des souffles au loin lui rappelant des rorquals communs, mais sans pouvoir le confirmer. On sent l’impatience des amoureux du large qui ont bien hâte de sortir leurs bateaux pour aller vérifier. Du côté des oiseaux, les goélands à bec cerclé sont de retour et nous lancent leurs cris familiers.

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10 avril 2003, vol. 7 no 14

Le retour officiel des bélugas

Les observations de bélugas se sont multipliées ces derniers jours dans l’estuaire. On a vu régulièrement quelques individus au large des Bergeronnes. À l’embouchure du Saguenay, on a rapporté quelques dos blancs au haut-fond Prince et un petit groupe de bélugas avec un jeune à Pointe-Noire. Le mardi 8 avril, un collaborateur a observé une bonne cinquantaine de bélugas sortant du Saguenay. Le groupe comprenait des petits. Les bélugas sont donc officiellement de retour dans leurs quartiers d’été, qui s’étendent de l’île aux Coudres à Forestville.

Du côté des grands rorquals, des souffles ont été aperçus le vendredi 4 avril à Pointe Mistassini, un animal a été vu au large de Franquelin le mercredi 9 avril et trois au large de Pointe Mistassini le même jour. Une baleine non identifiée se trouvait vis-à-vis Pointe Manicouagan le lundi 7 avril. À Percé, les fous de Bassan sont arrivés sur l’Île Bonaventure. Et tout le long du Saint-Laurent, c’est à qui verra le premier petit rorqual.

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17 avril 2003, vol. 7 no 15

Nouvelles de la péninsule

Un observateur de la baie de Gaspé nous a rapporté sa première observation de la saison. Cela se passait devant Cap-aux-Os dans l'avant-midi du 4 avril et il s’agissait… d’un rorqual à bosse! Cette semaine, on a vu plusieurs grands souffles au large de l'île Plate dans le même secteur. Deux rorquals bleus ont été observés au large de Cap-des-Rosiers le matin du 11 avril. À Percé, on n'a pas aperçu de baleines, mais des eiders à duvet voyagent entre ciel et mer.

Plus en amont

Plus en amont dans le Saint-Laurent, aux environs de l'embouchure du Saguenay, on rapporte cette semaine encore plusieurs observations de bélugas. Des couples d'eiders à duvet nagent près des rives. Une petite troupe de bernaches cravant fait halte à la pointe de l’Islet. Des grands hérons surprennent les observateurs contemplatifs. Et quelques bernaches du Canada leur rappellent qu'encore plus en amont, c'est la saison des grands rassemblements. À Cap Tourmente et sur les berges du lac Saint-Pierre entre autres, des milliers de bernaches du Canada (outardes) et d'oies des neiges (oies blanches) charment les amants de la nature. Envolées et concerts printaniers au programme.

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24 avril 2003, vol. 7 no 16

Premières sorties en mer

Notre observateur de la région de Sept-îles a effectué ses premières sorties en mer de la saison. Le vendredi 18 avril, il a rencontré cinq rorquals bleus, de même que des phoques gris, des fous de Bassan, des couples d’eiders à duvet, des mouettes tridactyles et des petits pingouins. Tout un foisonnement de vie! Le dimanche 20 avril, une autre sortie en mer lui a permis de voir une cinquantaine de phoques du Groenland et au moins neuf rorquals bleus. Plusieurs des rorquals présentaient des blessures, probablement causées par les glaces abondantes cet hiver. L’un d’eux avait une entaille profonde au rostre et traînait le câble d’un engin de pêche, visible derrière son évent. Notre observateur rapportait également l’arrivée des macreuses. Et le mardi 22 avril, deux rorquals bleus se trouvaient à un kilomètre de sa maison de Gallix.

De la route, de la rive

Le mardi 22 avril, un souffle de grand rorqual a surgi à Pointe Mistassini. Des grands rorquals ont été observés le long de la route 138 entre Baie-Comeau et Franquelin. La même journée, à Percé, deux rorquals bleus étaient visibles de la rive, tout près de l’île Bonaventure. Géants des mers venus saluer la Journée de la Terre? Des bélugas se baladent aux Escoumins, aux Bergeronnes et près de Tadoussac.

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1er mai 2003, vol. 7 no 17

Premiers petits rorquals et rorquals communs

Le jeudi 24 avril, l'équipage d'un crevettier a observé quatre petits rorquals et cinq rorquals communs alors qu'il pêchait entre Sept-Îles et Havre-Saint-Pierre. Les animaux semblaient s'alimenter dans les bancs de crevettes. Il s'agissait des premières mentions de ces espèces cette saison. Puis, le samedi 26 avril, on nous rapportait un petit rorqual à l'est de la baie des Escoumins. Depuis, trois ou quatre petits rorquals rôdent dans ce secteur. Un petit rorqual a même été vu rôdant à l’embouchure du Saguenay le 30 avril en fin de matinée. Était-il en train de se refamiliariser avec son territoire de chasse? Sortis en bateau, des observateurs ont aussi observé un grand souffle à cinq milles et demi au large des Bergeronnes, mais sans pouvoir déterminer s'il s'agissait d'un rorqual commun ou d'un rorqual bleu. De bonnes nouvelles puisque que certains observateurs commençaient à s'inquiéter. En effet, il y a eu peu d'observations de baleines ce mois d'avril en comparaison des dernières années. Tout de même, du 8 au 14 avril, un passager du Nordik Express a vu plusieurs rorquals (espèce non-identifiée) au large des côtes de la Gaspésie et d'Anticosti, de même qu'à la sortie du port de Sept-Îles.

Brume et oiseaux

Il y a eu beaucoup de pluie et de brume la semaine dernière et nos observateurs de la Gaspésie n'ont pas eu de bonnes conditions d'observation. On aurait quand même aperçu des souffles en fin de semaine. Et côté oiseaux, des macreuses et des canards arlequins sont présents dans la baie de Gaspé, ainsi qu'un eider à tête grise (eider remarquable). Ailleurs dans le Saint-Laurent, on voit beaucoup d'eiders à duvet, des hareldes kakawi, également des macreuses, des cormorans et de nombreux vols de bernaches cravants dans l'estuaire.

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8 mai 2003, vol. 7 no 18

Bouées d'été

La Garde côtière canadienne s’affaire depuis la mi-avril à replacer les bouées d’été un peu partout dans le Saint-Laurent. Celles-ci avaient été remplacées en novembre dernier par les bouées d’hiver, ou espars. Les espars sont conçus pour résister à l’assaut des glaces. Ils sont moins nombreux que les bouées d’été et délimitent seulement les chenaux principaux utilisés l’hiver. Les bouées d’été ont été entreposées pendant toute la saison froide à Québec et à Sorel où elles ont bénéficié d’un entretien annuel.

La tâche de rendre au fleuve ses bouées est d’envergure. Elle a commencé en amont, au lac Saint-Louis à l’ouest de Montréal, et se terminera à Blanc-Sablon. Cette semaine, des opérations se déroulent à l'île aux Coudres, un bateau entreprend le secteur Sept-Îles–Baie-Comeau et un autre se dirige vers la baie des Chaleurs. Tous les secteurs seront complétés d'ici la fin mai, sauf peut-être l'extrême Est de la Basse-Côte-Nord, où il y a encore de la glace.

D'ailleurs les opérations sont retardées de deux bonnes semaines cette année en raison de l’impressionnante quantité de glace, vestige d’un hiver rigoureux.

Les bateaux qui participent à la remise en place des bouées sont le Martha L. Black, le George R. Pearkes, leTracy, l'Ile Saint-Ours, et les deux aéroglisseurs Waban-Aki et Sipu Muin.

[Remerciements à Herman Goulet, Garde côtière canadienne]

Le capelan qui roule

Le frai du capelan a lieu chaque année de mai à juillet le long de la Côte-Nord, des rives de Charlevoix et des côtes gaspésiennes. Le capelan vient alors " rouler " sur les plages. Les riverains en profitent pour ramasser de pleins seaux de ce délicieux poisson qu’ils disputent aux baleines et aux oiseaux. Ce printemps, le capelan roule tôt. On en ramasse déjà dans Charlevoix, par exemple à l'île aux Coudres. On en observait aussi des bancs très épais au bord de l'eau aux Escoumins dès la fin avril.

Les dates de frai et la quantité de capelan varient beaucoup d'une année à l'autre. On ne connaît pas les facteurs qui influencent ces variables, ni ce qui détermine le choix par les poissons de certaines plages plutôt que d'autres. Pour mieux comprendre le phénomène, Pêches et Océans Canada invite la population à participer à une étude. Ça vous intéresse ? Téléchargez le formulaire (document Word).

Observations de baleines

Les observations sont maintenant représentées sur la carte (cliquez sur l'icône). Cette semaine, vous remarquerez entre autres plusieurs petits rorquals, des rorquals communs dans l'estuaire, et des rorquals à bosse en Gaspésie. De plus, un béluga se tenait à Port-Menier à l'île d'Anticosti. Il se trouve très en aval de l'aire de distribution estivale des bélugas, qu’ont déjà regagnée la plupart de ses congénères. Est-ce un retardataire ou un original?

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15 mai 2003, vol. 7 no 19

Premières baleines échouées

On a signalé le premier béluga échoué de la saison le 5 mai dernier. Retrouvé à Baie-des-Rochers dans Charlevoix, l'animal était mort depuis un certain temps déjà. Une équipe a procédé à l'échantillonnage des tissus. Si la carcasse avait été fraîche, on l'aurait transporté à Saint-Hyacinthe, à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, où elle aurait fait l'objet d'une nécropsie. Ce programme de récupération et d'échantillonnage des carcasses est essentiel au suivi de la santé des bélugas du Saint-Laurent. Instauré par l'Institut national d'écotoxicologie du Saint-Laurent (INESL), il est maintenant sous la responsabilité de l'Institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans Canada. Si vous voulez signaler une carcasse de béluga, échouée ou à la dérive, communiquez avec le GREMM au (418) 235-1999. Cette équipe assure cette année le rôle de Centre de gestion des appels pour les mammifères marins morts ou en difficulté.

