Archives – Les nouvelles du large 2004

Les nouvelles du large : une compilation hebdomadaire des observations de baleines dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent.

Merci à tous les collaborateurs du réseau d’observation !

Voici tous les bulletins hebdomadaires de 2004. Vous pouvez vous renseigner sur des sujets précis en utilisant la fonction " rechercher " du menu " édition " de votre fureteur (Exemple : recherchez le mot " dauphin " pour savoir où et quand le réseau d’observation a repéré des dauphins).

Consultez les archives des Nouvelles du large des autres années.
Consultez Les nouvelles du large de cette semaine.


8 janvier 2004, vol. 8 no 1

Nouvelles fraîches

Bonjour à tous! Nous revoilà après la relâche du temps des Fêtes. Notre collaborateur de la baie de Gaspé a observé deux rorquals communs les 2, 3 et 5 janvier, ainsi que quelques phoques communs. Une dizaine de souffles de grands rorquals ont été aperçus au large de l’île Bonaventure le 31 décembre. Dans les jours qui ont suivi, il y avait deux ou trois souffles au même endroit. Le matin du 7 janvier, notre collaboratrice de Percé voyait encore un souffle de chez elle. Aux Escoumins, on signalait trois ou quatre rorquals bleus vers le 17 décembre et un rorqual bleu le 31 décembre.

Christmas Bird Count

Certains de nos observateurs ont participé au " Christmas Bird Count ". Ce recensement de la Société nationale Audubon a commencé en 1900. Il vise à étudier les oiseaux hivernant en Amérique du Nord. Les régions d’échantillonnage sont des cercles de 15 milles (24 km) de diamètre. À l’intérieur de ces cercles, des ornithologues volontaires recensent tous les oiseaux qu’ils voient ou entendent en une journée déterminée. Cette journée varie selon les régions mais elle se situe autour de Noël, du 14 décembre au 5 janvier inclusivement. Nos observateurs participants se trouvaient bien sûr dans des régions le long du Saint-Laurent et ils ont dénombré des oiseaux marins, par exemple mergule nain, guillemot à miroir, garrot d’Islande, garrot à œil d’or, grand cormoran, goélands bourgmestre, arctique, marin et argenté, canard kakawi, eider à duvet, canard noir et canard colvert.

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15 janvier 2004, vol. 8 no 2

Nouvelles glaciales

Un observateur de la baie des Chaleurs a vu quatre petits rorquals dans l’anse à la Barbe (près d’Anse-aux-Gascons) le 9 janvier. Deux souffles difficiles à identifier ont également été repérés à deux milles au large de Saint-Godefroi au début janvier. Leur forme en V laisse croire qu’il s’agissait possiblement de deux rares baleines noires. La semaine dernière, des milliers de phoques du Groenland parsemaient les glaces le long de la côte gaspésienne entre Grande-Vallée et Cloridorme. Le Saint-Laurent est une aire d’hivernage pour cette espèce. Peu d’observations ont été rapportées dans les derniers jours. Il faut dire que les records de froid sont plus ou moins propices aux promenades. On préfère s’encabaner et chauffer le poêle à bois! La baie de Gaspé est entièrement gelée, et la banquise s’étend loin au large du cap Gaspé et du cap des Rosiers. À l’embouchure du Saguenay, la fumée de mer s’élève continuellement. Elle se dépose sur les traversiers en les recouvrant d’un épais frimas. Avec le vent qui se déchaîne, la scène est saisissante. On se croirait dans un autre monde…

Un narval?

Le 21 décembre, deux observateurs étaient postés à Pointe-Noire à l’embouchure du Saguenay. Ils ont aperçu une quinzaine de bélugas et quelques phoques du Groenland. À l’écart, un souffle a attiré leur attention. Ils ont pu voir un dos gris foncé tacheté de blanc. Quelques instants plus tard, l’animal plongeait en montrant une queue aux lobes en forme de cœur. Cette description correspond à celle d’un narval…!?!? L’animal mesurait environ cinq mètres. Ils ne l’ont pas revu après cette unique sortie de l’eau. Si c’était bel et bien un narval, ce serait une observation tout à fait exceptionnelle, le narval étant un cétacé arctique. On se rappellera que deux cétacés avaient aussi retenu l’attention en septembre 2003 dans le secteur Bergeronnes-Escoumins. On croyait qu’il s’agissait de deux narvals. Malheureusement aucune photo n’avait pu être prise. À l’été 2003, un narval avait séjourné à Terre-Neuve; aucun doute cette fois puisque la visite avait pu être documentée, photos et images vidéo à l’appui.

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22 janvier 2004, vol. 8 no 3

La glace

La glace a commencé à envahir le Saint-Laurent. Malgré les grands froids, la formation de glace n’a pas été aussi importante qu’on aurait pu l’imaginer. En effet, les grands vents favorisent un certain brassage et la glace prend moins. L’estuaire est tout de même glacé à 8/10 et plus. Le golfe lui, à seulement 1/10. Quoi qu’il en soit, les navires marchands doivent continuer à passer. Le Centre des glaces de la Garde côtière canadienne à Québec surveille les conditions de glaces et en informe les pilotes. En plus des pilotes du Saint-Laurent qui s’embarquent sur les cargos entre Les Escoumins et Montréal, on fait aussi appel à des pilotes de glaces pour le golfe, plus précisément du détroit de Cabot aux Escoumins. Aussi, les brise-glaces de la Garde côtière canadienne effectuent des opérations de déglaçage et escortent souvent les navires en leur traçant un chemin à travers les glaces. Le brise-glace Des Groseilliers est affecté au secteur de Québec, le Martha L. Black à celui de Trois-Rivières, le George R. Pearkes à celui du Saguenay (Port-Alfred) et le Pierre Radisson à celui de Matane. Le Terry Fox peut aussi être appelé en renfort dans le golfe. [Centre des glaces de la Garde côtière canadienne, Pêches et Océans Canada]

Encore des histoires de glaces

Un observateur fixait le large aux jumelles, à l’embouchure du Saguenay du côté de Tadoussac. Un gros phoque (probablement un phoque gris) montait sur une glace, y demeurait quelques secondes, puis retournait à l’eau. Il a répété le même manège une dizaine de fois. Pas loin de là, des fuligules milouinans s’étaient regroupés dans une petite baie libre de glace, le bec enfoui dans leurs plumes. lls étaient accompagnés de quelques garrots à œil d’or, de quelques guillemots à miroir, d’un harelde kakawi et d’un petit garrot. Trois ou quatre harles huppés cherchaient fébrilement à les rejoindre en se frayant un passage parmi les morceaux de glace. Hilarant de les voir changer de direction en dérapant sur des mini-patinoires. La pénurie d’eau libre fournissait une occasion en or d’observer tous ces oiseaux, occupés à une panoplie de comportements sociaux. Mais cet étroit refuge est vite devenu précaire : la glace menaçait de coincer les canards, qui se sont tous envolés en petites troupes nerveuses. On signalait deux souffles de baleines au large de Gallix le 11 janvier. Nous attendons des nouvelles d’autres observateurs de baleines.

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29 janvier 2004, vol. 8 no 4

Dans les trouées

À Gallix, près de Sept-Îles, les eaux sont libres de glace. Notre observateur a vu quelques rorquals, lents et énormes, probablement des rorquals bleus. Des oiseaux marins volaient au-dessus de leurs souffles. Il y avait aussi des phoques du Groenland. Une observatrice du même secteur a observé trois grands rorquals le 22 janvier. Cette fois, leur dos noir a fait pencher son identification pour des rorquals communs. À Sainte-Anne-de-Portneuf, on n'a pas observé de baleines dernièrement. Le froid favorise la formation de fumée de mer et la visibilité s'en trouve réduite. À Percé, la mer a été dégagée par les grands vents, puis la glace s'est à nouveau refermée sur la côte. Dans les trouées, il y a quelques oiseaux de mer. Aux Escoumins, il y a aussi beaucoup de glace, laissant peu de place pour des baleines. Les phoques du Groenland sont cependant présents en grand nombre, dans les trous d'eau ou sur les glaces. À Tadoussac, notre ornithologue nous signalait que la troupe de fuligules milouinans se trouve dans la baie, au-delà des glaces amoncelées. Et au large, des centaines de hareldes kakawis volent au ras de l'eau ou s'élèvent en nuages. Un collaborateur spécial de Blanc-Sablon nous racontait que les phoques du Groenland envahissent les lieux.

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5 février 2004, vol. 8 no 5

Les phoques du Groenland

En hiver, les phoques du Groenland envahissent le Saint-Laurent par milliers. Les adultes sont blanc argent avec un grand V foncé sur le dos. Ce V rappelle la forme d'une harpe, d'où le nom anglais " harp seal ". Les jeunes sont tachetés. Dans le secteur des Escoumins, on voit de nombreuses mouvées de 50 individus ou plus. Parfois il y en a plusieurs centaines ensemble. Les chasseurs de phoques ont remarqué qu'il y a plus de jeunes cette année. C'est signe que le bon couvert de glace de l'hiver dernier a profité aux petits. L'année précédente, le couvert de glace peu important s'était rapidement défait et bien des petits étaient tombés en bas de la banquise avant d'être prêts à aller à l'eau.

La chasse aux phoques

Sur la Côte-Nord, on pratique la chasse aux phoques à petite échelle. Par exemple, aux Escoumins, une vingtaine de chasseurs ont commencé leurs activités depuis le 8 décembre. Cependant le temps très froid n'a pas permis beaucoup de sorties en janvier. Ils ont abattu jusqu'à maintenant environ 200 phoques. C'est une chasse qui se fait à l'eau, dans de grosses chaloupes à moteurs. La viande est consommée localement. Elle sert aussi à nourrir des élevages de visons. Les agents de conservation de la faune (SEPAQ) l'utilisent également comme appât à ours. Quant aux peaux, elles sont envoyées à une tannerie. La population de phoques du Groenland du Canada atlantique s'élève à 5,2 millions d'individus, et les quotas pour la période 2003-2005 atteignent 975 000 bêtes.

Des bélugas et des cormorans

Les chasseurs de phoques de la région des Escoumins ont observé deux bélugas le mardi 3 février. Vers le 22 janvier, ils en avaient aperçu aussi plus d'une dizaine. Les bélugas restent dans le Saint-Laurent en hiver, mais leur aire de distribution se déplace vers l'Est et on ne les voit que rarement. Notre collaboratrice de Percé a observé des grands cormorans sur les glaces. Il y avait aussi une douzaine de phoques (fort probablement des phoques du Groenland), et 300 à 400 eiders à duvet dans les espaces d'eau libre.

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12 février 2004, vol. 8 no 6

Cétacés arctiques

Des observateurs de Tadoussac ont observé au moins deux ou trois bélugas à l’embouchure du Saguenay le vendredi 6 février. Il est rare de les observer là en hiver. On les trouve habituellement plus à l’est, dans l’estuaire et dans l’ouest du golfe. Et ils se font plutôt discrets : on connaît très peu de choses sur les activités hivernales des bélugas. Ils sont bien adaptés aux conditions arctiques… mais pas les chercheurs qui les étudient !

Grande traversée

Un collaborateur a effectué une traversée de Matane à Baie-Comeau il y a quelques jours sur le Camille-Marcoux. Le Saint-Laurent était glacé " de bord en bord ". On entendait constamment la glace se briser avec l’avancée du navire. Cependant, quelques trouées accueillaient des groupes de 50 à 100 phoques du Groenland.

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19 février 2004, vol. 8 no 7

Soleil de février

Sous un soleil de février, des observateurs se baladent. Les reflets sur la neige sont éblouissants, les lunettes fumées sont requises. Glaces mouvantes ou empilements de gros blocs, courant bleu qui défile, le vent qui s’est calmé, nous offrant un peu de répit. En ski ou en raquette, on jette régulièrement un coup d’oeil sur le large, des mèches de cheveux givrés s’évadant du casque de poil ou de la tuque à oreilles. Belle vue… Mais pas de baleines… Ha ! Pourtant ! Un gros souffle près de la rive aux Escoumins. Un grand rorqual est là. Rorqual bleu ou rorqual commun ? On se questionne encore… Dommage, il ne revient pas. Hé le rorqual ! Où sont tes compères ? On s’ennuie, nous. … Bon, allez, rentrons pour un chocolat chaud.

