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9 décembre 2004 Saint-Laurent : Le crabe chinois à mitaine fait son apparition, languille dAmérique file vers lextinctionCrabe chinois à mitaine : une menace pour lécosystème du Saint-LaurentLe 2 septembre dernier, un pêcheur attitré du Parc Aquarium du Québec a relevé une nouvelle espèce de crustacé dans ses filets à la hauteur de Saint-Romuald (près de Lévis), dans le Saint-Laurent. Il sagit du crabe chinois à mitaine, et il nest pas bien accueilli des scientifiques. Cette espèce figure parmi les 100 espèces les plus envahissantes dans le monde. Le crabe chinois à mitaine, originaire de la mer Jaune située entre la Chine et la Corée, a déjà envahi plusieurs cours deau en Europe. On craint que sa voracité (il se nourrit dinsectes, de larves et de déchets dans les sédiments) fasse compétition à dautres espèces indigènes du Saint-Laurent, et que son habitude de creuser des tunnels accélère le processus dérosion des berges. Yves de Lafontaine, spécialiste des espèces exotiques envahissantes au Centre Saint-Laurent dEnvironnement Canada, doute que ce spécimen soit lunique habitant du Saint-Laurent. Il croit plutôt quil fait partie dune petite population qui sy est déjà établie. Il affirme que la présence de cette espèce représente un risque environnemental important pour le Saint-Laurent. La portion salée du Saint-Laurent, milieu de reproduction pour le crabe chinois à mitaine, permettrait à la population de saccroître et de coloniser les tributaires deau douce du Saint-Laurent, y compris le Saguenay, où il pourrait sétablir dans les systèmes dirrigation et de drainage. Il sagit de la première mention dans le Saint-Laurent. Sa présence avait déjà été signalée dans les Grands Lacs dans les années 1970, mais on ne craignait pas à une invasion puisquil ne peut se reproduire en eau douce. Le spécimen retrouvé à Saint-Romuald aurait pu migrer des Grands Lacs ou aurait pu être largué par un navire en provenance de lEurope ou lAsie. Il sagit dune femelle adulte dun an et demi qui pesait 40 grammes. Sa carapace mesurait 4,6 centimètres. À la suite de sa capture, elle a été emmenée dans les laboratoires du Parc Aquarium du Québec : " Dès son arrivée, il fut placé dans un bassin isolé dans le secteur de la quarantaine pour subir quelques examens et débuter sa période dacclimatation. [ ] Le crabe est présenté au grand public au Labeau du Parc Aquarium du Québec depuis le 1er décembre 2004. ". Les scientifiques suivront de très près lévolution de cette espèce dans le Saint-Laurent. Anguille dAmérique : déclin inquiétantUne étude réalisée par le Centre Saint-Laurent dEnvironnement Canada et le Parc Aquarium du Québec, en collaboration avec un pêcheur danguilles du Saint-Laurent, révèlent une baisse drastique de cette espèce : de 70 % à 98 % selon les secteurs. Aussi, ce ne sont pratiquement que des femelles qui se prennent dans les filets de pêche à fascines lors de la dévalaison, cest-à-dire lorsquelles partent des eaux douces en amont du Saint-Laurent pour aller se reproduire en mer. Le chercheur Yves de Lafontaine sinquiète de ce déclin et craint que lespèce, autrefois si abondante, ne disparaisse du Saint-Laurent. Plusieurs hypothèses sont mises de lavant pour expliquer ce déclin. Dabord, les forts taux de contaminants chimiques puissants, comme le DDT, les BPC et le Mirex, mesurés chez les anguilles pourraient affecter leur système reproducteur, diminuant ainsi leur succès reproducteur. Ensuite, les barrages hydroélectriques comme celui de Beauharnois et Moses Sanders (à la frontière Ontario-New York) pourraient couper la dévalaison des adultes ou la montaison des jeunes anguilles, qui partent de la mer pour aller sengraisser plusieurs années en eau douce. Les changements climatiques sont aussi mis en cause dans ce dossier puisque des déclins importants dautres populations en Amérique ainsi quen Europe sont mesurés. Ces changements pourraient affecter les courants océaniques responsables de transporter les jeunes anguilles près des côtes. Enfin, la surpêche est une autre hypothèse considérée. Depuis 1999, moins de 200 tonnes danguilles sont pêchées annuellement au Québec, alors quon en pêchait entre 300 et 600 tonnes dans les années 1960 et 1970. [SPSNQ, Le Devoir] Pour en savoir plus Sur le site de la Société des parcs des sciences naturelles du Québec (SPSNQ) : Communiqué : Un nouveau pensionnaire au Parc Aquarium du Québec (2 décembre 2004)Sur le site Le Devoir : Saint-Laurent : les anguilles sont en train de disparaître Alerte dans le fleuve ! Le crabe chinois à mitaines se pointe dans le Saint-Laurent25 novembre 2004 Des tonnes de pétrole à la mer au large de Terre-NeuveLe plus grand déversement de pétrole que le Canada ait jamais connu est survenu dimanche dernier, sur le site de forage de Terra Nova. Selon John Downton, directeur des communications à Petro-Canada, un bris mécanique dans le processus de séparation du pétrole et de leau serait à lorigine de la catastrophe. Selon la compagnie, jusquà 170 000 litres de pétrole se sont ainsi retrouvées à la mer, représentant une nappe de 6,1 km sur 5,4 km. Les équipes durgence de la compagnie ont été immédiatement mobilisées pour tenter de nettoyer le dégât. Cependant, les mauvaises conditions météorologiques, forts vents et vagues de presque cinq mètres, compliquent le travail. Des suivis par bateau, aériens et à laide de bouées satellite permettent de suivre les déplacements de la nappe de pétro le; le 23 novembre, elle était située à 40 km au sud-sud-est du site Terra Nova. Selon Petro-Canada, trois oiseaux de mer ont été récupérés et ramenés sur la côte afin dêtre soignés au Oiled Seabird Cleaning Centre de Petro-Canada à St. Johns, alors que des navires et des avions poursuivent les recherches afin de trouver dautres animaux qui pourraient être touchés par le déversement. Terra Nova est situé à 350 kilomètres au large de St. Johns, Terre-Neuve. Ce site de forage, en exploitation depuis 2002, est le deuxième en importance au Canada; on estime sa réserve à 370 millions de barils. Petro-Canada y possède 34 % des intérêts. Le site Hibernia, situé dans le même secteur que Terra Nova, est le plus important site de forage au large de Terre-Neuve; sa réserve estimée à 750 millions de barils est en exploitation depuis 1997. Au Québec, plusieurs sites ont fait lobjet de projets dexploration pétrolière et gazière au cours des dernières décennies. Plus de 350 sites ont été forés dans les bassins des Basses-Terres du Saint-Laurent et dans celui de lest de la Gaspésie. Au cours des années 1990, ce type dactivité a connu une recrudescence et plusieurs permis dexploration ont été émis dans le Nord et le Sud du golfe du Saint-Laurent, entre autres près des îles de la Madeleine. À ce jour, trois gisements importants ont été identifiés au Québec : celui de Saint-Flavien, à environ 50 kilomètres à lest de la ville de Québec, celui de Pointe-du-Lac, à louest de Trois-Rivières, et celui de Galt, près de Gaspé. En 2002, Hydro-Québec annonçait son plan dexploitation pétrolière et gazière dans lestuaire et le golfe du Saint-Laurent. Un des premier site qui pourrait être exploré sous peu par forage par la société détat est le secteur Old Harry, situé à lest des îles de la Madeleine, à la frontière du Québec et de Terre-Neuve. Les impacts environnementaux liés à lexploitation pétrolière inquiètent les groupes environnementaux, la communauté scientifique, et les industries de la pêche et du tourisme. De lexploration par levés sismiques à lexploitation des gisements, chaque étape liée aux activités gazière et pétrolière comporte des risques pour lenvironnement marin et côtier. La catastrophe de Terra-Nova illustre bien ces risques, qui auraient été bien plus lourds de conséquences dans un milieu semi-fermé comme le golfe et lestuaire du Saint-Laurent, habitat critique pour de nombreuses espèces en péril et ressources marines de première importance pour les populations de cinq provinces canadiennes. [Radio-Canada, Petro-Canada, MRNFP] Du nouveau (30 novembre 2004)Des centaines doiseaux enduits dhydrocarbures, morts ou sur le point de mourir, ont été transportés par la mer sur les côtes de Terre-Neuve. Mais ces hydrocarbures ne viennent pas du déversement de Terra Nova ; il semble quils viennent de déversements illégaux dhuiles usées qui saccumulent dans le fond des cales des navires. Ainsi, certains navires auraient pu profiter du déversement de Terra Nova pour dissimuler leur action illégale, évitant ainsi les coûts liés à la vidange des huiles usées une fois à quai. LInternational Fund for Animal Welfare (IFAW) considère que la surveillance canadienne pour ce genre daction est très sporadique et que les pénalités sont trop légères : lamande la plus sévère au Canada pour ce genre daction a été de 125 000$. À ce sujet, les parlementaires examineront cette semaine une proposition de loi rendre plus sévères les pénalités imposées pour la vidange des huiles en mer. Pour en savoir