Le 12 mai, une baleine échouée a été découverte à Pointe-à-la-Frégate en Gaspésie. Il s'agissait d'un rorqual commun de 15 mètres de long. Une équipe de l'Institut Maurice-Lamontagne s'est rendue sur place, mais le mauvais état de la carcasse n'a pas permis de prendre tous les échantillons requis pour les projets de recherche.

Sauts dans les vagues

Un petit rorqual a sauté complètement hors de l'eau à plus de 20 reprises au large de Tadoussac il y a quelques jours. Le vent soufflait fort et la mer était grosse. Pourquoi ce comportement? Est-ce une tactique de chasse? Une manière de se débarrasser de parasites externes, comme les lamproies? Une manifestation de son humeur? Même les spécialistes ne le savent pas vraiment. À Pointe-des-Monts, un petit rorqual a aussi sauté trois fois hors de l'eau.

Fin de semaine à Pointe-des-Monts

Nos observateurs de Pointe-des-Monts ont passé toute une fin de semaine d'observation. Quatre rorquals bleus se tenaient près de la côte. Un de ceux-ci était beaucoup plus petit que les autres. Aurait-on affaire à un petit? Il y avait également deux rorquals communs et quatre petits rorquals (dont celui qui a sauté hors de l'eau). Des macreuses à front blanc et des eiders à duvet par centaines tapissaient les flots.

Les goûts, ça se partage

Un nombre impressionnant de sternes arctiques (1000 à 1500 individus) partageaient le repas de quatre ou cinq petits rorquals dans la baie des Bergeronnes le 9 mai. En effet, ces deux espèces ont les mêmes goûts! Elles se nourrissent surtout de petits poissons comme les capelans et les lançons. Les sternes les capturent près de la surface, parfois en plongeant sous l'eau.

Déjà des marsouins à Sept-Îles

Deux marsouins communs ont été rencontrés à 15 milles nautiques au large de Sept-Îles. Cette espèce n'est généralement pas observée aussi tôt dans la saison. Deux petits rorquals ont aussi été vus. Notre observateur a également noté la présence de nombreux oiseaux : des centaines de hareldes kakawi de passage, des mouettes tridactyles, des guillemots à miroir, des guillemots marmettes et des petits pingouins se préparant à nicher dans les falaises de l'île Corossol.

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22 mai 2003, vol. 7 no 20

Baleines à la tonne

Oui! Des baleines à la tonne! C’est à ne plus savoir où donner de la tête. Dans tout le Saint-Laurent, plusieurs espèces sont présentes. Elles viennent profiter de l’abondance de nourriture qu’offre ce milieu exceptionnel. Consultez la carte des observations!

Trois queues de bleu, une queue de commun

Chez les rorquals bleus du Saint-Laurent, 15 à 18 % des individus montrent la queue en plongeant, une scène toujours extraordinaire. Trois de ces individus ont été vus aux Bergeronnes, à Pointe-des-Monts et à l’anse à Blanchette dans la baie de Gaspé. Dans le secteur des Bergeronnes, au moins cinq rorquals communs se tenaient tout près de la côte, souvent en alimentation de surface. Un des rorquals communs montrait la queue, ce qui est contraire aux habitudes de cette espèce.

Encore des sauts

Cette semaine, un petit rorqual a sauté complètement hors de l'eau à 11 reprises aux Bergeronnes. Un autre a été rencontré par le traversier Rimouski-Forestville, performant six à sept sauts. Les observateurs de Sept-Îles ont aussi été témoins de telles prouesses. Un rorqual à bosse a également sauté complètement hors de l’eau au Cap-Bon-Ami dans le parc Forillon. Quelle exubérance!

Première mention de cachalot

Un cachalot a été vu à Pointe-des-Monts les samedi et dimanche 17 et 18 mai. Souffle oblique, allure de billot flottant, queue dressée lors de la plongée vers les profondeurs, voilà comment reconnaître ce visiteur occasionnel du Saint-Laurent. Le lundi 19 mai, notre observatrice l’a encore aperçu, mais il lui semblait cette fois d’une taille beaucoup plus imposante. Était-ce un deuxième individu?

Une brassée… de phoques

Ces jours-ci, on peut observer des mouvées de phoques, appelées aussi brassées. Ce mot exprime bien ce qu’on voit. De gros remous dans l’eau, comme une brassée de lavage, créés par un groupe de phoques du Groenland très actifs dans l’eau. Le phoque du Groenland est principalement un visiteur hivernal de l’estuaire du Saint-Laurent, mais de plus en plus d’observations sont faites en été.

Naissances de phoques communs

C’est la période des naissances chez les phoques communs. Dans la colonie de la baie de Gaspé entre autres, notre observateur a vu plusieurs mères avec leurs petits. Il a même vu un bébé naissant; il avait encore son cordon ombilical. Dans la colonie du parc du Bic, les femelles ont aussi commencé à mettre bas. Chez les phoques communs, le petit peut déjà aller à l’eau quelques heures seulement après sa naissance. Le lien entre la mère et le jeune est primordial. C’est pourquoi il est important de ne pas s’approcher d’un petit sur un rocher, encore moins de le toucher, car sa mère pourrait le rejeter par la suite.

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29 mai 2003, vol. 7 no 21

Béluga en billotage

Il arrive qu’on observe des bélugas qui flottent tranquillement à la surface, se laissant porter par le courant. Ces bélugas sont en période de repos. On appelle aussi ce comportement " billotage " en référence à l’image d’un billot qui flotte. Les gens qui observent cette scène croient souvent que l’animal est mort. Rassurez-vous! Tant que vous voyez son dos et sa tête, il est bien vivant et c’est un comportement normal. Il respire doucement et plongera s’il est dérangé. Dans le cas d’une carcasse à la dérive, le corps de l’animal mort est généralement tourné sur le côté, la nageoire pectorale hors de l’eau. Pour signaler une carcasse de béluga, contactez le GREMM au (418) 235-1999.

Bélugas explorateurs

Un béluga a été vu près de l’île Niapiskau dans l’archipel de Mingan le vendredi 23 mai. Il se trouve plutôt loin de son aire de distribution estivale habituelle. Était-ce le même béluga que celui observé au quai de Port-Menier à Anticosti il y a trois semaines? Le dimanche 25 mai, un autre béluga a été vu quelque peu éloigné de chez lui, à la Pointe-Mistassini près de Franquelin (entre Baie-Comeau et Pointe-des-Monts). Un troisième béluga, très loin celui-là, a été vu par des plongeurs le 11 mai dernier près de la côte de Hubbards en Nouvelle-Écosse.

L’alimentation des petits rorquals

Les petits rorquals sont souvent très actifs lorsqu’ils s’alimentent. Ils pourchassent les bancs de poissons et les engouffrent près de la surface. Ils effectuent alors des demi-sauts hors de l’eau sur le côté, sur le dos ou même à la verticale. On voit les gueules se refermer, les gorges distendues remplies d’eau, les plis ventraux rosés par l’afflux de sang dû à l’effort physique. Plusieurs observateurs ont été témoins de spectacles du genre cette semaine. Par exemple, le lundi 26 mai, les scientifiques de l’Institut Maurice-Lamontagne ont été épatés. Quatre petits rorquals se sont alimentés frénétiquement à quelques dizaines de mètres du rivage et du quai, de l’heure du dîner jusqu’au coucher du soleil.

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5 juin 2003, vol. 7 no 22

La péninsule gaspésienne, une destination baleines

Cinq rorquals à bosse, environ cinq rorquals bleus dont trois qui montraient la queue en plongeant, deux rorquals communs, une bonne dizaine de petits rorquals, voilà ce qu’on pouvait voir à partir des anses de la baie de Gaspé cette semaine. Des observateurs croient avoir vu Siam, un rorqual à bosse photographié par les chercheurs du Saint-Laurent depuis les années 1980. À noter : le type de patron de coloration sous la queue de Siam est très répandu chez les individus de son espèce. Il faut donc s’attarder aux détails pour être certain de l’identification. De plus, un rorqual à bosse, un rorqual bleu, deux rorquals communs et plusieurs petits rorquals ont été observés tout autour de l'île Bonaventure à Percé. Les fous de Bassan plongeaient à qui mieux mieux. Krill et capelan étaient sûrement au rendez-vous sous la surface.

Rorquals à bosse tapageurs

Toujours dans la baie de Gaspé, une baleine à bosse sautait en dehors de l’eau. Deux autres rorquals à bosse tapaient de la queue sur la surface et sautaient ensuite hors de l’eau. Des comportements que l’on voit souvent dans les aires de reproduction en guise de compétition entre mâles. Mais ici, dans les aires d’alimentation, à quoi servent ces démonstrations ? Affirmation de sa présence, agressivité, tactique de chasse pour rassembler des proies, … Impossible de trancher entre ces hypothèses.

Problème d’évent ?

Notre observatrice de Pointe-des-Monts continue d'observer chaque jour plusieurs rorquals bleus et rorquals communs. Parmi eux, il y en a un qui respire en faisant un son de trompette. On sait que les rorquals à bosse peuvent volontairement émettre des sons semblables (" trumpeting ") en signe d’agressivité, mais ce comportement n’a pas été répertorié chez d’autres espèces de rorquals. L’individu en question est-il victime d’un quelconque problème respiratoire ?