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26 février 2004, vol. 8 no 8

Randonnée à ski

Du 22 au 27 février, c’est la deuxième édition de la Grande traversée de la Gaspésie en ski de fond. L’an dernier, la randonnée se faisait en montagne et en forêt. Cette année, les organisateurs ont choisi la mer et la côte. C’est un trajet de 300 kilomètres entre le parc de la Gaspésie et Gaspé, en passant par les charmants villages de Mont-Saint-Pierre, Mont-Louis, Rivière-Madeleine, Grande-Vallée, Petite-Vallée, Rivière-au-Renard, Anse-au-Griffon, et bien d’autres. Une observatrice de Mont-Louis a justement observé les sportifs lundi qui skiaient sur la plage. Cette journée-là, on voyait l’eau bleue au-delà de la baie. Mais le plus souvent, le paysage est blanc de glace jusqu’au fond de l’horizon. À part ça, nos observateurs de Percé ont compté une cinquantaine de grands cormorans se rassemblant près du rocher. Il y a beaucoup d’eiders à duvet. Les glaces s’amassent et se dispersent au gré du vent. Notre observateur de Gallix nous signalait des canards en quantité, des harles huppés surtout, ainsi que des phoques du Groenland. La fin de semaine dernière, il s’est rendu à Longue-Pointe-de-Mingan et a vu ce qui semblait être un phoque à capuchon. Sur le Saguenay, le vent siffle. Pas de bélugas, mais beaucoup de moutons blancs. Les goélands volètent au-dessus des trous dans les glaces, trempant leur bec à l’eau, pêchant ce qui semble être des petits crustacés.

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4 mars 2004, vol. 8 no 9

Vie de phoques

Les phoques du Groenland sont maintenant moins présents dans l’estuaire. Les femelles sont parties mettre bas dans le Golfe. Au large des îles de la Madeleine, les glaces les accueillent avec leurs blanchons. La période d’allaitement dure 12 jours, après quoi le petit est laissé à lui-même. Les mâles sont aussi présents sur la banquise et les accouplements ont lieu après le sevrage des jeunes. Puis, alimentation intensive et mue au programme. De nombreux phoques reviendront au printemps dans l’estuaire pour profiter de la nourriture abondante.

Grands yeux

Le 1er mars avait lieu la première excursion pour aller observer les blanchons au large des îles de la Madeleine. Les touristes partent en hélicoptère et débarquent sur la banquise pour s’approcher tranquillement des boules de fourrure blanche aux grands yeux. Cette année, les glaces sont plutôt loin des îles. Il faut voler plus de 90 km vers l’Île-du-Prince-Édouard pour trouver les phoques.

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11 mars 2004, vol. 8 no 10

Des phoques et des mouettes

Le beau temps incite les promeneurs à arpenter les rivages entre les blocs de glace qui fondent au soleil. Mais toujours pas de baleine en vue. La dernière observation de baleine remonte au 16 février alors qu’il y avait un rorqual bleu aux Escoumins. Quelques bélugas avaient également été vus au début février dans le secteur Tadoussac-Les Escoumins. D’autres animaux sont toutefois bien présents. L’équipage d’un cargo a observé des phoques du Groenland en quantité impressionnante entre Sainte-Anne-des-Monts et Pointe-des-Monts. Des observateurs de Tadoussac en ont également vus quelques-uns à l’entrée du Saguenay, un endroit où on les voit moins fréquemment. Ces visiteurs hivernaux du Saint-Laurent en croisent d’autres qui font penser au printemps. En effet, notre collaboratrice de Percé nous signalait l’arrivée des mouettes tridactyles, et un ornithologue de Tadoussac, les premiers goélands à bec cerclé.

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18 mars 2004, vol. 8 no 11

Pas le melon auquel vous pensez!

Le jeudi 11 mars, un béluga s’est montré le bout du melon à l’entrée du Saguenay du côté de Baie-Sainte-Catherine. Oui, oui, le bout du melon. Pour ceux qui ne le sauraient pas, le melon est le front bombé rempli de graisse de certains cétacés à dents. Ce béluga était-il seul ou avait-il des compagnons en plongée? Vendredi dernier, un de nos correspondants sur un cargo revenait de Terre-Neuve en direction de Montréal. À la pointe de l’île d’Anticosti, il avait devant les yeux un site de mise bas de phoques du Groenland. Plein de phoques, adultes et bébés, de même que les traces de sang laissées sur la glace lors des naissances. En différents endroits du Saint-Laurent, les brise-glaces commencent à casser la banquise. Crabiers et crevettiers sortiront bientôt pour nous rapporter des délices de la mer.

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25 mars 2004, vol. 8 no 12

Les bélugas

Les bélugas repeuplent leur aire de distribution estivale. Un riverain des Bergeronnes a observé deux bélugas devant chez lui en fin d’après-midi le lundi 15 mars. Puis, le vendredi matin 19 mars, six à huit bélugas, dont des jeunes gris, s’activaient là. Certains montraient la queue en plongeant. Aux Escoumins aussi, un chasseur de phoques nous a mentionné la rencontre de quelques bélugas ces derniers jours, en plus des phoques du Groenland. Un résidant de Tadoussac nous relatait l’observation d’une dizaine de ces phoques à Pointe-Rouge. Ils nageaient sur le dos, le cou étiré, le museau dans les airs, une habitude de cette espèce de phoque. Côté oiseaux, les garrots à œil d’or et les garrots d’Islande sont en parade nuptiale. Dans leurs démonstrations, les mâles basculent leur tête vigoureusement vers l'arrière, allant presque toucher leur croupion, ou encore ils accélèrent rapidement sur l'eau, éclaboussant derrière eux.

Chasse aux phoques

Les blanchons ont mué et sont maintenant devenus des " beaters ". Ils sont âgés de 25 jours ou plus. Leur poil n’est plus blanc éclatant mais blanc argenté tacheté de noir. C’est à ce stade qu’ils sont chassés. Et la chasse aux phoques dans le Golfe, c’est toute une expédition. Les chasseurs des îles de la Madeleine partent à plusieurs hommes dans des embarcations d’assez bonne taille. Par exemple, un de nos correspondants embarque avec sept compagnons sur un bateau de 60 pieds. Ils rejoignent les phoques à des dizaines de kilomètres dans le Golfe. Ils descendent sur la glace pour les chasser à l’aide d’un " hakapik " (un genre de gaffe) et ils les ramènent dans la cale du bateau. Les chasseurs restent là à vivre dans le bateau et sur la glace pendant toute la durée de la chasse, qui peut être de cinq jours comme de deux semaines. Dans la nuit de mardi à mercredi, 18 équipages ont quitté ainsi les îles en direction de la banquise, et d’autres quitteront dans les prochaines heures. Cette chasse représente un revenu d’appoint important pour ces régions. La population de phoques du Groenland de l’Atlantique Nord-Ouest est très abondante, avec plus de 5,2 millions d’individus. Les phoques sont chassés pour la viande, l’huile et les peaux. Cette chasse a déjà soulevé et soulève encore la controverse.

Pour en savoir plus

La chasse au phoque

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1er avril 2004, vol. 8 no 13

Rorqual bleu en vue

Il était 6h30 du matin le 29 mars et une baleine se trouvait à quatre ou cinq milles nautiques au large de la baie Sainte-Marguerite à Gallix. D’après notre observateur, ce serait fort probablement un rorqual bleu. Il se déplaçait lentement près des glaces et semblait en alimentation. Un souffle lointain avait été aperçu les jours précédents. Le 30 mars, un résidant de Tadoussac était posté sur les dunes de sable à l'est du village quand il a vu un gros souffle au large. Le matin du 31 mars, un collaborateur des Escoumins a repéré deux rorquals bleus. Il a vu également sept à huit bélugas les 30 et 31 mars. Ailleurs on scrute le Saint-Laurent en attendant impatiemment les baleines.

Crabe d’avril

C’est aujourd’hui 1er avril que commence la pêche au crabe dans la zone 17 de l'estuaire. Cette zone s'étend de Tadoussac jusqu'à Pointe-des-Monts sur la rive Nord et jusqu'à quelques dizaines de kilomètres après Sainte-Anne-des-Monts sur la rive Sud. Les autres zones sont déjà ouvertes ou le seront plus tard en avril. La pêche à la crevette débute elle aussi le 1er avril partout dans le Saint-Laurent. Les amateurs de fruits de mer pourront donc se régaler.

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8 avril 2004, vol. 8 no 14

Deux rorquals communs dans la baie de Gaspé

La baie de Gaspé est libérée des glaces. Le vendredi 2 avril, notre collaborateur de Cap-aux-Os a fait sa première observation de la saison : deux rorquals communs devant la Maison Blanchette (site historique du parc Forillon).

Des oiseaux qu’on revoit

Quelques fous de Bassan arrivés du Sud ont déjà rejoint la péninsule gaspésienne. Dans l’estuaire, aux Bergeronnes et à Tadoussac, des eiders à duvet ont été vus le long de la côte. Ces derniers ont hiverné loin des berges dans les eaux libres de glace.

Des phoques résidants

Les phoques communs de la colonie du parc Forillon se dispersent en hiver le long de la côte, là où la mer est dégagée. Notre observateur mentionnait qu’il voyait régulièrement trois d’entre eux sur la banquise près de chez lui. À Longue-Rive, sur la Côte-Nord, une vingtaine de phoques communs ont été observés dernièrement. Cette espèce de phoque réside à l’année dans le Saint-Laurent mais la population est peu nombreuse.

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15 avril 2004, vol. 8 no 15

Bleu printemps

Deux rorquals bleus sillonnaient le secteur des Escoumins en fin de semaine. Plusieurs observateurs les ont aperçus près de la côte les 10 et 11 avril. Un résidant avait d’ailleurs vu deux baleines quelques jours auparavant, sans pouvoir les identifier. Quelques bélugas ont également été vus dans ce secteur, ainsi qu’une centaine de phoques du Groenland. Le lundi de Pâques, un Tadoussacien qui pêchait au quai du village a quant à lui regardé un phoque commun évoluer dans l’eau près de sa ligne. Notre collaborateur de Gallix a déjà effectué une sortie en mer le 9 avril. Il a rencontré un rorqual bleu, ainsi que des fous de Bassan, des guillemots à miroir, des mouettes tridactyles et des petits pingouins.

Le concert des oies

Plus en amont du Saint-Laurent, là où le fleuve se fait plus calme et l’eau plus douce, c’est le concert des oies. Des milliers d’oies des neiges (oies blanches) et de bernaches du Canada (outardes) se nourrissent dans les champs inondés sur les bords du fleuve. Leurs cris sont familiers aux riverains de ces régions, et annoncent le retour du printemps. Nos contrées représentent pour ces volatiles un arrêt important dans leur migration vers les aires de nidification du Nord.

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22 avril 2004, vol. 8 no 16

Plusieurs grands rorquals

Il y a toujours deux rorquals communs dans la baie de Gaspé. On a vu deux rorquals bleus et deux rorquals communs à l’Anse-à-Beaufils près de Percé. Sur la Côte-Nord, un rorqual commun a été aperçu aux Bergeronnes. Trois à cinq rorquals bleus se baladent entre Longue-Rive et Sainte-Anne-de-Portneuf. On rapportait des rorquals bleus et un rorqual commun à la pointe Mistassini (entre Baie-Comeau et Godbout). La saison des grands rorquals est donc officiellement lancée.

Premières mentions de petits rorquals

Un petit rorqual a été aperçu dans la baie de Gaspé. Un autre a été vu à Longue-Rive, un aux Escoumins et un dernier aux Bergeronnes. Ce sont les premières mentions pour cette espèce cette année.

Frénésie

Le samedi 17 avril, une centaine de bélugas remontaient le Saint-Laurent devant Les Escoumins. Il y avait surtout de gros adultes blancs, mais aussi quelques jeunes gris. Par petits groupes, ils se sont mis à tourner en rond. Ils ont exécuté des mouvements frénétiques et on a vu des têtes, des queues et des nageoires pectorales hors de l’eau. Ils se sont dispersés après quelques minutes. Ce manège s’est répété quelques fois. Étaient-ils en train de s’alimenter? Des bélugas sont maintenant vus régulièrement dans ce secteur. Il y en a aussi plus en amont dans Charlevoix.

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29 avril 2004, vol. 8 no 17

Premier rorqual à bosse de la saison

Notre observateur de la baie de Gaspé a observé un rorqual à bosse le lundi 26 avril. Pendant une bonne partie de l’après-midi, le rorqual soufflait et montrait la queue à chaque plongée. Notre observateur a également entrevu un petit souffle à côté. Y avait-il un baleineau? Intrigué, il n’a pas pu confirmer la chose.