plus Sur le site Radio-Canada : Terra Nova : important déversement de pétroleSur le site Petro-Canada : Petro-Canada fait une mise à jour sur lincident de Terra Nova (23 novembre 2004) Petro-Canada fait une mise à jour sur lincident de Terra Nova (22 novembre 2004) Petro-Canada soccupe dun déversement à Terra NovaSur le site du ministère des Ressources naturelles faune et parcs du Québec : Exploration gazière et pétrolière au QuébecSur le site International Fund for Animal Welfare (IFAW) : Les oiseaux mazoutés échouent en masse sur les plages de Terre-NeuveSur Baleines en direct : Dossier de lheure : Exploration pétrolière et gazière du Saint-Laurent11 novembre 2004 Une partie des Grands Lacs désignée « réserve de biosphère » par l’UNESCOLa treizième réserve de biosphère canadienne du réseau mondial de l’UNESCO a été désignée le 29 octobre dernier. Il s’agit du littoral de la baie Georgienne en Ontario. Cette réserve inclut la partie Est du lac Huron, un des cinq Grands Lacs et un tributaire important du fleuve Saint-Laurent. Il a été reconnu par le Conseil international de coordination du Programme l’Homme et la biosphère (Man and the Biosphere, MAB) de l’UNESCO que cette réserve englobe « l’un des plus grands archipels d’eau douce au monde » et qu’elle « incarne une vision commune du développement durable et de la conservation de l’environnement et de la culture ». En effet, chaque réserve de biosphère doit remplir trois grandes fonctions : elle doit contribuer à la conservation de biodiversité du milieu, au développement durable des activités humaines et économiques et à la logistique pour les activités de recherche, de gestion et d’éducation. La réserve de biosphère du littoral de la baie Georgienne couvre un territoire de 3 470 km2 et inclut le Parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne ainsi que trois parcs provinciaux et deux réserves naturelles provinciales. Le ministre fédéral de l’Environnement, Stéphane Dion, s’est dit ravi de cette décision et a tenu à féliciter les communautés et les organisations locales qui ont contribué à cette désignation honorable. Depuis le début des années 1970, 459 réserves de biosphère ont été désignées dans 97 pays différents. La première réserve canadienne à être désignée a été le Mont Saint-Hilaire au Québec en 1978. Les deux autres réserves en territoire québécois sont la région de Charlevoix (1988) et le lac Saint-Pierre (2000). [UNESCO, Gouvernement du Canada] Pour en savoir plus Sur le site de l’UNESCO 19 nouvelles réserves de biosphère rejoignent le réseau l’homme et la biosphère (MAB) de l’UNESCOSur le site du Gouvernement du Canada Projet de zone de protection marine : Estuaire du Saint-LaurentSur Baleines en direct : Lac Saint-Pierre : nouveau membre du réseau mondial de réserves de biosphère de l’UNESCO (7 décembre 2000)28 octobre 2004 Consultations publiques sur la création dune ZPM dans lestuaire du Saint-LaurentLe 19 octobre dernier, le ministère des Pêches et Océans Canada (MPO) a annoncé la tenue de consultations publiques sur la création dune zone de protection marine (ZPM) dans lestuaire du Saint-Laurent. Du 28 octobre au 18 novembre, des consultations se tiendront à Rimouski, les 3 et 4 novembre, à La Malbaie, du 8 au 10 novembre, à Rivière-du-Loup, du 22 au 24 novembre, à Forestville, et du 30 novembre au 2 décembre, à Québec. Différents groupes et intervenants ont été invités à participer aux consultations. Le public pourra assister aux discussions et participer à la consultation en transmettant ses commentaires au MPO, au plus tard le 31 décembre 2004. Le but premier de la création dune ZPM dans cette partie du Saint-Laurent est d « assurer [ ] la conservation et la protection à long terme des mammifères marins qui y vivent toute lannée ou y transitent, de leurs habitats et de leurs ressources alimentaires ». En 1998, lors de la désignation de lestuaire du Saint-Laurent comme site dintérêt pour une ZPM, le MPO avait alors reconnu limportance écologique de cette zone et laccroissement des pressions humaines exercées sur elles. Depuis ce temps, plusieurs ateliers de travail ont été complétés par des scientifiques et des gestionnaires du MPO, ainsi que des experts invités, afin didentifier et dévaluer les menaces qui pèsent sur les mammifères marins qui fréquentent cette zone et délaborer des mesures pour réduire ces menaces. Parmi celles-ci, le MPO a identifié les collisions avec les navires, lexposition aux bruits, le dérangement associé aux activités humaines, la pollution chimique et les prises accidentelles dans les engins de pêche. Le territoire à létude pour la création dune ZPM correspond à laire de distribution estivale du béluga du Saint-Laurent, une espèce résidante classée menacée, à dimportants sites dalimentation pour les rorquals bleus, une espèce migratrice classée en voie de disparition, et à la majorité des sites fréquentés par le phoque commun, une espèce résidante jugée fragile. La ZPM de lestuaire du Saint-Laurent sétendrait de Baie-Saint-Paul dans la région de Charlevoix à Betsiamites sur la Côte-Nord, et de Saint-Roch-des-Aulnaies à Métis-sur-Mer sur la rive Sud. Elle ninclurait pas le territoire du parc marin du SaguenaySaint-Laurent, mais des mesures de gestion visant à harmoniser les actions de conservation de la ZPM et du parc marin seront proposées. Les consultations publiques visent à recueillir lavis des représentants des communautés autochtones, des gestionnaires du territoire, du public et des divers groupes du secteur privé sur « les enjeux liés à la survie des mammifères marins ainsi que sur les mesures de gestions proposées pour assurer leur protection ». Selon le MPO, le projet de ZPM est conçu pour protéger les mammifères marins dans lestuaire à long terme tout en maintenant les activités économiques durables. [MPO] Pour en savoir plus Sur le site de Pêches Océans Canada : Pêches et Océans Canada annonce une consultation publique sur le projet de zone de protection marine estuaire du Saint-Laurent. Projet de zone de protection marine : Estuaire du Saint-LaurentSur Baleines en direct : Les aires marines protégées21 octobre 2004 Un plan daction pour protéger le phoque communUn regroupement de 11 organismes sans but lucratif et institutions gouvernementales présentait le 20 octobre à Rivière-du Loup le Plan daction sur le phoque commun de lestuaire du Saint-Laurent. Le phoque commun et le béluga sont les seuls mammifères marins résidant à lannée dans le Saint-Laurent. Mais, alors que le béluga est une espèce désignée " menacée " par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), le phoque commun ne jouit daucun statut particulier, par manque dinformation sur sa biologie. Malgré tout, les organismes membres de la Table de concertation sur le phoque commun de lestuaire du Saint-Laurent préfèrent ne pas attendre avant de mettre en oeuvre des mesures de protection, car déjà plusieurs études menées entre autres par Pêches et Océans Canada démontrent que le phoque commun de lestuaire du Saint-Laurent est en difficulté. La Table de concertation est une initiative du Réseau dobservation de mammifères marins (ROMM). Elle est composée des principaux intervenants de lestuaire du Saint-Laurent préoccupés par la situation du phoque commun et impliqués directement dans sa protection et sa mise en valeur. Leurs principales préoccupations sont le manque de connaissances sur cette population, les prélèvements accidentels et intentionnels, le dérangement, les collisions avec les bateaux et la dégradation de lhabitat. Le Plan daction présente diverses recommandations pour orienter les efforts de recherche scientifique et de sensibilisation du public. Lune des stratégies proposées est de maintenir et consolider les liens entre les organismes membres de la Table de concertation afin de favoriser léchange de connaissances et lharmonisation des efforts de conservation. Parallèlement au Plan daction, le ROMM a entamé des démarches pour que le phoque commun de lestuaire du Saint-Laurent obtienne un statut de protection au fédéral et au provincial. Lobtention dun statut faciliterait le financement des mesures recommandées par la Table de concertation. [ROMM] Pour en savoir plus Plan daction sur le phoque commun de lestuaire du Saint-Laurent (Télécharger la version PDF)23 septembre 2004 Le Saint-Laurent accueille le plus grand des géants : le Queen Mary 2 est de passage pour sa croisière " Splendeurs de lautomne "Le Queen Mary 2 au Québec Le Queen Mary 2, paquebot champion de la démesure, na pu accoster comme prévu à Sydney, en Nouvelle-Écosse ni à Corner Brook, Terre-Neuve, en raison des fortes vagues et des vents violents. Son passage dans lestuaire et le fleuve Saint-Laurent a donc été devancé dune journée et la capitale est devenue la première ville canadienne où le prestigieux navire a mouillé. Cest à 9 h précises le mardi 21 septembre que les deux pilotes, dont Simon Pelletier, président de la Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent, ont