Un bébé petit rorqual

Il arrive de voir dans le Saint-Laurent des jeunes rorquals, ou pourrait-on dire des juvéniles, plus petits que leurs comparses mais tout de même déjà sevrés et se débrouillant par eux-mêmes. Ce qu'il est plus rare de voir, ce sont des jeunes vraiment petits qui sont encore avec leur mère. Des observations du genre ont été faites pour des rorquals à bosse dans le golfe, de temps en temps pour des rorquals communs, beaucoup plus rarement pour des rorquals bleus, et pratiquement jamais pour des petits rorquals. Mais le mardi 27 mai dernier, une mère petit rorqual et son jeune ont évolué pendant deux bonnes heures en mi-journée aux alentours de la pointe de l'Islet à Tadoussac. Le jeune était vraiment petit et se tenait tout à côté de sa mère. On l'a aussi vu s'amuser avec un sac de plastique qui flottait sur l'eau.

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12 juin 2003, vol. 7 no 23

On ne s’en lasse jamais…

En mer ou le long des rives, dans toutes les régions du Saint-Laurent marin, les baleines étaient au rendez-vous cette semaine. Des marsouins, des petits rorquals, des rorquals communs, des rorquals à bosse, des rorquals bleus, et même des phoques gris, des phoques du Groenland et des phoques communs, ça ne manquait pas de diversité! Des manœuvres d’alimentation en surface, des " breachs " spectaculaires, de belles rencontres, les collaborateurs du réseau avaient des histoires à raconter. Pour avoir un aperçu de ce qu’ont vu nos observateurs, consultez la carte des nouvelles du large. Mais, cette semaine, les requins ont volé la vedette aux baleines…. Place à un autre géant des mers!

Observation exceptionnelle : des requins du Groenland à Baie-Comeau!

Des plongeurs ont observé des requins du Groenland à Baie-Comeau. Deux spécialistes des requins se sont rendus sur place. Ils traquaient le requin du Groenland depuis quelques années, entre autres par l’expédition Skalugsuak, qui a eu lieu deux hivers de suite dans le fjord du Saguenay (voir les archives des Nouvelles du large). Malheureusement, le requin ne s’y était pas montré. Les traces de sa présence dans le Saguenay consistaient en des spécimens morts pris par des pêcheurs sur glace il y a quelques années.

Cette fois par contre, les passionnés de ce requin ont vécu toute une expérience. Il y avait au moins quatre individus, trois femelles et un mâle. Ils mesuraient de trois à quatre mètres de long (mais cette espèce peut atteindre sept mètres). Les spécialistes ont pu plonger avec eux et les filmer à loisir. Ce requin est un carnassier mais il n’attaque pas l’humain. C’était la première fois qu’on filmait ce requin vivant au Québec ou ailleurs dans le golfe du Saint-Laurent.

Il s’agit d’un événement vraiment très rare. On dit que moins d’une dizaine d’humains seulement dans le monde avaient observé cet animal sous l’eau dans son milieu naturel. C’est aussi l’observation en plongée la plus au sud. Les précédentes observations, dans l’Arctique, étaient le résultat de pêche ou d’appâtage. De plus, ce requin se tient habituellement à des profondeurs inatteignables en plongée sous-marine. C’était également la première fois qu’on observait plus d’un requin en même temps lors d’une même plongée. Les spécialistes reviendront l’an prochain à la même date pour vérifier si le passage des requins est accidentel ou régulier. Ils veilleront à la conservation de cette espèce.

Le Saint-Laurent nous cache-t-il encore des secrets comme celui-là?

Nécrologie mammifères marins

D’autres échouages ont eu lieu dans les dernières semaines. Deux carcasses de béluga ont été retrouvées : une à Caplan dans la baie des Chaleurs le 17 mai (échantillonnée) et une à Sainte-Flavie le 22 mai (transportée pour une nécropsie). Un petit rorqual s’est échoué mort à Petit-Matane le 23 mai. Il portait des marques de cordages sur son corps. Serait-ce la baleine qui s’était prise dans le câble du filet d’un pêcheur une semaine plus tôt ? Un deuxième petit rorqual est mort à Sept-Îles le 26 mai. Il s’était pris dans le câble de l’ancre d’une chaloupe. Un troisième représentant de cette espèce s’est échoué aux îles de la Madeleine. Son corps portait lui aussi des marques de cordages. Et nouvelle de dernière heure, un autre petit rorqual s’est échoué aux îles de la Madeleine, retrouvé hier le 11 juin. Des engins de pêche seraient également impliqués. On a également signalé une carcasse de phoque à Petit-Matane, une de marsouin commun à Sainte-Anne-des-Monts et une de phoque gris à Métis.

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19 juin 2003, vol. 7 no 24

Observations extraordinaires…tout près de terre

Partout dans le Saint-Laurent, nos collaborateurs nous rapportent des observations extraordinaires tout près de la terre ferme. Les petits rorquals s’alimentent frénétiquement à proximité des quais et des marinas à Gaspé, Percé, Sept-Îles, Mingan, Les Bergeronnes, Tadoussac, Baie-Sainte-Catherine, et j’en passe. Les grands rorquals se rapprochent aussi des rives et s’alimentent régulièrement en surface. À Grande-Grave dans la baie de Gaspé, des rorquals à bosse et des rorquals bleus se donnaient en spectacle. Aux Bergeronnes, les grands rorquals s’alimentaient aussi gueules grandes ouvertes parmi les bouées. Deux à trois rorquals communs se tiennent depuis quelques jours à l’entrée du Saguenay, tout près de la pointe de l’Islet ou de Pointe-Noire. Ils ont même remonté le Saguenay un peu en amont des traversiers. Il s’agit d’une observation exceptionnelle puisqu’ on les voit habituellement plus au large, dans le Saint-Laurent. Que font donc toutes ces baleines ? Elles pourchassent leurs proies. En effet, capelans, krill et autres organismes marins sont observables en quantité le long des pontons et des plages. Ça grouille de vie!

Des rorquals boréals dans la baie de Gaspé

Deux rorquals boréals auraient été vus dans la baie de Gaspé le 15 juin dernier. C’est une observation extrêmement rare. Cette espèce n’est habituellement pas présente dans le Saint-Laurent. Le rorqual boréal est plus petit que le rorqual commun. Contrairement à ce dernier, sa tête fait surface en même temps que sa nageoire dorsale, et son dos ne s’arque pas au moment de sonder. Il est d’une couleur généralement plus pâle que le rorqual commun. Les deux côtés de sa mâchoire sont de la même couleur, alors que le rorqual commun a le côté gauche foncé et le côté droit blanc. Il est quand même très difficile d’identifier cette espèce de façon certaine. Ce ne serait pas la première fois qu’une telle rencontre a lieu dans ce secteur.

Un morse à l’île du Cap Breton

Aucun doute possible, des images vidéo le prouvent. C’est bien un morse qui se faisait dorer au soleil sur les rochers à Donkin à l’île du Cap Breton le jeudi 12 juin. C’est une observation tout à fait étonnante puisque le morse est une espèce disparue du golfe Saint-Laurent. Abondant au début de la colonisation, on l’a chassé jusqu’à l’extinction sur les sites d’échouerie, entre autres aux îles de la Madeleine. Depuis le début du 20e siècle, il n’y avait eu aucune observation. Puis, dans les années 1990, trois observations ont été recensées, sur la base de témoignages oculaires. Le 19 octobre 1992, le capitaine d’un navire de Pêches et Océans Canada a vu ce qu’il a identifié comme étant un morse au large de Sainte-Anne-des-Monts. Le 23 octobre 1993, l’équipage d’un bateau a observé un morse près de Borden à l’île du Prince-Édouard. En 1996, un plongeur a vu deux morses près de Deadman’s Island au sud-ouest des îles de la Madeleine, et des pêcheurs de crabe ont aperçu trois morses dans la baie des Plaisances aux îles de la Madeleine. Il y a aussi eu quelques observations à Terre-Neuve dans les années 1990. De nos jours, les populations de morses se limitent aux régions arctiques.

Images vidéo CTV

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26 juin 2003, vol. 7 no 25

Bébés bélugas

De juin à septembre, c’est la période de naissances chez les bélugas. De certains sites d’observation terrestre, comme Pointe-Noire, à l’entrée du Saguenay, ou Baie-Sainte-Marguerite, dans le Saguenay même, on peut observer de nombreux bélugas avec des jeunes et incessamment les premiers bébés de l’année. Ces petits sont d’une couleur café au lait. Ils deviendront bleu gris foncé à l’âge d’un an ou deux ans : on les appellera alors bleuvets. Ensuite ils sont gris quelques années et deviennent blancs à l’âge adulte entre cinq et sept ans. Les bébés sont plutôt cocasses. Ils surgissent de l’eau tout près de leur mère comme de petites fusées maladroites, respirer n’étant pas encore une habitude.

D’autres baleineaux

Un rorqual à bosse a été observé avec son baleineau dans la baie de Gaspé les 15 et 16 juin. Le petit sortait maladroitement sa queue en plongeant. Toujours dans la baie de Gaspé, on aurait aussi aperçu un rorqual bleu et son jeune le 14 juin. Le jeune était beaucoup plus petit que les autres rorquals bleus et se tenait le long de sa mère. Les observations de paires mères-baleineaux sont régulières dans le golfe pour les rorquals à bosse, mais très rare pour les rorquals bleus.

Un petit rorqual un peu trop hardi

Un petit rorqual a été observé à demi-échoué au quai de pêche de Mingan. Il avait de l’eau jusqu’à mi-corps et s’est débattu pendant quelques minutes avant de réussir à retourner au large. Il avait probablement poursuivi un banc de capelans un peu trop loin ! Ouf !

