24 juillet 2008
Le cabotage soutenu par le Sénat du Canada
Le transport maritime sur courte distance (TMCD, aussi appelé cabotage) consiste à utiliser des navires pour transporter des marchandises entre deux ports canadiens au lieu du transport terrestre. Ce secteur d'activité ne se développe pas, et les armateurs s'impatientent. Pourtant, Québec offre deux programmes d'aide totalisant 80 millions $ aux compagnies qui souhaitent utiliser le transport maritime. Celui-ci implique une réduction des gaz à effet de serre associés au transport. De plus, la diminution du camionnage qu'il entraîne procure des avantages pour la sécurité et l'état des routes.
Une réglementation lourde et des frais élevés
Le frein : la réglementation canadienne et les frais élevés imposés par la Garde côtière aux armateurs, qui cumulent annuellement une facture de 40 millions $ couvrant le déglaçage, les écluses, les bouées, l'aide à la navigation, le dragage, etc. Les camionneurs n'ont pas à assumer de coût similaire pour les services qu'ils reçoivent.
À cet effet, le comité sénatorial canadien chargé des transports et des communications vient de déposer un rapport en juin. Il recommande l'élimination des frais maritimes pour les caboteurs. Le gouvernement a 150 jours pour répondre à ce document. Une étude portant sur les impacts et bénéfices sociaux et environnementaux du cabotage est également en cours. [Cyberpresse]
Pour en savoir plus
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1 mai 2008
Échouages multiples de baleines en Écosse et en Irlande
Une quarantaine de baleines se sont échouées sur les côtes écossaises et irlandaises depuis le début février. Ce nombre inhabituel représente une forte augmentation par rapport à la moyenne annuelle des échouages pour ces espèces dans ces régions. Ces échouages pourraient être liés à l'utilisation de sonars militaires lors d'exercices qui ont eu lieu pendant cette période. Ils surviennent à la veille d'un exercice militaire des forces britanniques et de l'OTAN (Joint Warrior 081) qui devait démarrer le 19 avril dans une zone marine sensible constituant l'habitat de plusieurs espèces de baleines et de dauphins.
Les carcasses de 11 baleines à bec de Cuvier, 10 globicéphales noirs et 3 baleines à bec de Sowerby se sont échouées en état de composition sur les côtes Ouest de l'Écosse, révélant que ces cétacés sont bien morts en mer. La porte-parole de l'agence britannique de la Whale and Dolphin Conservation Society souligne que d'autres cétacés auraient très bien pu mourir et dériver en mer, ou s'échouer sans être repérés, sachant que la côte Ouest de l'Écosse comporte des centaines de plages, de criques rocheuses et d'îles inaccessibles. Sur les côtes Ouest de l'Irlande, cinq baleines à bec et douze globicéphales se sont échoués pendant la même période.
Les sonars militaires en cause?.. comme ailleurs dans le monde
Les organismes de conservation des mammifères marins de cette partie de l'Atlantique Nord demandent au ministère de la Défense britannique de procéder à une enquête pour établir si un lien existe entre ces échouages et l'utilisation des sonars militaires. Ils font pression également pour qu'il prenne un engagement à long terme pour prévenir ces mortalités et réclament des fonds pour mener des études indépendantes sur la fréquentation des cétacés de cette région tout au long de l'année. Ils veulent que des mesures concrètes soient mises en place pour réduire l'impact des émissions sonores des sonars. Même s'il s'agit d'une première au Royaume-Uni, ailleurs dans le monde, les preuves d'un lien direct entre l'utilisation des sonars militaires et des échouages massifs de diverses espèces de baleines se multiplient.
Ces trois espèces de cétacés sont mal connues des scientifiques - surtout les baleines à bec qui vivent dans les grandes profondeurs - qui veulent les dénombrer et comprendre leur mode de vie pour mieux assurer leur protection. Les baleines à bec sont particulièrement sensibles aux fréquences des sonars qui peuvent les forcer à remonter trop vite à la surface et leur occasionner des lésions internes. Au même moment aux États-Unis pour un dossier similaire, une décision de justice fédérale implique la réduction des émissions des sonars militaires en Californie ainsi que l'interdiction de les utiliser à moins de 12 milles marins d'une côte ou d'une zone d'habitat de mammifères marins. [Stornoway Gazette, Whale and Dolphin Conservation Society, Independent.ie, Irish Whale and Dolphin Group, NRDC]
Pour en savoir plus
Sur le site de Stornoway Gazette:
Further exercises despite possible links to whale deaths (en anglais seulement)
Sur le site de Whale and Dolphin Conservation Society:
Navy Plans Further Exercises, Despite Possible Links To Whale Deaths (en anglais seulement)
Sur le site de Independent.ie:
'Baffling' rise in beached whales (en anglais seulement)
Sur le site de Irish Whale and Dolphin Group:
Unprecedented whale strandings in Ireland & UK(en anglais seulement)
Sur le site de NRDC:
Protecting Whales from Dangerous Sonar (en anglais seulement)
Sur le site de Baleines en direct:
La pollution sonore
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4 octobre 2007
Projet Cros-Cacouna: deux ans de retard et une nouvelle méthode de construction
Un retard de deux ans dans le projet de construction du port méthanier à Gros-Cacouna vient d'être annoncé en raison de la hausse des prix dans la construction faisant passer le coût du projet de 660 millions à un milliard de dollars et parce qu'aucun accord n'a été encore signé avec Gazprom, la société russe, principal fournisseur de gaz naturel mondial.
L'inflation des coûts de construction....
L'augmentation de ce budget est due à l'inflation des matériaux, notamment des métaux, sur le marché international et à celle de la main d'œuvre. La construction devrait débuter fin 2008 et la mise en exploitation en 2012, au lieu de 2010. Le promoteur Énergie Cacouna envisage une autre méthode de construction pour la partie marine de l'infrastructure qui pourrait, selon lui, minimiser les impacts sur l'environnement et les mammifères marins en même temps que réduire les coûts. Cette construction serait réalisée sur la terre ferme et l'ensemble transporté et installé ensuite dans l'eau. Les résultats de ces nouvelles études seront connus au début de l'année 2008.
... à la rescousse des bélugas?
Ce projet avait reçu l'appui des gouvernements fédéral et provincial le 27 juin dernier, préalablement approuvé par la commission d'examen conjoint (fédéral) et le Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE) au niveau provincial. Robert Michaud du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM) s'inquiétait des impacts de la construction en mer sur la population de bélugas qui réside à l'année dans le Saint-Laurent et dont le statut est menacé, soulignant que ce secteur est assidûment fréquenté par une communauté de femelles accompagnées de jeunes. Ce type de construction sous-marine génère des niveaux de bruit pouvant entraîner des changements de comportements, du stress ou même des blessures chez les bélugas. Le système auditif est essentiel pour la localisation, la recherche de nourriture, la communication et l'organisation sociale de cette espèce déjà fragilisée par des décennies de chasse (jusqu'en 1979) et une contamination chimique liée aux rejets des activités humaines dans le fleuve. Une recommandation avait été communiquée par Robert Michaud au promoteur et au BAPE portant sur l'interdiction des travaux en mer de la mi-juin à la mi-septembre afin de garantir la sécurité des femelles et des nouveaux-nés. Cette recommandation n'avait pas été retenue.
[Cyberpresse, Canoë]
Pour en savoir plus
Sur le site de Cyberpresse:
Gros-Cacouna retardé: le coût passe de 660 M$ à 1 G$
Sur le site de Canoë Infos:
Projet retardé
Sur le site de Baleines en direct:
Le béluga du Saint-Laurent (Fiche Science et Conservation)
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12 juillet 2007
Cacouna autorisé; les bélugas seront-ils protégés?
Les gouvernements provincial et fédéral ont donné leur appui, le 27 juin dernier, au projet de port méthanier à Gros-Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent. Le projet de plus de 500 millions de dollars avait préalablement été approuvé par la commission du BAPE (provincial) et la commission d'examen conjoint (fédéral). La construction du terminal pourrait être la source de retombées économiques importantes ainsi que d'un nombre considérable d'emplois dans la région de Rivière-du-Loup, mais génère également beaucoup d'inquiétudes au niveau environnemental. Le Conseil régional de l'environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL) a d'ailleurs émis un communiqué de presse à cet effet. Le même type de préoccupations a été soulevé pour un second projet de port méthanier au Québec, le projet Rabaska à Lévis, qui vient de recevoir une évaluation positive dans un rapport conjoint produit par le BAPE et la commission d'examen conjoint.
Une problématique unique au projet de Cacouna est le fait que le secteur est une pouponnière pour le béluga du Saint-Laurent, une population menacée.
Le projet en bref
Le terminal servirait au transbordement et au stockage de gaz naturel liquéfié transporté par bateau en provenance de la Russie et de l'Algérie et desservirait le Québec, l'Ontario ainsi que le nord-est des États-Unis. Pour ce qui est du gazoduc qui doit transporter le gaz à sa destination finale à partir de Cacouna, le feu vert n'a pas encore été donné. Le terminal devrait entrer en service en 2010 après trois ans de construction. Énergie Cacouna, le promoteur, est constitué de TransCanada, responsable du port méthanier et du gazoduc, et de Pétro-Canada, en charge de l'approvisionnement en gaz et de son transport maritime.