Un peu de tout

À Tadoussac, de nombreux bélugas nageaient dans tous les sens à l’entrée du Saguenay. Un petit rorqual est apparu devant un groupe de touristes bien contents d’être au bon endroit au bon moment. Aux Bergeronnes, on rapporte un petit rorqual, ainsi que quelques bélugas. Aux Escoumins, des groupes de bélugas et deux rorquals bleus. Il y a également des phoques du Groenland en quantité, qui arrivent du golfe après la reproduction pour profiter de la nourriture abondante. Plus loin sur la Côte-Nord, on a vu des souffles de grands rorquals au large de Baie-Comeau, et six ou sept rorquals communs à Franquelin. Il y a encore deux rorquals communs dans la baie de Gaspé.

Des phoques en ville

Une vingtaine de phoques communs s’activaient en amont du pont de la rivière York à Gaspé, juste devant la place Jacques-Cartier. Ils sautaient complètement hors de l’eau et retombaient sur le ventre en éclaboussant. Ils donnaient aussi des coups de nageoires sur l’eau. Pourquoi ces manifestations? Ce sont des comportements difficiles à interpréter, même pour les scientifiques qui les étudient.

Voleur de déjeuner

Une collaboratrice nous racontait une observation cocasse. Un gros goéland argenté se tenait au milieu d’un groupe d’eiders. Ces derniers plongeaient tour à tour et revenaient en surface avec des oursins en guise de déjeuner. Le goéland guettait sa chance et a réussi à voler effrontément l’oursin d’un eider. Comme quoi la vie en société n’est jamais facile… 

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6 mai 2004, vol. 8 no 18

Le monde des rorquals

Un autre observateur de la baie de Gaspé nous confirmait que le rorqual à bosse de la semaine dernière était bel et bien accompagné d’un baleineau. Sur la Côte-Nord, nos observateurs de Pointe-des-Monts ont vu deux à trois rorquals communs et deux à trois petits rorquals. Des rorquals communs, des rorquals bleus et au moins deux rorquals à bosse ont été vus quotidiennement à la pointe Mistassini. Un petit rorqual a été signalé à Cap Colombier et deux aux Bergeronnes. Il y avait un souffle dans les derniers jours aux Bergeronnes et un à Longue-Rive mercredi. À Tadoussac, les croisières ont débuté : on signale un rorqual commun et trois petits rorquals.

Phoques sans tête

Ce n’est pas une histoire d’horreur ni une mauvaise blague… Les agents de la faune ont dénombré 150 à 200 jeunes phoques du Groenland échoués morts sur les rives des îles de la Madeleine. S’ils n’ont plus de tête, c’est qu’il s’agit chez cette espèce de la partie du corps qui se décompose en premier, ou que les charognards mangent en premier. Ces mortalités ne sont pas inquiétantes outre mesure. En effet, il y a environ 200 000 naissances de phoques du Groenland annuellement dans le Saint-Laurent. Il est normal qu’un certain pourcentage de bébés ne survivent pas. Dans le cas de cette population, on dit que c’est environ 10 %.

Le capelan qui roule

Le capelan roulera bientôt sur certaines plages du Saint-Laurent pour se reproduire. L’an dernier, Pêches et Océans Canada avait fait appel aux riverains pour recenser les sites et les dates de fraie. Voici un bilan des observations de 2003. Dans Charlevoix, c’est à Saint-Irénée que les activités de fraie ont été très intenses les 20 et 21 mai. Sur la Côte-Nord, les activités de fraie ont débuté dans la semaine du 5 mai à Sainte-Anne-de-Portneuf pour se poursuivre jusqu’à la mi-juin dans les secteurs de Sept-Îles (Rivière Brochu et plage Ferguson) et d’Aguanish. Les Escoumins a aussi été un site de fraie. Dans le Bas-Saint-Laurent, le capelan a roulé entre le 2 et le 14 juin à Kamouraska, Saint-Simon, Saint-Fabien, et Sainte-Luce. Finalement, en Gaspésie, la fraie a été observée surtout dans la région de Paspébiac et de Port-Daniel, et la période culminante a été le 25 mai. Cette année, Pêches et Océans Canada voudrait mettre en place un réseau d’observateurs de la fraie du capelan. Les Comités ZIP et les comités côtiers sont également partenaires du projet. Pour plus d’informations ou pour transmettre vos observations, n’hésitez pas à contacter ces organismes ou à composer le numéro de téléphone sans frais : 1-877-Ça roule (1-877-227-6853). Le capelan est une espèce clé dans l’écosystème du Saint-Laurent. Il constitue l’une des principales ressources alimentaires de plusieurs espèces de mammifères marins, de poissons et d’oiseaux, par exemple le béluga, le petit rorqual, le phoque commun, la morue franche, le saumon Atlantique et la mouette tridactyle. Les données recueillies permettront de mieux connaître l’espèce et l’impact qu’ont sur elle certains changements du milieu. [Pêches et Océans Canada] 

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13 mai 2004, vol. 8 no 19

Hebdo-baleines

À Tadoussac, il y a quelques jours, un petit rorqual aurait été vu accompagné d’un jeune, beaucoup plus petit, une observation rare. Un rorqual bleu était présent aux Escoumins, et deux baleines soufflaient au large des Bergeronnes. Des groupes de bélugas sillonnent ce secteur. À Longue-Rive : un petit rorqual et un souffle de grand rorqual. Nos observateurs de Gallix ont vu deux petits rorquals. Dans la baie de Gaspé, on signalait un rorqual à bosse, un rorqual commun et un petit rorqual. À Percé, brume et pluie au programme. Nous attendons des nouvelles d’autres observateurs saisonniers.

Oiseaux de printemps

Il y a des rassemblements d’oiseaux marins un peu partout le long des berges. Ça vaut la peine de se mettre à l’ornithologie. Les bernaches cravants sont nombreuses, en arrêt migratoire dans nos régions avant de poursuivre vers le Nord. Les eiders à duvet font entendre leur drôle de murmure. On peut observer différentes espèces de fuligules (morillons) et de macreuses. Sans oublier des harles, des garrots, et les magnifiques hareldes kakawi. Il y a des fous de Bassan en plusieurs endroits, aussi loin en amont que dans Charlevoix. 

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20 mai 2004, vol. 8 no 20

Poco à Boston

À l'automne 2003, nous vous avions parlé d'un béluga sociable dans la baie de Fundy. Ce jeune béluga de deux ou trois ans avait été surnommé " Poco ". Fort probablement originaire de la population du Saint-Laurent, on avait espéré qu'il retournerait vers le nord. Malheureusement, il a poursuivi son exploration plus au sud encore. Imaginez! Il a été vu dans le port de Boston! Il est toujours très curieux, particulièrement auprès des plongeurs. Il s'approche d'eux, les suit, regarde dans leurs masques, et nage à travers les bulles d'air produites par leur équipement. Un plongeur racontait sa rencontre avec Poco. Alors qu'il ramassait des pétoncles, le béluga était juste derrière lui et le regardait mettre les mollusques dans le sac. Cathy Kinsman du Whale Stewarship Program surveille ce cas avec attention. Le Whale Stewarship Program a pour mandat de sensibiliser les gens à la situation de ces bélugas sociables, qui sont souvent victimes de leur curiosité. Les gens ne doivent pas approcher l’animal, encore moins le nourrir ou le toucher. Le port de Boston est un endroit très dangereux pour Poco en raison du trafic maritime intense. Il porte d'ailleurs déjà des cicatrices profondes sur son dos, probablement des souvenirs de rencontres avec des hélices de bateau.

Pour en savoir plus

Whale Stewardship Program

Concert gargantuesque

Le lundi soir 17 mai, notre observatrice de Pointe-des-Monts a été témoin du repas de géants de trois rorquals bleus. Ils s’alimentaient en surface à 150 mètres de la rive. On entendait non seulement leurs souffles, mais aussi le son de l’eau s’engouffrant dans leurs gueules. Deux autres rorquals bleus s’activaient plus loin. Impressionnant!

Déjà des marsouins!

Notre collaborateur du traversier Forestville-Rimouski a vu deux marsouins le dimanche 16 mai. Ils ont émergé des flots de l’estuaire en l’occurrence très calmes. Cette espèce se fera de plus en plus abondante dans nos eaux à mesure que l’été avancera. En août, on les comptera par centaines. 

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27 mai 2004, vol. 8 no 21

Les grands et les petits

Le vendredi matin 21 mai, des navigateurs ont observé cinq rorquals bleus au large du Bic. En soirée, dans le même secteur, quatre rorquals communs s’alimentaient. Du krill frétillait en surface, " ploup, ploup "… , donnant l’impression d’une eau bouillonnante. Les grands cétacés ont sûrement engouffré quelques milliers de ces petits crustacés.

Échouages de bélugas

Les bélugas naissent et meurent dans le Saint-Laurent. Une quinzaine d’individus morts sont retrouvés chaque année sur les berges. Ces carcasses fournissent de précieuses informations au programme de suivi de la santé des bélugas (INESL et Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal). Des nécropsies sont réalisées sur les carcasses fraîches et des échantillons sont prélevés sur les autres. Voici les premiers cas confirmés de cette saison : un béluga sur l’île Verte le 14 avril (échantillonné), un béluga à Rivière-à-Claude en Gaspésie le 4 mai, un béluga à Sainte-Luce le 10 mai (nécropsie), une vieille carcasse de béluga déjà échantillonnée au Bic vers le 25 mai, et un béluga aux îles Mingan le 26 mai (échantillonnée). Pour signaler une carcasse de béluga, on rejoint le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins au 1-877-7baleine.

En direct

Mercredi 26 mai, 17 h. Un de nos observateurs de la baie de Gaspé est en ligne. De son bureau, tranquillement, il observe le plus grand animal de la planète, le rorqual bleu. Il nous relate en direct les sorties de la bête. Le voilà qui surgit! … Souffle puissant, masse imposante, peau gris bleu en mosaïque qui miroite au soleil. À l’autre bout du fil, on sent presque l’odeur du large nous chatouiller les narines…

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3 juin 2004, vol. 8 no 22

Visite d’un vieil ami

Le 1er juin, un observateur du Cap-de-Bon-Désir aux Bergeronnes nous signalait la présence d’une baleine flottant comme un billot de bois et expulsant son souffle oblique de nombreuses fois avant de plonger en montrant la queue. Il s’agissait d’un cachalot. L’équipe du GREMM à Tadoussac en a rapidement été informée et s’est rendue immédiatement sur les lieux pour pouvoir documenter l’observation et identifier l’animal. Les photos le confirment, il s’agit de Tryphon, le premier cachalot à être photo-identifié dans l’estuaire du Saint-Laurent en 1991. Depuis cette première rencontre, alors qu’il avait passé une bonne partie de l’été dans l’estuaire, il a été revu en 1992, 1994, 1995, 1997, 2000 et 2002. En 2003, cinq cachalots avaient été rapportés dans l’estuaire, mais contrairement à leurs habitudes, ils n’avaient pas montré leur queue au moment de partir en plongée. Impossible de les identifier. Tryphon était-il de la partie? Lui seul le sait…

Baleines en folie en Gaspésie

" Les rorquals se bousculent le long de la côte " de nous rapporter des observateurs de Gaspé. Depuis plusieurs jours, quatre rorquals à bosse, dont une paire mère-baleineau, s’attardent devant Cap-aux-Os. Les femelles rorquals à bosse qui mettent bas au cours de l’hiver dans les eaux plus chaudes de la mer des Caraïbes effectuent au printemps une longue migration vers le nord pour atteindre les zones riches en nourriture. Les baleineaux sont sevrés progressivement au cours de ce voyage printanier et apprennent à chasser par eux-mêmes. Bien souvent, ils ne sont pas encore sevrés lorsqu’ils atteignent le Saint-Laurent, une importante aire d’alimentation de l’Atlantique Nord-Ouest. En plus de ces rorquals à bosse, trois rorquals bleus ont fait leur apparition dans la baie de Gaspé le 2 juin. Enfin, deux rorquals communs ont été repérés près de la côte. Les excursions aux baleines commencent cette semaine dans cette région du Québec. Il est à parier que d’autres observations intéressantes nous seront rapportées dans les semaines à venir.

Traverser le Saint-Laurent à dos de baleine?

" Ça soufflait de part et d’autre du navire. On aurait presque pu traverser le Saint-Laurent à dos de baleines! ". C’est ce que relatait un collaborateur du traversier de Rimouski-Forestville pour nous imager sa traversée du 31 mai. Au moins quatre rorquals bleus et quatre à cinq rorqual communs ont été repérés au cours du trajet, en plus de deux marsouins communs près de Rimouski. Un peu plus en aval, dans le secteur de Portneuf-sur-Mer, un excursionniste a aperçu une dizaine de rorquals bleus répartis dans un secteur à environ deux milles de la côte en plus d’un groupe de cinq rorquals communs plus près de la côte.