Bélugas solitaires

Un béluga solitaire a passé plusieurs jours à Havre-Saint-Pierre sur la Côte-Nord, très loin de son aire de distribution estivale normale. C’était probablement le même individu que celui aperçu à l’île Niapiskau dans l’archipel de Mingan à la fin mai. Il était très près du quai et il a été vu en compagnie de petits rorquals. Un autre béluga solitaire a été observé à Pointe-Mistassini le 15 juin. Une telle observation avait été faite au même endroit le 25 mai.

Des dauphins !!!

Une dizaine de dauphins à nez blanc ont été observés au large des falaises de Forillon en Gaspésie. Cette espèce est observée dans le golfe Saint-Laurent, mais habituellement plus tard dans l’été. Les voilà donc tôt dans la saison. Ils forment parfois des troupeaux de centaines d’individus.

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3 juillet 2003, vol. 7 no 26

Un narval à Terre-Neuve

Le narval est une espèce typiquement arctique. Quelle surprise alors d’en rencontrer un à Terre-Neuve, plus précisément à Conception Bay dans la péninsule d’Avalon. Le narval est présent à cet endroit depuis plus de trois semaines. Au début, il se tenait près d’un iceberg (!). Il recherche maintenant les bateaux, un peu comme les bélugas solitaires loin de chez eux. C’est un mâle dont on estime l’âge entre six et huit ans. Sa défense est relativement courte. On invite les résidants et les touristes en bateaux à ne pas rechercher sa compagnie pour ne pas qu’il s’habitue trop aux humains et à être vigilants pour éviter les collisions.

Encore des poupons

Il y a deux semaines, on signalait une mère rorqual bleu avec son petit en Gaspésie. C’est à Pointe-à-Boisvert que le couple a resurgi dimanche. L’équipe du groupe de recherche le Mériscope a réussi à leur croquer le portrait, et a même réalisé un enregistrement sonore de 38 minutes. La paire se serait déplacée dans le secteur du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent mardi. On devrait savoir bientôt qui est cette mère rorqual bleu, la 13e rapportée dans le Saint-Laurent depuis 1978 d’après les données du MICS à Mingan (qui fête ses 25 ans en fin de semaine). Une mère rorqual commun et son jeune ont aussi été observés et photographiés par l’équipe du GREMM à Tadoussac. Finalement, un rorqual à bosse et son baleineau ont été vus à Percé, peut-être la même paire que les animaux observés dans la baie de Gaspé les 15 et 16 juin.

Bataille de phoques

Des observateurs ont été témoins d’une scène assez particulière il y a quelques jours. Dans le Saguenay, à la baie Sainte-Marguerite, deux phoques communs se battaient. Ils plantaient leurs dents dans le cou de leur adversaire, et la bataille a duré une dizaine de minutes. Un des phoques s’est sauvé en effectuant des sauts. En effet, croyez-le ou non, les phoques communs peuvent sauter hors de l’eau, un peu comme des dauphins.

Crèches sans âne ni boeuf

De la rive, on peut observer des canes brunes en compagnie de dizaines de gros canetons qui farfouillent dans les battures. Ce sont des crèches d’eiders à duvet. Plusieurs mères se rassemblent avec leurs petits. Cela permet probablement de mieux protéger les jeunes des prédateurs, par exemple les goélands marins. Alors gare à ne pas s’éloigner de la crèche !

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10 juillet 2003, vol. 7 no 27

Baleine noire à Percé

On a observé une baleine noire à Percé. La baleine noire, aussi appelée baleine franche, est une espèce en voie de disparition, avec moins de 325 représentants dans l’Atlantique Nord. Depuis 1995, des baleines noires sont régulièrement observées dans les environs de Percé. Cette première observation de l’année concerne une femelle identifiée à l’aide du catalogue des baleines noires de l’Atlantique Nord. Rat, comme on la surnomme, n’en est pas à sa première visite dans le Saint-Laurent. Elle y a même amené un jeune en 2001. Peut-être a-t-elle des compères pas loin ?

Des marsouins agités

Des observateurs de Sainte-Anne-de-Portneuf ont rencontré une douzaine de marsouins communs, dont quatre baleineaux. Les petits se tenaient au milieu et les adultes autour. Ils étaient très agités. Un adulte et deux petits ont sauté hors de l'eau à la manière des dauphins. À un certain moment, les observateurs ont aperçu le pénis d'un des adultes. Les marsouins s'accouplent et mettent bas au cours du printemps et de l'été. Ces événements peuvent donc avoir lieu dans le Saint-Laurent. Une autre fois, dans le même secteur, des marsouins suivaient le bateau d'un observateur en " surfant " dans les vagues.

De l'action dans l'estuaire !

Dans le secteur Tadoussac-Les Escoumins, on observe beaucoup de comportements d'alimentation de surface de la part de tous les rorquals en présence. Les grandes gueules ouvertes émergent de l'eau et se referment devant les observateurs épatés. On voit les bancs de krill à la surface. Il y a parfois une dizaine de rorquals communs qui soufflent dans le même secteur. Certains sont encore tout près de l'entrée du Saguenay, et même dans la baie de Tadoussac. Le rorqual à bosse présent, Tic Tac Toe, a un comportement parfois très bizarre. On l'a vu plusieurs fois entrer en collision avec des rorquals communs. Il a aussi interagi avec un rorqual bleu. Jusqu'à quatre rorquals bleus ont été observés, dont le baleineau et sa mère identifiée comme étant King Fisher (catalogue du MICS). Une bonne trentaine de petits rorquals sillonnent aussi les eaux.

Les brumes de Mingan

Malgré la brume, il y a eu des scènes magnifiques à Mingan cette semaine. Vendredi, le capelan roulait et une dizaine de petits rorquals s'alimentaient en surface près du quai. Une cinquantaine de phoques gris évoluaient également le long de la plage de Longue-Pointe. Le tout dans une atmosphère fantomatique, les animaux apparaissant et disparaissant au gré du voile de brume… Samedi, toujours dans la brume, un petit rorqual a poursuivi les capelans un peu trop près du bord et par deux fois il s'est échoué à moitié sur la plage. Il a dû battre de la queue vigoureusement pour retourner à l'eau. La même scène avait été observée il y a deux semaines au quai de pêche de Mingan. Accident de parcours ou nouvelle technique ?

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17 juillet 2003, vol. 7 no 28

Accouplements de bélugas

Jeudi dernier, le 10 juillet, l'équipe de recherche du GREMM, basée à Tadoussac, a observé une scène presque jamais vue  : des accouplements de bélugas. Il y avait là trois bélugas, deux mâles et une femelle. Ils étaient très actifs en surface, les mâles bousculaient la femelle, la maintenaient entre eux deux, l’un des deux lui a mordu la nageoire pectorale, et tout a été vu (fentes génitales, pénis et pénétrations). Cela s'est déroulé près de l'île Verte. L'équipe de recherche a observé ces comportements pendant tout l'après-midi, cinq heures durant, et l'activité était déjà commencée à leur arrivée sur les lieux. L'an dernier, à la fin juin, un groupe de bélugas en activité sexuelle avait été filmé par l'équipage d’un bateau de croisière. D'autres observations du genre ont été faites dans le passé, mais elles sont très rares. Cette fois, les comportements étaient encore plus explicites, et les 160 minutes de film, ainsi que les dizaines de photographies, permettront de documenter davantage ce côté caché des bélugas.

Trois baleines noires

Il y a trois baleines noires (baleines franches) à Percé. La femelle Rat est toujours là, avec deux autres baleines. Lors d’une rencontre, les baleines levaient la queue à chaque respiration, plutôt qu’à la fin de la séquence de respirations seulement. Tout un bonus pour les observateurs ! En début de semaine, Rat et un autre individu se collaient et se frottaient, l’une des deux tentait de monter sur l’autre et la poussait avec sa tête. Assistait-on à une tentative d’accouplement ? Les baleines noires mettent bas entre novembre et mars dans les eaux baignant la Géorgie et la Floride. Curieusement, on les observe s’accoupler tout au long de l’année, et pas uniquement 12 mois (le temps de gestation chez cette espèce) avant la période des naissances… Pourquoi ? Le doute plane.

Kayak bioluminescent

Une kayakiste nous racontait une sortie de nuit absolument magique. La baie était bruyante, remplie des frétillements des poissons à la surface. Plus loin, le sillage de l’embarcation s’est illuminée de bioluminescence argentée. Il s’agissait probablement d’une espèce de zooplancton. La kayakiste a pu attraper un de ses points lumineux dans sa main. Et bien sûr, on entendait les souffles des petits rorquals, eux-mêmes invisibles sur la mer noire. Vers la fin de l’expédition, la pleine lune s’est levée du côté de la rive sud, orange et immense. Une expérience sensorielle unique. Tentés par l’aventure ? Rappelez-vous que ce sport plein de charme commande la prudence.

Les dauphins du Saint-Laurent

La croyance populaire est que les dauphins se retrouvent seulement dans les eaux chaudes. Pourtant, il y a aussi des dauphins qui vivent dans les eaux froides. D’ailleurs, deux espèces fréquentent le Saint-Laurent. Des représentants de ces deux espèces ont été vus cette semaine : une quinzaine de dauphins à flancs blancs dans le secteur de Gaspé et une quinzaine de dauphins à nez blanc près de la pointe Nord de l’île d’Anticosti. Ces cétacés curieux et enjoués aiment naviguer dans le sillage des bateaux. Ils s’associent souvent aux grands rorquals, probablement parce qu’ils partagent la même source de nourriture.