grimpé à bord du paquebot tant attendu à la hauteur des Escoumins. Ils étaient accompagnés de plusieurs représentants des médias et dune naturaliste du GREMM (Groupe de recherche et déducation sur les mammifères marins). Tout le monde était au rendez-vous : sur les berges, visiteurs, résidants et autobus scolaires étaient présents; sur les eaux, de multiples petites embarcations; et dans les airs, un hydravion. Les mammifères marins foisonnaient : sétaient-ils passé le mot? Après avoir fait retentir son criard sourd (dont un des deux cornets provient du Queen Mary, mis à leau en 1934), le Queen Mary 2 a repris sa vitesse de croisière, remontant lestuaire, sobre et digne, dissimulant la rive den face. Le Queen Mary 2 a accosté mardi soir vers 18 h au port de Québec, acclamé par plusieurs milliers de personnes. Il ne pourra se rendre plus haut sur le fleuve, car ni le pont de Trois-Rivières, ni les ponts de Montréal ne sont assez hauts pour lui laisser le passage. Une propriété de Cunard Le paquebot Queen Mary 2 a été construit en France, dans le chantier de Saint-Nazaire, où une quinzaine de personnes ont péri lors de la chute dune passerelle sur le chantier. Il aura fallu deux ans et 800 millions de dollars pour le construire. Il est la propriété de la compagnie anglaise Cunard, qui en a pris possession le 26 décembre 2003, et a été baptisé pas Sa Majesté la reine dAngleterre lors dune cérémonie historique le 8 janvier 2004. Son port dattache est Southampton en Grande-Bretagne. Cest Samuel Cunard, un canadien natif dHalifax et homme daffaire reconnu, qui fonda en 1839 la British and North American Royal Mail Steam Packet Company, renommée Cunard Line, avec le support de quatre autres hommes daffaire. Le Queen Mary 2 sinscrit donc dans la tradition des croisières luxueuses que la compagnie Cunard a instaurée. Un géant des mer Le Queen Mary 2 est le plus gros (151 400 tonnes), le plus long (345 mètres), le plus haut (72 mètres), le plus large (41 mètres) et le plus cher navire de tous les temps. Il peut atteindre des pointes de 30 nuds. Les 2 620 passagers du voyage en eaux québécoises (sur une capacité de 2 700) ont accès à des salles de bal, à une dizaine de restaurants, des amphithéâtres, à cinq piscines et un spa, et même au seul planétarium flottant. Léquipage se compose de 1 253 personnes, soit un membre déquipage par couple. La technologie de navigation innovatrice de ce géant lui confère une manuvrabilité remarquable pour sa taille. Par exemple, il a pu effectuer un virage à 180° dans létroit port de Québec. En 2004, lillustre paquebot traversera lAtlantique 14 fois et voguera dans les fjords de la Norvège, sur la Méditerranée et le long des côtes de la Nouvelle-Angleterre et du Canada. Un retour est prévu bientôt dans lestuaire pour ce colosse, soit le 4 octobre prochain, et il semble quil pourra se faire admirer à nouveau à Québec en 2005. Pourra-t-on jamais se lasser de voir cette reine des mers fendre les eaux du Saint-Laurent? [Cunard, Radio-Canada] Pour en savoir plus Site de la compagnie Cunard (en anglais seulement) 9 septembre 2004 Consultation publique sur la gestion des eaux du bassin des Grands LacsLes 14 et 16 septembre prochains, la population québécoise est appelée à donner son opinion à Montréal et à Trois-Rivières sur lAnnexe 2001 de la Charte des Grands Lacs, annexe qui devrait être renégociée en 2005. Cette entente, signée en juin 2001 par les gouverneurs des États limitrophes des Grands Lacs et les Premiers ministres de lOntario et du Québec, balise les conditions dautorisation des projets dutilisation massive de leau des Grands Lacs. Le ministre de lEnvironnement, Thomas Mulcair, espère que les Québécoises et les Québécois seront nombreux à se prononcer sur le dossier. Dans une entrevue accordée au journal Le Devoir, M. Mulcair a affirmé que des pressions de plus en plus fortes pour détourner une partie des eaux des Grands Lacs proviennent des États du Sud et de lOuest qui sont aux prises, depuis quelques années, avec de sérieuses sécheresses. Pour le moment, les États limitrophes ont droit de veto sur toutes décisions prises par le Congrès américain concernant lutilisation de leau des Grands Lacs. Le Water Resources Development Act (WARDA), une loi fédérale, leur donne ce droit en plus de régir les propositions dexportation et de dérivation des eaux des Grands Lacs. Or, cette loi pourrait être bientôt révisée par le Congrès, où les États du Sud et de lOuest ont une influence grandissante. À eux seuls, les Grands Lacs contiennent 20 % de leau douce du monde, et seulement 1 % de cette eau est renouvelée annuellement. Lentente dans sa forme actuelle prévoit que toute eau de dérivation doit être retournée aux Grands Lacs ou au fleuve Saint-Laurent, et que les prélèvements ne doivent avoir aucun impact significatif sur la quantité et la qualité des eaux du bassin des Grands Lacs. Aussi, tout projet de dérivation et de prélèvement doit être accompagné de mesures de conservation des eaux et des ressources naturelles du bassin des Grands Lacs. Il est évident que des projets de dérivation vers les États du Sud et de lOuest ne remplissent pas les conditions de lentente signée en 2001. En plus des consultations publiques organisées à Montréal et à Trois-Rivières, plusieurs autres séances sont planifiées en Ontario et dans les états limitrophes que sont lIllinois, lIndiana, le Michigan, le Minessota, New York, lOhio, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Une fois les consultations publiques complétées, un rapport sera remis au groupe de travail sur leau du Conseil des gouverneurs. Puis, les négociations entre les États et les provinces seront entamées. [Le Devoir, Baleines en direct]. Pour en savoir plus Sur le site du ministère de lEnvironnement du Québec : Consultation publique : entente sur les ressources durables en eaux du bassin des Grands Lacs Sur Baleines en direct : Faut-il exporter leau des Grands Lacs? (9 août 2001) Perrier veut embouteiller leau des Grands Lacs (5 juillet 2001) LAnnexe 2001 signée pour protéger leau des Grands Lacs (21 juin 2001) Les groupes environnementaux sinquiètent pour la gestion des Grands Lacs (8 mars 2001) Les eaux des Grands Lacs bientôt mieux protégées? (22 février 2001) 19 août 2004 Un nouveau contaminant à la hausse chez les bélugas du Saint-LaurentUne nouvelle étude sur la contamination des bélugas du Saint-Laurent vient dêtre publié dans la revue Environmental Science and Technology. Cette étude, réalisée à lInstitut Maurice-Lamontagne et à lUniversité du Québec à Rimouski par Michel Lebeuf, Bruno Gouteux, Lena Measures et Steve Trottier, révèle que les diphényléthers polybromés (PBDE) sont en augmentation chez les bélugas. Les PBDE sont des produits relativement nouveaux en Amérique du Nord (en utilisation depuis les années 1980) qui ont remplacé dautres produits ignifuges toxiques maintenant bannis au Canada, dont les BPC. Ils sont utilisés dans une vaste gamme de produits comme les ordinateurs, les meubles, les automobiles, etc. Ils sont émis dans lenvironnement tant au cours de la production, de lutilisation et du recyclage que par lintermédiaire des déchets domestiques, des sites denfouissement et des sites dincinération. Le gras de cinquante-quatre bélugas, 28 femelles et 26 mâles, retrouvés morts échoués sur les rives du Saint-Laurent entre 1988 et 1999 a été analysé. Ces analyses ont permis de mesurer des concentrations moyennes en PBDE de 430 à 540 nanogrammes par gramme de poids corporel (ng/g). Comme plusieurs autres contaminants déjà examinés, ces concentrations sont beaucoup plus élevées (de 10 à 25 fois) que celles mesurées chez quelques bélugas échantillonnés dans lArctique. Cette différence est attribuée à lhabitat du béluga du Saint-Laurent qui est situé à proximité dune zone fortement industrialisée. Pour linstant, ces concentrations sont inférieures à celles mesurées chez dautres mammifères marins, dont le marsouin commun de lAngleterre et du pays de Galles et le phoque commun de la baie de San Francisco qui présentent des concentrations respectives de 2500 ng/g et de 5000 ng/g. Comme les bélugas, ceux-ci vivent près dendroits industrialisés. Les chercheurs craignent toutefois que les bélugas du Saint-Laurent atteignent un jour le sommet de léchelle de contamination par les PBDE. En effet, leur taux daccumulation est très élevé : les concentrations en PBDE augmentent de façon exponentielle, doublant tous les trois ans. De plus, la demande canadienne pour ces produits est grandissante et il nexiste encore aucune règle et aucun contrôle sur leur utilisation en Amérique du Nord. Enfin, dautres études ont démontré que les PBDE sont en augmentation au Canada, entre autres dans le lait humain et le poisson. Comme dautres contaminants décelés chez les bélugas du Saint-Laurent, les PBDE pourraient nuire au rétablissement de cette population menacée. Il a été démontré, par un nombre limité détudes, que ces produits pourraient causer des troubles hormonaux et