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10 juin 2004, vol. 8 no 23

Urgence mammifères marins : un phoque sur le quai de Saint-Siméon

Les 3 et 4 juin dernier, le Réseau québécois d’urgence pour les mammifères marins a reçu de nombreux appels de résidants de Saint-Siméon dans la région de Charlevoix pour un petit phoque, échoué vivant sur le rivage et à certains moments sur le quai de Saint-Siméon. Selon les témoignages obtenus, il s’agissait d’un jeune phoque commun et la situation ne semblait pas anormale. En effet, les phoques entretiennent un lien avec la terre ferme pour différentes périodes de leur cycle de vie, comme pour la reproduction, la mise bas, la mue et occasionnellement le repos. La consigne générale pour les phoques échoués vivants est donc de les laisser tranquilles, de ne pas les approcher et de garder les animaux domestiques à bonne distance. Cependant, dans ce cas précis, le jeune phoque commun se trouvait sur le quai même de Saint-Siméon, un endroit facilement accessible et très fréquenté. Après avoir analysé la situation, les gardes de parc du parc marin du Saguenay—Saint-Laurent se sont rendus sur les lieux et ont décidé de remettre l’animal à l’eau. Le 5 juin au matin, le jeune phoque est revenu sur le quai. Pour des questions de sécurité publique, les gardes de parc ont pris la décision de déplacer l’animal sur une île à l’embouchure de la baie des Rochers. Finalement, les photos prises par les gardes de parc ont permis à une spécialiste de l’Institut Maurice-Lamontagne à Mont-Joli déterminer que le jeune phoque commun était très maigre, probablement prématurément abandonné par sa mère. Voilà pourquoi il revenait constamment sur la terre ferme : ses réserves de gras presque complètement épuisées ne lui permettaient probablement pas de résister à l’eau froide de l’estuaire. Qu’adviendra-t-il de ce jeune phoque? Ses chances de survie sont très limitées, mais les animaux sauvages démontrent parfois une résistance surprenante. Si vous voyez un phoque échoué, et qu’il est blessé ou présente un danger pour le public, n’hésitez pas à contacter Urgences mammifères marins au 1-877-7baleine.

Une observation rare en Gaspésie

Depuis quelques jours déjà, nos observateurs ont eu le plaisir de voir les allées et venues au large de Gaspé d’une maman rorqual bleu avec son petit. À quelques reprises, la paire était accompagnée d’un autre rorqual bleu. C’est une observation très rare dans le Saint-Laurent. En 25 ans, seulement 14 à 15 femelles ont été observées accompagnées d’un baleineau et deux de celles-ci ont été rapportées dans l’estuaire l’année dernière. Cette paire serait donc la 15 ou 16e. Les chercheurs sont hautement intéressés à être informés de ces observations, car ils se demandent pourquoi si peu de jeunes rorquals bleus sont vus dans le Saint-Laurent. Cette espèce classée en voie de disparition aurait-elle des problèmes de reproduction? Les femelles choisiraient-elles de ne pas amener leurs baleineaux dans nos eaux?

Ça souffle le long de la Côte-Nord

De Tadoussac à Baie-Trinité, on nous rapporte des baleines en grand nombre, des plus petites aux plus grandes. La fin de semaine des 5 et 6 juin a été particulièrement intéressante pour les excursionnistes de la Côte-Nord : plusieurs rorquals bleus et communs ainsi que des petits rorquals étaient en alimentation de surface. Un cachalot est toujours présent dans le secteur; il a été vu à Portneuf-sur-Mer le samedi 5 juin et dans le secteur des Escoumins et des Bergeronnes au cours de la semaine. Un peu partout dans l’estuaire, on nous rapporte aussi les premiers marsouins communs de l’année. Cette espèce n’est généralement observée dans cette portion du Saint-Laurent qu’à la fin du mois de juin. Parmi ceux-ci, on peut distinguer de très petits individus au souffle très court; ce sont des jeunes de l’année. L’espèce étant déjà parmi les plus petits cétacés du monde, imaginez leurs petits! 

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17 juin 2004, vol. 8 no 24

Bélugas gaspésiens

Dernièrement on nous rapportait deux bélugas au large de Rivière-Madeleine en Gaspésie. Les pêcheurs locaux disaient n’avoir jamais aperçu cette espèce de baleine dans leur coin. En fait, ce secteur peut être fréquenté par les bélugas en hiver. Cependant, en été, leur aire de distribution se situe plus en amont, entre l’île aux Coudres et Forestville. Il arrive toutefois que des bélugas du Saint-Laurent errent loin de leur territoire habituel. Ce sont généralement des animaux solitaires, et ils cherchent alors à développer des liens avec les humains, une situation qui peut devenir problématique. Ces cas sont suivis par le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, qu’on peut rejoindre au 1-877-7baleine. Récemment, il y a eu des cas de bélugas errants aux îles Mingan, le long de la côte Atlantique de Terre-Neuve, dans les Maritimes, et même le long de la côte Est américaine. Alors, ces bélugas gaspésiens, étaient-ce des retardataires ou des animaux errants? Histoire à suivre…

Petit rorqual curieux

Un croisiériste de Sept-Îles et ses passagers ont vécu une expérience particulière avec un petit rorqual. Celui-ci est venu investiguer le bateau pneumatique. Il est resté avec eux pendant une vingtaine de minutes, passant d’un côté à l’autre de l’embarcation et se tournant sur son flanc pour les regarder avec son gros œil. Très impressionnant!

Réjouissante procession

C’est l’heure du souper à l’île Verte. Une observatrice scrute aux jumelles un groupe d’eiders à duvet. Ils défilent entre les rochers près du rivage en une réjouissante procession. Il y a là 17 femelles, 2 mâles et environ 25 canetons. Ces derniers nagent déjà relativement vite. Ils font même de petits plongeons maladroits en éclaboussant partout à la ronde. Ces scènes rigolotes attirent aussi l’attention de prédateurs comme le goéland marin. Tous ces eiders adultes ne seront pas de trop pour exercer une surveillance serrée sur la progéniture. 

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24 juin 2004, vol. 8 no 25

Baleines sans profondeur

Il y a beaucoup de baleines à Sainte-Anne-de-Portneuf, sur la Côte-Nord. Au cours d’une croisière cette semaine, on a dénombré six rorquals bleus, huit rorquals communs, sept petits rorquals, et encore deux souffles plus loin au large. Les grands rorquals s’alimentaient près de la côte, en des endroits très peu profonds. Là où des rorquals bleus engouffraient leur nourriture en surface, notre observatrice a noté sur son sonar une profondeur d’aussi peu que neuf mètres. Pour une bête de plus de 20 mètres de long, c’est se contenter de peu! Quant à certains rorquals communs, ils évoluaient dans seulement une dizaine de mètres de profondeur.

L’école de la vie

La période des naissances est presque terminée chez les phoques communs. Beaucoup de riverains se sont inquiétés de voir des petits seuls sur la berge. Certains d’entre eux poussaient des cris. Il est important de savoir que cette situation est normale. La mère doit aller s’alimenter au large et peut laisser son jeune seul pendant plusieurs heures. Le petit, de son côté, doit faire face à ces premières séparations. Il ne faut pas le toucher, le déplacer ou tenter de le remettre à l’eau. Ces manipulations peuvent imprégner le petit de l’odeur humaine, et causer son abandon par la mère. Pour favoriser le lien entre la mère et son jeune, on conseille d’éviter les attroupements et tout ce qui pourrait effrayer la mère. La mère allaitera son jeune pendant 4 à 6 semaines, après quoi celui-ci sera indépendant et apprendra seul à se nourrir de poissons et autres denrées marines.

Voir une baleine de près

Une baleine morte sur le rivage, c’est dommage, bien sûr. Mais d’un autre côté, quelle expérience extraordinaire de voir une baleine de si près, d’examiner toutes les parties de son corps, de prendre conscience de sa taille… C’est ce que plusieurs personnes ont pu faire dernièrement lors d’échouages. On a retrouvé un petit rorqual à Grosses-Roches le 6 juin et un autre à Anse-Pleureuse le 15 juin. Une carcasse de béluga dérivait près de Port-au-Persil et a été remorquée sur le quai le 4 juin. Une autre carcasse de béluga dérivait au large de Rimouski et a également été remorquée par un pêcheur le 11 juin. Le 20 juin, c’est à Rivière-Ouelle qu’un béluga mort s’est échoué. Un autre béluga se trouve sur l’île Saint-Barnabé depuis quelques semaines déjà. Ces carcasses ont fait l’objet d’examens et d’échantillonnages par diverses équipes affiliées au Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (1-877-7baleine).

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1 juillet 2004, vol. 8 no 26

Libération d’un petit rorqual

Le mardi 29 juin, un pêcheur a signalé un petit rorqual pris dans un engin de pêche au large de Moisie (près de Sept-Îles). Le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins s’est aussitôt mis en branle. Une équipe composée d’agents des pêches et d’agents de la GRC s’est rendue sur les lieux pour tenter de libérer l’animal. Il semble qu’un câble relié à un poids d’environ 200 kg le retenait, lui laissant tout juste la possibilité de respirer en surface. Après quelques manœuvres des intervenants, la baleine a plongé et n’a pas été revue. On croit que l’opération a réussi. Pour signaler un cétacé pris dans un engin de pêche, contactez Urgences mammifères marins au 1-877-7baleine.

Ça bouge à Anticosti

Nos collaborateurs d’Anticosti ont observé quatre ou cinq rorquals communs à Chicotte-la-Mer au sud de l’île. Il y avait également à cet endroit environ un millier d’eiders à duvet. Au nord de l’île se trouvaient une dizaine de rorquals communs. À Baie-de-la-Tour, le capelan roulait, un peu en retard cette année.

Petits rorquals entre les îles

Nos observateurs de l'archipel de Mingan ont observé plusieurs petits rorquals entre les îles, nageant près du quai de l’île Nue, s’alimentant entre l’île du Fantôme et l’île du Havre, sautant hors de l’eau au sud de l’île à Firmin.

Bousculade dans le capelan

À Portneuf-sur-mer, un soir de la semaine dernière, une dizaine de petits rorquals s’alimentaient de façon frénétique, dans un banc de capelan de 300 à 500 mètres de large. Ces baleines sont généralement solitaires, mais l’abondance de nourriture expliquait leur soudaine promiscuité. Une cinquantaine de phoques gris profitaient également de la manne. Tous ces mammifères marins évoluaient très près les uns des autres. On pouvait par exemple voir un petit rorqual surgir au beau milieu d’une douzaine de phoques.

Le cirque de la baie de Gaspé

La ronde d’ouverture : Trois rorquals à bosse se nourrissaient en surface tout près de la côte à l’anse aux Sauvages. Ils formaient un grand cercle, défilant sur leur flanc, gueule ouverte. Les acrobates : Un rorqual à bosse effectuaient des sauts hors de l’eau, éclaboussant les alentours. Deux phoques communs ont effectué un sprint de 400 mètres, aller-retour, à cinq mètres du bord. Ils sortaient de l’eau et replongeaient, un peu comme des dauphins, à une vitesse folle. Ils ont répété ce manège à deux reprises. Les chevaux : Une trentaine de phoques gris ont fait leur entrée. Ils sont surnommés " tête de cheval " à cause de leur grand museau busqué. Les mastodontes : Pas moins de dix rorquals bleus nageaient ensemble. Plus tard dans la semaine, ils se sont déplacés au large de Percé.

Du bout du rostre à la pointe de la queue

À Percé, en plus de la dizaine de rorquals bleus (dont une paire mère-baleineau), d’un rorqual à bosse et de quelques petits rorquals, un rorqual commun a été vu avec un baleineau. Ce baleineau a approché le bateau de nos observateurs. Ils ont pu le voir dans l’eau par transparence, du bout du rostre à la pointe de la queue. Ils ont eu l’occasion d’apprécier ses mouvements alors qu’il nageait sur le côté ou donnait des coups de queue pour se propulser.

Des dauphins et un cargo

Nous avons la chance d’être en contact avec un marin travaillant sur un cargo. En partance de Terre-Neuve, dans le golfe du Saint-Laurent, il nous a signalé une douzaine de dauphins à flancs blancs qui sautaient de chaque côté du navire, profitant probablement de la vague d’étrave pour se déplacer. Bon séjour en mer! 

