Quelle est la place des mammifères marins
dans les écosystèmes du Saint-Laurent?
Les mammifères marins sont généralement de grands
prédateurs, mais leur importance dans les écosystèmes
marins est souvent mal connue. Pour mieux comprendre leur rôle dans
le Saint-Laurent, des informations sur lalimentation des
mammifères marins et sur la structure du réseau alimentaire
dont ils font partie sont nécessaires.
Pour percer le miroir :
Létude visait quatre espèces de phoques (phoque
commun, phoque gris, phoque à capuchon, phoque du Groenland) et un
cétacé, le béluga. Entre 1995 et 1997, des
échantillons de muscle ou de sang ont été
prélevés sur des animaux du golfe et de l'estuaire du
Saint-Laurent. Ces échantillons provenaient de carcasses, ou, dans
le cas des phoques, danimaux capturés vivants. La position de
chacune des espèces dans le réseau alimentaire a
été évaluée en mesurant labondance de
certains isotopes stables, 13C et 15N, relativement
à celle de leur forme plus courante, 12C et
14N. Les isotopes 13C et 15N
saccumulent de façon prévisible à chaque
maillon du réseau alimentaire et permettent dobtenir des
informations sur le type de proie ingérée.
En bref 
Les mammifères marins examinés occupent les positions les
plus élevées dans les réseaux alimentaires du golfe
et de lestuaire maritime du Saint-Laurent. Le phoque commun et le
phoque à capuchon occupent les niveaux trophiques les plus
élevés, suivent le phoque gris, les phoques du Groenland du
golfe et les bélugas mâles. Les phoques du Groenland qui
visitent l'estuaire lhiver et les bélugas femelles occupent
des niveaux trophiques plus bas.
Les mammifères marins se nourrissant dans le golfe nont
pas le même ratio 13C/12C que ceux se
nourrissant dans lestuaire. Cette technique permet donc de
détecter des mouvements saisonniers. Par exemple, les phoques
communs étudiés résidaient probablement dans
l'estuaire maritime au cours de l'hiver précédant
l'échantillonnage, alors que les phoques gris capturés dans
l'estuaire maritime avaient fréquenté les eaux du golfe
avant leur capture.
Même si certaines espèces étudiées
consomment parfois le même type de proie, les mouvements saisonniers
ou les préférences dhabitats diffèrent
dune espèce à lautre. La compétition pour
la nourriture ne devrait donc pas être importante entre ces
espèces.
Cette étude a permis de construire un cadre de
référence pour mieux comprendre les
écosystèmes complexes du Saint-Laurent marin.
Un projet de :
Véronique Lesage, Institut Maurice Lamontage et
Université de Waterloo, et Mike O. Hammill, Institut Maurice-Lamontagne, et Kit M. Kovacs, Norwegian Polar Institute et
Université de Waterloo.
Partenaires :
Pêches et Océans Canada Saint-Laurent Vision
2000, Parcs Canada Plan Vert, Université de Waterloo, INESL,
Fonds pour la formation de chercheurs et l'aide à la recherche
(FCAR), Fondation canadienne de la faune
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