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24 juillet 2003, vol. 7 no 29

Cétacés et oiseaux

Il y a des rorquals communs, des rorquals bleus et des rorquals à bosse en plusieurs endroits du Saint-Laurent. Deux baleines noires étaient toujours présentes à Percé. Des dauphins à flancs blancs ont été vus à Percé et au large de Godbout. Il y a un béluga solitaire à Havre-Saint-Pierre. Et partout le long des côtes, les petits rorquals et les marsouins surgissent des flots. Ne manquez pas de consulter la carte des observations. Les oiseaux marins sont aussi au rendez-vous : petits pingouins avec leur livrée noire et blanche et leur bec aplati à la verticale, mouettes de Bonaparte avec leurs têtes noires, fous de Bassan tombant du ciel en de vertigineux piqués, pétrels semblant " marcher sur l’eau " de par leur vol particulier,… Une observatrice de Percé a aperçu un puffin des Anglais… tous à vos livres pour voir à quoi ressemble cet oiseau adepte de la haute mer. Si vous avez envie de vous mettre à l’ornithologie, le Saint-Laurent vous fera découvrir des trésors !

Des globicéphales

Une rare observation a été faite le mardi 22 juillet en Gaspésie. Un groupe d'une trentaine de globicéphales noirs a été vu à quatre milles au large du phare de Cap-des-Rosiers. Les globicéphales noirs, des cétacés à dents de la famille des dauphins, fréquentent le golfe du Saint-Laurent. Ils vivent en groupes familiaux de plusieurs dizaines d’individus et sont connus pour leurs échouages collectifs. Longueur : quatre à cinq mètres de long, parfois jusqu’à huit mètres. Poids : 2 à 3,5 tonnes. On dirait de gros bélugas noirs, nageoire dorsale en prime !

Des requins pèlerins

On a signalé un requin pèlerin dans la baie de Gaspé le 17 juillet dernier, plus précisément entre le cap Gaspé et l’anse aux Sauvages. Il nageait tranquillement à seulement un quart de mille de la côte. Trois autres requins pèlerins ont également été signalés dans le secteur de Mingan. On rencontre régulièrement cette espèce dans le Saint-Laurent. C’est le deuxième plus grand poisson après le requin baleine; il peut atteindre 15 mètres de long et peser jusqu’à 5 tonnes. Cependant, ceux qu’on retrouve dans le Saint-Laurent mesurent plutôt entre 8 et 10 mètres de long. Il est inoffensif puisqu’il se nourrit de plancton. Mais une rencontre avec un requin provoque toujours une certaine décharge d’adrénaline.

Rorquals à bosse espions

Dans le secteur Tadoussac-Les Bergeronnes, deux rorquals à bosse en mettent plein la vue aux observateurs. Tic Tac Toe, un individu bien connu, a sauté hors de l'eau quelques fois. Il tape régulièrement de sa queue et de sa nageoire pectorale sur la surface, et il émet parfois des sons de trompette (" trumpetting ") avec son évent. Lui et Le Souffleur, l'autre rorqual à bosse, ont passé de grands moments à se reposer, immobiles à la surface, un comportement appelé billotage en référence à un billot qui flotte. Ils ont aussi fait du " spy-hopping ", ou espionnage; ils sortaient la tête hors de l'eau, le corps à la verticale, et observaient les bateaux. Un des rorquals faisait la chandelle, la queue hors de l'eau. Le Souffleur a aussi nagé sur le dos, ventre et nageoires pectorales en l’air. Ces deux baleines font la paire depuis deux semaines maintenant.

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31 juillet 2003, vol. 7 no 30

Globicéphales dans l'estuaire

Espèce exceptionnelle pour l'estuaire : une observatrice à l'œil aiguisé a aperçu trois globicéphales noirs entre Les Bergeronnes et Tadoussac vendredi dernier. Le temps de trois respirations, elle a noté leur couleur noire, leur large nageoire dorsale et leur melon à l'avant du crâne. Aucun doute, ce n'était pas des marsouins. Étaient-ils membres du groupe d'une trentaine de globicéphales observés en Gaspésie le 22 juillet dernier ? Les globicéphales noirs fréquentent le golfe, mais remontent très exceptionnellement plus en amont. Voici les dernières observations rapportées pour l'estuaire : une quarantaine d'individus au large des Bergeronnes en 1985, une vingtaine d'individus au large de l'île du Bic en 1995, un individu échoué vivant à Rimouski le 16 août 2002 (tentative de remise à l'eau puis euthanasie).

Baleines de Minganie

Des baleines rejoignent la Minganie. Sept rorquals à bosse sont arrivés là-bas cette semaine, dont deux mères avec leurs baleineaux, et un juvénile. Une dizaine de rorquals communs, une dizaine de petits rorquals et des centaines de marsouins communs fréquentent la région. Il y avait aussi une quinzaine de dauphins à nez blanc. Fous de Bassan et océanites de Wilson sont vus au large et dans l'archipel des îles Mingan. Près de l'île aux Perroquets, on observe des guillemots à miroir et bien sûr les incomparables macareux moines, surnommés perroquets des mers.

Du monde au bout de la péninsule

Dans le secteur de Percé, on rapporte une quinzaine de rorquals communs et quelques petits rorquals. Par une journée de brume, des croisiéristes ont rencontré les trois baleines noires présentes dans le secteur depuis quelques semaines déjà. L'une d'elles a sauté complètement hors de l'eau à trois reprises. Une autre claquait la surface de l'eau avec sa nageoire pectorale. On a aussi aperçu un requin pèlerin. Au large de Gaspé, il y avait cinq ou six rorquals bleus, quatre petits rorquals, deux rorquals communs, un rorqual à bosse, et un troupeau d'environ 250 dauphins à flancs blancs. Sans oublier des dizaines de marsouins communs un peu partout.

S'endormir avec les petits rorquals

À Pointe-des-Monts, des petits rorquals se tiennent tout près des rochers. Les campeurs, dans leurs tentes dressées entre la forêt et la mer, s'endorment le soir au son de leurs souffles. Des marsouins communs passent aussi furtivement près du rivage. Des coins enchanteurs du genre, il y en a des dizaines le long du Saint-Laurent. On peut y découvrir les habitudes côtières de certaines baleines.

Morts en mer

Voici les cas d'échouages des dernières semaines. Le 13 juin, un béluga est retrouvé à Saint-Ulric-de-Matane et est transporté à l'Institut de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe pour une nécropsie. Le 7 juillet, un béluga est trouvé sur une plage près de Sept-Îles et on prélève de échantillons sur la carcasse. Le 8 juillet, une autre carcasse de béluga est découverte à Saint-Ulric-de-Matane (échantillonnée). Le 23 juillet, on retrouve la carcasse d'un béluga nouveau-né à l'île Verte (transportée à Saint-Hyacinthe). Le 7 juillet, un petit rorqual dérive au large de Forestville. Il est remorqué sur la terre ferme où on prélève des échantillons. Le 23 juillet, la carcasse passablement décomposée d'un rorqual commun dérive jusqu'au pied d'une falaise à l'Anse-à-Beaufils près de Percé. Il s'agit d'un mâle de 17 mètres de long. On rapporte aussi une douzaine de phoques échoués morts sur les rives du Saint-Laurent, ainsi que trois marsouins communs (Pointe-aux-Outardes, Sept-Îles et Cap-des-Rosiers).

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7 août 2003, vol. 7 no 31

Béluga sociable

Depuis trois semaines, un béluga hors secteur avait adopté la région de Havre-Saint-Pierre en Moyenne-Côte-Nord. Il y avait d’ailleurs été vu durant quelques jours à la fin du mois de juin. Cette fois, il se collait sur les quais et les bateaux et recherchait des contacts physiques avec les humains. Les bélugas solitaires développent souvent ce genre de comportement. Cela peut sembler charmant au premier abord, mais détrompez-vous. Les animaux peuvent y perdre de leur aptitude à survivre dans leur milieu sauvage. Ne se méfiant plus des éléments humains de leur environnement, ils sont souvent victimes de collisions avec les bateaux. Aux dernières nouvelles, le béluga s’était dirigé vers l’ouest. Va-t-il rejoindre son territoire habituel et des compagnons de son espèce ? C’est à espérer.

Cinq cachalots

Le cachalot… un nom qui évoque le légendaire Moby Dick, les grandes profondeurs, les calmars géants,… Mais peu de gens savent que des cachalots font parfois des visites éclairs dans le Saint-Laurent. Vendredi dernier, au large de Tadoussac, ce sont pas moins de cinq cachalots qui ont été aperçus dans la brume. Ils ont été revus plus à l’est samedi. Des photographies ont pu être prises, mais les animaux ne semblaient pas disposés à montrer la queue. Cette partie du corps est nécessaire à l’identification des individus chez cette espèce. Le catalogue des cachalots ayant visité l’estuaire compte maintenant 21 individus. Ceux-là en faisaient-ils partie ou étaient-ils de nouvelles figures ?

De gros poissons

Des requins pèlerins ont été rapportés en plusieurs endroits cette semaine : deux à Percé, un dans la baie de Gaspé et deux au large de Sainte-Anne-des-Monts. Une observatrice de Percé nous racontait sa rencontre avec un de ces mastodontes. Il était très gros, probablement une dizaine de mètres. Il nageait près du bateau, juste sous la surface. Elle le voyait par transparence à travers l’eau. La même journée, elle a observé quatre thons. Et oui ! Le thon rouge de l’Atlantique fréquente le sud du golfe du Saint-Laurent. Il y est même pêché, un quota d’environ 620 tonnes cette année. Ce poisson est aussi gros qu’un dauphin. Il mesure entre deux et trois mètres et peut peser 200 kg. Un commentaire de notre collaboratrice ? Différent du thon en boîte !

Dix fois le plus gros animal de la planète

Un rorqual bleu : un souffle bruyant qui s’élève en une colonne de vapeur au loin, un dos gris bleu comme la mer qui défile à la surface, une nageoire dorsale proportionnellement minuscule, et parfois la queue qui se dresse vers le ciel. Au large de Sainte-Anne-de-Portneuf, une dizaine de rorquals bleus sont présents. Imaginez… dix fois le plus gros animal de la planète ! Chacun mesurant près de 25 mètres et pesant une centaine de tonnes. On peut observer le rorqual bleu un peu partout dans le Saint-Laurent. C’est d’ailleurs un des seuls endroits au monde où on peut le voir si près de la côte. En plusieurs sites, des rorquals bleus passent près de la rive et on peut les apercevoir sans même quitter le plancher des vaches. Savourons notre chance.