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8 juillet 2004, vol. 8 no 27

Rencontres dynamiques

À Percé, des observateurs ont fait une rencontre remarquable avec des rorquals communs. Il y avait six rorquals communs qui nageaient ensemble, un autre groupe de quatre, et deux autres individus solitaires. À un certain moment, les douze animaux se sont réunis en un seul groupe très actif. Ils plongeaient et ressortaient presque en même temps, à tel point qu’on ne savait plus où regarder ni où diriger l’appareil-photo. Étaient-ils en train de chasser un banc de poissons? On sait que les rorquals communs sont plutôt solitaires lorsqu’ils s’alimentent de krill, mais on pense qu’ils se regroupent pour chasser les poissons, des proies plus mobiles. Lors d’une autre croisière, les observateurs ont rencontré un jeune rorqual commun qui leur a causé toute une surprise. Il a sauté complètement hors de l’eau par deux fois, à seulement 30 mètres du bateau. Un tel comportement est observé de temps à autre chez les petits rorquals, mais très rarement chez les rorquals communs. La semaine précédente, un jeune rorqual commun, peut-être bien le même, était allé nager tout près de leur bateau.

Rorquals de la Basse-Côte

On nous a relayé des observations de la Basse-Côte-Nord. Durant les deux dernières semaines de juin, plusieurs rorquals communs et petits rorquals ont été observés au large de Baie-Johan-Beetz, Pointe Chicoutai (entre La Romaine et Kegaska), La Romaine, Saint-Augustin et Vieux-Fort. Consultez la carte pour plus de précisions.

Globicéphales

Un observateur nous relatait une rencontre très spéciale qu’il a faite il y a quelques jours. Au large de l’île Bicquette (dans les îles du Bic), il a vu un groupe de six cétacés qu’il n’a pas pu identifier avec certitude. Ils étaient de la taille de bélugas, environ quatre mètres de long, et de couleur très foncée. Ils avaient une grande nageoire dorsale courbée vers l’arrière, et un front protubérant. Ni des marsouins communs, ni des dauphins. Des globicéphales alors? Bien que cette espèce fréquente plutôt le golfe, des individus s’aventurent parfois dans l’estuaire. Cette journée-là, l’observateur avait noté la présence d’importants bancs de capelans. Des oiseaux marins se nourrissaient, plusieurs bélugas étaient présents, ainsi que des petits rorquals très actifs. Les globicéphales avaient-ils suivi le capelan pour en profiter eux aussi? Un autre observateur nous confirme d’ailleurs avoir identifié avec certitude un groupe de 20 à 25 globicéphales il y a environ un mois. Cela se passait en plein milieu du fleuve lors de la traversée du Camille-Marcoux entre Godbout et Matane.

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15 juillet 2004, vol. 8 no 28

Requin continental

La première mention de requin pèlerin pour cette année nous arrive de Sept-Îles. Notre observateur emmenait ses passagers en croisière matinale avec déjeuner continental à bord. Ils se trouvaient au large de l’île Corossol et observaient des petits rorquals et des marsouins communs. Mais voilà qu’un aileron se profile sur l’eau. C’est un requin pèlerin, qui passe à seulement quelques mètres du bateau. On entend le son de sa nageoire qui fend l’eau à travers une légère brume de chaleur. N’ayez crainte! Ce requin est tout à fait inoffensif : il se nourrit strictement de plancton. Il n’en est pas moins impressionnant avec une taille de huit à dix mètres.

Espionnage en Minganie

Un petit rorqual a " espionné " nos collaborateurs. Oui, oui, il existe un comportement qu’on appelle l’ " espionnage ", " spyhopping " en anglais. La baleine se tient à la verticale, sort sa tête de l’eau, et observe ce qui se passe au-dessus de la surface. Et son gros œil vous regarde…

Ça saute, ça saute

Dans les secteurs de Mingan, de Gaspé, de Percé, on nous rapporte des baleines qui sautent complètement hors de l’eau. Des rorquals à bosse surtout, mais aussi des petits rorquals. Ce comportement est appelé " breaching " en anglais. Pourquoi les baleines sautent-elles ainsi? Les hypothèses sont nombreuses : affirmation de leur présence, agressivité, tactique de chasse pour rassembler des proies, manière de se débarrasser de parasites externes comme les lamproies, manifestation de leur humeur, réaction aux conditions (vagues et vent) de la mer… ??? Seules les baleines le savent.

En veillant su’l perron

À Pointe-des-Monts, des observateurs, en veillant tranquillement sur leur perron, assistaient au spectacle des baleines. Des petits rorquals éclaboussaient les alentours dans leurs manœuvres d’alimentation, un rorqual à bosse sortait sa queue au moment de plonger, et des rorquals communs soufflaient plus loin.

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22 juillet 2004, vol. 8 no 29

Une baleine noire

Le 16 juillet, une baleine noire (baleine franche) a été observée à Percé. Il s’agit de la première mention de l’année pour cette espèce en voie de disparition, qui fréquente de plus en plus le Saint-Laurent. La baleine rencontrée serait-elle Rat? Cette femelle visite régulièrement le secteur de Percé, et y a même déjà amené un baleineau. Elle n’a pas été revue depuis le 16 juillet, mais elle se cache peut-être dans la brume qui sévit au large des falaises rouges.

Océanite annonciateur

Fait intéressant, un océanite de Wilson avait été vu le 15 juillet. Cet oiseau marin niche dans l’Antarctique, et migre dans les eaux du Nord l’été, où il se nourrit surtout de plancton. Il est reconnu pour suivre les bateaux et les baleines, particulièrement les baleines noires. Nos observateurs ont pensé que sa présence était annonciatrice. Effectivement, le lendemain, une baleine noire était là, une quinzaine d’océanites à sa suite.

Extrême-Orient

L’équipe du MICS a envoyé une partie de son équipe de recherche à l’extrême Est du Québec, c’est-à-dire à Blanc-Sablon. En arrivant là-bas, ils ont pu observer des rorquals à bosse, des dauphins à nez blanc, et un épaulard. Quelques jours auparavant, un observateur posté là avait vu une cinquantaine de dauphins au loin, sans toutefois pouvoir identifier l’espèce. Le détroit de Belle-Isle est un endroit privilégié pour rencontrer ces espèces de cétacés.

Poissons volants

Imaginez ici des poissons projetés à l’extérieur de l’eau lors des manœuvres d’alimentation de trois rorquals à bosse, grandes gueules ouvertes, fanons en évidence. Cela s’est déroulé toute la journée du 17 juillet en face de Grande-Grave dans la baie de Gaspé.

Requins du Groenland

Deux requins du Groenland ont été retrouvés échoués morts à Baie-Comeau dans la dernière semaine. L’équipe du GEERG (Groupe d’étude sur les élasmobranches et le requin du Groenland) a prélevé des échantillons sur ces carcasses. Mais attention, il y a aussi des requins vivants! L’an dernier, à Baie-Comeau toujours, quatre requins avaient été filmés en plongée, causant tout un émoi. Cette année, le GEERG voulait vérifier s’ils étaient encore présents. Depuis deux semaines, ils ont fait de nombreuses plongées, et cumulent une vingtaine de rencontres avec ces créatures.

Pour plus de détails, lisez l’Actualité de la semaine à

http://www.baleinesendirect.net/3/3-1-1.html

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29 juillet 2004, vol. 8 no 30

Des dauphins sont arrivés

Environ 25 dauphins à flancs blancs ont été rapportés le 21 juillet près de Godbout. Le 26 juillet, les croisiéristes de Gaspé en ont rencontré une trentaine. Cette espèce arbore un magnifique patron de coloration : dos noir, ventre blanc, bande grise et ligne jaune maïs sur le flanc. On estime qu’au moins 12 000 dauphins à flancs blancs fréquentent le golfe Saint-Laurent. Ils entrent occasionnellement dans l’estuaire. Un groupe d’une vingtaine de représentants de cette espèce auraient été vus également par un pêcheur au large de Grande-Rivière.

Cachalots

Toute une semaine de cachalots! Les 19, 21 et 22 juillet, nos observateurs de Baie-Comeau et Franquelin ont vu un cachalot. Avec une photographie de sa queue, on a pu l’identifier comme étant Tryphon, un individu bien connu qui visite le Saint-Laurent presque chaque année. Fait intéressant, des dizaines de calmars ont été retrouvés échoués sur les rives de ce coin depuis une semaine. Ces proies ont-elles attiré le cachalot? Le 24 juillet, neuf cachalots ont été signalés au large des Bergeronnes. En fin de journée ils avaient dérivé jusqu’au Bic. Ils ne plongeaient pas en sortant la queue; ils étaient plutôt en " billotage ". Ils se tortillaient parfois drôlement. À un certain moment, ils se sont placés en formation de rosette, c’est-à-dire tous en rond avec leurs têtes vers le centre. Ils sortaient souvent le devant de leur tête hors de l’eau. L’un d’eux a tourné sa tête pour sortir son œil hors de l’eau. Les 27 et 28 juillet, on a aperçu des petits groupes de deux, trois ou quatre cachalots aux Bergeronnes, aux Escoumins et aux îlets Boisés. Il y avait aussi un individu solitaire qui s’est révélé être Tryphon.

Extrême-Orient II

Nous avons eu des nouvelles plus précises des membres de l’équipe du MICS à Blanc-Sablon. Ils poursuivent là-bas certains travaux de recherche. Il y a un nombre incroyable de cétacés près de Vieux-Fort : une vingtaine de rorquals communs, 150 à 200 rorquals à bosse et environ 500 dauphins à nez blanc.

Spectacle d’une mère et de son baleineau

Une mère rorqual à bosse et son baleineau ont offert tout un spectacle aux passagers des bateaux de croisière et aux randonneurs qui se trouvaient sur les sentiers du parc Forillon bordant la baie de Gaspé. Les deux rorquals, le grand et le petit, sautaient hors de l’eau et frappaient l’eau de leurs queues. Apprentissage? Jeu?

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5 août 2004, vol. 8 no 31

La vie en groupe

Les quelque 200 rorquals à bosse repérés la semaine dernière au large de Blanc-Sablon se sont dispersés en plus petits groupes de 10 à 20 individus cette semaine. Pour un animal, le choix de vivre en groupe dépend beaucoup des pressions de prédation dont il est l’objet et de la disponibilité de ses proies. Dans les aires d’alimentation, les groupes de rorquals à bosse, comme les groupes de rorquals communs, sont généralement petits et instables. Dans ce cas-ci, les chercheurs croient que la taille du groupe reflète le type de proies et la façon dont elles sont distribuées. Par contre, les dauphins à nez blanc qui côtoient les rorquals à bosse de Blanc-Sablon forment des groupes de plusieurs centaines. Il est possible que ce soit une stratégie pour réduire les risques de finir dans l’estomac d’un requin ou d’un épaulard. Bien entendu, la décision de vivre en groupe dépasse les histoires de chaîne alimentaire; on pense aux choses importantes de la vie comme prendre soin des petits, assurer sa reproduction et apprendre à devenir parent. On peut sur ces bases échafauder des théories variées pour expliquer pourquoi les douzaines de petits rorquals présents dans le golfe en ce moment sont solitaires, alors que les centaines de marsouins communs présents à la grandeur du Saint-Laurent sont la plupart du temps en petits groupes de trois à cinq.

Les rorquals à bosses

Les rorquals à bosse ne se limitent pas au golfe du Saint-Laurent. Deux représentants de cette espèce ont été vus juste devant Pointe-des-Monts. L’un deux se trouvait près du rivage quand il a sorti la queue de l’eau pour plonger. Un touriste français en séjour dans le coin a réussi à capturer le moment sur vidéo; beau souvenir de vacances! Tic Tac Toe et Cocotte, les deux rorquals à bosse qui semblent avoir adopté le secteur Tadoussac–Les Escoumins comme résidence estivale, sont toujours dans les parages, pour le plus grand plaisir des observateurs.

Comportements fascinants

Le dimanche 1er août, Tic Tac Toe et Cocotte, ont été observés roulant l’un sur l’autre, ventre à ventre. L’un sortait la queue de l’eau, et l’autre passait dessous. Au moins deux témoins jurent avoir vu une traînée blanchâtre dans le sillon de Tic Tac Toe. S’agirait-il d’activités sexuelles? L’un des rorquals à bosse de Percé a sauté hors de l’eau 20 fois de suite, à 30 m d’un bateau. Un petit rorqual dans le même secteur s’est approché d’un bateau d’excursion pour l’examiner, à la manière d’un dauphin curieux, faisant surface cinq à six fois de part et d’autre de l’embarcation. Et ce n’est pas tout! Toujours dans le secteur de Percé, deux requins pèlerins ont été vus nageant à 30 m l’un de l’autre. L’un d’eux s’est approché à quelques mètres d’un bateau d’excursion. C’est à se demander qui observait qui!