neurologiques, et possiblement des cancers. [Environmental Science and Technology] Pour en savoir plus Levels and temporal trends (1988-1999) of polybrominated diphenyl ethers in beluga whales (Delphinapterus leucas) from the St. Lawrence Estuary, Canada (en anglais seulement) télécharger le pdfSur Baleines en direct : 12 août 2004 Vigilance pour la baleine en difficulté dans la région de CharlevoixDepuis lundi dernier, le 9 août, un petit rorqual a été aperçu à quelques reprises au large de Saint-Siméon (parc marin du SaguenaySaint-Laurent), traînant dans son sillage un filet de pêche. La dernière observation (mercredi 11 août) transmise par le capitaine Frédéric Thibault des Croisières Charlevoix indique que lanimal nage normalement et plonge à intervalles réguliers pour des périodes allant jusquà quatre minutes, ce qui est habituel pour lespèce. Les photographies rapportées par le capitaine Thibault montre un filet maillant accroché au rostre de lanimal et couvrant une partie de sa tête. En plus de la fatigue et des cicatrices quentraîne inévitablement ce fardeau, on craint que le filet soit pris dans la bouche de lanimal, ce qui pourrait lempêcher de se nourrir normalement. Un suivi vient dêtre mis sur pied par le Réseau québécois durgences pour les mammifères marins pour tenter de venir en aide au petit rorqual. Une première sortie réalisée le 9 août par des équipes du parc marin du SaguenaySaint-Laurent et du GREMM (Groupe de recherche et déducation sur les mammifères marins) na pas permis de localiser lanimal. Tant que lanimal est vigoureux, il est risqué pour les intervenants et lanimal de tenter une intervention. Il a été décidé de suivre lévolution de la situation et dattendre des signes de fatigue évidents avant de tenter un sauvetage. Le petit rorqual est une baleine à fanons mesurant environ 7 mètres de long pour un poids de 7 tonnes. Cette espèce fréquente les eaux du Saint-Laurent du printemps à tard en automne. Il sagit dune baleine côtière. Le Centre ORÈS études côtières, basées aux Bergeronnes, a documenté que beaucoup de petits rorquals de lestuaire étaient fidèles à des territoires dalimentation de quelques kilomètres carrés. Chaque été, de nombreux cas de petits rorquals pris dans des engins de pêche sont documentés dans le Saint-Laurent. Plus tôt cet été, des agents des pêches de Sept-Îles, associés au Réseau, ont réussi à dépiéger un petit rorqual pris dans un cable retenu par un poids. Lanimal ne se déplaçait plus, et pouvait tout juste revenir en surface pour respirer. Ce type dincident est beaucoup moins complexe pour les intervenants. Les dépiégeages sont la priorité daction du Réseau. Chaque libération permet de sauver un animal en difficulté et daider un pêcheur à récupérer du matériel de pêche. Le cas dune baleine empêtrée dans un engin de pêche mais nageant librement, comme le cas du petit rorqual en difficulté dans le parc marin, est beaucoup plus délicat. Le Réseau demande aux gens de la mer dêtre aux aguets, déviter dapprocher ce petit rorqual et de rapporter rapidement toute observation de lanimal au 1-877-7baleine (1-877-722-5346). Léquipe spécialisée dans le désempêtrement des baleines, le MICS (Station de recherche des îles Mingan), se tient prête à intervenir si la situation le permet.[Réseau québécois durgences pour les mammifères marins] 22 juillet 2004 Place au requin du GroenlandLe 17 juillet dernier, un requin sest échoué vivant à 300 mètres à louest de la pointe Saint-Gilles à Baie-Comeau. Cétait un requin du Groenland, aussi appelé laimargue du Groenland. Le 18 juillet, il était mort. Une seconde carcasse a été retrouvée le 21 juillet, toujours dans le secteur de Baie-Comeau, dans la baie des Anglais. Les deux carcasses ont fait lobjet de prélèvements pour fins danalyses par le GEERG (Groupe détude sur les élasmobranches et le requin du Groenland). Ces observations ne représentent que la pointe de liceberg. Plusieurs requins du Groenland sillonneraient le secteur. Dès juin 2003, des plongeurs ont rencontré des requins lors dune plongée récréative à Baie-Comeau. Les spécialistes du GEERG sétaient rendus sur place. Ils avaient plongé avec au moins quatre requins du Groenland de trois à quatre mètres de long. De nombreuses images vidéo avaient été prises. Cétait la première fois quon filmait ce requin vivant dans le Saint-Laurent. Auparavant, sa présence dans le Saint-Laurent et même le Saguenay avait été documentée surtout grâce à la pêche commerciale et sportive. Cette découverte a motivé le GEERG à démarrer un nouveau projet en 2004, en collaboration avec lUniversité Dalhousie (Halifax) et le Musée du fjord. Depuis la fin juin, cette équipe de chercheurs et dobservateurs a plongé plusieurs fois avec des requins dans les environs de Baie-Comeau. Du 15 au 18 juillet, on a cumulé une vingtaine de rencontres. Le nombre maximum dindividus observés en même temps est de quatre. Le nombre total dindividus est difficile à évaluer. Les observations ont été faites dans la baie Saint-Pancrace, la baie des Anglais et la baie du Garde-feu. Le requin du Groenland est un carnassier mais il nattaque pas lhumain. Le GEERG recommande toutefois aux plongeurs de se comporter avec respect et prudence; un code déthique est disponible sur leur site Internet (www.geerg.ca). La présence de ces requins à Baie-Comeau semble être un événement nouveau. Pourtant, en fouillant dans les archives, on découvre quil y a eu beaucoup dobservations par le passé dans ce secteur, mais de façon sporadique. Est-ce un site dalimentation saisonnier, un site de reproduction, de mise bas? Dans les prochains jours, les membres du GEERG tenteront, à partir dune cage à requins, dinstaller des émetteurs sur deux requins afin de suivre leurs déplacements. Ils espèrent en apprendre plus sur cette espèce et sa fréquentation du Saint-Laurent et du Saguenay. Pour en savoir plus Communiqué de presse du GEERGSite du GEERG : Sur Baleines en direct : Observation exceptionnelle : des requins du Groenland à Baie-Comeau! (12 juin 2003) 8 juillet 2004 Le Sedna IV en mission sur le Saint-LaurentLe 29 juin dernier, le Sedna IV quittait le Vieux-Port de Montréal pour une mission sur les eaux du Saint-Laurent. Pendant deux mois, ce trois mâts bleu et blanc de 51 mètres de longueur sillonnera les eaux du Saint-Laurent afin de capter des images mémorables. Lobjectif de cette mission est cinématographique. Les maisons de production " Thalie " et " Les productions Vic Pelletier " sassocient pour produire une grande collection documentaire sur le Saint-Laurent baptisée " Vu du large ". En tout, six documentaires de chacun une heure permettront de mettre en valeur la relation privilégiée entre le Saint-Laurent et ses habitants. Ils seront diffusés sur les ondes du Réseau de lInformation (RDI) et de Radio-Canada en 2005. Des sujets comme létat du fleuve Saint-Laurent, la recherche, les changements climatiques, la navigation, les milieux humides et les ressources alimentaires seront présentés. Une quarantaine dintervenants locaux (écrivains, peintres, poètes, scientifiques, pêcheurs, pilotes) contribueront au tournage de " Vu du large " en apportant leur propre vision. Construit en 1957, le Sedna IV était autrefois un chalutier allemand conçu pour pêcher dans les mers du Nord. En 1992, il a été entièrement refait par un richissime Allemand qui la transformé en voilier. En 2001, le cinéaste Jean Lemire et huit autres actionnaires ont acquis le voilier et lont transformé en studio maritime. Le nom Sedna évoque une déesse de la mer de la mythologie inuit. Au printemps 2002, léquipage du Sedna IV avait entrepris une ambitieuse mission : la traversée de lArctique par le légendaire passage du Nord-Ouest sans laide de brise-glaces. Au terme de ce voyage de six mois, léquipe est revenue avec des milliers de photographies, des centaines dheures dimages et des données du réchauffement climatique. Cinq documentaires sur limpact des changements climatiques dans lArctique ont été produits et diffusés sur les ondes de Télé-Québec, France 2, France 5 et CBC. À la suite de " Mission Arctique ", léquipage a complété la circumnavigation complète de lAmérique du Nord puis a entrepris, en 2003, une expédition au large de lIslande et du Groenland. En 2005, cest vers lAntarctique que Jean Lemire et ses collègues prévoient se diriger pour une mission dune durée de 51 semaines. Au cours de sa mission sur le Saint-Laurent, le Sedna IV fera plusieurs escales dans des ports du Québec, moment idéal pour admirer ce superbe vaisseau : Tadoussac les 8, 9 et 10 juillet, Chicoutimi le 11 juillet, Les Escoumins les 12 et 13 juillet, Rimouski les 14, 15, 16 et 17 juillet, Matane le 18 juillet, Rivière-au-Renard les 19 et 20 juillet, Percé les 21, 22, 23 et 24 juillet, Carleton les 25, 26, 27 et 28 juillet et Cap-aux-Meules (îles de la Madeleine) les 30, 31 juillet et 1er août. [ONF, CNW] Pour en savoir plus Sur le site de lONF Sur le site CNW Telbec Vu du large, une collection documentaire sur le fleuve