Une menace pour le béluga
Robert Michaud, du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM), poursuit depuis 1989 un programme de recherche à long terme sur le béluga du Saint-Laurent. Dans son mémoire présenté au BAPE et à la commission d'examen conjoint lors de l'évaluation du projet de Cacouna, il soulignait que le secteur est fréquenté assidûment par une communauté de femelles accompagnées de jeunes, le segment le plus sensible de cette population menacée. Il s'inquiétait particulièrement des travaux de construction en mer, qui généreront des niveaux de bruit dommageables pour les bélugas, pouvant entraîner des changements de comportement, du stress, ou même des blessures. Le GREMM recommandait donc que les travaux de construction en mer soient interdits pendant la période la plus sensible, soit la période des naissances et des soins aux nouveaux-nés, qui s'étend de la mi-juin au mois d'octobre. Cette recommandation a été formulée au promoteur directement, qui consultait le GREMM sur cette question, mais n'a pas été retenue. Elle a été réitérée au BAPE et à la commission d'examen conjoint, mais n'a pas été retenue.
Pêches et Océans protégera-t-il les bélugas?
Le secteur est situé à l'intérieur de la future Zone de protection marine Estuaire
du Saint-Laurent et en bordure du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. De plus,
le béluga du Saint-Laurent et ses habitats essentiels sont protégés par la
Loi sur les espèces en péril. Le GREMM espérait que l'ensemble de ces statuts seraient suffisants pour garantir la sécurité des bélugas aux abords de Cacouna.
De surcroît, des spécialistes de Pêches et Océans Canada ont récemment déposé un avis sur le projet de Cacouna, dans le cadre du processus spécial de réponse des Sciences au Secrétariat canadien de consultation scientifique (SCCS). Ils recommandaient aussi l'interdiction des travaux en mer de la mi-juin à la mi-septembre afin de protéger adéquatement les bélugas femelles et leurs nouveaux-nés.
Le projet est aujourd'hui approuvé par les gouvernements, sans aucune précision quant à la protection du béluga. Toutes les étapes franchies jusqu'à présent n'ont donc pas permis de garantir la sécurité des femelles et des jeunes sur le site de construction prévue pour le terminal méthanier de Cacouna. La responsabilité d'encadrer les travaux de construction en milieu marin revient à Pêches et Océans Canada (MPO). Le pouvoir de protéger les bélugas d'une menace bien documentée, autant par les scientifiques indépendants que par les scientifiques de Pêches et Océans Canada, repose donc maintenant entièrement sur les gestionnaires de ce ministère. [Le Devoir, The Montreal Gazette, GREMM, SCCS]
Pour en savoir plus
Avis déposés par Robert Michaud du GREMM aux audiences publiques tenues par le BAPE et la commission d'examen conjoint en 2006 :
- Mémoire du GREMM sur le projet d'implantation d'un port méthanier à Cacouna (Télécharger le PDF).
- Commentaire du GREMM — Projet d'implantation d'un port méthanier à Cacouna, modifications Août 2006 (Télécharger le document Word)
5 juillet 2007
Un rorqual à bosse mythique qui a du pouvoir
Les baleines sont des animaux qui ont longtemps fasciné les humains. Certaines d'entre elles, cependant, ont un charisme tout particulier. C'est le cas d'un rorqual à bosse fréquentant les côtes australiennes dans la région de Queensland en Australie. Ce rorqual à bosse, nommé Migaloo, est tout blanc, contrastant avec ses congénères qui, eux, sont principalement noirs.
Migaloo a fait la manchette dernièrement parce qu'il pourrait influencer l'Australian Defence Force (ADF) à déplacer les exercices militaires entrepris dans la Shoalwater Bay, Queensland. La raison de ce déplacement éventuel est la crainte que les sonars utilisés par l'ADF puissent causer nuisance aux cétacés du secteur, spécialement Migaloo. Le commandant Peter Lockwood assure que des précautions spéciales sont prises pour assurer la sécurité des mammifères marins mais que d'autres sites sont considérés pour des essais futurs.
La blancheur de Migaloo reste un mystère pour les chercheurs de l'University
of Queensland qui étudient les déplacements de la population de rorquals
à bosse dont fait parti Migaloo. Il pourrait s'agir d'un individu albinos ou,
plus probablement, d'un individu à la pigmentation complètement blanche. À partir
d'analyses génétiques, les chercheurs ont pu déterminer le sexe de Migaloo qui
s'est révélé être un mâle. Selon le Dr Mike Noad, directeur scientifique de
l' University of Queensland, la baleine blanche fait parti d'une population de rorquals à bosse qui « se porte extraordinairement bien ». L'équipe du Dr Noad a dénombré quelque 10 000 rorquals à bosse lors de leur migration annuelle vers la grande barrière de corail.
Les craintes face aux essais militaires sont principalement dues aux bruits de grande intensité générés par certains des équipements utilisés par l'ADF. Les effets de la pollution sonore sur les baleines dépendent de l'intensité et de la distance de la source de bruit. Si le son est puissant et les animaux tout près, il pourra entraîner des dommages permanents aux oreilles, des blessures internes et même la mort. Des sons moins puissants peuvent tout de même entraîner des surdités temporaires. Puisque les baleines utilisent les sons pour effectuer la plupart de leurs activités quotidiennes (manger, s'orienter, communiquer, etc.), un problème d'audition pourrait se révéler néfaste ou même fatal pour elles. [University of Queensland, ABC News, Sydney Morning Herald]
Pour en savoir plus
Sur le site de l'Université de Queensland:
Migaloo and his growing herd move north (en anglais seulement)
Sur le site d'ABC News:
White whale prompts ADF to consider training site move (en anglais seulement)
Sur le site du Sydney Morning Herald:
Rare white whale seen (en anglais seulement)
Sur le site de Baleines en direct:
www.baleinesendirect.net/2/2-3-3.html
La pollution sonore
14 décembre 2006
Cacouna : les bélugas ne pèsent pas lourd dans le rapport du BAPE
Le rapport conjoint produit par la commission du BAPE (provincial) et la commission d'examen conjoint (fédéral) et portant sur le projet d'Énergie Cacouna a été rendu public le 12 décembre. Il conclut que le projet de construction d'un terminal méthanier à Cacouna devrait être conditionnel à l'approbation du projet de gazoduc dont il dépendrait. Celui-ci n'a pas fait l'objet d'un examen environnemental public encore et il suscite déjà des inquiétudes parmi les groupes et individus qui se sont prononcés lors de la commission sur le projet d'Énergie Cacouna.
La commission conclut aussi qu'il subsiste des incertitudes en ce qui a trait à l'efficacité des mesures proposées pour atténuer le bruit lors de la phase de construction de ce projet. Or, selon Robert Michaud du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM), le bruit pendant la construction pourrait avoir des effets très graves sur les bélugas, forçant une communauté de femelles gestantes et leurs jeunes à abandonner un habitat essentiel et entraînant des risques de blessures. C'est pourquoi le GREMM recommandait d'interdire les travaux de construction marine entre juin et octobre. Cette recommandation n'a pas été retenue dans le rapport de la commission.
Le béluga du Saint-Laurent est une espèce en péril. La population ne montre aucun signe d'accroissement depuis l'arrêt de la chasse, bien que rien ne semble indiquer un taux de mortalité anormalement élevé. Il semble donc qu'elle soit plutôt aux prises avec des problèmes de reproduction, et que la contamination, le stress ou la perte d'habitat pourraient être en cause. Les abords de Cacouna sont le territoire d'une des trois communautés de femelles du Saint-Laurent. Elles y reviennent entre juin et octobre, pour donner naissance à leur jeune et les élever pendant les premiers mois de leur vie.
L'absence de recommandations fermes pour protéger les femelles bélugas et leurs jeunes pendant les travaux de construction inquiètent le GREMM. Si le projet va de l'avant, la responsabilité d'encadrer les travaux de construction en milieu marin reviendra à Pêches et Océans Canada (MPO), qui pourra alors choisir d'imposer des mesures pour protéger les bélugas dans cet habitat critique. Avant d'en arriver là, Québec et Ottawa devront analyser le rapport de la commission et faire connaître leur décision sur la réalisation du projet. [BAPE, GREMM]
Pour en savoir plus
Sur le site du BAPE :
Communiqué : Le rapport de la commission est maintenant public
Le rapport conjoint produit par la commission du BAPE et la commission d'examen conjoint
Sur Baleines en direct :
Fiche Science et conservation du béluga
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12 octobre 2006
Le GREMM se prononce : le projet d'Énergie Cacouna menacerait les bélugas
La commission du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) portant sur le projet d'Énergie Cacouna recevait aujourd'hui les dernières observations du public concernant les changements au projet apportés par le promoteur. Le 8 juin dernier, 93 mémoires avaient été déposés par le public pour réagir à la proposition de construire un terminal d'importation de gaz naturel liquéfié à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent. Le BAPE déposera son rapport et ses recommandations le 10 novembre prochain.