Bélugas en vue

Une observatrice de Baie-Sainte-Marguerite notait une abondance de bélugas dans la baie depuis mardi. Il semble que ce soit des femelles accompagnées de jeunes. Même si ces baleines blanches sont observées régulièrement dans ce secteur, leur attachement à ce site demeure un mystère. Les femelles recherchent-elles les eaux plus chaudes de la baie pour leurs petits? Les bélugas viennent-ils dans la baie pour se frotter contre le fond sablonneux et se débarrasser de peaux mortes? Des études comportementales menées dans ce secteur n’ont pas permis de tirer des conclusions définitives sur la question. Toutefois, il a été noté que les bélugas ont dans la baie des comportements qui tranchent sur les comportements qu’on observe ailleurs dans leur aire de distribution estivale. Pour ceux qui souhaiteraient voir des bélugas à partir du rivage, Baie-Sainte-Marguerite n’est que l’un des nombreux sites qui rendent ces rencontres possibles. Quatre bélugas, ainsi que six phoques communs, ont été repérés cette semaine à moins de 30 m de la rive Sud, près de Cacouna.

Grands rorquals en amont

Un rorqual commun accompagné d’un baleineau ont été observés près de Baie-des-Rochers dans la région de Charlevoix. Un troisième rorqual commun a été vu plus au large. Certains rorquals communs régulièrement observés à la tête du chenal Laurentien (comme U2, Bp049 et Bp020) ont été photographiés sporadiquement plus en amont depuis 1999. Pourquoi se trouvent-ils dans Charlevoix? Serait-ce que la nourriture y est plus abondante maintenant, ou est-ce plutôt qu’elle est moins abondante ailleurs? Qui sont ces baleines observées la semaine dernière? On espère que l’équipe du GREMM qui travaille avec les bélugas dans ce secteur aura l’occasion de prendre de bonnes photos de ces rorquals communs, ce qui permettra de les identifier.

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12 août 2004, vol. 8 no 32

Cachalot(s?) sur la Côte-Nord

Un cachalot a été repéré devant Pointe-des-Monts le 3 août. Deux cachalots ont été observés le 9 août, à trois milles marins au large de Forestville. Enfin, plusieurs observations d’un cachalot solitaire ont été rapportées entre Baie-Comeau et Godbout, les 10 et 11 août. La première observation " photos à l’appui " de cachalot dans le Saint-Laurent remonte à 1991. Depuis, on rapporte des observations de cachalots chaque année. Y aurait-il plus de cachalots qu’avant qui visitent le Saint-Laurent, ou ces observations récentes reflètent-elles le fait que plus d’observateurs aguerris s’intéressent aux baleines? Une chose est certaine, avec sa tête énorme, son souffle oblique, ses périodes prolongées en surface pour respirer (un cachalot souffle souvent 20 à 30 fois de suite avant de plonger) et sa queue triangulaire, il est difficile de confondre le cachalot avec toute autre espèce de baleine. Malheureusement, sans photographies, il est impossible de savoir combien de cachalots différents ont été vus la semaine dernière.

Une naissance??

Quelque chose qui ressemble bien a un placenta frais a été retrouvé au large de Portneuf-sur-Mer le matin du 11 août par l’équipe du Mériscope. D’une longueur de quatre mètres, la masse flottante contenait des vaisseaux sanguins. On pouvait voir du sang frais, et les oiseaux n’avaient pas commencé à s’en nourrir. Aucune odeur de putréfaction ne s’en dégageait. Il y avait également un sac blanc translucide qui flottait à proximité. Il n’y avait pas de cordon ombilical. Tous ces détails laissent croire à nos observateurs que, s’il s’agit bien d’un placenta, la naissance aurait eu lieu dans la nuit précédant leur découverte. Deux observations analogues se sont déjà produites dans ce secteur. En 1990, des chercheurs du GREMM avaient vu un rorqual bleu expulser un placenta. Un nouveau-né avait surgi tout de suite après à côté de la mère, et n’avait jamais été revu par la suite. Le 23 août 2000, un placenta avait été trouvé flottant en surface, laissant les chercheurs du MICS perplexes. La découverte de cette semaine ouvre aussi la porte aux spéculations. Pour le moment, il est impossible de savoir s’il y a bien eu naissance, et encore moins de savoir si tout s’est bien déroulé ou de quelle espèce il s’agit. Ouvrez l’œil et contactez immédiatement Urgences Mammifères Marins si vous apercevez une baleine qui semble être un nouveau-né, vivant ou mort. Téléphone : 1-877-7baleine.

Transit rapide

Les deux rorquals à bosse vedettes de l’estuaire, Tic Tac Toe et Cocotte, ont été vus dans la partie aval du secteur Tadoussac–Les Escoumins pour la dernière fois le samedi 7 août. Ils se déplaçaient vers l’est à une vitesse constante de 3,5 nœuds. Au même moment, Siam, un autre rorqual à bosse qui fréquente régulièrement l’estuaire, était photographié près de Puyjalon, à l’est de l’île d’Anticosti. Ces trois baleines ont resurgit trois jours plus tard au large de Shelldrake sur la Basse-Côte-Nord, à l’ouest de l’île d’Anticosti. Ces trois membres du club des rorquals à bosse de l’estuaire avaient-ils un rendez-vous, ou cette rencontre est-elle le fruit du hasard?

Un groupe de rorquals bleus

Au cours d’une excursion le vendredi 6 août, des observateurs de Gaspé ont trouvé un groupe de 10 rorquals bleus. Voilà qui est rare! Le rorqual bleu est une baleine plutôt solitaire, parfois vue en paires. Ceci dit, et c’était peut-être le cas pour cette observation à Gaspé, il arrive que des rorquals bleus se rassemblent quand il y a une abondance de krill.

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19 août 2004, vol. 8 no 33

Requins en vue

L’observation de requins est en passe de devenir une activité régulière dans certains secteurs du Saint-Laurent. Deux des sept espèces qui évoluent dans nos eaux, le requin du Groenland et le requin pèlerin, ont été l’objet d’observations spectaculaires cette semaine. D’abord, de 9 à 20 requins du Groenland, de plusieurs mètres de long, ont été vus nageant dans deux mètres d’eau par des observateurs postés sur les quais flottants dans la baie de Saint-Pancrace, près de Baie-Comeau. Le requin du Groenland a une alimentation variée : petits poissons et mollusques, mais aussi phoques et même caribous! Cet été, on rapporte plusieurs observations de ce requin en eau peu profonde dans la région de Baie-Comeau, ce qui est inhabituel. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du groupe de chercheurs qui suit la situation : http://www.geerg.ca. Des observateurs de Percé ont assisté à une scène fascinante : quatre requins pèlerins de plus de 10 mètres de long ont longé leur bateau. Ils voyaient clairement leurs immenses branchies à travers l’eau calme et transparente. Le requin pèlerin, le deuxième plus grand poisson au monde, se nourrit en filtrant les petits organismes à l’aide de ses branchies. Cette espèce est régulièrement observée près de la surface dans le Saint-Laurent. On rapporte plusieurs observations en Gaspésie ces dernières semaines. Lundi dernier, un requin pèlerin a été repéré très près de la rive Nord des îles de la Madeleine.

Poupons

Deux petits rorquals de très petite taille ont été repérés dans l’estuaire. La première observation a eu lieu à partir du rivage près des Escoumins le 10 août. Notre collaborateur a vu un adulte accompagné par un très petit jeune. Les deux baleines nageaient et respiraient simultanément à trois mètres l’une de l’autre. La deuxième observation a eu lieu au large de Pointe-au-Boisvert, entre Les Escoumins et Forestville, le 18 août. Un petit rorqual miniature nageait seul. Il était si petit que les chercheurs du Mériscope l’ont d’abord pris pour un marsouin commun! Ils estiment que ce bébé petit rorqual mesurait à peine trois mètres de long. Il est étonnant de voir une baleine si petite nager seule, sans adulte à ses côtés. Un jeune rorqual bleu a aussi été observé à plusieurs reprises au large de Portneuf-sur-Mer depuis la fin de semaine. La mère semble très protectrice, se plaçant souvent entre son jeune et toute embarcation tentant une approche. Des photos prises par les chercheurs du Mériscope ont permis de confirmer l’identité de la mère : elle figure dans le catalogue du MICS sous le numéro de code B108.

Vigilance baleines noires

Une paire de baleines noires, aussi appelées baleines franches, a été repérée à quinze milles marins du cap Gaspé, sur le banc des Américains, dans l’après-midi du 15 août. Il s’agit de la seconde observation de baleine noire dans le Saint-Laurent cette année. Les deux individus ont été photographiés; il sera peut-être possible de les identifier. Les photographies des callosités blanches de la tête sont nécessaires pour distinguer les individus de cette espèce. Il ne reste qu’environ 300 baleines noires dans l’Atlantique Nord. Presque chacune d’entre elles est fichée et suivie dans ses allées et venues. Il s’agit d’une espèce très fragile. En raison de son statut précaire, on demande de rapporter rapidement toute observation au Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, au 1-877-7baleine.

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26 août 2004, vol. 8 no34

Direction : le ciel

Le petit rorqual serait une baleine plutôt discrète selon les dires de plusieurs observateurs de par le monde. Or, ici dans le Saint-Laurent, c’est tout le contraire! Son exubérance dans nos eaux est tout simplement spectaculaire. On voit souvent des représentants de cette espèce sauter complètement hors de l’eau, un comportement qu’on nomme " breach " en anglais, et que l’on attribue plutôt au rorqual à bosse, au cachalot et à la baleine noire. Le 20 août, trois petits rorquals ont fait chacun plusieurs " breach " en face de l’anse à la Cave près des Bergeronnes. Le même jour, un petit rorqual sautait dans le sillon du traversier Rimouski-Forestville, à un mille marin au large de Forestville. Notre observateur de Percé a aussi vu, depuis la fenêtre de son bureau, un petit rorqual jaillir des eaux, et un autre petit rorqual a sauté plusieurs fois de suite au large de l’anse aux Sauvages, près de Forillon. Peut-être en raison de sa taille et de la forme de son corps, le rorqual commun n’est pas un adepte du " breach ". Néanmoins, le 17 août, un rorqual commun a sauté 10 fois de suite au large des Bergeronnes. Pourquoi? Bonne question! Le chercheur Hal Whitehead compare ce comportement à un point d’exclamation; ce serait une façon de souligner d’autres comportements, souvent sous-marins.

Où sont les rorquals communs?

Parlant du rorqual commun, cette espèce énigmatique, qui s’est faite plutôt rare dans l’estuaire ces dernières années, est présente à la grandeur du Saint-Laurent. De l’estuaire au golfe, voici un aperçu de la distribution des rorquals communs, telle que rapportée par nos collaborateurs. Au moins huit rorquals communs, incluant un jeune de l’année, ont été dénombrés dans le secteur Les Bergeronnes-Les Escoumins. Trois rorquals communs et un jeune de l’année ont été repérés au large de Portneuf-sur-Mer, trois autres à Gaspé, cinq à Percé et quatre à Matane. Mais le record incontesté cette semaine revient au secteur de Mingan, au large de la rivière au Tonnerre, où les chercheurs du MICS estiment qu’il y a au moins 60 rorquals communs. Les chercheurs en charge des banques de photo-identification de cette espèce se demandent bien qui est où, et pourquoi ils sont si peu nombreux dans l’estuaire.

Les rorquals bleus se font la cour?

La fraîcheur des petits matins est plus un signe annonciateur de l’automne que du printemps, la saison des amours pour beaucoup d’espèces animales. Mais essayez donc d’expliquer ça à un rorqual bleu! Comme tous les ans à l’approche de l’automne, les rorquals bleus du Saint-Laurent ont commencé à se mettre en paire et à nager à la queue leu leu. Il est probable que ce comportement ouvre la saison des amours, hivernale chez cette espèce. Selon les données de Richard Sears, chercheur principal au MICS, ces paires sont la plupart du temps formées d’une femelle accompagnée d’un mâle, et la femelle est souvent en tête. Les observateurs de Portneuf-sur-Mer ont remarqué ce comportement typique parmi les quelque huit rorquals bleus présents dans leur secteur. Un mâle bien connu, Torishinto, a tenté d’approcher deux femelles facilement reconnaissables, B108 et Chameau. Chameau a réagi en produisant un retentissant son de trompette avec ses évents. Était-elle flattée ou embêtée?

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2 septembre 2004, vol. 8 no35

Tryphon et compagnie

On signale encore des cachalots le long de la rive Nord de l’estuaire. Cette nouvelle série d’observations a débuté le 25 août dans le secteur de Portneuf-sur-Mer; deux animaux ont été photographiés. Depuis, un à trois cachalots ont été repérés et photographiés dans l’estuaire presque tous les jours. L’un des cachalots est Tryphon, un habitué de l’estuaire depuis 1991. Les deux autres ne se trouveraient pas parmi les 21 individus figurant au catalogue des cachalots de l’estuaire, monté par le GREMM.