Saint-Laurent 24 juin 2004 Le ministre de lEnvironnement du Québec en faveur de lexportation de leau en vracLors dune conférence organisée par le Centre international Unisféra de Montréal, le ministre de lEnvironnement du Québec, M. Thomas Mulcair, a déclaré vouloir relancer le débat sur lexportation de leau en vrac du Québec. Selon lui, il est temps de repenser aux intérêts économiques du Québec en matière dexportation de leau. Il y a cinq ans, un débat public et une commission denquête sur la question avaient eu lieu. Après avoir revu 400 mémoires, le Bureau daudiences publiques sur lenvironnement (BAPE) avait conclu quil valait mieux interdire lexportation de leau en vrac. En 2001, lAssemblée nationale avait adopté une loi interdisant lexportation massive par camion, trains, navires et pipelines. De cette façon, leau en vrac nétait pas considérée comme une marchandise selon lAccord de libre-échange nord-américain (ALENA), nobligeant pas le Québec à partager cette ressource avec les intérêts étrangers. Or, le ministre Mulcair est convaincu que cette loi prive le Québec de millions de dollars de revenus : " tant quon na rien à perdre sur le plan environnemental, si jai des milliards à aller chercher avec de leau, sans affecter les écosystèmes aquatiques, pourquoi je nous priverais, par dogme, de la possibilité davoir une activité économique importante? " a-t-il déclaré. Il affirme aussi que les craintes à légard de lALENA ne sont pas fondées et que les exportations en vrac de leau permettraient de créer de lemploi en région. Par ailleurs, il a ajouté que jamais il ne mettrait le Québec dans une position où la ressource se trouverait menacée. Cette déclaration du ministre soulève le désaccord dune grande partie de la population, des groupes environnementaux et du parti de lopposition. On craint toujours que les prélèvements massifs deau nuisent à la capacité de résister à des perturbations comme celles que pourraient entraîner les changements climatiques, affectent la navigation, rendent impossible lapprovisionnement en eau de certaines municipalités et, enfin, modifient considérablement les écosystèmes aquatiques et riverains. [Le Devoir, Baleines en direct] Pour en savoir plus Sur le site du Devoir : Mulcair rouvre la porte aux exportations deau Sur Baleines en direct : La commission sur la gestion de leau au Québec : un rapport audacieux (15 mai 2000) Le Québec adoptera une loi pour contrer l'exportation massive de son eau (29 novembre 2001) 10 juin 2004 Étude sur la Voie maritime du Saint-Laurent : lélargissement ne sera pas une optionLors de la consultation des intervenants sur la nouvelle étude des Grands Lacs et de la Voie maritime du Saint-Laurent (étude GLVMSL), organisée par la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES) à Montréal le 3 juin dernier, les autorités américaines et canadiennes ont affirmé que létude actuelle ne comprend aucun volet sur le creusage et lélargissement de la Voie maritime. Jusquà maintenant, ce point demeurait flou et les groupes environnementaux narrivaient pas à obtenir de réponse claire à savoir si cette option était considérée. Cest en février 2003 que des inquiétudes étaient nées à la suite dun rapport publié par le US Army Corps of Engineers (USACE) des États-Unis. À lété 1999, le USACE avait obtenu le mandat du gouvernement des États-Unis d" étudier la faisabilité de modifier les structures reliées à la navigation dans les Grands Lacs et le Saint-Laurent comme moyen daugmenter lefficacité de la navigation dans cette zone ". Dans leur rapport, le USACE y présentait sept alternatives, dont une proposait lélargissement des écluses et lapprofondissement de la Voie maritime du Saint-Laurent. Ces changements permettraient à de plus gros bateaux de voyager jusquaux Grands Lacs. Le rapport soulevait aussi que de tels projets auraient des conséquences sur lenvironnement, destruction dhabitats et introduction despèces exotiques, mais que le transport maritime est plus efficace sur le plan de la consommation de carburant que le transport routier. En octobre 2003, le ministre des Transports du Canada, monsieur David Colenette, annonçait que le Canada participerait à létude GLVMSL et que son ministère investirait 500 000$ dans ce projet. Bien que questionné par des journalistes et des groupes environnementaux inquiets, la position du gouvernement fédéral quant à un éventuel agrandissement de la Voie maritime restait floue. Cest donc huit mois plus tard que les autorités annoncent quils ne considèrent pas creuser et agrandir les écluses et le chenal fluvial. Selon Wayne Schloop, porte-parole du USACE, le rapport de 2003 ne tenait pas assez compte des impacts environnementaux et de lopinion des citoyens, des groupes environnementaux et du Canada. Létude actuelle porterait donc sur les améliorations de la Voie maritime et sur les moyens doptimiser la navigation fluviale, entre autres par lintégration des différents modes de transport. Selon eux, seulement 15 % de la flotte mondiale (en termes de masse) peut utiliser la Voie maritime dans son état actuel. Les groupes intéressés ont jusquau début septembre pour faire connaître leur opinion et leurs inquiétudes sur ce dossier par le dépôt de mémoires auprès de la SODES. [Le Devoir, SSL] Pour en savoir plus Sur le site de létude GLVMSL Sur Baleines en direct : Élargissement de la Voie maritime : le Canada se range du côté des États-Unis (8 janvier 2004)
27 mai 2004 Loi sur les espèces en péril : consultations publiques pour lajout du rorqual bleuDu 21 mai au 14 juin, Pêches et Océans Canada (MPO) recueille les avis du public sur lajout du rorqual bleu de lAtlantique sur la Liste des espèces en péril. En 2002, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a attribué le statut d" espèce en voie de disparition " au rorqual bleu, considérant que la population de lAtlantique compte moins de 250 individus matures. Avec ladoption de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en 2002, le ministre du MPO se doit dexaminer cette désignation et de soumettre ses recommandations au gouverneur en conseil quant à linscription de lespèce sur la Liste des espèces en péril. Pour formuler ses recommandations, le ministre se base sur la situation biologique de lespèce (présentée dans le rapport du COSEPAC) et sur les impacts sociaux et économiques, positifs ou négatifs, dune éventuelle inscription à la Liste. Pour évaluer limportance de ces impacts, le ministère du MPO désire consulter la population canadienne afin de connaître son point de vue et ses préoccupations. En effet, lajout du rorqual bleu sur la Liste des espèces en péril pourrait avoir des conséquences sur différentes activités puisque des mesures visant à protéger et à favoriser le rétablissement de lespèce seraient adoptées. Entre autres, lindustrie dobservation pourrait se voir limiter lapproche des rorquals bleus, le trafic maritime pourrait être dévié et lexploration et lexploitation gazière et pétrolière pourrait être limitée, voire interdite en certains endroits. Pour faire parvenir ses commentaires au MPO, on peut se procurer les informations nécessaires et le questionnaire sur le site du Registre public de la LEP. [Registre public de la LEP] Pour en savoir plus Sur le site du Gouvernement du Canada: Registre public de la Loi sur les espèces en péril  Sur Baleines en direct : La Loi sur les espèces en péril (1er mai 2003) Un nouveau statut pour le rorqual bleu : en voie de disparition (9 mai 2002) 20 mai 2004 Nouveau statut pour le béluga du Saint-LaurentLors de sa dernière réunion, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué la situation de 36 espèces animales et végétales. Parmi ces espèces figuraient les sept populations de bélugas du Canada, dont la population du Saint-Laurent. En étudiant un rapport de situation préparé par un expert, les membres du COSEPAC attribuent un statut à chaque espèce évaluée. Lors de la dernière réunion, le béluga du Saint-Laurent est passé du statut " en voie de disparition " à " menacé ". Mais ce nest pas lacquisition de nouvelles données et ce nest pas non plus une amélioration de la situation et de la condition du béluga du Saint-Laurent qui sont à lorigine de cette nouvelle désignation. Le COSEPAC reconnaît que la population de bélugas du Saint-Laurent a été grandement réduite par la chasse, quune forte contamination a pu contribuer au déclin de la population et que leur habitat continue dêtre menacé par les contaminants, le trafic maritime et lindustrialisation. Il reconnaît aussi que " les relevés ariens effectués depuis 1979 laissent croire que le déclin a cessé, mais ils ne fournissent pas de preuves claires dune augmentation importante des effectifs ". Pourquoi alors ce changement de statut? Cest quen 2003 le COSEPAC a adopté de nouveaux critères quantitatifs de classification, afin de les harmoniser avec ceux dautres organismes, dont lUnion mondiale pour la nature (UICN). Le statut du béluga du Saint-Laurent a donc été ajusté en fonction de ces nouveaux critères quantitatifs. Cest surtout la taille de la population, denviron 1000 individus, qui justifie la désignation despèce " menacée ". Le béluga du Saint-Laurent doit donc maintenant être présenté au gouvernement du Canada pour une évaluation en vue dune désignation despèce en péril, désignation qui procure une protection légale à lespèce et qui prévoit des mesures de conservation. Le même niveau de protection est accordé aux espèces menacées et aux espèces en voie de disparition. Par exemple, dans les limites du parc marin du SaguenaySaint-Laurent, les bateaux doivent maintenir une distance dau moins 400 m avec les mammifères marins menacés ou en voie de disparition. Quant aux six autres populations canadiennes de bélugas, celle de lEst de la baie dHudson et celle de baie dUngava ont été désignées " en voie de disparition ", celle de la baie Cumberland " menacée ", celle de lOuest de la baie dHudson et celle de lEst du haut Arctique et de la baie de Baffin " préoccupante " et enfin celle de lEst de la mer de Beaufort " non en péril ". [COSEPAC] Pour en savoir plus Sur le site du COSEPAC : Communiqué de presse (7 mai 2004) Sur Baleines en direct : Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada La Loi sur les espèces en péril au Canada Projet de recherche : Combien y a-t-il de bélugas? 