Trop de bruit dans la pouponnière des bélugas
Selon le Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM) la phase de construction de ce projet, qui doit s'étirer sur trois ans, comporte des risques inacceptables pour le béluga du Saint-Laurent, une population menacée. En effet, les femelles et les jeunes utilisent assidûment le secteur visé par le projet pendant la période de mise bas et d'élevage. Le bruit intense associé à la construction pourrait forcer les femelles en gestation de même que des mères et des nouveaux-nés à abandonner cet habitat essentiel. De plus, les modifications au projet proposées par le promoteur en août dernier sont susceptibles, toujours selon le GREMM, d'accroître les risques de blessure pour ces animaux.
Le GREMM recommande donc d'interdire les travaux de construction maritime proposés par Énergie Cacouna entre les mois de juin et octobre. Le promoteur avait consulté le GREMM avant de déposer son projet et avait choisi de ne pas tenir compte de cette recommandation. Robert Michaud, président et directeur scientifique du GREMM, souligne que le secteur est situé en bordure du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent et dans les limites de la future Zone de protection marine (ZPM) Estuaire du Saint-Laurent, et qu'il constitue un habitat critique pour une population menacée et reconnue comme telle par la Loi sur les espèces en péril au Canada. M. Michaud conclut ainsi ses recommandations au BAPE : « Si l'ensemble des statuts d'espèce menacée de disparition, d'habitat critique, de parc marin et de zone de protection marine, tous formellement enchâssés dans des cadres législatifs, sont insuffisants pour protéger adéquatement les bélugas d'une menace bien réelle, à quoi bon? »
Deux autres projets de port méthanier au Québec
Deux autres projets de port méthanier sont sur la table, l'un à Lévis, près de Québec, par le consortium Rabaska, et l'autre à Grande-Anse, dans le Saguenay, par le groupe Énergie Grande-Anse. Le BAPE annonçait cette semaine qu'il tiendra des séances d'information sur le projet Rabaska. Les séances auront lieu le 24 octobre à Lévis et le 25 octobre à Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans. Le GREMM déplorait également dans son mémoire au BAPE que les projets de développement et d'approvisionnement énergétique du Québec soient malheureusement toujours examinés à la pièce. Dans ces conditions, il est difficile voire impossible d'évaluer le mérite de chaque projet. [BAPE, GREMM]
Pour en savoir plus
Sur le site du BAPE
21 septembre 2006
La pollution sonore sous-marine dans le Pacifique en forte augmentation
Les résultats de cette recherche menée au sein de l'Université de
Californie (Scripps Institution of Oceanography) viennent d'être publiés
dans le Journal of the Acoustical Society of America (JASA). Les relevés acoustiques ont été effectués en 2003-2004 dans un secteur situé à 160 milles marins à l'ouest de San Diego et comparés à ceux de l'U.S. Navy réalisés de 1964 à 1966. Le niveau sonore a été multiplié par dix, soit en moyenne trois décibels par décade.
Cette augmentation de la pollution sonore est due à l'augmentation globale du trafic maritime commercial mais aussi au fait que les bateaux sont plus gros, plus rapides et possèdent une plus grande force propulsive. La flotte commerciale a plus que doublé dans les 38 dernières années (d'environ 41000 en 1965 à 89000 en 2003). Ces chercheurs estiment que les sons proviennent de tout le Pacifique Nord et sont représentatifs de tout l'océan.
John Hildebrand, Professeur chargé de cette recherche, pointe le besoin d'études successives sur des sites multiples pour comprendre l'impact de ces nuisances sonores sur les mammifères marins ou les autres espèces marines en précisant que les effets sur les mammifères marins sont encore mal connus. Il s'interroge sur ce qui pourrait être fait pour protéger les mammifères marins et propose, à titre d'exemple, d'éloigner les corridors de navigation des zones de concentration de mammifères marins. Selon lui, l'impact de la pollution sonore peut être minimisé en diminuant le bruit à la source ou en séparant le bruit de ce qui lui est sensible. Il tente de comprendre pourquoi les bateaux modernes sont devenus, individuellement, plus bruyants.[AquaNews, Scripps]
Pour en savoir plus
Sur le site de AquaNews:
U.S. : Study Documents Increase in Ocean Noise (en anglais seulement)
Sur le site de Scripps:
Ocean Noise Has Increased Considerably Since 1960s, According to New Scripps Analysis (en anglais seulement)
Sur le site de Baleines en direct :
La pollution sonore
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20 juillet 2006
Essais de sonars militaires près de l'archipel hawaïen: un compromis entre militaires et environnementalistes
Le 18 juillet, face à la justice fédérale, les groupes environnementaux et le U.S. Navy s'entendent sur l'utilisation de sonars « actifs » de moyenne fréquence dans une zone de réserve marine nouvellement créée par le gouvernement. Cette zone, située près de l'archipel de Hawaï dans le Pacifique, est une aire de répartition des baleines et des dauphins.
En octobre 2005, une plainte avait été déposée par ces groupes demandant de surseoir à ces essais. Ils considèrent que ce type de sonar menace la vie des mammifères marins et que l'armée commet une infraction à la loi américaine sur le fait qu'elle doit requérir une évaluation avant toute action pouvant avoir un impact sur l'environnement et les espèces menacées. Le 4 juillet, la juge fédérale de Los Angeles avait interdit temporairement à l'U.S. Navy d'utiliser ces sonars jugeant que les plaignants s'appuyaient sur des données scientifiques indéniables.
Pour effectuer ces essais, les militaires devront donc se tenir à 25 milles marins de cette zone. Avant toute utilisation de ces sonars, ils devront également procéder au survol et à des relevés acoustiques afin de s'assurer que des mammifères marins ne sont pas proches de leurs bateaux.
Ces sonars sont utilisés pour détecter les nouvelles générations de sous-marins silencieux. Ils propagent dans l'eau des sons explosifs très forts (environ 215 décibels) pouvant entraîner chez les mammifères marins des perturbations importantes de leur système d'écholocation et des lésions graves de leurs organes internes pouvant entraîner la mort. [Universal Press Agency, Chicago Sun-Times]
Pour en savoir plus
Sur le site de Universal Press Agency:
Les écologistes et la Marine américaine trouvent un accord sur l'utilisation des sonars
Sur le site de Chicago Sun-Times:
Deep-six this idea of protecting whales from Navy sonar (en anglais seulement)
Sur le site de Baleines en direct:
La pollution sonore: suivi des actualités
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20 juillet 2006
Essais de sonars militaires près de l'archipel hawaïen: un compromis entre militaires et environnementalistes
Le 18 juillet, face à la justice fédérale, les groupes environnementaux et le U.S. Navy s'entendent sur l'utilisation de sonars « actifs » de moyenne fréquence dans une zone de réserve marine nouvellement créée par le gouvernement. Cette zone, située près de l'archipel de Hawaï dans le Pacifique, est une aire de répartition des baleines et des dauphins.
En octobre 2005, une plainte avait été déposée par ces groupes demandant de surseoir à ces essais. Ils considèrent que ce type de sonar menace la vie des mammifères marins et que l'armée commet une infraction à la loi américaine sur le fait qu'elle doit requérir une évaluation avant toute action pouvant avoir un impact sur l'environnement et les espèces menacées. Le 4 juillet, la juge fédérale de Los Angeles avait interdit temporairement à l'U.S. Navy d'utiliser ces sonars jugeant que les plaignants s'appuyaient sur des données scientifiques indéniables.
Pour effectuer ces essais, les militaires devront donc se tenir à 25 milles marins de cette zone. Avant toute utilisation de ces sonars, ils devront également procéder au survol et à des relevés acoustiques afin de s'assurer que des mammifères marins ne sont pas proches de leurs bateaux.
Ces sonars sont utilisés pour détecter les nouvelles générations de sous-marins silencieux. Ils propagent dans l'eau des sons explosifs très forts (environ 215 décibels) pouvant entraîner chez les mammifères marins des perturbations importantes de leur système d'écholocation et des lésions graves de leurs organes internes pouvant entraîner la mort. [Universal Press Agency, Chicago Sun-Times]
Pour en savoir plus
Sur le site de Universal Press Agency:
Les écologistes et la Marine américaine trouvent un accord sur l'utilisation des sonars
Sur le site de Chicago Sun-Times:
Deep-six this idea of protecting whales from Navy sonar (en anglais seulement)
Sur le site de Baleines en direct:
La pollution sonore: suivi des actualités
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11 mai 2006
Le bruit causé par la construction des ports et des plate-formes marines perturbent la vie des dauphins
Un chercheur britannique, J.A. DAVID, vient de publier une étude sur des grands dauphins souffrant de nuisance sonore sur la côte Ouest de la Grande Bretagne. Bien que ces dauphins vivent dans des zones spéciales de conservation, ils présentent le risque important d'être affectés par le bruit provenant de machines servant à la construction d'aménagements portuaires ou d'installations industrielles installées près des côtes.