Dauphins curieux

Des passagers d’un bateau d’excursion de Percé ont fait toute une rencontre quand leur bateau est devenu l’objet de la curiosité d’un groupe d’une cinquantaine de dauphins à flancs blancs de l’Atlantique, dont plusieurs étaient accompagnés de jeunes. Ces petits cétacés nageaient le long du bateau et les passagers pouvaient clairement les observer en transparence, juste sous la surface. Les dauphins ne semblaient pas occupés à se nourrir, ce qui pourrait expliquer qu’ils aient pris le temps de leur rendre visite.

Les bélugas du Saguenay

Les bélugas étaient nombreux dans le Saguenay cette semaine. Des groupes de 10 à 40 individus ont été vus dans la baie Sainte-Marguerite et plus loin en amont. Deux ont été repérés à quelque 60 km de l’embouchure, au pied du cap Trinité le vendredi 27 août. Plus près de l’embouchure du fjord, on voit presque tous les jours des petits groupes nageant vers l’amont ou vers l’aval, dépendant des courants de marée. Les observateurs postés à Pointe-Noire ont été particulièrement choyés dimanche dernier, alors qu’une trentaine de bélugas, adultes et jeunes, ont évolué au pied des falaises pendant près de trois heures. Les bélugas nageaient rapidement juste sous la surface, changeant brusquement de direction (apparemment à la poursuite de poissons) et sortant la tête pour cracher de l’eau. À un moment, alors qu’un petit rorqual a surgi dans le secteur, on a pu entendre les bélugas émettre des bruits ressemblant à quelque chose entre un grognement et un coin-coin. Était-ce un message? À l’intention des autres bélugas ou du petit rorqual?

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9 septembre 2004, vol. 8 no36

Lumière et brouillard

Aujourd’hui, une brise du nord-ouest découpe les reflets du soleil sur la surface du Saint-Laurent en une myriade de diamants. Peut-être en raison de l’angle du soleil, plus bas sur l’horizon, la lumière semble plus vive, l’air plus pur et les détails plus nets à cette période de l’année. Toutefois, la visibilité n’est pas toujours aussi exceptionnelle qu’aujourd’hui. Quand un banc de brouillard, une véritable purée de pois, a enveloppé Pointe-des-Monts le 7 août, les observateurs ont dû se résoudre à utiliser leurs oreilles pour percevoir les baleines. L’un d’eux rapporte avoir entendu jusqu’à cinq petits rorquals souffler non loin de la côte; les baleines semblaient vraiment tout près. Alors que la visibilité diminue de façon drastique par temps de brume, les sons, eux, voyagent plus loin; l’air plus dense facilite la transmission des ondes sonores, qui couvrent ainsi de plus grandes distances avant de s’atténuer.

Infatigables grands rorquals

Les grands rorquals sont toujours nombreux dans le secteur de Mingan cette semaine. Ils sont également très actifs. Les chercheurs du MICS rapportent une vingtaine de rorquals à bosse à l’ouest de l’île d’Anticosti. Ces baleines ne donnent pas l’impression qu’elles s’alimentent, mais il y a par contre beaucoup d’interactions entre des mâles et des groupes de femelles. Sont-ils en train de se préparer pour la saison de reproduction, qui se déroule dans les eaux plus chaudes des Caraïbes pendant l’hiver? On note aussi la présence d’une cinquantaine de rorquals communs dans le même secteur. Ces lévriers des mers méritent bien leur surnom ces temps-ci : ils se déplacent rapidement et nagent de façon dynamique, leur queue brise la surface quand ils tournent brusquement et ils changent souvent de groupe. Les dix rorquals communs observés dans l’estuaire cette semaine ont autant d’entrain. Ce type de comportement est plus souvent qu’autrement lié à l’alimentation, alors que ces animaux de 40 tonnes poursuivent des bancs de petits poissons. Les nombreux marsouins et petits rorquals contrastent par leur taille quand ils nagent à côté de ces géants exubérants.

Résidant de Charlevoix

Tranchant sur cette activité frénétique, notre observateur de Port-au-Persil, dans Charlevoix, rapporte un petit rorqual solitaire qui s’est tenu non loin de la côte pendant quelques heures le 4 septembre. Plus tard dans la journée, ce qu’elle croit être le même petit rorqual a calmement dépassé son kayak, longeant la côte, avec en toile de fond de blancs bélugas au loin. La paix.

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16 septembre 2004, vol. 8 no37

Dans le ciel… et sur l’eau

C’est indéniable, les signes se multiplient : nous glissons définitivement de l’été vers l’automne, survolés par les bruyants voiliers de bernaches du Canada qui passent au-dessus du Saint-Laurent et le long de ses rives. Et si les oiseaux migrateurs pouvaient monter des albums souvenirs, tout comme les voyageurs humains quand ils explorent de belles contrées? Incluraient-ils des vues aériennes des nombreuses baleines qu’ils ne peuvent manquer d’observer de là-haut?

Imaginez l’allure qu’aurait eu ce rorqual à bosse montrant la queue non loin de la rive pour les nombreux groupes d’hareldes kakawis rassemblés près de Pointe-des-Monts. Ces jolis canards noirs et blancs, longue queue pointue pour le mâle, se placent en file ou en V ces jours-ci. Ce sont probablement des préparatifs pour leur déplacement vers l’estuaire du Saint-Laurent, où un grand nombre d’entre eux passeront l’hiver. Notre observatrice de Portneuf-sur-Mer rapporte avoir vu des rorquals bleus faire de grosses bulles sous l’eau. Essayez de vous représenter ce que cette scène devient aux yeux des mouettes tridactyles qui la survolent! Des milliers de mouettes tridactyles, petits oiseaux marins vifs et élégants, sont rassemblés entre Tadoussac et Les Bergeronnes. Elles resteront dans le secteur jusqu’à ce que la glace les incite à fuir vers les provinces Maritimes. Quel souvenir des phalaropes, amerrissant pour se nourrir, garderaient-elles des cinq rorquals bleus et des dix rorquals communs repérés au large de Sept-Îles? Et finalement, ces adeptes de la haute voltige et du plongeon acrobatique que sont les fous de Bassan doivent avoir une vue imprenable sur les requins pèlerins circulant près de l’île Bonaventure. Ces oiseaux impressionnants entameront bientôt leur migration automnale vers la côte Est américaine et le golfe du Mexique.

Toujours la saison pour les baleines!

Les voyageurs en saison creuse sont gâtés cette année en fait de baleines. Pendant que le nombre d’observateurs de baleines diminue, les différentes espèces de baleines demeurent abondantes partout dans le golfe et l’estuaire. Septembre est souvent une période merveilleuse pour une balade en mer ou sur la rive, mais il faut se couvrir comme un oignon, le temps étant bien difficile à prévoir. Néanmoins, ceux qui persistent à scruter la surface de l’eau ont toutes les chances d’être récompensés. Si le vent ne soulève pas trop de vagues, on peut à tout moment apercevoir des marsouins communs. Les petits rorquals sont eux aussi presque omniprésents. Près du Saguenay, certains se déplacent en paires, un comportement peu commun pour cette espèce. Les rorquals communs continuent de sillonner l’estuaire, alors que des douzaines de rorquals communs et de rorquals à bosse nagent dans les eaux baignant l’archipel de Mingan. Un voyage en Gaspésie pourrait inclure des observations de rorquals bleus, de rorquals à bosse, de rorquals communs et de dauphins à flancs blancs. Oui, vraiment, ça vaut le coup de se couvrir et de sortir!

Qu’est-ce que c’était?

Une observatrice rapporte avoir repéré plusieurs petits rorquals près de Manitou, entre Sept-Îles et Mingan, ainsi que quelque chose de complètement différent. Alors qu’elle contemplait les petits rorquals, un groupe de quatre ou cinq baleines toutes noires, ressemblant à des bélugas par leur tête ronde et leur taille mais arborant une grosse nageoire dorsale, ont lentement défilé. Cette description correspond de près à des globicéphales noirs, de rares visiteurs pour cette partie du golfe. On ne sait jamais ce qui peut faire surface, une autre bonne raison d’être attentif.

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23 septembre 2004, vol. 8 no38

Elle souffle!

De forts vents ont soufflé plusieurs jours dans le golfe et à la pointe de la péninsule gaspésienne la semaine dernière, rendant les excursions aux baleines loin au large plutôt périlleuses. Mais il n’y avait pas que le vent qui soufflait. On pouvait voir des douzaines de souffles de grandes baleines depuis la rive entre Anse-au-Griffon et le cap Gaspé. Les observateurs ont aussi eu droit à tout un spectacle quand quatre rorquals communs ont passé une grande partie de la journée à s’alimenter près de la surface, à 100 mètres du quai de Grande-Grave. Trois autres rorquals communs faisaient de même à moins de 50 mètres du quai de l’anse à Brillant. De nombreux petits rorquals, rorquals communs, rorquals bleus et rorquals à bosse s’alimentaient juste un peu plus au large, et l’on pouvait distinguer encore d’autres souffles à l’horizon. Quand les rorquals s’alimentent en surface, souvent ils se tournent sur le côté, sortant la nageoire pectorale, la gueule et la moitié de la queue de l’eau, permettant ainsi aux observateurs d’apercevoir des parties de corps normalement dissimulées sous les vagues. Les baleines s’alimentaient dans de grands bancs de krill et de harengs nageant près de la surface, un festin digne de ces géants!

Un béluga loin de chez lui

Un béluga solitaire a passé tout l’été dans le golfe du Saint-Laurent près de l’embouchure de la rivière Musquaro, à quelque 50 kilomètres de Natashquan sur la Basse-Côte-Nord. C’est très loin de l’aire de distribution habituelle de cette espèce. Ce béluga était apparemment très curieux et s’approchait régulièrement des embarcations naviguant dans le secteur, allant jusqu’à se frotter contre leur coque à l’occasion. Ce type de comportement, typique des bélugas solitaires et égarés, peut s’avérer dangereux pour les plaisanciers ou les bélugas eux-mêmes. Ces dernières années, plusieurs bélugas dans la même situation ont été victimes de collision ou de coups d’hélices, ce qui a entraîné de sérieuses blessures ou même leur mort. De plus, les interactions répétées avec les humains peuvent réduire les chances d’un béluga solitaire de retourner à une vie normale. C’est pourquoi Pêches et Océans Canada a émis des avis pour enjoindre le public à être prudent avec ce béluga. Un membre de l’équipe de recherche du GREMM a été dépêché sur place la semaine dernière pour documenter la situation et sensibiliser les résidants aux risques d’interagir avec l’animal. Il a pris des photos, des séquences vidéos et une biopsie de l’animal. L’échantillon de peau et de gras permettra de déterminer d’où vient cet animal, soit de l’Arctique ou du Saint-Laurent. Le béluga en question serait une jeune femelle apparemment en bonne santé.

Un très petit phoque

Les chercheurs du Mériscope ont croisé un groupe d’une quarantaine de phoques près de l’embouchure de la rivière Portneuf. Le groupe était essentiellement composé de phoques gris, mêlés de quelques phoques communs. En les observant, ils ont remarqué qu’un très petit phoque nageait parmi eux. Le petit phoque était beaucoup plus foncé que ne le sont habituellement les bébés de ces espèces. Intrigués par l’étrange couleur et la petite taille de l’animal (la période des naissances est en hiver pour le phoque gris, et au printemps pour le phoque commun), ils se sont approchés. Quand ils ont pu revoir le petit animal, le mystère de ce phoque étrange s’est éclairci : il s’agissait en fait d’un rat musqué!

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30 septembre 2004, vol. 8 no39

Échange de baleines

Toutes les semaines, l’équipe des Nouvelles du large reçoit de l’information sur les mouvements des espèces de baleines et même de certains individus. Cette semaine, par exemple, le rorqual commun Boomerang est arrivé dans l’estuaire. Il avait apparemment été vu plus tôt cet été dans le secteur de Mingan. À l’inverse, les rorquals à bosse Cocotte et Tic Tac Toe, qui ont passé plusieurs semaines dans l’estuaire au cours de l’été, sont maintenant dans le secteur de Mingan. Les informations de ce type, de plus en plus nombreuses, permettent de faire ressortir une image plus claire de la façon dont différentes espèces de baleines utilisent le Saint-Laurent. Les chercheurs de différents groupes (MICS, IML-MPO, ORES, GREMM, etc.) notent une fidélité à certains territoires, font des liens entre l’accumulation des proies et les concentrations de baleines, et commencent à avoir une idée générale des mouvements de certaines espèces dans le Saint-Laurent. Nous sommes dans une époque palpitante pour l’étude de ces animaux! Cette meilleure compréhension de la vie des baleines est utile quand vient le temps de choisir et mettre en place des mesures appropriées pour les protéger.