6 mai 2004 Réouverture partielle de la pêche à la morue dans le golfe du Saint-LaurentLe 4 mai dernier, le ministre de Pêches et Océans Canada, M. Geoff Regan, a annoncé une mince réouverture de la pêche à la morue dans les secteurs Nord et Sud du golfe du Saint-Laurent. Des totaux admissibles de captures (TAC) de 3500 tonnes et 3000 tonnes seront alloués pour le Nord et le Sud du golfe respectivement. En plus des prises commerciales, ces TAC comprennent les prises accidentelles dans dautres engins de pêche ainsi que des prélèvements effectués dans le cadre de relevés scientifiques et de pêches indicatrices. Cette réouverture fait suite aux recommandations du Conseil canadien des ressources halieutiques (CCRH). Ce comité consultatif indépendant du gouvernement canadien a conclu quil serait avantageux de rouvrir partiellement la pêche à la morue dans le golfe du Saint-Laurent tout en assurant une intendance partagée de la ressource. Cela signifie que lindustrie de la pêche devra participer à la prise de décision dans la gestion de la ressource et au développement de plans dexploitation axés sur la conservation, et quelle sengage à respecter rigoureusement les limites de captures établies. Il y a un an, presque jour pour jour, le gouvernement canadien annonçait un deuxième moratoire sur la pêche à la morue. Depuis lannonce du premier moratoire en 1992, certains TAC avaient été alloués. En 2000 par exemple, un TAC de 20 000 tonnes avait été alloué pour le golfe du Saint-Laurent et la côte Est de Terre-Neuve et la côte Sud du Labrador. Par comparaison, les débarquements de morue atteignaient deux millions de tonnes dans les années 1960. Or, en 2003, la pêche à la morue était de nouveau fermée. Malgré la réouverture partielle de la pêche à la morue dans le golfe pour la saison 2004-2005, le TAC pour les stocks de Terre-Neuve-et-Labrador restera de zéro. Cette population, qui a été classée parmi les espèces en voie de disparition par le COSEPAC, aurait subi un déclin de 97 % au cours des 30 dernières années. Quant aux populations du Nord et du Sud du golfe Saint-Laurent, elles ont respectivement été classées parmi les espèces menacées et préoccupantes. Les populations de morue du Canada atlantique ne faisaient toutefois pas partie des 79 espèces en péril présentées par le ministre de lEnvironnement au gouverneur en conseil à la fin du mois davril dernier. Selon lui, la protection de la morue en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) aurait dimportantes répercussions sur les pêcheries, voire la fermeture à long terme de la pêche à la morue et dautres espèces. Tout comme la baleine à bec commune et le marsouin commun, la morue du Canada atlantique fera donc lobjet dun processus dinscription prolongée. [Pêches et Océans Canada] Pour en savoir plus Sur le site de Pêches et Océans Canada : Histoire récente de la pêche à la morue dans le Canada atlantique Sur Baleines en direct : Un nouveau moratoire sur la pêche à la morue (1er mai 2003) La Loi sur les espèces en péril 29 avril 2004 Inscription reportée de la baleine à bec commune et du marsouin commun sur la liste des espèces en périlLe 23 avril dernier, 79 des 91 espèces jugées en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) ont été présentées au gouverneur en conseil par le ministre fédéral de lEnvironnement, M. David Anderson. Cette démarche vise leur inscription à la liste légale des espèces en péril au Canada. Des 12 espèces qui nont pas été retenues par le ministre Anderson, deux sont des cétacés du Canada Atlantique : le marsouin commun et la baleine à bec commune du plateau néo-écossais. Ces 12 espèces feront lobjet dun processus dinscription prolongé puisque, selon le ministre, elles " présentent une importance particulière pour les pêcheurs autochtones, commerciaux et sportifs, les éleveurs et dautres intervenants ". Ces personnes doivent donc être informées des répercussions probables de linscription de ces espèces sur la liste des espèces en péril afin quelles puissent être en mesure dexprimer leur point de vue au gouvernement canadien. La population de baleine à bec commune du plateau néo-écossais a obtenu, en 2002, le statut du COSEPAC le plus inquiétant : en danger de disparition. On estime que cette population ne compterait que 130 individus et quelle serait isolée des baleines à bec de la côte du Labrador. Selon le ministre, " linscription de la baleine à bec commune sur la liste des espèces en voie de disparition pourrait avoir des répercussions [ ] entre autres sur lexploration et lexploitation pétrolière et gazière, le transport maritime et la pêche ". Le ministre affirme aussi que les menaces qui pèsent sur les baleines sont encore mal connues et que le gouvernement a besoin de plus de temps pour consulter les intervenants. Quant au marsouin commun, qui figure depuis 2003 parmi les espèces " préoccupantes ", le ministre considère que son inscription pourrait avoir dimportantes répercussions sur les activités de pêche puisque les prises accidentelles représentent la principale menace pour cette espèce. Linscription dune espèce sur la liste légale de la Loi sur les espèces en péril (LEP), confère à ces espèces et leur habitat un niveau de protection élevé. Les stratégies de conservation identifiées dans les plans de rétablissement ou dans les plans de gestion de ces espèces peuvent interférer avec certaines activités économiques du Canada. À partir de maintenant, le gouvernement canadien a neuf mois pour décider sil inscrit ou non les espèces présentées par le ministre Anderson à la liste des espèces en péril. [Gouvernement du Canada] Pour en savoir plus Sur le site du Gouvernement du Canada : Processus dinscription prolongée pour 12 espèces aquatiques, Loi sur les espèces en péril (LEP) Sur Baleines en direct : La Loi sur les espèces en péril 8 avril 2004 Cueillette de mollusques : nouvelle réglementationLa période de Pâques est une période de grand achalandage pour la cueillette des mollusques. Les grandes marées d'avril sont particulièrement favorables à cette activité et les rivages se libèrent des glaces. Une nouvelle réglementation est en vigueur depuis le 8 octobre 2003 dans tous les secteurs du Québec pour la cueillette récréative et commerciale des mollusques. Les espèces visées sont la mye commune, la moule bleue, la mactre de l'Atlantique, l'huître américaine et le couteau de l'Atlantique. La cueillette des mollusques a connu un essor important au cours des dernières années. L'absence de réglementation pourrait mener à une surexploitation et mettre en péril cette activité traditionnelle des communautés riveraines ainsi qu'une industrie croissante. Pêches et Océans Canada a donc décidé d'améliorer le cadre réglementaire de la cueillette récréative et commerciale. Le cueilleur récréatif récolte pour son plaisir et sa consommation personnelle. Il n'a pas besoin de permis mais doit respecter une limite quotidienne et récolter manuellement. Le cueilleur commercial peut récolter plus de mollusques et les vendre mais il doit posséder un permis et en respecter les conditions. Selon les nouvelles dispositions du règlement, le ministère pourra aussi modifier les contingents et la longueur minimale des différentes espèces, et instaurer des périodes de fermeture pour certaines zones. Il est à noter que le Programme canadien de contrôle de la salubrité des mollusques demeure en vigueur. Ce programme permet l'ouverture ou la fermeture des secteurs coquilliers selon la qualité de l'eau ou celle des mollusques. [Pêches et Océans Canada] Pour en savoir plus Dépliant de Pêches et Océans Canada Cueillette
des mollusques au Québec, Nouvelles règles