Ces machines enfonce-pieux produisent des détonations à répétition qui se propagent dans un rayon de 40 km. Ces bruits couvrent les vocalises des dauphins qui communiquent entre eux et perturbent leur système d'écholocation. Grâce à ce système, ces animaux émettent et reçoivent des sons, ce qui leur permet de se déplacer, de repérer leurs proies et d'échapper à leurs prédateurs. L'étude précise que les femelles et leurs petits sont particulièrement vulnérables car, après avoir été soumis à ce type de bruit, ils présentent des signes de diminution de leurs capacités auditives et ont été amenés à changer temporairement d'habitat.
La pollution sonore augmente …
La construction traditionnelle des ponts ainsi que des quais et des digues des zones portuaires requiert ce genre de machines qui percutent et perforent le sol sous-marin pour introduire des pieux nécessaires aux fondations. Il en est de même de l'installation plus récente des plates-formes pétrolières et des plates-formes côtières où sont installées des éoliennes génératrices d'électricité dont le nombre augmente depuis quelques années dans plusieurs pays.
mais les dégâts peuvent être limités
Cette étude mentionne également qu'il est possible d'aménager l'utilisation de ces machines pour que les effets nocifs du bruit puisse être atténués. La création d'un rideau de bulles autour de l'aire des travaux permet à la fois de tenir les animaux à l'écart et de diminuer la propagation du bruit causé par les machines. D'autres mesures susceptibles de diminuer le dérangement sont d'interrompre les opérations en présence de cétacés, de n'utiliser les enfonce-pieux que pendant la marée basse et de suspendre toutes ces activités pendant la période de mise bas. Ces mesures, testées ces dernières années lors d'un programme de recherche aux États-Unis et sur plusieurs terrains de construction dans le monde, sont à préconiser, surtout dans des zones sensibles d'habitat ou de passage migratoire des mammifères marins. [Environment News Service, Edie News Centre, Matinternet]
Pour en savoir plus
Sur le site de Environment News Service :
Underwater pile driving harmful to dolphins (en anglais seulement)
Sur le site de Edie News Centre :
Offshore wind farm construction threatens dolphins (en anglais seulement)
Sur le site de Matinternet :
Le bruit humain perturbe la vie dans les océans
Sur le site de Baleines en direct :
La pollution sonore
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23 février 2006
Sonars militaires : une agence fédérale se range du côté des environnementalistes
Dans une lettre technique, le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a exprimé ses réticences et ses inquiétudes face au réseau de sonars que la marine américaine veut installer dans l'Atlantique Nord, au large de la Caroline du Nord. Le NOAA est l'agence fédérale spécialiste sur les questions concernant l'environnement marin. Selon les lois environnementales américaines, la marine doit obtenir l'approbation du NOAA pour mettre en œuvre un projet qui peut potentiellement déranger ou même tuer des mammifères marins.
Le réseau proposé, composé de sonars à fréquences intermédiaires, aurait une portée de 1730 km2 (661 miles2). Il servirait à entraîner les marins à détecter des sous-marins étrangers. Dans leur étude d'impacts environnementaux, la marine prévoyait que ces sonars pourraient déranger des mammifères marins sans toutefois les tuer. Le NOAA critique cette conclusion et affirme que la marine néglige les rapports récents qui établissent un lien entre des échouages mortels de baleines et l'utilisation de sonars à fréquences intermédiaires. L'agence remet aussi en question l'affirmation de la marine comme quoi les sons générés à près de 80 km (50 miles) au large de la côte ne dérangeront pas les baleines noires de l'Atlantique Nord, une espèce en voie de disparition. En effet, certains individus voyageraient beaucoup plus près de la zone d'entraînement que la marine le croit. Enfin, les sons utilisés seraient de 10 à 100 fois plus forts que ce qui est recommandé par le NOAA.
Cette action du NOAA a été applaudie par les groupes environnementaux qui tentent de faire interdire ou abandonner le projet de la marine américaine. En 2000, un entraînement de la marine américaine aux Bahamas avait provoqué la mort de plusieurs baleines de différentes espèces. En 2002, plusieurs baleines à bec sont mortes échouées aux îles Canaris, résultat d'exercices militaires par l'OTAN. Plusieurs autres évènements d'échouages de baleines, dont un survenu en janvier 2005 alors que 37 cétacés s'échouaient sur les plages de la Caroline du Nord, sont soupçonnés d'être liés à l'utilisation de sonars militaires.
Pour en savoir plus
Sur le site MyrtleBeachOnline.com:
Federal agency says whales could die in Navy sonar range
Sur le site Indystar.com:
Navy sonar plan threatens whales, agency warns
Sur le site Whale and Dolphin Conservation Society (WDCS):
US Navy sonar range challenged
Sur Baleines en direct:
Suivi des actualités : la pollution sonore
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27 octobre 2005
Sonars militaires : une coalition poursuit la marine
américaine
Une coalition de groupes environnementaux, représentée
par le National Resources Defense Council (NRDC), dépose devant la
cour fédérale de Los Angeles une nouvelle poursuite contre
la marine américaine. L'objectif de cette poursuite est de forcer
la marine américaine à revoir son utilisation de sonars
à moyenne fréquence.
Il y a deux ans, un juge de la cour fédérale avait
donné raison à une coalition représentée par
le NRDC dans une poursuite visant à interdire l'utilisation de
sonars à basse fréquence. Le jugement interdisait le
déploiement à grande échelle de ce système et
limitait son utilisation à des fins d'essai et d'entraînement
à une zone du Pacifique Nord-Ouest. Les allégations des
plaignants dans cette nouvelle poursuite sont les mêmes que celles
de la poursuite précédente : l'utilisation de sonars
à moyenne fréquence contrevient à la politique
nationale sur l'Environnement (National Environmental Policy Act),
à la loi sur la protection des mammifères marins (Marine
Mammal Protection Act) et à la loi sur les espèces
menacées (Endangered Species Act).
En juin 2004, le NRDC avait soumis une lettre formelle au
secrétaire de la marine américaine, l'invitant à
discuter de mesures possibles pour atténuer les effets de
l'utilisation des sonars, lettre à laquelle la marine n'a jamais
répondu. En amenant leur cause devant la cour
fédérale, les plaignants espèrent ainsi forcer la
marine américaine à développer un plan
d'atténuation visant à réduire les impacts de leurs
activités sur les mammifères marins. Les mesures
souhaitées vont de l'exclusion de zones d'importance pour les
mammifères marins à l'arrêt de l'utilisation des
sonars en présence de mammifères marins, en passant par
l'utilisation de sonars passifs pour les détecter avant une
séance d'entraînement.
Les sonars à moyenne fréquence constituent la technologie
la plus utilisée actuellement par la marine américaine pour
détecter des sous-marins et d'autres objets. Ils peuvent
émettre des sons de plus de 235 décibels. Il est reconnu
scientifiquement que les sons puissants peuvent déranger, blesser
et même tuer des mammifères marins. Plusieurs
échouages massifs ont été associés à
l'utilisation de sonars à moyenne fréquence. Le cas le mieux
documenté est sans doute celui des Bahamas en 2002, où 16
baleines de trois espèces différentes s'étaient
échouées sur les côtes lors d'une séance
d'entraînement militaire. En janvier dernier, à la suite
d'exercices de la marine américaine, 37 cétacés de
trois espèces différentes se sont échouées sur
les côtes de la Caroline du Nord. Des nécropsies ont
été conduites sur les animaux échoués pour
déterminer la cause de la mort, mais la marine américaine
refuse de rendre publics les résultats, et ce malgré une
poursuite du NRDC. [NRDC]
Pour en savoir plus
Site du NRDC :
Navy sued over harm to whales from mid-frequency sonar (en anglais
seulement)
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9 juin 2005
Sonars : Le NRDC poursuit le gouvernement
américain pour obtenir des documents
Le mercredi 1er juin dernier, le Natural Resource Defence Council
(NRDC) a enclenché des poursuites judiciaires contre le
gouvernement américain. Il l'accuse de retenir des informations
d'intérêt public concernant les échouages massifs de
mammifères marins et le rôle des sonars de la marine
américaine. Cette poursuite a été
présentée devant la cour fédérale de New
York en vertu de la loi sur la liberté d'accès à
l'information.
Le NRDC enquête sur ce dossier depuis plusieurs années.
Il y a plus d'un an, l'organisation avait demandé au National
Marine Fisheries Service (NMFS) et au U.S. Department of Commerce des
documents reliés aux échouages massifs et à
l'utilisation de sonars. Des milliers de pages attendues par les
responsables, seuls 12 documents représentant 25 pages leur ont
été remis jusqu'à maintenant. Certains de ces
documents concernent l'échouage massif fortement
médiatisé qui avait eu lieu en janvier dernier en Caroline
du Nord et qui avait causé la mort de 35 baleines de trois
espèces différentes.