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14 août 2003, vol. 7 no 32

Les marsouins

Les marsouins communs sont présents partout dans le Saint-Laurent. Leurs petits dos foncés surmontés d’une nageoire dorsale passent rapidement à la surface. Même en condition de brume épaisse, leur présence est révélée par leurs souffles discrets. Il y a de nombreux petits de l’année parmi eux. Une observatrice de Tadoussac a été témoin d’une situation cocasse. Un marsouin, la tête à la limite de la surface, soufflait de manière répétitive et insistante. S’était-il étouffé ? Voulait-il se débarrasser d’un corps étranger qui s’était logé dans son évent ? La population de marsouin commun du Nord-Ouest de l’Atlantique a récemment changé de statut : elle est passée de " menacée ", statut attribué en 1990, à " préoccupante ", un statut de moindre risque. Le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada) considère que moins de marsouins communs meurent accidentellement dans les filets de pêche.

Un deuxième bébé rorqual bleu

La présence d’un deuxième baleineau rorqual bleu a été confirmée par plusieurs observateurs dans le secteur entre Les Escoumins et Forestville. Il s’agirait de la 14e paire mère-baleineau rapportée dans le Saint-Laurent depuis 1978 d’après les données du MICS. Deux baleineaux très rares dans le même été ! Une bonne nouvelle pour la population de rorqual bleu de l’Atlantique Nord-Ouest, classée en voie de disparition depuis 2002. Une équipe du MICS est maintenant postée à Sainte-Anne-de-Portneuf et pourra sûrement identifier la mère. Quant au premier baleineau qui avait été observé à la fin juin, il est aussi présent dans ce secteur, avec sa mère King Fisher. L’équipe du groupe de recherche Le Mériscope a réalisé un deuxième enregistrement sonore de cette paire. En tout, on a vu une dizaine de rorquals bleus dans cette zone. Il y a également quelques rorquals communs, dont une mère et son baleineau.

À la recherche des baleines noires

Une équipe de chercheurs sillonne cette semaine la région de Percé dans le but de documenter la présence des baleines noires (baleines franches). Depuis quelques années, de plus en plus de ces baleines rares visitent le secteur. Michael Moore et son équipe, du Woods Hole Oceanographic Institution au Massachusetts, naviguent à bord du voilier Rosita. Ils font des transects pour repérer des baleines, à l’aide de jumelles et aussi d’hydrophones. S’ils en trouvent, ils feront des photographies qui seront analysées par le New England Aquarium (Massachusetts) et intégrées au catalogue général de photo-identification des baleines noires de l’Atlantique Nord. Jusqu’à maintenant, aucune baleine noire ne s’est montré le bout du rostre. Aux gens de là-bas, si vous en rencontrez une, n’hésitez pas à communiquer tout de suite avec l’équipe de recherche.

Spectacles et jeune curieux

Il y a de nombreuses baleines dans le secteur de Mingan. Entre autres, une quinzaine de rorquals à bosse sont présents, dont trois mères avec leurs baleineaux. Ces animaux offrent des spectacles impressionnants. Ils frappent l’eau de leur nageoire pectorale ou de leur queue. Ils sautent hors de l’eau, la tête sortant la première ou même la queue sortant la première. Les chercheurs se perdent toujours en hypothèses quand il s’agit d’expliquer la signification de ces comportements exubérants. Une vingtaine de rorquals communs fréquentent le même secteur. Parmi eux, il y a deux mères et leurs baleineaux. Un des baleineaux, très curieux, est allé à la rencontre des bateaux pendant que sa mère était en plongée. C’est un bébé de 10 à 12 mètres de long qui a tourné autour des chercheurs. Les jeunes animaux ont souvent des comportements plus fantasques que les adultes. Il leur arrive ainsi d’investiguer les bateaux. Des rencontres inoubliables !

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21 août 2003, vol. 7 no 33

Voyage de rorquals à bosse

Deux rorquals à bosse bien connus, Tic Tac Toe et Le Souffleur, ont fréquenté le secteur Tadoussac-Les Escoumins pendant plusieurs semaines en juillet et en août. Ils y ont été vus encore le 6 août. Puis, ils ont été repérés le 7 août au large de Sainte-Anne-de-Portneuf. Quelques jours plus tard, les 12 et 13 août, ils épataient les observateurs de Mingan par des comportements spectaculaires. Les chercheurs du MICS ont réussi à prélever une biopsie de Tic Tac Toe, ce qui permettra d’identifier son sexe. Le dimanche 17 août, les deux baleines étaient de retour près des Escoumins. Un aller-retour en dix jours ! Qu’est-ce qui motive ces pérégrinations ? Les baleines ont parfois beaucoup à gagner à explorer différentes aires d’alimentation.

Baleines noires colleuses

Deux baleines noires (baleines franches) ont été observées le mercredi 20 août en avant-midi au large de Percé. Elles se collaient, l’une posait sa tête sur l’autre, elles roulaient et sortaient leurs nageoires pectorales dans les airs. Elles ont poursuivi ce manège pendant une heure environ. Sans être des accouplements, ces comportements sont sans doute liés à la reproduction, mais les scientifiques n’en connaissent pas la fonction précise.

Poisson lune

On a vu un poisson lune au large des Bergeronnes le dimanche 17 août. Le nom latin de ce poisson est Mola mola. Il a le corps ovale, comme une grosse lune, avec une grande nageoire dorsale et une grande nageoire anale, mais pas de nageoire caudale. Il mesure environ un mètre à un mètre et demi de long et pèse autour de 100 à 200 kilogrammes, mais certains individus géants atteignent 3,4 mètres de long et 900 kilogrammes. Il est souvent vu se chauffant au soleil à la surface, d'où son nom anglais ocean sunfish. Cette espèce est rapportée de temps à autre dans le golfe Saint-Laurent, plus rarement dans l’estuaire.

Croisière dans les îles…

À Sept-Îles, la saison d’observation va bon train. Cette semaine, il y avait un rorqual à bosse en plein dans la baie de Sept-Îles. Plus loin au large, six rorquals communs étaient présents dont une mère et son baleineau. Des petits rorquals et des marsouins sont aussi aperçus dans la baie et dans l’archipel… Au fait, quelles sont ces sept îles ? La Grosse Boule, la Petite Boule, la Grande Basque, la Petite Basque, l’île Manowin, les îlets Dequen et l’île du Corossol. Chacune recelant une histoire… et des trésors. Par exemple, l’île du Corossol est un refuge d’oiseaux migrateurs; y nichent de nombreuses espèces d’oiseaux marins (mouettes tridactyles, océanites cul-blanc, petits pingouins et plusieurs autres).

Hurler dans le vent

Les phoques ne sont pas surnommés les loups marins pour rien. Ce nom viendrait des phoques gris. Une de nos observatrices a pu le constater dernièrement. Aux îles du Bic, des centaines de phoques gris étaient échoués sur les rochers et hurlaient. Leurs cris faisaient penser tour à tour à des loups, des chiens, des cris d’enfants,… " un vrai film d’horreur " déclarait-elle. À l’eau par contre, ces phoques sont silencieux. On les voit un peu partout dans le Saint-Laurent. Leurs grosses têtes massives sortent de l’eau, ils nous aperçoivent, nous regardent, et replongent dans la houle.

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28 août 2003, vol. 7 no 34

Baleines et astronomie

Voir une baleine surgir de l’eau dans le reflet de la lune, c’est déjà magnifique. Mais là, c’est dans le reflet de Mars que nos observateurs ont vu glisser le dos d’un petit rorqual. Y a rien de trop beau! La soirée du 18 août dernier fut mémorable pour les observations de nuit. Le temps était très calme, aucun souffle de vent, seulement ceux des baleines. On entendait en effet les souffles légers de dizaines de marsouins, ceux plus appuyés de quelques petits rorquals, et plus au large les souffles puissants de grands rorquals. Aussi, les bruits essoufflés des phoques gris revenant de plongée. Dans le ciel clair, on voyait mille et une étoiles. La Voie Lactée faisait son chemin dans le firmament. La lune orange s’est levée, comme un quartier d’orange échevelé. Pour compléter le tableau, une aurore boréale s’est mise à faire danser ses rideaux turquoise. De toute beauté !

Nocturne et les autres

Nocturne est une femelle rorqual à bosse au comportement assez particulier. Fréquentant la région de Mingan, elle s’est souvent approchée par elle-même des bateaux, comme pour aller voir ce qui s’y passait. La semaine dernière, lors d’une rencontre avec l’équipe du MICS, elle s’est frottée sous le bateau et a montré ses nageoires pectorales à plusieurs reprises au-dessus de celui-ci. Elle a également sortie sa tête à quelques centimètres de l’embarcation et a regardé les occupants. D’autres rorquals à bosse ont eu les mêmes comportements agrémentés de sauts complets hors de l'eau, de nageoires pectorales et de queue qui claquent la surface. " Un vrai ballet! ", déclarait notre observatrice. Quelle espèce à couper le souffle ! En tout, une trentaine de rorquals à bosse sont présents, sans oublier les nombreux rorquals communs, petits rorquals, marsouins, dauphins à flancs blancs, phoques et fous de Bassan.