Observation rare dans le golfe

Un pêcheur expérimenté travaillant à la pointe Est de l’île d’Anticosti a eu toute une surprise quand " une tortue de mer de la taille d’une table de cuisine " s’est approchée de son filet rempli de crevettes. L’animal s’est éloigné rapidement quand il a vu le bateau tout près. Le pêcheur n’avait jamais rien vu de tel en 40 ans de carrière. Il décrit un animal avec une tête ronde et une carapace pourvue de petites bosses en lignes, un peu comme un crocodile. Sa description correspond à celle d’une tortue luth. La tortue luth est le plus lourd des reptiles et la seule tortue marine qui visite le Saint-Laurent. Les mentions dans le Saint-Laurent sont rares, et la tortue luth est considérée en voie de disparition. Les observations rapportées au Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (1-877-7baleine) fourniront aux chercheurs de précieuses informations qui pourraient être utiles pour le rétablissement de cette espèce.

Le nouveau pensionnaire du zoo de Saint-Félicien se porte bien

Le 11 juin dernier, un très jeune phoque commun avait été signalé seul sur une plage près de Rimouski. Après plusieurs jours, la mère du petit animal n’avait pas été vue à proximité, et celui-ci dépérissait. Des passants bien intentionnés avaient déplacé l’animal, et l’avait même conduit à un centre de réhabilitation des petits animaux sauvages. Cette intervention a condamné l’animal a une vie en captivité. En effet, le phoque, s’il était remis en liberté, risquait maintenant d’introduire de nouveaux pathogènes dans l’environnement marin. Le 15 juin, il a donc été décidé d’envoyer le phoque au Zoo de Saint-Félicien, qui a déjà trois phoques communs dans un bassin. Quand le Zoo a reçu le phoque, il ne pesait que 7,7 kg, il refusait d’être nourri au biberon et devait être gavé d’une préparation de poisson, crème, vitamines et minéraux. La jeune femelle a doublé son poids depuis, et elle rejoindra bientôt les autres phoques communs en bassin. Les phoques s’échouent souvent et volontairement, et ce, pour diverses raisons : pour accélérer la mue, pour donner naissance, pour allaiter ou simplement pour se reposer au soleil. Si vous rencontrez un phoque vivant sur la grève, la meilleure chose à faire est de demeurer à distance. L’interaction avec un animal sauvage entraîne souvent des problèmes, et peut même compromettre sa survie.

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7 octobre 2004, vol. 8 no40

Un mâle parmi les femelles

Le 1er octobre, un petit rorqual à la dérive près de Baie-Comeau a été signalé au 1-877-7baleine. Jusqu’ici, rien d’extraordinaire. Sauf qu’il s’agissait d’un mâle… sans aucun doute! L’équipe du Centre ORES s’est rendue sur les lieux; l’animal mesurait 6,8 mètres, reposait sur le dos, et le pénis était saillant. Assistée d’un membre du GREMM et d’un résidant ayant gentiment prêté son embarcation, l’équipe a prélevé des fanons ainsi qu’un morceau de peau et de gras, qui seront remis aux chercheurs de l’Institut Maurice-Lamontagne (Pêches et Océans Canada). Les images sous-marines de la nageoire dorsale n’ont pas permis l’identification de l’individu. Presque toutes les carcasses de petits rorquals retrouvées sur les rives du Saint-Laurent étaient des femelles. Dans l’estuaire, tous les individus pour lesquels le Centre ORES a pu identifier le sexe (lorsque la baleine montrait son ventre) étaient aussi des femelles. Des 29 petits rorquals biopsiés par les chercheurs du MICS, 24 étaient des femelles. Les populations de petits rorquals sont souvent divisées selon le sexe, le groupe d’âge ou l’état reproducteur.

La saison des surprises

Avec les vents froids qui arrachent les feuilles multicolores des arbres, on sent que la fin de la saison d’observation approche rapidement. Plusieurs de nos collaborateurs n’ont pu sortir en mer la semaine dernière en raison des vents forts, du brouillard et de la pluie. Néanmoins, on rapporte des observations régulières de rorquals communs, petits rorquals, marsouins communs et bélugas, sans oublier quelques rorquals bleus, et ce, autant du rivage que des bateaux. Les archives des Nouvelles du large révèlent que cette période est propice aux observations qui sortent de l’ordinaire : le 21 octobre 1999, sept cachalots au cap de Bon-Désir; le 29 septembre 2001, un rorqual à bosse dans le Saguenay; le 26 septembre 2002, des dauphins à flancs blancs très loin à l’intérieur de la baie de Gaspé, et, la dernière mais non la moindre, le 11 octobre 2003, deux épaulards au large des Bergeronnes. Plusieurs compagnies d’excursion continueront d’offrir des sorties en mer jusqu’à la fin octobre, et certaines même jusqu’au début novembre. C’est vraiment la saison des surprises. Ouvrez grand les yeux !

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14 octobre 2004, vol. 8 no41

Bleu et blanc

Au cours d’une sortie en mer cette semaine, notre observateur de Portneuf-sur-Mer a aperçu deux rorquals bleus. Les deux baleines sortaient la queue de l’eau au moment de partir vers les profondeurs. Il a aussi rencontré plusieurs marsouins communs, deux petits rorquals et un rorqual commun. Son observation la plus surprenante est certainement celle d’un rorqual bleu et d’un béluga solitaire qui ont passé un long moment à nager l’un près de l’autre. Le dos bleu et le dos blanc faisant surface en alternance ou simultanément contrastaient non seulement par leur couleur mais également par leur taille. Les deux baleines se nourrissaient-elles des mêmes proies ?

Va-et…

L’automne est la saison des mouvements pour plusieurs espèces. Des 13 espèces de baleines qui fréquentent le Saint-Laurent, seul le béluga est considéré comme un résidant à l’année. Il se déplace de l’estuaire vers le golfe pour l’hiver. Les mouvements de quelques autres espèces sont assez bien connus; le rorqual à bosse, par exemple, fait cap vers le sud et passe l’hiver dans la mer des Caraïbes. Pour d’autres espèces, comme le rorqual bleu, le rorqual commun et le petit rorqual, les mouvements migratoires demeurent plutôt mystérieux. On croit souvent à tort que tous les représentants d’une même espèce se rassemblent dans une aire bien définie. Des données récentes sur le rorqual commun, par exemple, suggèrent plutôt que ces animaux seraient dispersés dans tout l’Atlantique Nord pendant l’hiver. Beaucoup de rorquals bleus passeraient les mois froids au large des Grands Bancs de Terre-Neuve, alors qu’on rapporte aussi plusieurs observations de cette espèce dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent. Ce qu’il faut retenir : chaque espèce a son propre patron de migration, et beaucoup d’individus font exception à la règle!

…-vient

Les oiseaux aussi sont en mouvement. Même si beaucoup d’espèces quittent le Saint-Laurent (comme les labbes parasites, qui se font plus rares et se dirigent vers l’Atlantique Nord), il y a de la vie après le mois d’octobre! Les hareldes kakawis sont arrivés. Pour le moment, on ne compte que quelques groupes de 15 à 20 individus, mais d’ici peu, ces canards s’installeront par milliers dans l’estuaire pour y passer l’hiver. Un autre résidant hivernal du Saint-Laurent est le bécasseau violet. Ces dernières années, des ornithologues ont rapporté la présence de cette espèce près des Escoumins, sur l’île Rouge, sur la batture aux Alouettes et sur la pointe de l’Islet, à Tadoussac. Déjà, deux de ces discrets volatiles ont été repérés cette semaine à la pointe de l’Islet. Ouvrez l’œil pour les faucons gerfaut : le bécasseau violet est une proie idéale pour ce rapace de l’Arctique, qui passe l’hiver sous nos latitudes.

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21 octobre 2004, vol. 8 no42

Hibernation précoce

La fin de semaine dernière marquait la fin de saison pour beaucoup d’opérateurs de bateaux d’observation et de chercheurs de baleines. Que ce soit à Percé, à Mingan ou aux Bergeronnes, les propriétaires préparaient leurs bateaux pour un repos hivernal bien mérité. Beaucoup de ces bateaux ont été en service de mai à octobre, de l’aube au crépuscule. Les portes de la cale sèche de Tadoussac se sont aussi ouvertes la fin de semaine dernière, afin que les bateaux et les pontons puissent y entrer avec la marée haute. Une foule de résidants et de visiteurs observaient la scène : les bateaux pneumatiques étaient hissés de la rampe de mise à l’eau sur des remorques; les bateaux de plaisance de taille moyenne (des voiliers ou des yachts) étaient soit hissés sur des remorques, soit laissés en cale sèche sur des bers. Les plus gros bateaux d’excursion, d’une capacité de quelques centaines de passagers, continueront avec une poignée de bateaux pneumatiques à offrir des excursions dans la région de Tadoussac jusqu’à la fin octobre. Ils quitteront alors la région, faisant leurs adieux aux baleines avant d’être à leur tour placés sur des remorques pour passer l’hiver au sec.

Coup d’œil sur le Saint-Laurent

Alors que certains opérateurs de bateaux migreront bientôt vers l’île aux Coudres, Québec ou Montréal, les baleines ne semblent pas pressées de quitter nos régions. Cette semaine, quatre rorquals à bosse et huit petits rorquals ont été repérés près de l’île Bonaventure. Deux rorquals communs ont été aperçus au large de Portneuf-sur-Mer, en plus de quatre rorquals bleus, dont trois sortaient la queue au moment de plonger. Au total, 25 petits rorquals différents ont été identifiés par les chercheurs du Centre ORES entre Tadoussac et Les Escoumins. Dans le même secteur, plusieurs observateurs ont vu deux rorquals communs à différents endroits ces derniers jours. Seraient-ce les mêmes individus qui se déplaçaient? Enfin, un grand groupe de plus de 50 bélugas, jeunes et adultes, ont été vus dans la barre de courants à l’embouchure du Saguenay le 20 octobre, survolés par des milliers de goélands et de mouettes. Alors, si vous vous promenez le long des rives de l’estuaire et du golfe, surveillez la mer; vous ne verrez pas autant de bateaux que ces dernières semaines, mais vous aurez peut-être la chance de voir un mammifère marin.

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28 octobre 2004, vol. 8 no 43

Où sont les grandes baleines?

Les grandes baleines semblent avoir déserté l’estuaire cette semaine, mais pas moins de 12 rorquals communs et 4 rorquals bleus ont été repérés à huit milles marins au large de Gallix, près de Sept-Îles. De l’autre côté du Saint-Laurent, à Percé, il y avait six rorquals à bosse. Au moins 15 souffles de grandes baleines ont été repérés dans le même secteur, au large du cap d’Espoir. Les grandes baleines sont certainement encore plus nombreuses dans le golfe que ne le suggèrent ces observations, mais les observateurs, eux se font plus rares…

Baleines en paires

On dit du petit rorqual qu’il est solitaire. Il est généralement observé seul, et même quand plusieurs petits rorquals nagent dans un même secteur, chacun semble " s’occuper de ses affaires ". Très occasionnellement, on voit des petits rorquals nageant côte à côte en petits groupes pouvant compter jusqu’à cinq individus. Au cours de l’été, plusieurs paires et trios ont été repérés dans l’estuaire. On ne connaît pas la fonction de ces associations, mais les chercheurs d’ORES ont remarqué que certains individus sont plus enclins à s’associer ainsi avec d’autres petits rorquals.

La semaine dernière, le comportement des petits rorquals au large de Baie-Comeau, Pointe-des-Monts et Percé était plutôt typique : des animaux solitaires, chacun dans sa bulle. Au large de Tadoussac, par contre, quatre paires de petits rorquals ont été repérés près du phare du Haut-Fond Prince. Bien qu’on connaisse mal les habitudes de reproduction des petits rorquals, on présume que l’accouplement a lieu l’hiver. Ces paires se préparent-elles en vue de la saison des amours, ou s’agit-il d’une coïncidence? Il faut rappeler que la plupart des petits rorquals de l’estuaire semblent être des femelles.

Les marsouins communs, en revanche, sont souvent vus en petits groupes de trois à cinq individus. Cinq paires ont été vues la semaine dernière dans la baie de Saint-Pancrace, près de Baie-Comeau. Dans leur cas, ces associations n’ont probablement rien à voir avec l’accouplement, qui se déroule tard au printemps ou au début de l’été. Ces paires sont possiblement des mères accompagnées de leur jeune, né au printemps et allaité de 8 à 12 mois.

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