Michael Jasny, consultant senior du NRDC, accuse le gouvernement
américain de " s'asseoir sur des boîtes remplies de
documents qui démontrent les effets dévastateurs des
sonars sur les mammifères marins ". Lors de leur réunion
annuelle de l'année dernière, les membres du Comité
scientifique de la Commission baleinière internationale (CBI)
s'étaient penchés sur la menace potentielle que
représentent les sonars et avaient déclaré que le
bruit généré dans les océans par les sonars
militaires et par l'exploration et l'exploitation gazière et
pétrolière est la cause d'un nombre croissant de
mortalités de cétacés.
Le NMFS a jusqu'à maintenant investigué plusieurs
évènements d'échouages massifs possiblement
liés à l'utilisation de sonars, mais encore très
peu de rapports ont été rendus public. Le NRDC demande
donc à la cour d'ordonner que le gouvernement américain
leur remettent ces rapports. [NRDC]
Pour en savoir plus
Sur le site du National Resource Defense Council (NRDC) :
Communiqué de presse : Evidence showing harm to whales whitheld
by Bush administration (1 juin 2005) (en anglais seulement)
Sur Baleines en direct :
Suivi des actualités : La pollution sonore
10 mars 2005
Échouage massif de dauphins en Floride : les sonars sont-ils
en cause?
Entre 70 et 110 sténos, une espèce de dauphin qui
fréquente les eaux profondes du plateau continental, se sont
échoués vivants sur les battures de Marathon, dans
l'archipel de l'extrémité sud de la Floride, le mercredi 2
mars dernier. De ceux-ci, une quinzaine ont regagné
d'eux-mêmes le large, plus d'une trentaine ont succombé ou
ont été euthanasiés par des spécialistes, et
26 ont été transportés à un centre de
réhabilitation de Key Lago, le Marine Mammal Conservancy. Des
nécropsies sont présentement pratiquées sur des
animaux morts pour tenter de déterminer la cause de cet
échouage massif. Pour le moment, deux hypothèses sont
mises de l'avant : une marée rouge, une cause peu probable
puisque les dauphins nécropsiés avaient l'estomac vide, et
les sonars de la marine américaine.
Vingt-quatre heures avant l'échouage, un sous-marin de la
marine américaine, le USS Philadelphia, s'exerçait
à un peu plus de 70 kilomètres au large de Marathon. Bien
que la marine affirme investiguer la situation, elle a toutefois
refusé jusqu'à maintenant de confirmer si les exercices
impliquaient l'utilisation de sonars. Parallèlement, un autre
échouage massif, qui avait eu lieu en janvier dernier en Caroline
du Nord et qui avait causé la mort de 35 baleines de trois
espèces différentes, est sous investigation pour les
mêmes raisons. Plusieurs épisodes d'échouages
massifs ont été liés à l'utilisation de
sonars à basse fréquence. Entre autres en 2002, quatorze
baleines à bec s'échouaient sur les plages des îles
Canaris suite à des essais militaires de l'OTAN.
L'utilisation de sonars à basse fréquence est un
dossier très controversé dans plusieurs pays,
particulièrement aux États-Unis. En novembre 2002, des
groupes environnementaux avaient eu gain de cause devant la cour
fédérale des États-Unis, alors que la juge avait
ordonné à la marine de limiter l'utilisation des sonars
à basse fréquence. Un an plus tard, l'administration Bush
avait fait adopté un projet de loi par le Sénat qui
compromettait ce jugement : les membres avaient voté en faveur de
l'exemption du Département de la défense américaine
de deux lois environnementales, le Marine Mammal Protection Act (MMPA)
et le Endangered Species Act (ESA), lui permettant ainsi d'utiliser ses
sonars à peu près partout. À l'opposé, en
octobre 2004, les 25 États membres de l'Union européenne
avaient accepté de mettre en place des moratoires sur
l'utilisation des sonars à haute intensité (incluant les
activités liées à l'OTAN) dans les eaux de leur
juridiction. [ENS, Reuters, CNN, Baleines en direct]
Pour en savoir plus
Sur le site CNN.com :
Probe into possible sonar link to dolphin beaching (en anglais seulement)
Sur le site Reuters :
Few Clues on Dolphin Deaths in Florida Keys (en anglais seulement)
Sur le site Environment News Service (ENS) :
Sonar Suspected in Florida Keys Dolphin Stranding (en anglais seulement)
Site du Marine Mammal Conservancy :
Rescue & Rehab (en anglais seulement)
Sur Baleines en direct :
Suivi des actualité : la pollution sonore
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4 novembre 2004
L’Europe dit non aux sonars à haute intensité
À la fin du mois d’octobre dernier, lors d’une
réunion à Strasbourg en France, les 25 États membres
de l’Union européenne ont adopté une résolution
concernant l’utilisation de puissants sonars. Dans un vote à
441 pour, 15 contre et 14 abstentions, les parlementaires ont
accepté de mettre en place des moratoires sur l’utilisation
des sonars à haute intensité (incluant les activités
liées à l’OTAN) dans les eaux de leur juridiction.
Grâce à cette résolution, les États membres
s’engagent aussi à étudier les échouages massifs
et les mortalités associés à l’émission
de puissants sons sous-marins. Parallèlement, la Commission
européenne s’engage à étudier les impacts
potentiels de l’utilisation de sonars à haute intensité
sur le milieu marin. Enfin, la Commission et les États membres
travailleront à développer des accords internationaux qui
viseront à limiter le niveau de pollution sonore dans les
océans.
Dans l’adoption de cette résolution, le Parlement
européen reconnaît que plusieurs évènements
d’échouages et de mortalités massifs ont
été associés à l’utilisation de sonars
à haute intensité. Il rappelle entre autres les
évènements survenus en Grèce en 1996, aux Virgin
Islands des États-Unis en 1998 et 1999, aux îles Canaries en
1985, 1986, 1989 et 2002 et aux Bahamas en 2000. Le Parlement et ses
États membres reconnaissent aussi que les puissants sons sous-marins
représentent une menace significative pour la faune marine, incluant
les cétacés et les poissons.
L’adoption de cette résolution fait suite à de
fortes pressions de la part de plusieurs groupes de conservation et de
scientifiques. L’utilisation de sons puissants à des fins
militaires, scientifiques ou commerciales soulève la controverse
dans plusieurs pays du monde. Aux États-Unis, il y a un an, le
Sénat américain exemptait la Défense nationale de deux
lois environnementales, permettant ainsi l’utilisation de tels sonars
pratiquement partout. Au Québec, le Bureau d’audiences
publiques sur l’environnement (BAPE) a reconnu « que les sources
d’émission de forte pression sonore provoquent chez plusieurs
espèces un changement de comportement, peuvent causer des dommages
physiologiques et peuvent tuer les organismes situés près
d’elles » et estime « qu’une approche de
précaution s’impose face aux levés sismiques
effectués dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent ».
[Parlement européen, Baleines en direct]
Du nouveau (12 novembre 2004)
L’adoption de cette résolution fait suite à de
fortes pressions de la part de plusieurs groupes de conservation et de
scientifiques. L’utilisation de sons puissants à des fins
militaires, scientifiques ou commerciales soulève la controverse
dans plusieurs pays du monde. Aux États-Unis, il y a un an, le
Sénat américain exemptait la Défense nationale de deux
lois environnementales, permettant ainsi l’utilisation de tels sonars
pratiquement partout. Au Québec, le Bureau d’audiences
publiques sur l’environnement (BAPE) a reconnu « que les sources
d’émission de forte pression sonore provoquent chez plusieurs
espèces un changement de comportement, peuvent causer des dommages
physiologiques et peuvent tuer les organismes situés près
d’elles » et estime « qu’une approche de
précaution s’impose face aux levés sismiques
effectués dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent ».
[Parlement européen, Baleines en direct]
Pour en savoir plus
Sur le site du Parlement européen :
Résolution du Parlement européen sur les incidences
environnementales des sonars navals actifs à haute
intensité
Sur Baleines en direct :
La pollution sonore
Suivi de l’actualité : La pollution sonore
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30 septembre 2004
Oceans of Noise : un rapport de la WDCS
sur la pollution sonore des océans
Au terme de plusieurs années de travail, léquipe
scientifique du Whale and Dolphin Conservation Society (WDCS) vient de
publier un rapport, intitulé Oceans of Noise. Ce rapport
fait le point sur les connaissances actuelles des effets de la pollution
sonore en milieu marin sur les cétacés.
Les auteurs, Sarah Dolman, Daniel Owen, E.C.M. (Chris) Parsons, Mark P.
Simmonds, René Swift et Lindy Weilgart, avaient déjà
publié une première version du rapport en mai 2003 et
lavaient déposé à la réunion annuelle de
la Commission baleinière internationale (CBI) de cette
année-là. En septembre 2004, Oceans of Noise a
été réédité afin dinclure les
conclusions dégagées par le Comité scientifique de la
CBI sur les impacts du bruit dorigine humaine sur les
cétacés, lors de leur réunion en juillet 2004.