25 mars 2004 Aire marine nationale de conservation : Parcs Canada considère larchipel des Îles de la MadeleineLe gouvernement du Canada étudie présentement la possibilité détablir une aire marine nationale de conservation (AMNC) dans larchipel des îles de la Madeleine. Cest au cours dune conférence de presse tenue à Cap-aux-Meules le 18 mars dernier que Parcs Canada (agence responsable de créer et de gérer les AMNC) a dévoilé certains détails de cette AMNC potentielle. Le secteur à létude représente 5000 km2 de larchipel des Îles de la Madeleine où la profondeur maximale atteint 50 mètres. En plus du milieu marin proprement dit, il pourra aussi inclure des terres humides, des îles et dautres zones côtières. Lintérêt de créer une AMNC dans ce secteur est dassurer la protection et lutilisation viable de cet écosystème marin ainsi que de préserver une partie du patrimoine marin exceptionnel du Canada. Une étude de faisabilité de ce genre prend généralement deux à trois ans à être réalisée étant donné la complexité du milieu marin. Léventuelle création de cette AMNC empêcherait-elle les activités imminentes dexploration et dexploitation gazière et pétrolière prévues dans le secteur des îles de la Madeleine? Il est évident que de telles activités sont incompatibles avec la création dune AMNC, mais les limites exactes de la zone protégée ne sont pas encore déterminées. Il ne semble toutefois pas que Old Harry, un secteur situé à 80 km de la côte et où lon envisage lexploitation des hydrocarbures, soit inclus dans la zone. Il existe deux AMNC au Canada : le parc marin du SaguenaySaint-Laurent et le parc marin national Fathom Five dans la baie Georgienne en Ontario. Dici 2008, le gouvernement du Canada prévoit la création de cinq nouvelles AMNC. Une AMNC sera éventuellement créée dans chacune des 29 régions marines identifiées dans les océans Pacifique, Arctique et Atlantique ainsi que dans les Grands Lacs. LAMNC de larchipel des îles de la Madeleine représentera la région des Bancs de la Madeleine. [Parcs Canada] Pour en savoir plus Sur le site de Parcs Canada : Sur Baleines en direct : 11 mars 2004 Le bris des glaces dans le Saguenay met fin aux activités de pêche blancheCest dans les prochains jours que la Garde côtière canadienne commencera ses opérations " brise-glace " dans le fjord du Saguenay. Le 13 mars, les opérations seront effectuées entre lAnse Saint-Jean et Saint-Basile-de-Tableau et le 16 mars entre Saint-Basile-de-Tableau, La Baie et Saint-Fulgence. Le but de ces travaux annuels est de déloger les glaces du Saguenay et de lembouchure de certains tributaires pour prévenir les embâcles et les inondations qui peuvent êtres causés par la débâcle printanière. Le déglaçage du Saguenay mettra fin aux activités de pêche blanche. Lan dernier, on dénombrait 1664 cabanes à pêche blanche sur les glaces du Saguenay, dont près de 1400 dans la Baie des Ha! Ha!. Au cours de lhiver 2002-2003, 1,6 millions déperlans arc-en-ciel, 9000 morues (morue franche et ogac), 60 000 sébastes et 500 flétans du Groenland ont été pêchés. En 2004, la réglementation provinciale autorise la possession de 120 éperlans arc-en-ciel et de 15 truites de mer (omble de fontaine anadrome) par pêcheur. Quant aux poissons de fond, ils relèvent de la réglementation fédérale : les pêcheurs peuvent avoir en leur possession un maximum de cinq poissons de fond (morue franche, ogac, sébaste et flétan du Groenland) et la remise à leau du flétan atlantique est obligatoire. Le Saguenay est le seul endroit au Québec où la pêche récréative aux poissons de fond est permise. La pêche blanche, une activité qui fait partie des murs locales, constitue lun des moteurs du tourisme hivernal au Saguenay et attire lintérêt des chercheurs. En 1995, un programme de suivi de la pêche blanche a été initié. Les partenaires de ce programme, dont le parc marin du SaguenaySaint-Laurent (PMSSL) et le comité ZIP Saguenay, essaient de comprendre les fluctuations des prises et de mieux connaître les populations exploitées. Depuis le début du suivi en 1995, on constate que les prises de poissons de fond ont diminué, particulièrement celles de morue (morue franche et ogac). Quant aux prises déperlans, elles sont relativement constantes. Cette année, le PMSSL et ses partenaires se sont particulièrement intéressés à la morue franche et au flétan du Groenland. Grâce à la collaboration volontaire des pêcheurs, les chercheurs espèrent mieux comprendre la situation de ces espèces qui se font de plus en plus rares dans le Saguenay. [MPO, parc marin du SaguenaySaint-Laurent, ZIP Saguenay] Pour en savoir plus Sur le site de Pêches et Océans Canada :
Carnet du pêcheur et guide des bonnes pratiques :
Pêche blanche sur le fjord du Saguenay (Hiver 2004)
26 février 2004 LOMI adopte une nouvelle convention pour prévenir lintroduction despèces envahissantes par les eaux de ballastCest lors dune conférence internationale tenue à Londres du 9 au 13 février dernier que lOrganisation maritime internationale (OMI) a finalement adopté une nouvelle convention internationale sur les eaux de ballast. Cette convention vise à prévenir, minimiser et éventuellement éliminer lintroduction despèces envahissantes par les eaux de ballast des navires. La Commission mixte internationale (CMI), un organisme binational qui a pour mandat daider à prévenir et à résoudre les conflits entre le Canada et les États-Unis concernant la conservation et la gestion des eaux transfrontalières, applaudit cette nouvelle et félicite les représentants canadiens et américains pour les nombreuses années de travail et deffort investies dans ce dossier. Quelques jours avant la conférence de lOMI, la Commission des pêcheries des Grands Lacs (CPGL) sétait jointe à la CMI pour recommander aux 160 pays membres de lOMI ladoption dune convention internationale plus stricte sur les eaux de ballast. La CMI considérait que les règles en vigueur étaient inefficaces. La nouvelle convention exige que tous les navires adoptent un plan de gestion des eaux de ballast et des sédiments quelles contiennent, quils tiennent un livre de bord sur la vidange et le changement des eaux de ballast et quils les traitent selon des normes préétablies. Les officiers de port seront autorisés à inspecter les livres de bord des eaux de ballast, à échantillonner les eaux de ballast et à conduire une inspection plus détaillée sil y a lieu. Les navires doivent autant que possible faire la vidange de leurs eaux de ballast à 200 milles marins de la côte et dans des eaux de plus de 200 mètres de profondeur. Une des clauses de la convention prévoit aussi que certains pays peuvent imposer des mesures additionnelles plus strictes que celles adoptées par les autres membres de lOMI. Le président de la Section américaine de la CMI, M. Dennis Schornack, espère que le Canada et les États-Unis profiteront de cette clause pour contrer le problème des espèces envahissantes dans les Grands Lacs. Les espèces envahissantes qui arrivent clandestinement dans les eaux de ballast constituent une importante menace pour la biodiversité des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Lexemple le plus connu : la moule zébrée. Chaque année, des millions de dollars sont dépensés pour tenter de contrôler linvasion des Grands Lacs par cette espèce qui, en plus de faire compétition aux espèces indigènes, cause des dommages considérables aux structures et aux canalisations deau. [CMI, OMI] Pour en savoir plus Site de la Commission mixte internationale : Site de lOrganisation maritime internationale : Alien invaders in ballast water new Convention adopted at IMO (en anglais seulement) Sur Baleines en direct : Les Grands Lacs plus que jamais menacés par les espèces exotiques envahissantes (20 février 2003) Les espèces exotiques sentraident pour envahir les Grands Lacs (7 septembre 2000) Annonce de financement pour la qualité de leau des Grands Lacs (28 juillet 2000) 12 février 2004 Fermeture des cuves Söderberg à Saguenay : une bonne nouvelle pour le bélugaLe 22 janvier dernier, la compagnie Alcan annonçait la fermeture des cuves Söderberg de lusine dArvida (Saguenay). La compagnie sétait déjà engagée à fermer lensemble de ses cuves Söderberg avant 2015. Cette technologie dépassée, énergivore et polluante sera remplacée par les cuves à anodes précuites, un procédé beaucoup plus efficace et dautant moins polluant. Plus de 500 employés sont affectés par cette annonce, mais Alcan assure quil ny a pas de mises à pied prévues. Malgré cette promesse, la nouvelle a fait leffet dune bombe dans la région du Saguenay, fortement touchée par les pertes demplois et lexode des jeunes. La fermeture des cuves Söderberg permettra daccélérer la réduction des rejets de HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) dans le Saguenay et le Saint-Laurent amorcée dans les années 1980. En ce sens, elle suit les recommandations formulées par léquipe de travail du Plan de rétablissement du béluga du Saint-Laurent, publié en 1995. Les HAP, produit en quantité importante