Paysage en changement ou Éboulis dans le rocher

Le paysage fait partie intégrante des excursions, tout comme les baleines et les oiseaux. À Percé, le rocher est l’élément visuel le plus important. Les habitués y verront un léger changement. Cent tonnes de roches supplémentaires se sont détachées du plafond du trou dans la nuit de vendredi à samedi, probablement en raison des fortes pluies des dernières semaines. Autrefois, le rocher comportait deux trous. Le 17 juin 1845, l’arcade d’un de ceux-ci s’est effondrée, laissant une partie du rocher seule à l’extrémité. Cette partie est appelée l’obélisque. Visiteurs, attention à vos têtes.

Échouages

Un béluga naissant s’est échoué vivant à Sainte-Luce le 30 juillet. Après avoir tenté une remise à l’eau, l’équipe d’intervention a dû euthanasier l’animal. Sans sa mère, il était voué à mourir. Une carcasse de béluga a été retrouvée au parc du Bic le 12 août; elle a été transportée à la Faculté de médecine vétérinaire de l’université de Montréal à Saint-Hyacinthe pour une nécropsie. Une autre carcasse a été découverte à Baie-des-Sables le 25 août. Vu l’état de décomposition, on a seulement prélevé des échantillons. On a recensé quatre marsouins communs échoués : à Sept-Îles le 1er août, aux Escoumins le 9 août, à Pointe-au-Père le 12 août et à Cacouna le 26 août. Des carcasses de phoques ont aussi été rejetées par la mer : à l’île d’Orléans le 6 août, à Sainte-Luce le 16 août, à Cap-Chat le 20 août et à Sainte-Flavie le 27 août.

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4 septembre 2003, vol. 7 no 35

Dans Charlevoix

Les groupes de bélugas font partie du paysage de Charlevoix, ainsi que les nombreux petits rorquals. On voit aussi des marsouins communs. Ces derniers temps, quelques rorquals communs ont également fréquenté ce secteur. On a observé entre deux et cinq individus à Cap de la Tête au Chien, à Saint-Siméon, à Port-au-Persil et même à Cap-à-l’Aigle et Pointe-au-Pic.

Poissons lunes échoués

Vous vous rappelez de l’observation rare d’un poisson lune au large des Bergeronnes le 17 août dernier ? Et bien le lundi 1er septembre, un poisson lune a été retrouvé mort échoué à Sainte-Luce sur la rive Sud. Le mercredi 3 septembre, un autre spécimen a été retrouvé un peu plus en aval, à Cap-Chat en Gaspésie. L’arrière de son corps n’est pas vraiment constitué d’une queue classique. C’est plutôt une forme tronquée en une succession de courbes. Les témoins des échouages nous décrivaient cette caractéristique de façon imagée : le rebord d’une tarte ou les pétales d’une fleur. Ce poisson pélagique est retrouvé dans les eaux du golfe Saint-Laurent, mais sa présence dans l’estuaire est un événement rare. En septembre 1997, deux poissons lunes s’étaient échoué sur la plage de Pointe-au-Père.

Puyjalon

L’équipe du MICS à Mingan observe toujours de nombreuses baleines, plus précisément dans le secteur de Puyjalon au nord de l’île d’Anticosti. Une quinzaine de rorquals à bosse sont là. Des individus ont été reconnus comme Circée, Brax, Fleuret, Stratus (qui n’avait pas été rencontré depuis 1998) et Siam (qui avait séjourné dans l’estuaire plus tôt en saison). Plus de vingt rorquals communs étaient présents, des petits rorquals et de nombreux marsouins communs. De plus, ils ont compté environ 140 dauphins à nez blanc, une espèce plus rarement observée que le dauphin à flancs blancs. En Gaspésie d’ailleurs, environ 150 dauphins à flancs blancs sont présents. Tout ça malgré une mer houleuse et des conditions difficiles.

Les sangsues ou les vampires ?

Il arrive de voir de longues formes foncées qui pendent du flanc des baleines. Ce sont des lamproies, des poissons primitifs à l’allure d’anguilles. Ces poissons parasites s’accrochent avec leur bouche et sucent le sang, à l’image des sangsues ou des vampires, selon ce que vous préférez évoquer. Mais ils ne représentent rien d’inquiétant pour les baleines. Dans le Saint-Laurent, on a déjà recensé des lamproies sur des petits rorquals, des rorquals communs, des rorquals bleus et même des bélugas.

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11 septembre 2003, vol. 7 no 36

Visiteurs exceptionnels

D’étranges cétacés ont été aperçus par plusieurs personnes depuis une semaine entre Les Escoumins et Les Bergeronnes. Ils ont la taille et l’allure de bélugas, mais ils sont tachetés gris foncé. Des narvals ?!? De nombreux observateurs expérimentés confirment la présence de cet animal de l’Arctique dans nos eaux. Les deux individus ne sont pas munis de l’immense défense caractéristique des narvals mâles. Certains témoins avancent que ce serait une femelle et un jeune. Des photos avaient été prises par l’un de ces observateurs, mais malheureusement on ne peut y distinguer les fameux cétacés. Ils ont un souffle léger et sont très discrets. À chaque fois qu’on a pu les apercevoir, ça a été très bref, et les tentatives pour les retrouver tout de suite après ont été infructueuses. Il n’y a donc toujours pas de photographies de ces mystérieux cétacés.

Grands rassemblements

Il y a un nombre incroyable de baleines dans le secteur de Mingan et d’Anticosti. L’équipe de recherche du MICS a compté environ 50 rorquals à bosse et 70 rorquals communs. Ces animaux se concentrent dans le détroit de Jacques Cartier, le long de la côte d’Anticosti, face aux falaises de Puyjalon. Partant de Mingan, l’équipe de recherche doit naviguer deux heures de temps pour se rendre sur place, mais une fois là, les membres de l’équipe ne savent plus où donner de la tête tellement il y a de souffles autour d’eux. Les trois quarts des rorquals à bosse rencontrés ont pu être identifiés. Tingley, Illusion, Splish, Corona, Koudou, Dipper, Quartz, ne sont que quelques-uns des individus présents. Parmi eux il y a six mères rorquals à bosse avec leurs petits. Et Stalagmite a donné tout un spectacle près du bateau pendant plus d’une heure. Les autres espèces ne sont pas en reste : des dizaines de petits rorquals, des centaines de marsouins communs et de dauphins à flancs blancs, et quelques phoques communs qui sont allés observer le bateau.

Cachalot échoué à l’Anse-à-Valleau

Un cachalot s’est échoué le mardi 9 septembre en après-midi à l’Anse-à-Valleau en Gaspésie. Il s’agit d’un mâle de 13 mètres de long. On croit que la mort remonte à quelques jours. Heureusement, ce n’est pas le célèbre Tryphon, un cachalot qui visite régulièrement l’estuaire du Saint-Laurent depuis 1991. Est-ce un autre animal connu ? Le catalogue des cachalots ayant visité le Saint-Laurent compte 21 individus. La queue du cachalot échoué portait des marques qui pourraient permettre, s’il fait partie du catalogue, de le reconnaître. L’impressionnante carcasse sera dépecée sur place par une équipe du GREMM assistée de Pierre-Henry Fontaine. Les os seront récupérés, et, après nettoyage, on reconstituera le squelette qui servira à des fins d’éducation au Centre d’interprétation des mammifères marins de Tadoussac. Une fin plus qu’honorable pour ce géant des mers.

Des dauphins un peu partout

Environ 300 dauphins à flancs blancs ont été observés à Sainte-Anne-de-Portneuf le lundi 8 septembre. Une dizaine de ces dauphins ont aussi été vus du traversier Forestville-Rimouski. On en a signalé également quelques dizaines à Percé et à Gaspé. Sans oublier les nombreux représentants de cette espèce rencontrés dans le secteur de Mingan. Une erreur s'est glissée dans le bulletin de la semaine dernière. Il y avait environ 140 dauphins à flancs blancs dans le secteur de Mingan, et non pas 140 dauphins à nez blanc.

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18 septembre 2003, vol. 7 no 37

Nouveau-nés

Des observateurs ont aperçu un béluga nouveau-né au large de Rivière-du-Loup. Il était dans un groupe de trois ou quatre adultes avec un juvénile. Selon les observateurs, il était âgé de seulement quelques heures. Les nouveau-nés sont reconnaissables aux plis fœtaux encore visibles sur leur corps. Au début de leur vie, ils semblent quelque peu malhabiles lorsqu’ils viennent respirer. D’ailleurs, un adulte le poussait à la surface. Aide pour venir respirer ou contact social ? À Tadoussac, une observatrice a aperçu quatre mères et leurs petits qui nageaient en ligne. C’était des petits nés cet été, comme en témoignait leur couleur caractéristique brun pâle (café au lait). La période des naissances chez les bélugas est de juin à septembre.

Visiteurs exceptionnels… suite

Dans le secteur des Bergeronnes, on a rapporté d’autres observations de ce qu’on croit être deux narvals. Les témoignages recueillis parlent d’animaux gris foncé avec des zones plus sombres. Cela pourrait correspondre à la couleur des narvals juvéniles, les adultes étant plus blancs. On espère toujours obtenir des photos permettant de confirmer l’identification de ces cétacés.

Cachalot inconnu

Finalement, le cachalot retrouvé échoué à l’Anse-à-Valleau n’est pas un individu connu. Les chercheurs du GREMM ont tenté de l’identifier à l’aide des marques de sa queue, mais il ne fait pas partie du catalogue des cachalots ayant visité le Saint-Laurent, ni de celui des cachalots fréquentant la côte Atlantique de la Nouvelle-Écosse (Hal Whitehead, Dalhousie University).

Rorqual commun pas commun

Habituellement, les rorquals communs ne montrent pas la queue en plongeant. Mais à Gaspé, parmi les nombreux rorquals et marsouins, on observe ces jours-ci un rorqual commun qui montre sa queue à chaque plongée. Est-ce en raison de son handicap ? En effet, le lobe gauche de sa queue est en partie coupée. Cet individu aurait déjà été observé dans les années précédentes. Au fil des ans, quelques rorquals communs affublés de blessures semblables ont été photographiés dans le Saint-Laurent. Il arrive aussi que des rorquals communs avec une queue tout à fait complète la sortent de l’eau avant de plonger.