Les sources de bruit en milieu marin sont multiples, des sources
naturelles, comme le vent et les vagues, aux sonars puissants
utilisés par les forces militaires. Quant aux effets relevés
et soupçonnés sur les mammifères marins, ils sont
nombreux et sérieux, pouvant même provoquer la mort. En
effet, plusieurs épisodes déchouages massifs ont
été liés à lutilisation de sonars
à basse fréquence, et il a été
suggéré que la mort des animaux puisse être
causée par le " mal des caissons ".
Dans ce rapport, les auteurs présentent aussi un plan
daction pour contrer la menace que représente la pollution
sonore en milieu marin et pour diminuer ses effets potentiels sur les
mammifères marins. Ils suggèrent entre autres que des lois
internationales soient développées et adoptées afin
de réguler la pollution sonore dans les océans de la
planète; que la marine évite lutilisation de sonars
puissants, particulièrement ceux utilisant les basses
fréquences, et réduise ses activités qui
génèrent dimportants bruits sous-marins; que les
projets de développement en milieu marin, tant industriel que
militaire, fassent lobjet dune évaluation publique et
incluent un engagement public à réduire au maximum la
pollution sonore; que les zones de conservation nationales et
internationales tiennent compte des sources de pollution sonore à
lextérieur des limites de la zone et établissent des
zones tampons. Les auteurs soulignent qu'il faudra obtenir une
collaboration au niveau international si l'on souhaite s'attaquer à
cette menace croissante pour le milieu marin. [WDCS]
Pour en savoir plus
Sur le site de la WDCS :
Sound Affects (en anglais seulement)
Sur Baleines en direct :
La pollution sonore
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15 janvier 2004
Utilisation de sonars : la cour fédérale
américaine tranche en faveur de lindustrie
Lutilisation de sonars soulève encore la controverse aux
États-Unis. Cette fois-ci, cest un système de
détection des baleines par les sons développé par la
compagnie Scientific Solutions Inc., une compagnie de développement
technologique, qui est la source du conflit.
Il y a plus dun an, la compagnie faisait les premiers essais de
son système au large de la côte californienne. Des groupes
environnementaux amenaient alors la compagnie devant la justice, soutenant
que les impacts environnementaux de ce projet navaient pas
été évalués avant de faire des essais. Le juge
avait rendu une décision en faveur des groupes environnementaux,
mettant temporairement un frein au projet et ordonnant à Scientific
Solutions Inc. de faire une étude dimpacts avant de demander
un nouveau permis au National Marine Fisheries Service (NMFS).
Le 24 décembre dernier, la compagnie scientifique obtenait ce
permis et les essais des sonars reprenaient au début janvier.
Scientific Solutions Inc. estime que le système est
sécuritaire et quil aidera à protéger les
baleines de certains dangers comme les collisions avec les navires et les
explosions sous-marines liées à lexploration
pétrolière.
La journée suivant la reprise des essais, les groupes
environnementaux revenaient à la cour, demandant encore une fois au
juge dordonner labandon des essais. Ils soutiennent que
létude dimpact réalisée par la compagnie
est inadéquate et que les sons utilisés pourraient
désorienter les baleines, les éloigner de leurs sites
dalimentation et séparer les femelles de leurs baleineaux.
Cette fois-ci le juge a estimé que les groupes environnementaux
nont pu fournir les preuves nécessaires pour justifier
larrêt du projet. Il a cependant acquiescé à
leur demande pour une audience sur la poursuite de cette étude;
elle aura lieu jeudi prochain. [ENN, The Olympian]
Du nouveau : Le juge de la cour fédérale a rendu son
jugement le vendredi 16 janvier : les chercheurs de Scientific Solutions
Inc. pourront continuer de tester leur système de sonars sur les
baleines grises en migration dans l’océan Pacifique. Ils
affirment qu’aucune baleine n’a été blessée
depuis la reprise des essais le 6 janvier dernier. Les groupes
environnementaux maintiennent leur position et ajoutent que la compagnie et
le NMFS n’ont pas considéré les effets sur les marsouins
communs, une espèce particulièrement sensible au bruit.
[CNN]
Pour en savoir plus
Sur le site Environmental News Network :
Judge Allows Use of Controversial Whale-Seeking Sonar (en anglais
seulement)
Sur le site The Olympian :
Judge Denies Environmentalists Call to Stop Testing of Whale
Sonar (en anglais seulement)
Sur le site CNN :
Judge Allows Sonar Whale Tests Despite Protests (en anglais seulement)
Sur Baleines en direct :
Suivi des actualités : La pollution sonore
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20 novembre 2003
Le Sénat américain exempte le Département de la
défense de deux lois environnementales
Ladministration Bush aura finalement eu gain de cause. Le
Sénat a autorisé lexemption du Département de
la défense américaine de deux lois environnementales :
le Marine Mammal Protection Act (MMPA) et le Endangered Species Act (ESA).
Le MMPA est la loi américaine qui protège les
mammifères marins en eaux américaines et internationales de
toute activité qui pourrait leur nuire.
Cette décision survient un an jour pour jour après que la
cour fédérale des États-Unis ait émis une
injonction pour stopper le déploiement dun système de
sonars à basses fréquences (low frequency active
sonars, LFA) de la marine américaine dans les océans du
monde. La juge en question avait reconnu les dommages que pouvait causer
un tel système aux mammifères marins. En août dernier,
la même juge avait ordonné à la marine
américaine de négocier lutilisation de ces sonars avec
les groupes environnementaux. Un mois et demi plus tard, les deux partis
sétaient entendus pour limiter leur utilisation aux eaux de
la côte Est de lAsie.
Mais voilà que cette entente est compromise par la
décision du Sénat. Le nouveau projet de loi accepté
par le Sénat permettra à la marine américaine de
tester et dutiliser, en territoire américain et dans les
océans de la planète, la technologie que le
secrétaire de la Défense, Donald Rumsfeld, juge
nécessaire à lentraînement des troupes
américaines. Ceci inclut les sonars à basses
fréquences. Ainsi, lexemption de la marine américaine
du MMPA leur permettrait lutilisation de sonars pratiquement
partout. Cette décision survient un mois après la
publication dans la revue Nature dune étude qui lie
plusieurs échouages massifs de cétacés à
lutilisation de sonars à basses fréquences.
Un des principaux plaignants dans la controverse sur lutilisation
de ces sonars, le Natural Resources Defense Council (NRDC), déplore
la décision du Sénat et affirme quelle compromet la
protection dont jouissent les mammifères marins et les
espèces menacées aux États-Unis grâce à
ces deux lois. Cet affaiblissement des lois environnementales facilitera
aussi lautorisation de certaines études scientifiques, comme
les études océanographiques utilisant des appareils qui
déploient des sons puissants. Ces études servent notamment
à lexploration pétrolière et gazière en
milieu marin. [Seattle Post-Intelligencer, Nature]
Pour en savoir plus
Sur le site Seattle Post-Intelligencer :
Wider Use of Navy Sonar Approved by House (en anglais seulement)
Sur le site Nature :
Defence bill erodes marine protection (en anglais seulement)
Scientists split over regulations on sonar use (en anglais
seulement)
Sur le site du NRDC :
Senate Exempts Department of Defense from Key Environmental Laws,
Threatening Wildlife (en anglais seulement)
Sur Baleines en direct :
Sonars de la marine américaine : leur utilisation
sera-t-elle limitée ? (16 octobre 2003)
Sonar de la marine américaine : jugement de la cour
fédérale (11 septembre 2003)
Sonar de la marine américaine : injonction de la cour
fédérale (7 novembre 2002)
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16 octobre 2003
Sonars de la marine américaine : leur utilisation
sera-t-elle limitée ?
Suite à un jugement de la cour en faveur de groupes
environnementaux, la marine américaine sest finalement
entendu avec ces groupes pour limiter son utilisation des sonars à
basse fréquence (low frequency active sonars, LFA) aux eaux
de la côte Est de lAsie. Ces instruments, conçus pour
détecter les sous-marins modernes, devaient être
déployés dans plus de 75 % des océans du monde.
En plus de cette zone restreinte, la marine devra respecter une exclusion
côtière de 30 à 60 milles nautiques et une limite
saisonnière pour protéger certaines espèces lors de
leur migration.
Cette entente a été rendue publique alors que le Pentagon
fait des pressions sur le Congrès pour faire passer des exemptions
à certains articles du Marine Mammal Protection Act et du
Endangered Species Act. Ces exemptions permettraient à la marine
américaine dutiliser ses sonars à basse
fréquence pratiquement partout. De plus, elles pourraient permettre
un usage élargi des relevés sismiques, un système
dacquisition de données géophysiques basé sur
lémission de sons puissants et utilisé entre autres
pour lexploration pétrolière et gazière.
Parallèlement, les Républicains travaillent sur une
législation qui remplacerait le moratoire fédéral
empêchant le développement pétrolier et gazier dans
les eaux côtières américaines.