dans la technologie Söderberg, ont un potentiel carcinogène reconnu. Des études ont démontré une incidence plus élevée de cancers du poumon et de la vessie chez les travailleurs des alumineries. Les HAP ont aussi été mis en cause dans la formation de cancers intestinaux chez les bélugas du Saint-Laurent, une population en voie de disparition. Alcan a mis fin à ses rejets liquides de HAP au début des années 1980. La construction de lusine de Laterrière dans les années 1990 avait permis le remplacement de 10 de ses 23 séries de cuves Söderberg et 3 autres se sont éteintes avec la fermeture de lusine de lIsle Maligne en 2000. Avec les mesures de réduction des émissions atmosphériques de HAP mises en place dans les années 1990, Alcan était parvenu en 2001 à une réduction globale de ses émissions de 88 %. Après la fermeture des cuves dArvida, il ne restera que trois usines au Québec utilisant la technologie Söderberg, dont deux appartenant à Alcan. Quant aux cuves à anodes précuites utilisées dans les nouvelles usines, elles ne produisent presque pas de HAP. Outre les alumineries, les sources de HAP sont le chauffage résidentiel au bois, les feux de forêt, les moteurs fonctionnant aux hydrocarbures, les usines de pâtes et papiers, les stations dépuration des eaux usées et certaines installations traitées au créosote. [Alcan, La Presse, Radio-Canada, Rapport de mise en uvre du plan de rétablissement du Béluga du Saint-Laurent] Pour en savoir plus Sur le site dAlcan : Actions durables : Réduction des émission dhydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) Sur le site de Radio-Canada : Alcan ferme son usine à Saguenay Sur Baleines en direct : Les bélugas sont-ils victimes des HAP? Le cancer chez les bélugas du Saint-Laurent (28 février 2002) Le plan de rétablissement du béluga du Saint-Laurent 29 janvier 2004 La coalition Québec-Vert-Kyoto questionne lavenir énergétique du QuébecEn réaction aux récentes décisions de la société détat Hydro-Québec et du gouvernement Charest en matière dénergie, une coalition a été mise sur pied par lUnion québécoise pour la conservation de la nature (UQCN), le Regroupement national des conseils régionaux de lenvironnement du Québec (RNCREQ), lAssociation québécoise de lutte à la pollution atmosphérique (AQLPA) avec laide de militants du Parti vert du Québec. Se sont aussi joints à la coalition le Bloc Québécois, les Amies de la Terre, la Fondation Rivières et plusieurs autres organismes et citoyens. La coalition Québec-Vert-Kyoto veut forcer une profonde réflexion sur les enjeux énergétiques québécois. Dans son plan 2004-2008, Hydro-Québec prévoit le développement de la filière de production thermique délectricité ainsi que de lexploration et lexploitation gazière et pétrolière. Un virage proposé qui " modifie tellement en profondeur lavenir énergétique québécois quil importe dy accorder une attention particulière " selon les membres de la coalition. Si Hydro-Québec estime quil y a une urgence de construire de nouvelles centrales pour répondre aux demandes grandissantes en énergie dun Québec en croissance économique, la coalition croit quil y a plutôt " urgence de changer de cap vers les économies dénergie et les productions vertes comme léolien ". Québec-Vert-Kyoto invite dailleurs la population à manifester publiquement son opposition aux nouvelles orientations que veulent prendre Hydro-Québec et le gouvernement du Québec, lors dune marche organisée dimanche prochain, le 1ier février, à Montréal. Pour le moment, cest le dossier Suroît qui occupe la coalition, cest-à-dire la construction imminente dune centrale au gaz naturel à Beauharnois. Ce projet, qui avait reçu un avis défavorable du Bureau daudiences publiques sur lenvironnement (BAPE) lan dernier, a tout de même obtenu laval des ministres québécois des Ressources naturelles et de lEnvironnement (MM. Hamad et Mulcair). La coalition estime que Suroît va à lencontre des engagements du Canada face au protocole de Kyoto. La centrale émettrait 2,2 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) annuellement, léquivalent des émissions de 600 000 voitures, ce qui augmenterait les émissions de GES du Québec de 2,5 %. En signant le Protocole, le Canada sengageait à réduire de 6 % sous les niveaux de 1990 ses émissions de GES. Avant les Fêtes, un Front commun, dont font partie certains organismes de Québec-Vert-Kyoto, a aussi mené une bataille pour obtenir un moratoire sur les projets dexploration et dexploitation pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent. Les réclamations de ce Front commun incluaient une révision de la politique nationale de lénergie au Québec. [Québec-Vert-Kyoto, RNCREQ, Le Devoir] Pour en savoir plus Sur Baleines en direct : Dossier sur lexploration pétrolière et gazière du Saint-Laurent Communiqué de la coalition : Le plan stratégique 2004-2008 dHydro-Québec offre-t-il lespoir dun avenir énergétique socialement responsable? Télécharger le document pdf 8 janvier 2004 Élargissement de la voie maritime : le Canada se range du côté des États-UnisDepuis le mois de mai, le Canada participe, conjointement avec le US Corps of Engineers à une étude de 20 millions $ sur la faisabilité d'un projet d'élargissement de la voie maritime du Saint-Laurent. Les États-Unis montrent un intérêt soutenu pour ces travaux depuis quelques années. Pour des raisons économiques, les Américains aimeraient bien voir de plus gros cargos atteindre les ports des Grands Lacs. Rappelons que seulement 13 % de la flotte marchande internationale et 5 % de la flotte de porte-conteneurs peuvent emprunter les écluses séparant la voie maritime du Saint-Laurent des Grands Lacs. Au début de l'année 2003, le Canada n'était pas favorable à l'élargissement de la voie maritime, mais voilà qu'à l'automne le ministre fédéral des Transports s'est déclaré en accord avec ce projet. Les administrateurs de la voie maritime et des écluses soulignent que " la voie maritime est une ressource formidable et sous-utilisée qui a le potentiel de stimuler la croissance économique, d'améliorer la protection de l'environnement en réduisant notamment le nombre de camions sur les routes et de rehausser la sécurité des transports ". Par ailleurs, du côté du Québec, le ministre l'Environnement, M. Thomas Mulcair, ainsi que dautres politiciens et groupes environnementaux, voient d'un mauvais il l'éventualité de ces travaux. On craint les impacts environnementaux non-négligeables sur l'écosystème fluvial : remise en circulation de sédiments toxiques par le dragage, érosion des berges, baisse des niveaux d'eau dans l'ensemble du fleuve, perte d'habitats, diminution de la qualité de l'eau, etc. On s'inquiète aussi des impacts sur l'économie québécoise, puisque des cargos pourront filer directement aux ports des Grands Lacs plutôt que de s'arrêter aux ports de Québec ou Montréal. D'ailleurs, 2003 aura été une année record pour les ports de Québec et de Montréal pour le tonnage manutentionné et le trafic maritime. Pas moins de 8,5 millions de tonnes de marchandise (excluant le pétrole) ont transité par le port de Québec, une augmentation de 40 % par rapport à 2002. Du côté de Montréal, le port a connu une augmentation de 10 % de son trafic maritime; 1,1 million de conteneurs y ont transité pour un volume de 20,8 millions de tonnes. Sur l'initiative de Bernard Bigras, porte-parole du Bloc Québécois en matière d'environnement, une coalition qui s'oppose à l'élargissement de la voie maritime s'est formée. Cette coalition est composée de plusieurs groupes environnementaux, tels Stratégie Saint-Laurent, le comité Zone dintervention prioritaire (ZIP) de Ville-Marie, le Conseil régional de l'environnement pour Montréal, le Conseil régional de l'environnement de la Montérégie, la Fondation Rivières, l'Union Saint-Laurent/Grands Lacs et l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN). Les membres de la coalition demandent au gouvernement fédéral de se retirer de ce projet. Ils suggèrent plutôt d'investir dans un système de transport intermodal qui impliquerait le développement du système ferroviaire. Du coup, ceci favoriserait les ports de Montréal, de Québec et des régions. [Le Soleil, La Seigneurie, Le Devoir] Du nouveau : Le 21 janvier, la sénatrice de l’État de New York, Mme Hillary Clinton, se prononçait contre tout projet d’élargissement de la voie maritime du Saint-Laurent. Elle demande au président Bush de mettre fin à l’étude menée par l’armée américaine (conjointement avec le Canada). Ce n’est pas la première fois que Mme Clinton se porte à la défense du Saint-Laurent; elle le considère comme « un environnement naturel, une communauté dynamique et une industrie touristique florissante ». [La Presse] Pour en savoir plus Site Le Devoir.com : Site du Bloc Québécois : Sur Baleines en direct : Agrandissement de la voie maritime du Saint-Laurent et des Grands Lacs (26 septembre 2002) Stratégies Saint-Laurent: Élargissement de la voix maritime du Saint-Laurent (Télécharger le document pdf) |