Phoques sauteurs

Une vingtaine de phoques communs se tiennent à l’entrée de la rivière à Sainte-Anne-de-Portneuf. Ils offrent des spectacles rigolos aux observateurs. Il sautent complètement hors de l’eau, un peu comme des marsouins ou des dauphins. Mais la forme de leur corps étant différente, la manœuvre paraît moins naturelle… et moins gracieuse. Ce n’est pas la première fois qu’on observe ce comportement. Pourquoi ces acrobaties ? Ce serait peut-être un jeu, surtout chez les jeunes. Ou ce pourrait être une manière de se déplacer plus rapidement, comme on le croit pour les marsouins et les dauphins. D’ailleurs, les phoques exécutent souvent ces sauts lorsqu’ils sont poursuivis. On a également observé ce comportement chez le phoque du Groenland et le phoque gris.

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25 septembre 2003, vol. 7 no 38

Béluga sociable à Havre-Saint-Pierre

Un béluga sociable fréquente la marina de Havre-Saint-Pierre. Est-ce le même que celui qui avait séjourné dans ce secteur une partie de l’été ? Ce béluga hors secteur s’approche des bateaux, ce qui peut lui causer de malheureux accidents. Des gardes de parc de la Réserve de parc national du Canada de l’Archipel-de-Mingan sensibilisent les plaisanciers et les pêcheurs concernant l’importance de ne pas approcher l’animal et de ne pas tenter de l’apprivoiser.

Baleines en déplacement

Les chercheurs du MICS à Mingan ont effectué plusieurs sorties en mer cette semaine. Ils ont remarqué des changements dans la répartition des animaux. Une trentaine de rorquals à bosse et une vingtaine de rorquals communs étaient toujours présents il y a quelques jours. Cependant, ils s’étaient déplacés vers l’ouest, le long d’Anticosti face à l’île Niapiskau, désertant le secteur de Puyjalon. Les journées suivantes, très peu de ces grands rorquals ont été rencontrés. Il semble qu’ils aient quitté la zone. Vers l’est ? Vers l’ouest ? Où se sont-ils dispersés ? Toutefois, il y a encore de nombreux marsouins, petits rorquals et phoques. On rapportait également 155 dauphins à flancs blancs le 19 septembre.

Sacrée bête !

Un observateur nous rapportait ses impressions sur une rencontre avec un phoque gris en face de Rimouski. D’une taille énorme, il s’est étendu de tout son long à la surface et y resté environ une minute, respirant l’air frais du large. Le phoque gris est le plus gros phoque du Saint-Laurent. Il mesure de 2 à 2,4 m. Il pèse de 225 à 300 kg, et jusqu’à 450 kg. Sacrée bête, oui !

La chasse aux canards

Certains observateurs ont entendu des coups de fusil tirés près de la rive cette semaine. La chasse aux oiseaux migrateurs a commencé samedi dernier, le 20 septembre, et se poursuit jusqu’au 26 décembre. Elle se pratique un peu partout le long du Saint-Laurent. Elle vise tous les Anatidés (canards, oies, bernaches), sauf le canard arlequin. De plus, une interdiction de chasse s’applique dans l’estuaire (zone de chasse provinciale 21) à partir du 21 octobre concernant le garrot d’Islande et le garrot à œil d’or dans le but de protéger la population du garrot d’Islande. La chasse nécessite un permis fédéral d’Environnement Canada et un permis provincial de la FAPAQ. Les chasseurs doivent respecter des limites par chasseur par jour et des limites de possession qui varient selon la catégorie d’oiseaux.

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2 octobre 2003, vol. 7 no 39

À Gaspé et à Percé

À Gaspé et à Percé, plusieurs bateliers ont cessé leurs activités, mais les baleines n’ont pas quitté la région pour autant. La semaine dernière, trois rorquals communs, deux rorquals à bosse, deux rorquals bleus, un petit rorqual, une cinquantaine de marsouins communs et environ 200 dauphins à flancs blancs se concentraient dans seulement un kilomètre carré à l’entrée de la baie de Gaspé. Cette semaine, on peut encore y observer les quatre espèces de rorquals. Même qu’un rorqual à bosse sautait hors de l’eau devant le quai de Grande-Grave. Une douzaine de dauphins ont passé devant Cap-aux-Os. Semble-t-il que tous ces cétacés suivent le capelan dans la baie. À Percé, on observe également les quatre espèces de rorquals, dont une mère rorqual à bosse et son baleineau, de même qu’une cinquantaine de marsouins.

Grouillant de bêtes

Le haut-fond Prince se détachait sur le ciel nuageux. Des oiseaux volaient tout autour. Des dizaines et des dizaines de phoques gris nageaient partout dans l’eau, parfois juste à côté du bateau. On a même vu un simple museau se balader hors de l’eau; le reste du phoque se mouvait sous la surface. Et plusieurs petits rorquals surgissaient à travers cela. Les bêtes étaient si près les unes des autres que des phoques semblaient près d’être avalés par les petits rorquals ou coincés entre deux d’entre eux. Il devait y avoir tout un banc de poissons à cet endroit. Voilà le genre de scène que plusieurs ont observé dans les derniers jours au large de Tadoussac.

D’un bout à l’autre du Saint-Laurent

Des marsouins communs ayant rendu l’âme se sont échoués dernièrement : un à Havre-Saint-Pierre le 28 août, un aux Bergeronnes le 1er septembre et un à Saint-Ulric le 9 septembre. Un échouage spécial n’avait pas encore été mentionné dans les Nouvelles du large puisqu’il était en attente d’une confirmation. Mais voilà qui est fait, des photos le prouvent : un marsouin commun a été retrouvé mort aux îles de Berthier en juin dernier. Un petit perdu, n’est-ce-pas ? Comme on le voit chez les phoques, il peut arriver que des individus, en général des jeunes, s‘aventurent ainsi loin en amont dans le tronçon fluvial du Saint-Laurent. Parlant de phoques, une carcasse a été retrouvée à Neuville le 11 septembre, et une autre à Sainte-Flavie le 16 septembre. Et un phoque, bien vivant celui-là, a séjourné quelques semaines dans la rivière des Prairies à la fin de l’été. Il s’agissait d’un phoque à capuchon… un jeune, comme on pouvait s’en douter.

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9 octobre 2003, vol. 7 no 40

L’automne

La fin de saison a été propice à l’observation : beau temps, belle lumière, belle visibilité. Les grandes marées ont été impressionnantes. Les barres de courant s’en sont trouvées plus puissantes qu’à l’accoutumée. Maintenant plusieurs bateaux sont rentrés en cale sèche. Les croisiéristes cessent progressivement leurs activités. Certains groupes de recherche pensent également à fermer leurs stations. Des grands vents d’automne se font sentir. Mais pour ceux qui naviguent encore ou qui observent du rivage, il y a toujours des baleines.

Un rorqual à bosse échoué

On nous signalait une grosse baleine échouée à Saint-Augustin en Basse-Côte-Nord. La baleine s’est avérée être un rorqual à bosse mâle, étendu sur le dos parmi les gros rochers. Les rorquals à bosse peuvent être identifiés individuellement par le patron de coloration sous leur queue. Ceux qui visitent le Saint-Laurent sont pour la plupart fichés dans un catalogue. Dans ce cas-ci, on aurait aimé procéder à l’identification, mais la peau du rorqual était trop abîmée et le patron de coloration n’était plus visible. La carcasse sera échantillonnée si les conditions en mer le permettent. Il s’agit en effet d’un endroit accessible uniquement par bateau.

Baleines blanches dans les eaux noires

Le Saguenay fait partie de l’aire de distribution des bélugas. On y rencontre souvent des groupes de baleines blanches dans ses eaux noires. Dimanche dernier, c’est plus de 200 bélugas que nos observateurs ont vu descendre le Saguenay à la hauteur de Pointe-Noire. Plusieurs bélugas restaient là et semblaient se nourrir juste sous la surface. Il était même possible d’entendre les sons qu’ils produisent à l’extérieur de l’eau. Il y avait également un petit rorqual en alimentation de surface, un phoque gris, et entre les éclaircies et les nuages gris, deux arc-en-ciel se sont formés au-dessus des montagnes. Joli panorama !

Montréal-Terre-Neuve

Un de nos observateurs travaille sur les cargos et voyage régulièrement de Montréal à Terre-Neuve. Lors de certains trajets, la brume a sérieusement affecté la visibilité. D’autres fois, il a pu nous transmettre ses observations de baleines. Dernièrement il nous rapportait des rorquals à bosse et des dauphins à flancs blancs près de Terre-Neuve.

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16 octobre 2003, vol. 7 no 41

Exceptionnel : deux épaulards dans l’estuaire !

Deux épaulards ont fait sensation dans l’estuaire le samedi 11 octobre, par une magnifique journée d’été indien. Ils ont d’abord été aperçus à environ 1 1/4 mille nautique au large des chalets des Bergeronnes. Les observateurs n’en croyaient pas leurs yeux ! Mais si on peut parfois confondre un petit rorqual en alimentation avec un cousin de " mon ami Willy ", il n’y avait cette fois aucune place pour le doute : on voyait clairement la grande nageoire dorsale, la " selle " grise juste derrière et la nage rappelant celle des dauphins. Il s’agissait de femelles ou de mâles juvéniles. Les deux prédateurs se sont attaqués à des canards, passant même un long moment à " jouer " avec leurs proies une fois tuées, les lançant dans les airs et les frappant de leur queue.