Plusieurs épisodes déchouages massifs ont
été liés à lutilisation de sonars
à basse fréquence. Entre autres en 2002, quatorze baleines
à bec séchouaient sur les plages des îles
Canaris au cours dessais militaires internationaux dans ce
même secteur. Une équipe dirigée par Paul Jepson de
lInstitute of Zoology à Londres révélait le 9
octobre dernier dans la revue Nature que la mort de ces
cétacés avait probablement été causée
par le " mal des caissons ". Il sagit dune
condition où des bulles de gaz se forment dans les tissus,
entraînant des dommages sérieux pouvant conduire à la
mort. Le bruit des sonars pourrait affoler les cétacés et
les pousser à remonter rapidement à la surface, ce qui
pourrait expliquer la formation des bulles. La formation des bulles
pourrait aussi être le résultat de leffet physique des
sons puissants sur les noyaux gazeux présents dans les tissus des
baleines se trouvant en profondeur.
Lutilisation de sons puissants en milieu marin soulève
aussi un important débat au Canada alors que de fortes pressions
sont exercées pour réaliser des relevés sismiques
visant à explorer le potentiel en hydrocarbures le long de la
côte Pacifique, dans le golfe du Saint-Laurent et le long de la
côte Atlantique. Un regroupement dorganismes
québécois publie cette semaine un communiqué de
presse demandant au Premier ministre du Québec de
suspendre les activités dexploration pétrolière
et gazière dans le golfe du Saint-Laurent. [Nature, ENN, Yahoo,
Baleines en direct]
Pour en savoir plus
Sur le site ENN :
Navy Agrees to Limit Global Sonar Deployment (en anglais seulement)
House GOP proposal would open coastal waters to oil and gas drilling if
states go along (en anglais seulement)
Sur le site Nature :
Scientists Split Over Regulations on Sonar Use (en anglais
seulement)
Sur Baleines en direct :
Sonar de la marine américaine : jugement de la cour
fédérale (11 septembre 2003)
Les pressions pour le développement pétrolier en milieu
marin sintensifient au Canada (13 mars 2003)
Échouages de baleines aux îles Canaris (3 octobre 2002)
Communiqué de presse : Le Saint-Laurent fait face à
de nouvelles perturbations: moratoire demandé sur le programme
dexploration gazière et pétrolière
dHydro-Québec (15 octobre 2003)
La pollution sonore
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11 septembre 2003
Sonar de la marine américaine : jugement de la cour
fédérale
La cour fédérale des États-Unis a rendu son
jugement final, le 26 août dernier, concernant le déploiement
dun système de sonar de la marine américaine. En
octobre dernier, la juge Elizabeth Laporte avait émis une
injonction pour arrêter le déploiement du Surveillance
Towed Array Sensor System Low Frequency Active Sonar (SURTASS LFA).
Cette fois-ci, elle a ordonné à la marine américaine
de réduire les dommages potentiels que peut causer le
système aux mammifères marins et aux poissons en
négociant les limites dutilisation (où, quand et
comment) avec les groupes de conservation. Dans son jugement, elle a aussi
déterminé que le permis émis à la marine
américaine par le National Marine Fisheries Service pour
déployer ce système allait à lencontre de
plusieurs textes de lois dont le Marine Mammal Protection Act (MMPA), le
Endangered Species Act (ESA) et le National Environmental Policy Act
(NEPA).
La marine américaine prévoyait installer ce
système dans 75 % des océans du monde. Les sons
puissants et à basse fréquence émis par les sonars
utilisés peuvent voyager sur des milliers de kilomètres
carrés, balayant ainsi les océans pour y détecter des
sous-marins. Ces sons peuvent atteindre des niveaux de 240 dB à la
source et de 150 à 160 dB à près de 200 km plus loin.
La marine américaine a elle-même affirmé que ces
niveaux de bruit peuvent causer des dommages aux mammifères
marins.
Rappelons quen mars 2000 plusieurs espèces de baleines
sétaient échouées aux Bahamas. Une
enquête avait conclu que lutilisation de sonars à
fréquence moyenne par la marine américaine dans le secteur
était la cause de cet événement. En septembre 2002,
plusieurs baleines à bec sont mortes échouées aux
Îles Canaris, résultat dexercices militaires par
lOTAN. Plus récemment, en mai dernier, dautres
exercices de la marine américaine effectués près de
lîle de Vancouver sont vraisemblablement responsables de la
mort dune douzaine de marsouins communs et de comportements
erratiques chez des épaulards.
Les plaignants, dirigé par le National Resources Defence Council
(NRDC), se réjouissent de la décision de la juge. La marine
américaine révisera le jugement, mais déclare pour
linstant être inquiète de ses répercussions sur
la sécurité nationale. Ladministration Bush
sattaque vigoureusement aux restrictions environnementales qui,
selon elle, compromettent la sécurité nationale. Plusieurs
propositions pour affaiblir des lois environnementales, dont le MMPA, ont
été déposées au Congress.
Pour en savoir plus
Communiqué de presse du NRDC (en anglais seulement) :
Federal Court Restricts Global Deployment of Navy Sonar
Dans le Washington Post (en anglais seulement) :
Judge Stops Deployment of Navy Sonar
Sur Baleines en direct :
Sonar de la marine américaine : injonction de la cour fédérale (7 novembre 2002)
La pollution sonore
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29 mai 2003
Exercices militaires de la marine américaine en eaux
canadiennes
Un destroyer de la marine américaine, le USS Shoup, est à
la base de toute une controverse au sein des médias, des
biologistes et des environnementalistes de la côte Ouest canadienne
et américaine. Alors quils se dirigeaient vers le Centre
d'expérimentation et d'essais maritimes des Forces canadiennes
de Nanoose Bay, léquipage du
destroyer a fait des exercices de détection et
dévitement de sous-marins à laide dun
sonar utilisant des sons de moyenne fréquence (3 KHz), mais
très puissant (plus de 200 dB) pendant 5 heures dans un secteur
où se trouvaient plusieurs cétacés.
Les gens des compagnies dobservation et des chercheurs qui se
trouvaient dans le même secteur (détroit de Haro et
détroit de San Juan près de lîle de Vancouver)
ont entendu ces puissants sons à laide dhydrophones et
même à la surface de leau, sans aucun
équipement. Une vingtaine dépaulards qui font partie
dune population résidante en voie de disparition, ainsi que
des centaines de marsouins et un petit rorqual se trouvaient dans le
secteur. Selon les observateurs, ces cétacés auraient
fortement réagi à la source de bruit. Les épaulards
se sont dabord regroupés en nageant près de la
côte, puis se sont séparés changeant de direction
à plusieurs reprises et présentant des comportements de
plongée inhabituels. Quant aux marsouins et au petit rorqual,
ceux-ci auraient fui le secteur à vive allure.
Une semaine après les évènements, quelques
marsouins ont été retrouvés morts dans le même
secteur. On craint que lutilisation du sonar en soit la cause. Des
examens des carcasses seront faits pour déterminer la cause de la
mort de ces animaux. Rappelons que plusieurs évènements
semblables se sont produits dans le passé, entre autres dans les
eaux des Bahamas en mars 2000. La marine américaine avait reconnu
que les sonars tactiques quelles testaient alors auraient pu
être la cause des dix-sept cétacés retrouvés
échoués.
Aucun règlement nempêche lutilisation de sonar
dans ce secteur, bien que la coutume de la marine canadienne sur le site
de Nanoose Bay soit déteindre les sonars en
présence de mammifères marins. Du côté
américain, le Pentagon cherche à exempter le
Secrétaire de la Défense de plusieurs lois environnementales
afin de permettre à la marine américaine de faire
lessai de sonars à basse fréquence (LFA SONAR). Pour
le moment, la marine américaine a un permis de la National Marine Fisheries Service
(NMFS) qui lui permet de harceler, blesser ou tuer des mammifères
marins.[CBC, Aquarium de Vancouver]
Du nouveau : Le 11 février 2004, les scientifiques chargés d’examiner les
14 marsouins communs retrouvés morts à Puget Sound à l’été 2003 ont annoncé
les résultats des nécropsies. Étant donné l’état de décomposition avancé
des carcasses, la cause de la mort n’a pu être déterminée que pour cinq
d’entre elles. Trois de ces marsouins sont probablement morts à la suite
d’une collision avec un navire ou avec un autre animal et les deux autres
d’une infection bactérienne et d’une pneumonie. Même s’ils ont trouvé des
signes de maladies et de blessures dans les oreilles de quelques uns des
marsouins, ils n’ont pu déterminer si elles ont été causées par les sonars
ou par d’autres agents, comme la décomposition. [Aquarium de Vancouver]
Pour en savoir plus
Sur le site de CBC :
U.S. navy sonar blamed for whales odd behaviour (en anglais
seulement)
Sur le site de lAquarium de Vancouver :
US: No Definitive Evidence that Navy Sonar Testing Killed Puget Sound Porpoises (en anglais seulement)
BC: Military SONAR Disrupts Whales in Haro Strait (en anglais
seulement)
BC: Sonar Incident Still Under Investigation (en anglais seulement)
Sur Baleines en direct :
Sonar de la marine américaine : injonction de la cour
fédérale (7 novembre 2002)
Échouages de baleines aux îles Canaris (3 octobre
2002)
Opposition aux sonars tactiques du U.S. Navy (10 mai 2001)
Échouages de baleines aux Bahamas : un an plus tard (15
mars 2001)
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30 janvier 2003
Les projets pétroliers de l'île Sakhalin menacent les
baleines grises
Les projets de développement pétrolier et gazier au large
de l'île de Sakhalin en mer d'Okhotsk (Est de la Russie)
soulèvent la controverse depuis un certain temps déjà
en Russie. Dernièrement, une cinquantaine de groupes
environnementaux se sont adressé aux compagnies Shell et
Exxon-Mobil, responsables des projets. Ils leur ont fait des demandes
concernant entre autres le respect minimum des lois environnementales
russes et des standards environnementaux prévalant ailleurs dans le
monde. La demande a aussi été envoyée aux agences
gouvernementales. Le gouvernement russe a en effet été
critiqué pour son inaction dans ce dossier.
Selon des études scientifiques, la phase d'exploration des
projets a déjà nui à la population de baleines grises
de l'Ouest du Pacifique. Celle-ci est estimée à une centaine
d'individus seulement, dont quelque 20 femelles reproductives. Ces
baleines passent près de six mois par an à se nourrir dans
le secteur de Sakhalin. On a observé des changements suite aux
travaux d'exploration sismique qui se déroulaient en plein dans
leur aire d'alimentation. Les baleines se sont déplacées
vers le sud, et une grande proportion des individus sont maintenant
très maigres.
En plus de l'exploration sismique, on craint aussi la phase de
l'exploitation (plates-formes de forage, construction d'un
pipeline,
) et la pollution par les hydrocarbures qui en
découlera.
Les pêcheries sont également menacées par ce
projet. Deux tiers de toutes les prises de poissons de la Russie
proviennent de la mer d'Okhotsk.[Pacific Environment]
Pour en savoir plus
50 Environmental Organizations Demand that Shell and Exxon-Mobil End
the Global Double Standard on Russias Sakhalin Island (en
anglais)
Site Pacific Environment (en anglais)
Le Wall Street Journal a monté un dossier sur ce
sujet : Oil Producers Flock to Island In Russia With Fragile Ecology
(en anglais)
Sur Baleines en direct :
La pollution sonore : Quel est le danger pour les baleines?
Lexploration pétrolière au Québec menacerait
les baleines
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7 novembre 2002
Sonar de la marine américaine : injonction de la cour
fédérale
Le 31 octobre, la cour fédérale des États-Unis a
émis une injonction pour stopper le déploiement du nouveau
système de sonar de la marine américaine. Ce système
de sonar est connu sous le nom de SURTASS LFA pour Surveillance Towed
Array Sensor System Low Frequency Active sonar. La marine
prévoit le déployer dans 75 % des océans du monde. Il
utilise des sons très forts de basses fréquences pour
détecter les sous-marins, devenus très silencieux, à
de grandes distances. La portée de ces sonars irait
jusquà 140 décibels à 480 km de la source.
Or, les mammifères marins dépendent des sons pour leurs
activités essentielles (recherche de nourriture, communication
entre les individus, etc.). Le système de sonar
représenterait une nuisance et même un harcèlement
pour les cétacés, dont plusieurs espèces sont
déjà menacées. De plus, on croit que des sons
dune grande puissance peuvent entraîner leur mort. En mars
2000, aux Bahamas, des baleines ont été retrouvées
échouées suite à des tests de sonars de la marine
américaine. En septembre dernier, un échouage massif a eu
lieu aux îles Canaris lors dexercices militaires en mer de
lOTAN, exercices impliquant des tests acoustiques. Récemment,
la mort de deux baleines à bec dans le golfe de Californie a
été reliée à une étude
géophysique acoustique de la National Science Foundation.
Pour le projet SURTASS LFA, la marine américaine avait
obtenu un permis du National Marine Fisheries Service (NMFS). Il
sagissait dun permis autorisant à harceler, blesser ou
tuer des mammifères marins. La juge Elizabeth LaPorte a toutefois
accédé à la requête des cinq groupes
environnementaux ayant intenté la poursuite, le Natural Resources
Defense Council (NRDC), la Humane Society, la League for Coastal
Protection, la Cetacean Society International, et la Ocean Futures
Society. Elle a déclaré que ce permis va effectivement
à lencontre de plusieurs textes de lois, soit le Marine
Mammal Protection Act (MMPA), le Endangered Species Act (ESA), le National
Environmental Policy Act (NEPA) et le Administrative Procedure Act (APA).
Linjonction met en suspens le déploiement du système
dici la fin du procès.[ENS]
Pour en savoir plus
Site Environment News Service:
U.S. Navy Sonar System Blocked by Federal Court (en anglais)
Judge Halts Baja Research After Two Whale Deaths (en anglais)
Site Baleines en direct :
Opposition aux sonars tactiques du U.S. Navy (10 mai 2001)
Communication : De la musique pour vivre dans leau
Échouages de baleines aux Bahamas : un an plus tard (15
mars 2001)
Échouages de baleines aux îles Canaris (3
octobre 2002)
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10 mai 2001
Opposition aux sonars tactiques du U.S. Navy
Le 3 mai 2001 se tenait la dernière d'une série de trois
audiences publiques organisées par l'agence américaine
s'occupant de la gestion des ressources marines, le NMFS, suite à
une demande de permis déposée par le U.S. Navy (marine
américaine). Le U.S. Navy planifie de déployer ses sonars
tactiques à basses fréquences dans 80 pourcent des
océans du monde au cours d'un projet de 5 ans. Ces sonars tactiques
sont conçus pour détecter des sous-marins silencieux. Le
projet soulève de vives opposition de la part du public, de
scientifiques indépendants et de groupes environnementaux. Ceux-ci
font valoir que les sonars tactiques à basses fréquences
nuisent aux mammifères marins et auraient même
été la cause d'échouages massifs de baleines. L'objet
de ces audiences publiques est d'ailleurs l'obtention d'un permis
autorisant à harceler, blesser ou tuer des mammifères
marins.
L'audience publique avait lieu à Silver Spring, Maryland. Le
public a jusqu'au 18 mai 2001 pour faire parvenir ses commentaires au NMFS
au sujet du projet de déploiement de sonars tactiques par le U.S.
Navy. [Environment News Service, NRDC]
Pour en savoir plus
Sur Baleines en direct: Échouages de baleines aux Bahamas :
un an plus tard (15 mars 2001)
Sur Environment News Service: U.S. Navy's Loud Ocean Sonar Draws
Intense Objections
15 mars 2001
Échouages de baleines aux Bahamas : un an plus tard
Il y a un an, plusieurs baleines appartenant à des
espèces différentes, surtout des baleines à bec,
séchouaient en masse sur les plages des îles du nord
des Bahamas. Au même moment, dans le même secteur, la Marine
américaine testait de nouveaux sonars émettant des sons
très puissants. Depuis, NOAA Fisheries, un organisme gouvernemental
américain soccupant des ressources marines, a effectué
des analyses sur six carcasses de baleines récupérées
lors des échouages. La Marine américaine collabore à
ces études en analysant les données acoustiques,
océanographiques et environnementales se rapportant à
lévénement. Les premiers résultats de ces
analyses montrent que les baleines avaient des blessures résultant
dune exposition à des sons très puissants. Les
scientifiques de NOAA Fisheries et de la Marine américaine
concluent pour linstant que ces blessures ont
désorienté les baleines, qui sont ensuite mortes de
sêtre échouées sur une plage. La Marine
américaine reconnaît que les sonars tactiques quelles
testaient alors pourraient être la cause des blessures. Cependant,
un scientifique indépendant, Ken Balcomb, qui travaille depuis des
années sur les baleines à bec des Bahamas, croit que le lien
entre les sonars et la mort des baleines à bec est beaucoup plus
direct. Les analyses de M. Balcomb suggèrent que les blessures
observées sur les baleines à bec ont été
causées par un phénomène de résonance dans les
sinus crâniens. Ce phénomène est indépendant de
la puissance des sons émis et dépend plutôt des
caractéristiques des sinus crâniens et des fréquences
sonores émises. Ken Balcomb croit aussi que le
phénomène a tué un grand nombre sinon toutes les
baleines à bec de la région, et que celles qui se sont
échouées nétaient que des survivantes
temporaires. La Marine américaine effectue des essais de ces sonars
tactiques partout dans le monde. Le rapport final de la Marine
américaine et de NOAA Fisheries devrait être
déposé dici lété. [NOAA Fisheries,
Ken Balcomb, The Sun of Bremerton, U.S. Navy, Defense Environment
Alert]
Pour en savoir plus
Lettre de Ken Balcomb aux responsables de létude sur
léchouage aux Bahamas (23 février 2001)
Communiqué de presse de la Marine américaine (15 novembre
2000)
Article du NOOA Fisheries " Update on the mass stranding in
the Bahamas ", publié dans le MMPA Bulletin
2nd/3rd Quarter 2000, disponible en pdf.
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